‹ Étude et commentaire sur l'Épitre de St. JaquesChapitre 89 sur 100 · Soyez donc patients y mes frères y jusqu'à ravéne · texte numérisé non relu

Soyez donc patients y mes frères y jusqu'à ravéne

l'espérance chrétienne. 169

ment du Seigneur. Voyez: le laboureur attend le précieux fruit de la terre avec espérance et patience, jus-qu'à ce quHl ait obtenu les pluies de la première et de Varrière-saison. 8. Yous aussi soyez patients, et affermissez vos cœurs, car F avènement du Seigneur est proche,

7. Ovv» 11 n'y a à la - fin de la section précédente aucune idée particulière à laquelle ëv puisse se rattacher. Le lien indiqué par cette particule est plus général, et dépend de Fensemble Il n'en est pas moins naturel, et ce donc est réellement concluant. „Vous voyez le malheur, la folie et le péché des mondains passionnés pour la terre. Vous qui, dans une position moins hrillante, avez une espérance plus certaine et plus relevée, soyez donc plus sensés, et renoncez à la terre pour avoû' le ciel.'' C*est aux pauvres opprimés que SU Jaques parait s'adresser maintenant.

MaxQO^fii^aare; expression trés-usîtée chez les écrivains sacrés et ecclésiastiques, mais en réalité plus hébraïque que grecque. Son étyiQologie (£)» 'sj'iq) repose sur une métaphore orientale: „avoir la colère longue," c'est-à-dire lente à venir; ce qui équivaut à supporter avec patience d'abord les injures, puis en général les maux. Ce verbe répond bien pour le sens à VTto^éveiv, VTtOfÀOvq, I, 3.

^Ade'kfpol ; expression bienveillante, qui caractérise les hommes auxquels s'adresse maintenant l'auteur sacré, et semble les placer en contraste avec les TtXàawi de la section précédente. Cette opposition serait le seul argument de quelque poids en faveur de la thèse qui cherche hors de Téglise et parmi les Juifs, les mauvais riches du commencement du chapitre.

IlaQaala tS xvQlff, présence, retour, avènement; grand évé-» nement prédit par J. C. lui-même (Matt. XXTV, 3. 27. 37. 39 etc.) et par les apôtres (Act. I, 11 ; 1 Thess. IV, 16), comme devant ramener J. C. sur la terre pour juger les hommes (comparez v. 9; Âct. XVII, 31; 2 Tim. IV, 1); ou du moins pour commencer la grande séparation des bons et des méchants, la grande victoire du bien sur le mal; victoire qui, d'après quelques passages de St. Paul et de St. Jean , semblerait ne devoir être consommée que plus tard. Comp. en particulier 1 Cor. XV, 23 — 26.

Notre passage renferme implicitement, mais évidemment, Tattente d'un jugement joint à la parousie.

Plusieurs commentateurs remarquent à celte occasion que ce dogme du jugement final à exercer par le Messie, était une doctrine de la théologie rabbinique. Cette assertion, dont ils ne semblent cependant vouloir positivement déduire aucune attaque à la divinité de la révélation, appelle nécessairement des doutes, ou du moins jette des obscurités sur Forigine divine des dogmes révélés par J. G.; soit de ce dogme-là, soit de quelques autres qui sont dans le même cas.

Au lieu de chercher à nous soustraire à une question délicate et de feindre, comme plusieurs, de ne pas la voir, abordons franchement le problème obscur de l'origine rabbinique de quelques dogmes contenus dans le N. T. seul, mais inconnus à l'A. T., et étrangers à la théologie mosaïque.

On a examiné ce problème, en se plaçant à trois points de vue différents.

1) Le point de vue orthodoxe. Plusieurs ItL orthodoxes, avec peu de logique et peu de prudence, à ce qu'il semble, se sont hâtés sans examen d'accepter le fait, pour en déduire des preuves à l'appui de quelques doctrines. Même avant le Christianisme, les Juifs ayant admis, suivant eux, les doctrines et les interprétations contestées, il en résultait, pensaient-ils, que les Chrétiens devaient a fortiori s'y soumettre. Raisonnement bien faible et arme à deux tranchants, lorsqu'il s'agit de vérités purement révélées, et étrangères à l'A. T.

