‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 105 sur 147 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

pratique; mais nous ne permetti'ons point qu'on

vienne nous réciter une leçon apprise par coeur, et re- narrations

, - , . . orales.

garderons comme non avenue et a recommencer toute narration de cette espèce. Du moment que nous faisons cette remarque, nous devons nous hâter de rendre les exercices de narration orale assez longs, pour ôter aux jeunes gens l'envie de faire une affaire de mémoire complaisante d'un pur exercice de langage pratique.

Les exercices de narration orale, qui, nous le répétons, f oat suite aux Leçons de conversation , doivent être le complément de l'étude secondaire du français, à tous ses degrés. Il arrive un moment où nous setitons qu'il faut chercher d'autres difficultés que celle de raconter une lecture faite en français. Alors notre élève ne doit plus nous raconter que ce qu'// aura lu dans sa langue maternelle. C'est à lui à aviser aux moyens qu'il mettra en œuvre : notre tâche se borne à l'écouter, à approuver ou à désapprouver. De même que, tout à l'heure, nous lui avons interdit les histoires apprises par cœw\ nous opposerons maintenant un veto formel aux histoires évidemment ^/v/^/w/fe^*; et, dans le cas où nos observations ne seraient point suivies de l'effet que nous avons le droit d'en attendre, hâtons-nous d'augmenter la tâche : cela lui ôtera l'envie de transgresser nos lois.

Nous arrivons, par une marche toute naturelle, aux narrations orales non préparées , L'élève qui s'en acquittera à notre satisfaction , nous prouvera qu'il a bien mis nos leçons à profit. Qu'il nous raconte alors, sans aucune préparation autre qu'uniî simple donnée.

orales.

un fait historique qui fournit à de nombreux dévelopnarrations pemeuts, à des cousidératious intéressantes, ou un événement du jour qui lui offre une occasion toute nouvelle d'employer et d'enrichir son matériel philologique. A chaque faux pas, remis par son guide dans la bonne voie, il acquerra peu à peu ce style de la narration soutenue, qui diffère si peu du langage ordinaire. C'est le moment de lui réitérer les préceptes relatifs à la €Oupe de la phrase, au choix des expressions, au ton à donner au récit, selon les divers sentiments de l'âme.

Des nnrratlon» écrites.

Nous suivrons, pour les narrations écrites, la même marche progressive que pour les narrations orales.

La littérature de l'enfance, si riche en ouvrages intéressants et profitables, nous offre un choix varié de morceaux que nous pouvons utiliser pour nos premier3 esd^iis de narrations écrites. Il n'y a, pour ainsi dire, qu'à prendre au hasard. Nous avons, par exemple, sous la main un ouvrage de mesdames Voiart et A. Tastu, les Enfants de la vallée (tAndlau, Npu§ l'ouvrons, et, à la première page, nous trouvons une histoire intitulée le Bénédicité, Nous lisons à notre élève le premier alinéa, autant de fois qu'il le délire et que nous le jugeons nécessaire. Nous lui dictons ensuite des notes, dont il s'aidera pour son travail, et nous terminons par une nouvelle et dernière lecture du fragment qu'il doit reproduire de son mieux.

La fois suivante , c'est le tour du second alinéa , et nous parvenons de la sorte au bout du récit, que notre élève se trouve avoir reconstitué au moyen des éléments que lui ont fournis la lecture du texte original et nos propres notes,

^Quelquefois oo rencontre, même dans ks mûts \^

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plus simples 9 des passages abstraits , des réflexions itarrations UQ peu loDgues , des détails peu attrayants ; on fera bien de les élaguer. Aimant à joindre l'exemple au précepte , nous allons reproduire , leçon par leçon , le texte de notre petite histoire, en y joignant les notes que nous dicterions, si nous la prenions pour exercer un élève à la narration écrite.

LE BEINÉDICIÏÉ.

L'Alsace est une des plus riches et des [dus pittoresques contrées de la France. La beauté de ses cultures, la diversité de ses industries, ses forêts , ses vieilles ruines féodales couronnant les cimes de ses montagnes, les Vosges, le Rhin, Strasbourg enfin, avec sa cathédrale, tout rend ce pays aussi curieux à visiter qu'intéressant à connaître. En descendant des Vosges, on rencontre la charmante vallée d*Andlau, entourée de hautes montagnes couvertes de sapins et toutes surmontées des restes d'anciens châteaux forts.

NOTES

Ce qu'est l'Alsace. Cultures , industrie, forêts , ruines féodales , les Vosges, le Rhin, Strasbourg et son monument principal , pays curieux et intéressant. Ce qu'on rencontre en descendant des Vosges, de quoi la vallée d'Andlau est entourée , ce qui couvre et couronne les montagnes.

A l'endroit le plus resserré de cette vallée, là où la petite rivière qui donne son nom à ces lieux enchantés roule et bondit toute blanche d'écume à travers les rochers, et forme une suite de fraîches et brillantes cascades, s'élève la jolie petite ville d'Andlau, l'une des (>lus

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