LETTRES DE MORALE
Les lettres de morsde doivent toujours être dictées par le bon sens et la raison. Il faut les puiser dans sén cœur, plutôt que dans son esprit. Gardons*nou6 de délayer dans un malencontreux verbiage ee qui gagne, au contraire, à être présenté avec une concision correcte. Ajoutons qu'il ne sied guère de faire les moralistes à des gens qui auraient eux-mêmes besoin de leçons : c'est s'exposer à voir rétorquer ses arguments. On peut s'appuyer des moralistes, mais, en général, il faut être sobre de citations.
Modèle.
saVlO PStUGO A ON aSUNfi HOMME.
Tu as des frères et des sœurs ; fais en sorte que l'amour que tu dois à tes semblables commence à se réaliser en toi, dans^ toute sa perfection, d'abord envers les auteure de tes jours, puis envers ceux qui te sont unis par la plus étroite des* fraternités, celle d'être nés des mêmes parents que toi.
Pour bito pratiquer la divine science de la charité envers tous les hommes, il faut en faire l'apprentissage en famille.
Quelle douceur n'y a-t-il pas dans cette pensée : Nous sommes enfants de la même mère I Quelle douceur encore d'avoh* trouvé, à peine venus au monde, les mêmes objets à vénérer avec prédilection I L'identité du sang et la ressemblance de beaucoup d'habitudes, entre frères et sœurs, font naître tout naturellement une forte sympathie, qui ne pourrait être détruite que par un horrible égoïsme.
Si tu veux être bon frère, garde^toi d& ce vice; propose-toi chaque jour d'être généreux dans tes relations fraternelles ; que chacun de tes frères, que ehaoïine de tes sœurs voie que «es intérêts te sont aussi chers que les tiens. Si l'un d'eux fait une faute, sois indulgent pour lui, nan^eulement comme tu le serais pour un autre, mais
pAis encore. Réjouis-toi de leurs vertus; imite-les, et excite-les par
é^tola/re ^^ exemple; fois qu'ils bénissent le sort de t'avoir pour frère.
Ils sont infinis les motifs de douce reconnaissance, de soins affectueux, de tendres craiùtes, qui contribuent sans cesse à alimenter Tamour fraternel ; mais il faut néanmoins y réfléchir , autrement ils passent souvent inaperçus. Commandons*nou8 de les sentir. Les sentiments exquis ne s'acquièrent qu avec une ferme volonté. De même que nul ne devient savant en poésie ou en peinture sans Tétude, nul aussi ne comprend rexcellenee de Tamour fraternel, ou de quelque autre affection noble, sans une constante vololité de la comprendre.
Que rintimité domestique ne te fesse pas oublier d'être poli avec tes frères.
Sois plus aimable encore avec tes soeurs. Leur sexe est doué d'une grâce puissante. Elles se servent ordinairement de ce don céleste pour égayer la maison et en bannir la mauvaise humeur, pour adoucir les reproches paternels ou maternels qu'elles entendent quelquefois. Honore en elles la suavité des vertus de la femme ; réjouistoi de l'influence qu'elles exercent sur ton âme pour l'adoucir. Puisque la nature les a faites plus faibles et phis sensibles que toi, sois d'autant plus attentif à lés consoler si elles ont de l'afilictiou, à ne pas les affliger toi-même, à leUr témoigner constamment respect et amour.
Ceux qui contractent, entre frères et sœurs, des habitudes malveillantes et grossières, restent malveillams et grossiers avec tout le monde. Que le commerce de famille soit tout à fait beau, tendre, saint; et quand l'holmme sortira de sa nfaiàon, il port^Ti dans ses relations avec le reste de la société ce besoin d'estime, d'affections nobles, cette foi dan^ la vertu, qui est le fruit d'un exercice journalier de sentinteofs élevés ^ .