ïdà ; voir plus haut III
^EçyoTÔiv. ^Eçyaxriç signifie ouvrier en général, et spécialement moissonneur; puis encore il indique Tidée abstraite de Thorm-
me qui opère, qui exécute une œuvre: è^oprai àômtaç, les ou- Tiiers d'iniquité.
l^firjaàvrtov, air. key. ^Afiàia, ramasser, réunir, moissonner. Les LXX le rendent par ^3$^; Héstch.: èfirjaai^' â-eçloai..
Xciçaç. Xwça ne signifie pas seulement pays et lieu d'ha> bitation, mais aussi domaine, champ, terre cultivée.
*0 a7C€g€çrjf,iévoç à(p vfidv ; littéralement enlevé, arraché, été far vous, 'ATtogeQéco, priver, frauder; du verbe geçifo pour geçlcxw, priver.
Voilà ie premier crime reproché aux riches avares, crime d'autant plus indigne qu'il pèse à la fois sur des pauvres, et sur des hommes qui, par de pénibles travaux, ont acquis un droit sacré au salaire, nécessaire d'ailleurs à leur vie. Il y a ici allusion à l'A. T. Voyez Lévit. XIX, 13 et Deut. XXIV, 14, où ce crime est sévèrement condamné. Comparez en particulier dans les LXX un passage de Malachie (LU, 5) tout à fait analogue à celui de St Jaques : Kal €00(401 ficcQTvç Taxvg ertï . . . Tsg ccTtogeQSvtag fÀiad-bv (ài-
Kqpc^€i; expression pleine de force et tout à fait biblique. Les rabbins ont matérialisé cette belle image à leur manière, en supposant (Synops. soharitica) qpe la respiration échauffée du pauvre ouvrier haletant montait pendant toute la journée, et allait en quelque sorte avertir Dieu du travail et de la fatigue de sa créature.
Cette métaphore du cri de la terre qui va demander vengeance au Ciel, s'applique spécialement à des crimes impunis quoique odieux. Aussi la conscience révoltée se tourne vers le Ciel, et attend de Dieu la justice refusée par la terre. L'A. T. emploie cette expression en parlant du meurtre d'Abel (Gen. IV, 10); des désordres de Sodome (Gen. XVIU, 20; XIX, 13); de l'oppression des Israélites en Egypte (Exode II, 23 etc. ; III, 9 ; XXII, 23 etc.).
Boai, cris, plaintes éclatantes et bruyantes. On sait combien dans les mœurs orientales les démonstrations de ce genre sont ordinaires. Les cris tiennent une grande place non seulement dans les deuils, mais encore dans les joies et dans toutes les grandes émotions. L'A. T. en foiu*nit fréquemment la preuve. En Perse, c'est, au témoignage des voyageurs, avec de grands cris, qu'on va demander justice aux tribunaux.
Elç Ta tara] anthremorphisme ordinaire à TA. T., dont les métaphores supposent à Dieu une organisation presque humaine. Ces anthropomorphismes sont inévitables dans un livre populaire, et sans danger dans la Bible où ils sont suffisamment expliqués. Mais la grossière fantaisie et Fimagion matérialiste des rabbins en avaient indignement abusé. Par réaction, la secte samaritaine repoussait avec horreur toutes les métaphores de cette nature.
KvqIq aapaœ-d', nfciait îiJfTî; le Seigneur des armées, c'est -à-dire des armées célestes. Cette expression semble réunir trois idées qui se retrouvent dans les armées terrestres: celle de multitude, d'organisation uniforme et de majestueux éclat. Le sujet auquel ces trois idées s'appliquent dans l'A. T. est encore quelque peu contesté. Quelques interprètes y renferment toute la création, comme formant un ensemble immense et majestueux d'êtres organisés et régulièrement disposés. Les anges et les astres au moins y semblent certainement compris. Philon (de prsem. et pœn.) y place ^Xiov xai CBhqvqVy iclavi^ag xal aTtXaveîç àgéQaç Tial rbv avfiTtavra èçavov iv xà^ei fiera zijç oîyceiaç
ÇQOTiaÇ.
