QUESTIONNAIRE
Qu'est-ce que cette femme nous apporte chaque semaine? — De
Moyen
attrayant
pour
le français aux petits enfants.
34 PKEMIÈHE >ARÏIE.
quelle couleur est sa robe ? — Et son bonnet ? — Que fait-elle en
aurawit <^^ï"^^* ^^ S'^^^ ^ ^es poules ? — Qu*aimerais-tu bien ? — Gomment
pour trouv9$-tD les poules? — Et le coq ? — Qu'a-t-il de rouge sur h tète ?
le^^aL *" ^ ^**^^ *^^''* ^ vivement ?
aux petits
enfants. Ce pçtît moyen, à la portée de Tenfaace, uou» a été indiqué en Pologne. Nous en avons fait le premier essai avec un petit garçon de quatre ans. Deux mois après avoir commencé le français, il le comprenait et parlait d'une manière vraiment étonnante. Si les gravures n'étaient pas eoloriées, le procédé perdrait beaucoup de son prix; il faut même de fortes couleurs qui captivent Tattention des petits élèves. Leur curiosité est tellement piquée » qu'il suffit de leur faire entrevoir un coin des gravures qui suivent celle qu'ils ont sous les yeux, pour qu'ils se hâtent d'étudier celle-ci afin de voir les autres plus tôt.
Une petite publication de ce genre serait fort utile à l'enfance, pour la première étude des langues, mortes ou vivantes. Les mêmes gravures pourraient servir pour plusieurs ; il n'y aurait que le texte étranger à changer. Un magistrat polonais , habitant Varsovie , avait enseigné, par ce moyen , plus de latin au fils de son portier que l'on n'en apprend, en trois fois plus de temps, par l'ancienne méthode. La leçon se donnant dans la loge , le père et la mère en avaient presque autant appris que leur fils. Cela rappelle ce que raconte Montaigne.
ffl.
I4i leçon de eouTersatloii.
A Tétranger, oa entend souvent des instituteurs , maîtres de langues dans des familles ou dans des établissements publics 9 s'écrier ; « Ah ! quel ennui d'être (c obligé de faire la conversatioi^ avec ces enfants l II c< faut leur arraçber les paroles de la bouche ; et, soi"* ce même, on se décroche la mâchoire , à force de « bâiller. » Quiconque a enseigné en pays étrangers ne sait que trop ce qu'il y a de douloureusement vrai dans ces exclamations arra^chées par l'ennui et le dégoût. Quand un maître remplit un devoir fastidieux et à peu. près ingrat, sa tâche court grand risque d'être tant soit peu négligée. Majis souvent la faute en est à la manière, dont il s'en ?icquitte. Si, au lieu de conversations banales et roulant presque uniformément sur des sujets d'une extrême vulgarité, on a recours au moyen que nous allons proposer, on obtient des résultats fort satisfaisant^, sans ennui, sans colère, sans malédictions à rad|*es9e du métier c^ue l'on a le malheur d'exercer* Nos leçons de œnu^rsa(içn ou de langage pratique conviennent surtout aux classes, aux réunions de famille ou de jeunes amis du même âge. Les enfants aiment les contes, les historiettes à la portée de leur intelligence. Utilisons ce goût de nos jeunes élèves,
La leçon
de ronversa-
et nos chagrins d'instituteurs' se changeront en jouisse sances. Avons-nous, par exemple, six, dix, vinet, voire
versa- * r ? / o ^
tion. même trente enfants qui ne parlent point encore le français , nous les disposons les uns à côté des autres, sur un ou sur plusieurs bancs. Nous leur faisons mettre les bras derrière le dos : cela dégage la poitrine et dispense de surveiller toutes ces petites mains. Ces dispositions prises, nous commandons que l'on fasse silence^ et prononçons, à haute et intelligible voix, sans nous presser, et en détachant bien les mots les uns des autres, le titre de Thistoriette que nous allons raconter ensemble. Ce sera, si l'on veut, celle-ci :
L'ermitage du petit Bernardin.
Mais répéter trois ou quatre mots qui viennent d'être prononcés dans une langue étrangère, c'est plus que ne peuvent faire des enfants qui entendent , presque pour la première fois, cette langue. Au lieu donc de prononcer le titre ci-dessus d'une seule haleine, le maître dit d'abord : Vermitage.,.^ et toute Tenfantine assistance répète avec ensemble : V ermitage,,.
Le maître dit ensuite : . . . . du petit, , ,
La classe répète après lui : , , du petit, , ,
Enfin le maître dit : Bernardin,
La classe répète encore : . . . Bernardin,
Cela fait, le maître traduit le tout dans la langue de ses élèves. Plus tard, quand ceux-ci auronf fait quel-