CHAPITRE HUITIEME
que partout ailleurs, le suprême degré de perfection
La lettre était cultivée chez nous que la littérature de épistoiaire. plus d'une nation étrangère donnait à peine signe de vie. Qu'on cherche où Ton voudra la raison de cette suprématie, les monuments de notre langue dans cette branche littéraire dépassent ceux de tous les a^jtres peuples civilisés. Serait-ce parce que notre langage est par excellence celui de la conversation ? En trouverat-on la cause dans Tesprit facile, communicatif et coulant des Français, dans la simplicité de notre construction, dans notre système verbal? Serait-ce dans Theureuse absence de ce fatigant cérémonial, si cher à certaines nationalités ? Ces avantages réunis contribuent efficacement à nous assurer une prépondérance qu'on a'a jamais osé contester à notre nation.
Tout le moffide connaît Tinimitable correspondance des Se vigne, des Main tenon. Voiture, malgré son afféterie. Racine, Boileau, Voltaire, les Rousseau, et cçnt autres, nous ont laissé de nombreux sujets d'étude et d'admiration. Nous trouvons dans leurs œuvres épistolaires des leçons pratiques de style , de convenance surtout. Cette dernière qualité est la plus précieuse à acquérir; celui qui ne la possède pas, doit y tendre de tous ses efforts. 11 serait en effet souverainement ridicule d'écrire une lettre de condoléance sur un ton léger, de narrer une partie de plaisir en termes boursouflés et emphatiques. L'étude des écrivains modèles est le moyen le plus sûr de se former dans les divers genres ; en observant les ressources qu'ils ont exploitées pour traiter de sujets variés, on par -
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viendra à se plier à toutes les exigences d'une corr
épistoiiire. respoudauce étendue.
Le cérémonial est le principal et peut^tre Tunique point où les Étrangers et les Français diffèrent danB l'art épistolaire. En beaucoup de pays on aime à donner ^t à recevoir en retour certains titres , auxquels on tient assez ; en France, on est sans prétentions à cet égard. Le point exelamatif se dresse çà et là dans la correspondance de beaucoup d'Étrangers, comme pour en faire les honneurs ; jamais il ne manque en tète de Tépître , après le titre du personnage à qui l'on écrit, quelque minime que soit d'ailleurs le rang qu'il occupe dans la société. Chez nous, dans ce cas, l'emploi d'une simple virgule est commandé par l'usage et la logique, le point dit d'exclamation n'accompagnant jamais qu'un cri de joie, de surprise, d'indignation. En beaucoup* de pays, chaque état exige impérieusement la formule honorifique à laquelle l'usage lui donne droit ; et il y en a parfois tout un arsenal. En France , le titre de Monsieur, va à presque toutes les conditions. Sous ce rapport, nous avons au moins l'avantage de la implicite. Écrivons-nous à quelqu'un de haut placé, la troisième personne sin* gulière est une marque de déférence et de rœpect; mais il serait difficile de se tenir longtemps sur ce ton; nous reprenons donc, aussi naturellement que possible 9 la seconde personne du pluriel.
Tons les événements de la vie peuvent mettre dans la nécessité d'écrire une lettre; le genre épistolaire est, de la littérature, celiû qui offre le plus de diversité