Ce verset nous prouve, comme nous l'avons supposé plus haut (v. 1), que cette section de l'épilre s'adressait, non à des commerçants voyageurs, comme la précédente, mais à des propriétaires. Nous avons été déjà plus d'une fois conduits à reconnaître qu'il devait se trouver des gens aisés parmi les Judéo-Chrétiens, et il est tout à fait naturel de supposer que plusieurs d'entre eux cultivaient des domaines. Il serait absurde de s'obstiner à ne voir dans toutes ces menaces que des imitations de l'A. T. Au reste nous retrouvons ici des images et des couleurs qui avaient déjà été employées par J. C. avec un caractère local, et qui correspondent parfaitement à l'état social qu'il suppose en parlant par exemple de l'économe infidèle, du riche égoïste ou du mauvais riche (Luc XII, 16—21; XVI, 1—7; 19 et suivants).
5. Nouveau crime des jtkèacoi et nouvelle preuve de leur folie: ils se plongent dans les délices, ils s'abandonnent à une voluptueuse sécurité, comme s'ils n'avaient rien à craindre, et cependant la catastrophe est près, et c'est pour le sacrifice que la victime est engraissée.
^ExQvqyfiacnSy an. ley. Tçvg>a(a, vivre dans les délices; tqvqnjy vie molle et voluptueuse.
^Ttl TÎjç yîjç'^ caractère de fragilité de ces jouissances, comme Matt. VI, 19.
^OTtaraXi^aceTe; verbe âlç Xey., ici et 1 Tim. V, 6: aTcara" Xôiaa (x^ça) Çaiaa Té&vrjus. Ce verbe, que Héstch. fait synonime de XQvipàiù, signifie vivre dans les délices, et s'amollir par les voluptés, n est d'une époque postérieure au grec classique. Au lieu de anaxakav les anciens Gfecs disaient OTta&av.
Tàç xaçâlaç vpaiv. Comparez I, 26. Kaçdla, par une métaphore universellement répandue, indique les affections et les sentiments de l'homme intérieur, spécialement le siège des passions. Matt. XV, 19: ïx yccQ rrjç xaQÔiaç l^éQxovrai dutXoyiafiol TtovrjQoL Comparez V, 28.
^Ed'QéipoTB Taç 7caçdlaç\ nourrir sa vie animale et matérielle, satisfaire ses appétits sensuels; muîcere animam.
'Qç èv fi(JLiQ<^ aq)ayr]ç. Les Itt ont attaché à ces mots deux sens très-différents: a) vous vous engraissez vous-mêmes pour le sacrifice, comme des victimes destinées à être immolées sur l'autel; menace terrible adressée aux riches voluptueux^ et preuve évidente de leur foUe, puisque la mort et le jugement sont à la porte. ScHNECK. : „Patet eandem imaginem, qua noster è^çéipars etc. dixerat, hic retineri, ideoque fj^èga açayrjç ad ipsos illos vQ€q>ofiévsç quasi mactandos pertinere. . . Alludit ad diem ante testum paschatis mactandis victimis destinatam.'^ b) Vous vous livrez aux excès de la table, comme on fait dans les festins qui accompagnent les sacrifices. Calvin: „Quia solebant in sacrifidis solemnibus liberalius vesci quam pro quotidiano more; dicit ergo divites tota vita continuare festum, quia in continuis voluptatibus sînt demersi.*' Cette interprétation parait la plus littérale; mais le premier sens, plus énergique, semble en outre plus convenable au contexte, et rappeler ev iaxccratç fiiiéQaig du v. 3, On ne peut décider entre les deux.
6. Voici un nouveau crime des TtXéaioi, et un nouveau détail de l'oppression exercée sur des innocents.
La cruauté s'associe malheureusement très-bien aux voluptés matérielles, et l'expérience ne le prouve que trop.
