VIII. Des
narration!»
— Est-ce qu'il peut aussi me punir comme tu me punis quelquefois quand je n'ai pas été sage ?
— Oui , mais ce n'est pas de la même manière. Dieu te punit par le trouble d'une mauvaise conscience, c'est-à-dire que, lorsque tu as fait quelque chose de mal, une horrible inquiétude f agite et te tourmente ; tu crains que tes parents ou d'autres ne découvrent la faute , et qu'ils ne te punissent ou ne te méprisent à cause de cela ; quand tu es prête a commettre une mauvaise action, il y a en toi quelque chose qui te dit : Cela est mal! C'est ce qu'on appelle la conscience, c'est la voix de Dieu qui t'avertit ; toutes les fois que tu obéiras à cette voix secrète, et que tu t'abstiendras de mal faire, tu seras une bonne et sage petite fille, que Dieu aimera et que tout le monde chérii^a; mais si tu dédaignes cet avertissement salutaire, si tune veux suivre que ton mauvais penchant, tu désobéiras à Dieu , tu affligeras tes parents, et tu n'auras plus droit à l'estime de personne.
NOTES
— Question de jVIarie concernant la punition divine.
— Explication donnée par la mère. Trouble d'une mauvaise conscience, inquiétude qui suit le mal ; crainte des suites d'une découverte; avertissement intérieur, précédant une action répréhensible ! Cette voix a un nom, de qui elle est l'avertissement; obéir à cette voix et se garder du mal, c'est boiRé et sagesse , amour de Dieu et affection générale ; mépris de cet avertissement , entêtement à mal faire, désobéissance envers Dieu , affliction pour les parents, perte de la bonne opinion du monde.
ecntes.
Cette réponse fit beaucoup réfléchir la petite Marie. L'idée qu'il y avait un être plus grand, plus puissant et plus savant que son papa ; qui voyait toutes ses actions et entendait toutes ses paroles , frappa son jeune esprit: elle devint dès lors une gentille et sage petite fille ,
Des
attentive à éviter tout ce qui était mal et tout ce qui pouvait déplaire iiarnolous ^ ^^^ ^^^ ^^ ^^^ qu'on appelait le bon Dieu, et qui l'aimait comme écrites. un père.
Quand ses parents eurent remarqué ces heureux changements chez Marie, ils l'admirent au rang de ses frères et sœurs. Le jour où son père, après ime courte absence, se retrouva au milieu de sa famille, on plaça près de lui une haute chaise, où la petite fille , toute fière et toute joyeuse, vint s^asseoir, et par sa raison, sa propreté et sa bonne tenue, se montra digne de l'honneur qui venait de lui être accordé.
NOTES
Effet de cette réponse sur Marie. Idée qui frappa son esprit; ce qu'eHe devint, à quoi elle fut attentive.
Ce que firent ses parents, cet heureux changement remarqué. Quel meuble on plaça auprès de son père , revenu d'un long voyage, où la petite fille prit place, qualités qui la rendirent digne de cette distinction.
On a sans doute remarqué que, dans les Notes cidessus, nous avons conservé la ponctuation du texte original. Cette précaution facilite le travail de TélèTe : il trouve en quelque sorte tout préparé le cadre de chacune de ses phrases.
Lorsque le maître, satisfait des premières narration» écrites de ses élèves, les croit en état de se passer de ces notes détaillées, qui le maintiennent comme des lisières pour le préserver de chutes par trop lourdes, on doit adopter une marche en rapport avec les progrès réalisés. Il suffira alors de dicter un simple argument^ qui résume convenablement les parties les plus saillantes des compositions à rédiger. La manière
écrites.
CHAPIÏHE SEPTIÈME. 228
dont ces arguments sont présentés , influe beaucoup ~ sur le plus ou moins de bonheur avec lequel nos élèves narrations exécutent leur travail. Nous pensons que, dans le commencement, il est bon de trancher nettement les diverses parties de ces résumés; on fera même trèsbien de les numéroter, comme dans l'exemple suivant, que nous empruntons à un ouvrage utile à consulter ' .
UÉGLISE DE VILLAGE.
ABGUMENT.
Le tableau à tracer se divisera en trois parties : l*" TefTet lointain de l'église avec son clocher ; 2'> le cimetière, à l'entrée du temple , les croix de bois, Therbe qui pousse sur les tombes ; 3<* l'intérieur de réglise, la simplicité des ornements, la solitude de la nef et du chœur, où Ton n'aperçoit qu^une vieille femme en prière.
Conclusion : la vue de ce temple rustique inspire des sentiments plus religieux que les églises les plus vastes et les plus riches.