‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 140 sur 147 · ÉTUDE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEURS · texte numérisé non relu

ÉTUDE ET ENSEIGNEMENT SUPÉRIEURS

Be ranaly^c littéraire.

Jusqu'ici l'élève a encore peu fourni de son fond : il a appris par cœur, traduit, reconnu, par l'analyse grammaticale, la valeur intrinsèque et relative des signes de sa nouvelle langue, mis des vers en prose, narré de vive voix et par écrit, et rédigé différentes sortes de lettres. Il lui reste encore quelques échelons à gravir pour atteindre aux sujets à traiter d'imagination ; l'analyse littéraire est un de ces degrés.

Resserrer en quelques lignes l'essence de plusieurs périodes, réduire un sujet à son expression la plus décharnée ; savoir retrouver le point de départ et la filiation d'idées successivement développées ; connaître enfin l'art de tirer d'un simple résumé tout le profit possible : voilà ce qu'on apprendra par la pratique de l'analyse littéraire. Plus elle sera concise, sans rien

omettre d'essentiel, plus la pensée fondamentale sera

De l'analyse ? r r .

uuéraire. réduite à sa simplicité primitive^ plu» aussi 1 analyse sera parfaite. *

La manière dont l'analyse littéraire se pratique de préférence consiste à extraire l'idée mère de chaque paragraphe, de chaque alinéa , et à former du résultat combiné de ces travaux partiels, un tout compacte, non interrompu, où Ton reconnaisse Tc^uvre primitive, s^vec tous SCS caractères distinctif s.

Fidèle à notre habitude de joindre l'exemple au prés cepte, nous allons donner l'analyse des deux premiers alinéa de VOrcuson funèbre , de la reine (T Angleterre^ dont nous reproduisons le texte ; les proportions que notre travail a déjà prîtes ne nous permettent point d'opérer sur tout le discours.

PREMIER ET SECOIID ALINÉA DE L^ORAISOIf FUSfÀRRS DE tA IKNE D'ANGLETERRE.

Celui qui règne dans les cieux, et de qui relèvent tous les empires, à qui seul appartient la gloire, la majesté et rindépendanee, est 9ussi le seul qui se glorifie de faire la loi aux rois, et de leur donner, quand il lui plaît, de grandes et de terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse ; soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à lui-même et ne leur laisse que leur propre faiblesse, il leur apprend leurs devoirs d'une manière souveraine et digne de lui ; car en leur donnant sa puissance il leur commande d'en user comme il fait lui-même pour le bien du monde, et leur fait voir en la retirant que toute leur majesté est empruntée, et que pour être, assis sur le trône ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les princes, non-seulement par des discours et par des paroles, mais encore par des effets et par des exemples. /;/ nune^ reges^ intell igife ; erudlntmi^ gnijudicath terram.

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