‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 85 sur 100 · Il y a sor ce verset des variantes de quelque intérêt · texte numérisé non relu

Il y a sor ce verset des variantes de quelque intérêt

1) An lien de ^ av(tiov les meilleurs instruments et tous les critiques s'accordent à lire xceè avQiov,

2) Au lieu de Tioq^vcofAid-a , noi^cofÀtv, èf^noçevcofud^ , TCéçâijaofÂBv toutes les écoles critiques s'accordent à lire, à Taoriste du subjonctif, noQsvatafÂe^a , noi^aœf^ty , èfÀnoQevC(6fud'a , xeQdtjatafÀey. Il semble cependant que le futur conviendrait mieux au caractère dramatique de ta

phrase, et à l'espèce de prosopopée orgoeillease et confiaote qne l'apôtre met dans la boocbe de ceux qa'il censore. Mais ce ne sont là qae des arguments exégétiques, et la critiqae du texte doit se décider avant tout par les faits, c'est-à-dire en premier lien par les témoignages (qui sont ici positifs), ensuite par les critères internes. Les arguments exégétiqnes ne penvent venir qu'en troisième lieu.

*!Ay€ vvv. Cet impératif est ici, comme souvent, une simple interjection. Il annonce un sujet nouveau avec une vivacité brusque et concise, qui réveille l'attention du lecteur.

2rjf4€Q0v xaî avçcov , . . IvtavTov eva. Voilà une de ces formes dramatiques chères à St. Jaques, et dont il revêt si heureusement sa pensée. Ces nombres si précis indiquent la présomptueuse confiance de Thoaune avide, peut-être aussi son attachement à la terre. Le mondain ne voit que le présent, et ne songe qu'à en user, oubliant ses destinées futures.

Iloçevacjfxe&a. Quoique ce verbe-ci et les suivants soient à l'aoriste subjonctif, le contexte appelle à les traduire comme s'ils étaient au futur.

Trjvâe rrjv TtôXiv. Le premier des deux ttjv parait désigner une certaine ville, et la montre en quelque soile au lecteur, ou plutôt aux auditeurs avec lesquels le mondain mis en scène est censé converser. La ville qui est là ; la ville que vous savez. — Toujours la même vérité dramatique. On croit entendre l'homme aux projets.

noi^acjfiev. Iloceîv signifie quelquefois demeurer, passer un certain temps dans un certain lieu. Voyez par exemple Act. XV, 33; XX, 3; 2 Cor. XI, 25. Josèphe l'emploie aussi dans ce sens, et on trouve dans le Testament des XII patriarches : tcouïv èviavTOv, TtOLEÏv /ÀTJvaç névre. Quelques Itt. croient (sans preuve suffisante) que cet emploi de Ttoielv appartenait au dialecte macédonien.

'EfÂTtOQevacifie&a', de iv et de Ttoqoç, passage. IIslQeiv, traverser, d'où vient if47t6çiov, commerce. Ce verbe signifie donc proprement traverser la mer pour faire le. commerce; mais ici simplement: faire le commerce dans le lieu où l'on est allé pour cela.

C'est évidemment ici un cas spécial du vice combattu par St. Jaques, et une forme dramatique donnée à son enseignement. La

leçon qui en résultera devra se prendre d'une manière plus générale, et s'appliquer à d'autres encore qu'à des négociants et à des voyageurs.

Toutefois le choix de cet exemple, nous prouve qu'à cette époque les Juifs étaient déjà adonnés au commerce et aux voyages, il nous prouve aussi que les Judéo-Chrétiens n'étaient pas tous privés des biens de la fortune, et que l'on trouvait en effet parmi eux ces riches, censurés, ou du moins mentionnés plus d'une fois dans l'épltre. C'est par une méprise évidente que quelques Itt. ont cru devoir les chercher constamment hors de l'Eglise. Voyez chap. I (spécialement v. 10), II et V.

II. V. 14 — 16. Folie des espérances orgueilleuses et avides.

Le V. 13 se bornait à caractériser les hommes auxquels la leçon de l'apôtre devait s'adresser. Voici maintenant la leçon même.

14. Ce verset entier parait être une parenthèse placée entre les V. 13. et 15 qui se correspondent par la forme et se lient par l'idée. Parenthèse pleine de poésie et de nerf, qui, jetée avec émotion au milieu du raisonnement, en fait réellement la force principale et la portion décisive. D^autres Itt, sans doute à cause de yàç, ne veulent commencer la parenthèse qu'avec utola. Mais le sens exige que la parenthèse commence avec le verset; seulement ftola annonce une phrase incidente, qui fait comme une petite parenthèse dans la grande.

'Enl^aG'd'e. ^Ttl^aftai, déponent irrégulier, connaître à fond.

Tb Trjç avQWv, Sousentendez fiixéQaç.