2) Le point de vue rationaliste. Avec moins de piété, mais beaucoup plus de logique, les rationalistes, ayant établi ou plutôt cherché à étabUr le fait, en ont conclu ou fait conclure que la plupart des dogmes nouveaux enseignés par J. C. avaient une origine rabbinique et par conséquent humaine.

Cette solution, incompatible avec la foi, sera repoussée par tout homme qui se refusera à voir dans J. C. simplement un homme, un rêveur ou un rabbin. Le disciple de J. C. peut bien admettre que son maître a de temps à autre emprunté aux Docteurs juifs certaines locutions, c^taines formes de son langage, et comme

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Tenveloppe extérieure de telle ou telle doctrine, mais jamais les doctrines mêmes.

3) Le point de vue historique et critique. La seule méthode logique consisterait, ce semble, à rechercher avant tout à quelle époque remontent les témoignages rabbiniques sur lesquels on s'appuie, et s'ils renferment rien qui soit antérieur à J. C, ou seulement contemporain. Après ce travail préliminaire seulement, on est en mesure de demander à une critique impartiale la première et véritable origine des doctrines discutées.

En lait tous les témoignages juifs invoqués par les rationalistes, et spécialement par Bertholdt (Christologia Judœorum. Erlang. 1811), remontent à peine auTbalmud, c'est-à*-dire tout au plus au Sème et au 4ème siècle. • Dès lors comment faire de ces doctrines la source des enseignements de FËvangile? Supposer que les Thalmudistes et J. C. ont également puisé dans l'ancienne théologie rabbinique, c'est affirmer sans preuve et sans droit une pure hypothèse, démentie par des probabilités morales de premier ordre. On peut au contraire conjecturer avec quelque vraisemblance que la théologie rabbinique, en se constituant dans le Thalmud après s'être longtemps débattue contre le Christianisme qui l'envahissait, lui a parfois emprunté quelques traits pour en parer le Messie imaginaire dont elle s'obstinait à faire le rival du Sauveur. 11 n'y a rien là d'improbable. On pourrait prouver aisément que le Christianisme a laissé çà et là son empreinte dans les doctrines philosophiques^ tant orientales que cabalistiques et rabbiniques des premiers siècles. La Sagesse et d'autres écrits analogues en fournissent la preuve.

En tout cas, de toutes les solutions la moins naturelle et la moins logique, comme la moins chrétienne, est celle qui ferait de J. C. le disciple direct ou indirect des rabbins.

Dans le cas particulier qui nous occupe, sur quelles preuves se fonde Bertuoldt (Christologia, §. 42, p. 206) pour donner à croire qu'au temps àe J. C, et avant son enseignement, les Juifs attendaient un Messie chargé de juger les vivmits et les morts?

1) Sur des citations d'écrits apocryphes qui parlent du jugement dernier, sans dire un mot du juge ni du Messie. 2) Sur deux passages du Thalmud qui, trois siècles après J. C, disent

en effet que le Messie sera le juge final des hommes. 3) Sur une citation de IV Esdras, livre apocryphe écrit par un Chrétien, et dans lequel il est, par exemple, question du Fils de Dieu distribuant à ses élus des palmes et des couronnes etc. 4) Enfin, par un cercle étrange, sur les passages même des Evangiles où J. G. se proclame le juge futur des vivants et des morts. Ainsi Ber- THOLBT, supposant ce qui est en question , prétend déterminer les opinions contemporaines de J. G. par celles de J. G. lui-même, pour en conclure ensuite que J. G. a emprunté ces mêmes doctrines à ses contemporains.

Voilà ce que, pendant bien des années, on a appelé de la critique historique et admiré sur parole. Heureusement la science est maintenant entrée dans de meilleures voies.

'!Ecoç rîjç Ttaçifolaç tS xvqIq, La douce espérance du retour de Ghrist, si propre à soutenir le fidèle souffrant, produisait surtout cet eff'et dans le premier âge de l'Eglise, quand ce retour était cru prochain.

