‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 142 sur 147 · CHAPITRE DEUXIEiME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEiME

pensée^ le jugement, voilà ce qu'il ne faut jamais ' j7 perdre de vue. Celui qui est inhabile à se rendre parallèles, compte des impressions qu'il éprouve, et à les mettre en regard les unes des autres, sentira toujours une grande difficulté à rendre ses pensées à lui, et à les communiquer d'une manière convenable.

iMltallanA.

Des parallèles on passera aux imitations. Décalquer avec art,' sans jamais blesser le sentiment des convenances littéraires et môraTes, transporter d'un sujet à un autre les traits qui leur sont communs à tous deux, eh conservant, autant qu'il est possible et dans leur ordre, la forme des phrases, les expressions et les mots, c'est faire une imitation. L'auteur cité dans le chapitre précédent va nous en fournir un excellent exemple 11 s'agit de raconter la douleur de Philoctète sur celle de Calypso. La ressemblance qui existe entre le sentiment de cefs deux personnages est frappante ; le cadré phraséologique dé Fénelon semblerait presque avoir été disposé pour recevoir également les idées que chacun de ces sujets suggère.

Douleur de Calypso.

Calypso ne pouvait se consoler du départ d'Ulysse.

Dans sa douleur, elle se trouvait malheureuse d'être immortelle. Sa grotte ne résonnait plus de son chaut ; les nymphes qui la servaient n'osaient lui parler.

Elle se pro^^enait souvent

Douleur de PhU^tète, racontée sur la douleur de Calypso.

Philoctète ne pouvait se consoler d'avoir dévoilé le secret de la mort du grand Alcide, qu'il avait juré de ne jamais découvrir. Dans sa douleifr, il se trouvait plus malheureux par le ressouvenir de son parjure, que de l'abandon si inhumain des Grecs, de la trahison d'Ulysse, et de l'horrible souffrance de sa plaie. Son antre retentissait nuit et jour de ses gémissements.

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