CHAPITRE NEUVIÈME
Et cependant lui-même il craint fort mon dernier ;
Maintenant battez la campagne^ intei-mèdes.
Faites, si vous voiriez, mon entier en Espagne.
Logogrifhe.
J'ai deui pattes avec huit pieds ; L'on me trouve chez les fermiers.
Deux pieds de moins, je suis mon frère ; Trois pieds de moins, je suis ma mère.
Anagramme,
De cinq lettres je me complique; On fait, en les déplaçant, Un amusement nautique, Un amusement d'enfant.
Charade.
A la tête voyelle , Et AOte à mon talon.
Lecteur, mon tout n'est bon Qu'autant qu'il est fidèle.
Logogriphe,
Je fais, avec sept pieds, horreur à la nature; Sans mon cœur, je deviens une belle fourrure.
anagramme.
Toujours mes quatre pieds chez l'homme
Sont mal reçus, répudiés ;
. .'^^^î* A l'envers, la bête de somme
Par moi s en va plus vite aux prés.
Charade.
Répété, mon pn^mier offre un gâteau friand; On trouve en mon dernier un instrument qui pique ; Pour mon tout mal assis vous voyez la pratique Lancer à Tépicier maint mauvais compliment.
Ces quelques énigmes, logogriphes, anagrammes et charades, suffiront pour éprouver le goût des élèves , et faire reconnaître ceux auxquels il conviendra d'en proposer un plus grand nombre, et d'une difficulté progressive. Nous recommandons aux maîtres de langue française ces agréables et utiles compléments de leurs leçons ; ils verront, avec le temps, se jouer pour ainsi dire de combinaisons assez compliquées des jeunes gens qui avaient débuté , comme la plupart des enfants du reste , par déclarer insoluble cette horripilante énigme :
Je me nomme chapeau ; Ton me met sur la tête ; Devine qui je suis, si tu peux, grosse béte.
W^m répétitions.
Pour bien savoir une chose quelconque, objet d'un travail intellectuel, il ne suffit point de l'apprendre une fois ; il faut la reprendre en sous-œuvre , pour ainsi dire, et la fixer d'une manière imperturbable dans la mémoire. Nous savons que ce n'est guère l'usage de beaucoup de maîtres de faire revenir leurs élèves sur les leçons apprises antérieurement , et qu'en fait d'é* tude des langues le travail de chaque jour une fois ac<* compli est relégué dans les limbes de l'oubli. Aussi est-ce pour nous un motif de plus d'insister sur l'adoption générale d'une habitude éminemment utile ; et , pour mieux en faire ressortir l'avantage, nous croyons devoir consacrer aux répélitions un article particulier.
Si, à l'occasion de chaque exercice indiqué dans le cours de cette seconde partie de notre travail sur l'étude et renseignement du français à l'Étranger , si , disons-nous, à cette occasion , nous avons tant insisté sur la nécessité des copies^ c'est que nous avions en vue les travaux rétrospectifs dont nous allons nous occuper à présent. Revenant donc à notre point de départ, nous exposerons succinctement la manière la plus profitable et la plus expéditive doutées répétitions doivent être établies.
Des
répétitions.
GRAMHAIBE.
Nous ne saurions trop dire et répéter quelle attention scrupuleuse il faut apportef à Tétude de la grammaire française à l'Étranger. Cette étude, en soi-même, est peu attrayante, et n'a rien qui flatte l'imagination. Aussi est-^ce dans la jeunesse, lorsque la mémoire n'a encore rien perdu de sa fraîcheur, qu'il faut se hâter d'y loger, d'une manière définitive , tout ce qui est du ressort de cette précieuse faculté. Les maîtres habiles et consciencieux le savent bien ; et, dans le but de sa* tisfaire une vaine gloriole , ils n'ont garde de faire glisser leurs élèves sur les éléments pour les lancer dans l'étude des règles de principes , dont la concept tion demande une certaine maturité d'esprit.
Un élève qui connaît à fond les accidents du stàbs^ taniif^ de Y adjectifs et surtout dn verbe (verbum, voix, parole, langue!) a toute chance de bien posséder un jour la langue française.
Un élève, au contraire, qui, dans l'étude des accidents de ces parties du discours, s'en tient à des à-peu* près, est d'avance irrévocablement condamné à ne jamais posséder cette langue.
Avis donc à tous ceux pour qui ces lignes sont écrites , avis aux maîtres et maitresses de langue française à l'Étranger, aux précepteurs, aux gouvernantes, aux chefs d'institution ; avis surtout aux pères et mères de famille, à qui incombe le devoir de surveillance dans