LES SAINTS EXEMPLES
plume de St. Jaques, est presque toujours, avons-nous dit, le prélude d'un développement animé, poétique ou décisif.
^Yno/jiiyovTaç, ceux qui souffrent patiemment. C'est la leçon dn texte reçu. Mais plusieurs instruments alex. et occid. , l'école de Lachm. et en outre Kaapp lisent vnofuiyayvaç , ceux qui ont souffert patiemment. Scholz et Griesbach conservent le texte reçu, ce semble avec raison. ^YnofAii' yayvaç, qui n'est point suffisamment autorisé, paraît en outre dicté par nn esprit d'exactitude un peu étroit, qui ne songe qu'à Job et aux prophètes, lesquels ont souffert dans le passé. L'idée de l'apôtre au contraire tend à généraliser la leçon et à l'appliquer aux lecteurs, en la transportant au présent universel tmofÀivoyjaç, Schn. : „Tempus prsesens huic proposition! vim et formam sententiae generalis impertit; quare, quamvis exempta ex antiquitate afferantur, cave mutes cum veteribus: vnofÂiiyawaç,^''
Yco/? ; type de la souffrance, et aussi de la patience malgré ses murmures, à cause des élans de résignation et d'amour dont ils sont mêlés, et du pardon divin qui relève et couronne sa misère.
ïfxijcrorre; allusion à la lecture publique de ce livre dans les synagogues, comme à ce que cette histoire avait de typique et de proverbiaL
To tHoç xvç/ô; génitif causalis. Cela équivaut à ro réXog 6 TiVQioç ^eôcjytB toïç Tta&ruxaai rS ïw/?. Allusion à Job XLII, et aux merveilleuses délivrances et récompenses que Dieu accorde à ce héros de la foi.
KvQLii\ même sens qu'à la fin du v. 10 (înjïTî), auquel il y a ici une allusion, peut-être emphatique. TiXog yvqLh ne peut donc pas se traduire par la fin du Seigneur^ et se rapporter à J. C. Evidemment il est ici question de Job, et la fin du verset n'aurait pas de sens, si elle ne se rapportait à lui.
TloXvimXayxvoç. Les instruments alex. remplacent ce mot par ^roAvfvo^Acify- X^oç, espèce d'augmentatif incorrect, et complètement inusité chez tons les écrivains grecs, profanes, ellénistiques ou sacrés. Au reste l'existence même de cette leçon dans la famille alexaudrine est douteuse, vu les lacunes de presque tous les manuscrits importants à cette place.
IIolvGTtlayxvog, Stv. ley., équivalent de ^CTckayxvoç Eph. IV, 32; 1 Pier. III, 8, de GTtXayxvrj (û'^wrj*:}), entrailles, cœur, miséricorde. „In illis enim misericordia et compassio habitare Hebraeis videbatur.** Schn. Test. XII Patr. Zabulon II: ijçla^iyv
xXaieiVy xal rà fJTtarà fia è^ekv&rjaav iTt ifii, xai Ttaoa ?/ vTtôgaaiç rcoy (TTtXayxytov €xcn)vëro €7tl rrjv t^v/ijv fia.
'O xvQioç; répétition qui donne de Fénergie.
"Ort TtoXvaTclayxvôç I. ô x. x. oÎKtiQfiiov; sainte et touchante doctrine partout répétée dans la Bible et par les disciples de la Bible. Voyez Ps. CIIÏ, 8; Exode XXXIV, 6, et passim. Comparez Sir. II, 7— 9 et 10: 'Ein^Xéipare elç àqxaiag yeveàç xai "iôere, rlç hsitlgevaev yvqLi^ xal xaTrjaxvvdTj ; âiôrc olxTi^fiiov xaï ilei^fiwv 6 xvqwç.
L'ensemble de ce paragraphe soulève une grave question, posée souvent, non sans quelque mélange d'inquiétude ou de surprise, par la piété chrétienne ou par la science théologique : Pourquoi Jaques prend-il dans TA. T. seul ses modèles de patience, et pourquoi oublie-t-il J. C, le modèle essentiel et obhgé de la vie du Chrétien?
On a proposé plusieurs solutions de ce problème. On Ta expliqué :
1) par les convenances littéraires. Kern: „Jaques, venant de présenter J. C. comme juge, ne pouvait le représenter ici comme homme souffrant, sans détruire l'harmonie du morceau.'* (!)
2) Par l'ignorance ou l'erreur de l'apôtre. Schn. : „Nihil habeo quod respondeam, nisi Jacobo Christi dignitatem divinam et messianam potius quam humanse virtutis excellentiam ante oculos fuisse versatam (II, 1 ; V, 7. 8. 9), illumque ut in aliis rébus sic in bac quoque a visu mère theocratico, aut si mavis, judaîco, nondum fuisse progressum ad sententiœ christianse plenitudinem."
3) Par l'accomodation. Schn. continue ainsi la même phrase: „aut taies habuisse lectores, qui plenœ veritati deMessiœ persona, humanse virtutis exemplo, audiendœ nondum essent pares." Cette réponse est, ce semble, la plus invraisemblable de toutes.
4) Par l'individualité. La réponse donnée par Néander semble la meiQeure. Il suppose que les habitudes intellectuelles et religieuses de l'apôtre le portaient encore à chercher de préférence dans l'A. T. ses stimulants à la piété, quoique l'ensemble des idées chrétiennes eût fortement pris racine dans son coeur. „I1 reçut", dit-il , „le nouvel esprit dans les formes anciennes , semblable en cela aux catholiques, qui acquièrent une conviction évangélique