‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 48 sur 147 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

et msdtres sont partout, on le sait, passablement étri- ~ qués. Cependant presque tous ont à entretenir une grammaire, compagne, avec laquelle ils descendent cahin-caha le fleuve de la vie ; des enfants à élever, instruire, habiller; de grandes demoiselles, ce qui est le comble de la désolation, à faire valoir, pour trouver acquéreur à leurs charmes. A quel expédient recourir en cette détresse?... Oh! mon Dieu, on a bientôt avisé. Dans l'établissement auquel on est attaché, ou a de cinquante à cent élèves, qui veulent avoir des livres à étudier, à perdre, à déchirer. Parmi ces livres, doit figurer une Grammaire française. « Eh bien , s'écrie- « t-on en se frappant le front, si je faisais quelque « chose de mieux que ce que l'on a en fait de Gram- « maires françaises ! » On a bientôt calculé ce que coûteront impression et papier, le nombre des exemplaires dont le placement est assuré, etc., etc. On aurait bien du guignon si par-ci par-là, hors du cercle d'activité de l'auteur, il ne se rencontrait pas une ou deux bonnes âmes pour acheter ou faire acheter quelques exemplaires du petit chef-d'œuvre grammatical. Voilà donc une nouvdle Grammaire française lancée dans le monde de la librairie. C'est la centième, la millième peut*ètre, Biais qu'importe? Tant que l'auteur aura des élèves pour user leurs pantalons sur les bancs de l'école, et pour acheter, déchirer, perdre ses livres, le succès de son ouvrage est assuré.

C'est fort triste, sans doute; mais le mal est sans remède.

Parmi les Grammaires françaises [)ubliée8 en France,

~~ nous nen connaissons pas une que nous puissions grammaire, recommander aux Étrangers. Écriteà au point de vue français, pour des élèves dont la langue française est la langue maternelle, elles négligent nombre de cas que voudraient y trouver traités un Allemand, un Anglais, ua Russe, etc., etc., tous peuples parlant des idiomes particuliers , assujettis à une syntaxe partie culière, et obéissant aux infijûrations d'un esprit national, également particulier. De txms ces livres le plus répandu est, sans contredit, la Grammaire Noël et Chapsal, et nous doutons que jamais réputation ait été aussi injustement acquiâe. On y rencontre (dus d une r^le appartenant au français des auteurs, mais complètement étrangères au français que connaissent et parlent les gens cultivés en France. Nous croyons pouvoir affirmer, sans injustice envers les auteurs, qu'aucun élève. Français ou Étranger, n'a jamais appris, dans ce livre élémentaire, la moitié de ce qu'on doit savoir de français au sortir des classes. Nous avancerons même, et tout le monde peut le vérifier, qu'il est impossible, à quiconque n'a jamais étudié que Noël et Cha|>sal, de conjuguer comme il faut ceux des verbes irréguli^s qui ne sont pas d'un usage fréquent dans la langue^ parlée ou écrite*, tant ces verbes y sont présentés d'une manière incomplète et défectueuse. Le reproche que nous adressons ici à un ouvrage particulier s'applique aussi, plus ou moins, à toutes les autres grammaires. Les verbes irréguliers de la langue française sont assez nombreux : nous en avons recueilli plus de iwis cents, qui

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