On ne peut douter en effet que Jaques ne crût, ainsi que toute la primitive Eglise, à Timminence de cette Tcagaala. Les V. 7 et 8 sont positifs sur ce sujet. Sa conviction semble même bien plus arrêtée que celle de St. Paul. Peut-être pourrait-on voir là une confirmation de Topinion, d'ailleurs extrêmement probable, qui assigne une date tardive à l'épitre de Jaques, et la suppose contemporaine des grandes agitations de la Palestine, alors qu'une fermentation enthousiaste et aveugle, politique et nationale autant que religieuse, faisait pressentir la catastrophe, et semblait réaliser les signes précurseurs de la Ttaçaola du Ghrist.

Nous reviendrons au v. 8 sur cette erreur de la première Eglise.

KvqIh désigne clairement J. G. Gomp. II, 1, où J. G. est appelé KvQioç 'lf]aSç X^igog rîjç dô^ç. L'idée est évidemment ici la même, puisque c'est de la glorieuse Ttaçaaia du Seigneur qu'il s'agit.

ïdè. Nous avons vu plus d'une fois l'auteur employer cette particule pour introduire quelque idée à la fois nouvelle et saillante. Ici elle amène une comparaison pleine de charme. Notre apôtre a un goût particulier pour les images empruntées à la nature.

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Tifilov -MXQTtov T^ç yriç, le précieux fruit de la terre; périphrase élégante et gracieuse.

jBtt avr^. Schn.: ,,€7tï respectu ejus; nisi vîvidius, et ingenio Jacobî omnia ad intuitum quasi praesentem réfèrent! accomodatius, ènî localiter sumas, quasi intentus in segetem, supra eam (H, 7 et infra y. 14)."

McniQoâvfÀWv €7t ccvrqi. La réunion de €7ti à fÀCCKQoâ'. exprime l'attente constante, patiente et confiante qui caractérise le cultivateur et qui n'est jamais trompée.

^!B<og Sv la^T]. Les Itt. doutent si le sujet du verbe est le laboureur ou le fruit, et ils inclinent pour ce dernier sens. Mais, outre que ce n'est pas le fruit, mais la semence qui reçoit la pluie de la première saison, il faut observer que le commencement de la phrase porte l'attention sur le labourejjir et son espoir. Il est par conséquent naturel de le montrer obtenant ce qu'il a attendu. Le sentiment général de la phrase tendrait donc à sousentendre ysioçybg avant làfij].

'Yerbç TtQciïfioç xai oipifxog, littéralement pluie du matin et du soir; métaphore, pour pluie du commencement de la période agricole et de la Qn, ou, comme on traduit d'ordinaire : de la première et de V arrière-saison. La métaphore était également en rapport avec le calendrier, l'année civile s'identifiant chez les Hébreux avec l'année agricole, et commençant en septembre avant les semailles.

^BTOç Ttçciïfioç. Cette pluie (ïTiî») tombe régulièrement en Palestine et en Egypte, à la fin d'octobre, sur les semences récemment mises en terre, et détermine leur germination.

Yerog oipifioç, La pluie du printemps (ttJîpb^) tombe au mois de Mars sur les épis déjà formés, les gonfle et les nourrit. Privées de l'une ou de l'autre de ces deux pluies, les terres de l'orient languissent, et la moisson manque ou périt L'A. T. renferme plusieurs allusions à ce phénomène et à ses effets.

L'agriculteur est plein d'une confiante espérance, qui le rend à la fois actif, calme et patient. Excellente image de ce que doit être le Chrétien en face des biens du ciel.

Le texte de celte fin de verset a «^lé modifié par plusieurs variantes , mais sans aatorité décisive, et dues probablement à ce qu'on ne comprenait

psff celte ploie nçmfi, xai ô^e/u. Qaelqaes instroments ont retranché é€v6y, OQ l'oDt remplacé par xetçnhy. La version arménieDne transporte ceia an yitoQyoç, et dit: agncola patient est vespere et mane.

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