KceteêinaaaTe. Karadixa^iJ y porter une sentence de condamnation contre quelqu'un. On a tu avec quelque apparence de vérité dans ce verset un souvenir d'un passage de La Sagesse (II, 20). Mais il est très-douteux que le livre de La Sagesse ait été écrit avant notre épître, et plus encore que St. Jaques l'ait connu. C'est, il est vrai, l'œuvre d'un Juif; mais les allusions chrétiennes et les idées orientales qu'on y découvre aisément, conduisent à le supposer écrit à Alexandrie, et probablement après la catastrophe de Jérusalem.
^Eq)Ovevaare, On a rapproché de même ceci d'un passage remarquable du fils de Sirach (XXX, 22), où l'idée de ce verset se trouve réunie à celle du v. 4, en présentant le refus du salaire comme un meurtre de l'ouvrier commis par le maître. Mais xoreôtyLacare nous prouve que Jaques parle ici d'une autre espèce de meurtre, d'une exécution réelle, ou du moins d'une condamnation juridique. Peut-être l'idée de Jaques est-elle celle d'un ouvrier qui périt de misère à la suite d'iftie condamnation qui lui ôte tout moyen de subsister.
Thv âixaiov. Quelques Itt. ont voulu voir ici une allusion à la mort de J. C, mais le contexte dément cette conjecture, et dlxaiov a ici le sens de âiycaleç', il s'agit de pauvres voisins, de pauvres ouvriers, honnêtes, innocents et barbarement traités. Il est vrai que le chap. Il de La Sagesse, auquel on prétend que ceci fait allusion, est lui-même une allusion parfaitement claire et certaine à la condamnation du Sauveur. Mais, comme nous l'avons dit, Jaques n'a pu le connaître.
Ovx àvTiràaaevaL vfïlv'^ phrase brusque, sans lien avec ce qui précède, et au présent au lieu du passé. Ce présent donne à l'idée beaucoup d'énergie, mais est intraduisible.
Si avTiT. est au moyen, le sens sera : il ne vous résiste point ; s'il est au passif: on ne vous résiste point. C'est dans les deux cas un trait saillant ajouté à la peinture de l'oppression. On a opprimé non des ennemis, mais de pauvres innocents qui ne pouvaient résister, et qui ne l'essayaient pas même.
ncn*IT, ?. 7 11. PAT1KI6E n DnAGHOmiT.
L'apôtre vient de parler d'une voix séTère aux riches mon> dains, et ses menaces effrayantes retentissent encore à nos oreilles. D se tourne maintenant vers ces pauvres opprimés dont il prenait la cause en main. U leur rappelle qu'eux aussi ont devant Dieu des devoirs à remplir. Mais c'est avec une tendre bienveillance qu'il s'adresse à eux: son ton est devenu doux et paternel, et la patience chrétienne qu'il prêche à ces hommes fidèles et souffrants, leur promet une plus véritable paix que celle de l'égoîsme ou de la mollesse.
Cette section se divise bien en trois paragraphes: V. 7. 8. Exhortation à la patience, fondée sur l'espérance
chrétienne.
V. 9. Exhortation spéciale d la patience envers les autres, fondée sur V attente du jugement.
▼• 10 — 11. Exhortation d la patience fondée sur V exemple des saints hommes.
Cet. enchaînement d'idées n'est pas déterminé par la logique, mais par le sentiment La perspective du retour de Christ, trait saillant des v. 7 et 8, amène naturellement l'application spéciale du V. 9. Mais l'apôtre n'a pas encore épuisé son sujet principal, et il y revient avec de nouveaux motifs, qui, quoique secondaires, devaient avoir beaucoup de force aux yeux des Judéo-Chrétiens, et trouver place dans son écrit.
«. 36. y. 7. 8. EXHORTATION A LA PATIENCE, FONDÉE SUR L'ESPÉRANCE