ïf q>aivof4évr). Schneck. : „Articulo ea vaporis proprietas, qua brève post tempus evanescit, distincte et cum vi quadam rhetorica extollitur."

L'A. T. et les auteurs grecs ont fréquemment comparé la vie humaine à une ombre ou à une vapeur passagère. Comp. Ps. Cil, 11, et Job VIII, 9. PiNDARE a dit: (niiaç ovaç lofÀév. Le contraste que l'apôtre signale ici était assez évident, assez étrange et assez ordinaire pour que la sagesse païenne l'ait relevé. Voyez en particulier Sénèoue Ëp. 101.

it4(pavi^o^évrj dépend encore de l'article 17.

15. Le texte reça lit Cn^mftiy et nouienfuy, tandis qae AB et àïwen boss instrumenti lisent Cn^^f**^» noti<tofât¥, avec cette différence qu'il y a an pins grand nombre d'aotorités poor noiijaofuy qoe pour Cn<'ofiiy, et qoe divers critiques, Scholz par exemple, admettent en conséquence Ton et non pas l'antre. Tous deux sont rejetés par Griesbach et admis par Lach- HANH et TiscHSRDORr. L'a?is de Scholz me paraît un peu plus probable en critique, et il a encore ponr lui la probabilité exégétiqne. En effet : avec Ciittufuy et noujatufAsy le sens serait: „Si Dieu le permet, s'il nous consenre la We, si nons pouvons faire ceci ou cela." Avec Maof€y et nouqaofÂey: „$i Dieu le permet, nous vivrons assez pour faire ceci on cela." Avec Ci<tmfuy et noiijao/iiy: „Si Dieu le permet, s'il noas conserve la vie, nous ferons ceci ou cela."'

Ce dernier sens semble plus naturel ; et, lorsque les arguments critiques sont anssi peu décisifs, les exégétiques ont droit à être pris en considération. Ce qui toutefois, il faut le reconnaître, diminue la force de ce raisonnement et laisse du doute, c'est qu'au ▼. 13 nous avons dû regarder ces aoristes subjonctifs comme a|fllt' au fond le sens du futur. Ces variantes sembleraient donc ne gcrSre iuQuer sur la signification, et n'être qu'une affaire de forme et d'habitude du langage.

lt4vTl r» Xiyeiv; comme en français: au lieu de dire. Cela se rattache à ol léyovreç du ▼. 13.

'Eàv o xvçioç ô'elrjarj. Formule de piété fréquente chez les Hébreux. Comp. Act. XVilI, 21 ; 1 Cor. IV, 19; Hébr. VI, 3. Les païens même employaient des locutions analogues. Démosthène a dit]: èàv ^ebç i&élr].

Kaî . . . yuxh D'après les variantes et le sens que nousj^ayons adopté, ces deux xal ne seraient point parallèles. Le second indiquerait le comijnencement de l'apodose, conune II, 4.

Ici, comme au v. 13, c'est une disposition générale qu'il faut chercher dans l'exemple particulier. C'est l'esprit de renoncement et de soumission qui est mis en scène et que recommande l'apôtre par opposition à l'avarice présomptueuse du v. 13.

16. Nvv ôé, mais maintenant, c'est-à-dire étant ce que vous êtes, oublieux de votre dépendance, pleins d'orgueil et insoumis.

KcLVxaad'B. L'orgueil était au fond la passion dominante de tous ces hommes, et, dans toute cette portion de son épitre, l'a* pôtre ne fait guère qu'exposer les symptômes et les résultats de ce vice de l'âme,

^AXàÇpvBla, arrogance, orgueil, complaisance en soi-même, flatterie qu'on adresse secrètement à ses talents ou à ses succès.

Suidas: V7r€çt]q>av€ux. Théophraste (Caract. 23): 17 àla^ovBla do^ecëv eîvai 7iQoado%ia tivwv àyaS-aiv «x ovtwv.

Le pluriel aXaÇoveïai, ici comme U, 1 {TtçoawTCoXrjxf^iai)^ indique la répétition de Faction.

^v Taiç akaÇ/ovelatç, c'est-à-dire en vous complaisant dans vos flatteries, en jouissant de tos rêveries arrogantes, à Taide de ces orgueilleux mensonges, et non pas au sujet de votre arrogance, sens moins vraisemblable et forcé. ^£v doit clone se traduire comme s'il y avait 6vt€ç, if^ixévowBQ iv.

IIovrjQa l^tVy est mauvaise. On demande le motif de cette condamnation sévère. Ce motif se trouve dans la déraison (v. 14) et le manque d'esprit de dépendance et de soumission (v. 15) que prouve un tel langage. Il est de plus dans la position particulière des hommes auxquels l'apôtre s'adresse, hommes qui savaient ce qui était bien (v. 17), et ne voulaient pas le faire.

Page 1