‹ Étude et enseignement de la langue française à l'étrangerChapitre 61 sur 147 · CHAPITRE DEUXIÈME. IM · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME. IM

Q. a f. t, de. d'à,, e. t. d'e. s. à. c. g,; — t. c. p., t, c. Exercice» w., t, c. ff., t. c, a., r. c. f. d,, t, c. i. rf. r., rf. p., d. s. ^l^^^^' e. d, v,f •— Q, a. f. »i., r., ^. /. aJ

Qu'il lise maintenant, phrase par phrase, cette ennuyeuse leçon; qu'il essaye ensuite de la répéter au moyen des initiales détachées de chaque mot. Ces initiales seront pour lui, avec l'aide de la ponctuation conservée^ des points de repère qui lui allégeront considérablement sa tâche. Si l'on se trouve bien du procédé, nous le livrons avec plaisir.

Nous avons choisi à dessein ces lignes de Bossuet, qui sont tirées d'un livre intitulé : Exercices de mémoire et de stylcy et faisant partie, nous n'en imposons point, d'un Cours di enseignement élémentaire. L'auteur croit devoir ajouter : mis à la portée des enfants; et nous sommes persuadé que l'honnête homme est de bonne foi. Hélas! il faut lui pardonner, car il n'a pas plus failli que tous ses honorables confrères, auteurs de compilations analogues. Tous, sans exception, en écrivant pour de prétendus enfants, ont, à leur insu, travaillé pour eux-mêmes. Us ont oublié que l'esprit d'un garçon ou d'une petite fille de douze à treize ans n'est point l'esprit d'un homme qui a blanchi dans la pénible carrière de l'instruction publique. Au lieu de redevenir momentanément enfants, ils ont fait de leurs petits élèves des barbons à cheveux gris et rares, portant lunettes, et ayant mi air

— grave et réfléchi , comme Bernardin de Saint-Pierre,

Exercices •* ' • rw • ? #

demémoire, 6X-ermite, ccnvant ses Harmonies de la nature.

A ces gens-là, nous autres maîtres de langue, nous ne devons jamais ouvrir notre porte.

De I» traduction.

Un exercice d'une inconcevable utilité, quoique bien des maîtres le négligent, c'est la traduction. Ici, comme ailleurs, on procédera par degrés. Soumettre de prime abord un jeune Étranger à Tépreuve d'une « version, en Tabandonnant à ses propres forces , c'est le pousser sur un écueil où il échouera. Rien de plus pénible, aussi rien de plus rare qu'une bonne traduction. Nous ne débuterons donc point par obliger notre élève à traduire en français un morceau écrit dans sa langue maternelle, quelque facile qu'il soit d'ailleurs. Bien que passablement versé dans les éléments de l'étude qu'il poursuit, c'est toujours un élève, un Étranger, dont l'esprit est accoutumé dès l'enfance à des tournures de phrases, à des locutions particulières, à une construction de mots essentiellement nationale. En lui donnant à traduire un passage en français, nous lui dicterons de courtes notes sur telle question grammaticale non encore débattue, sur telle difficulté qui va se présenter à lui pour la première fois. Alors il est efficace d'entrer dans des détails explicatifs sur les différences observées, Nous tiendrons à ce qu'il saisisse et retienne les nuances qui caractérisent les expressions diverses et font préférer celle-ci à

~ celle-là : parlons à son jugement , mettons en relief traduction, le sens faux de ce mot français, dont Fauteur que nous traduisons ensemble a voulu faire redonder sa période * ; prévenons-le constamment contre cette ridicule vanité d'érudition. Son travail terminé , prenons cette version , phrase par phrase ; voyons s'il a tiré parti des éléments qu'il possède ; qu'une critique raisonnée porte la conviction dans boû esprit. Un auteur paraphrasé n'est pas un auteur traduit : rendre une p^sée par un déluge de ciroonloeutiona » c'est ^ l'affaiblir puérilement. Poor que notre élève fasse un travail profitable , il s'appliquera à faire passer son texte tout entier , pensées et esprit, dans une version littérale et concise, qui ne s'écarte jamais des prin* cipesde la langue française. Son style sera châtié : il éliminera ce mot oisif, remplacera par un synonyme plus juste cet autre au sens louche , fera disparaître cette consonnance dissonore, produite par un choc de vpyelles , ou par une répétition trop rapprochée des mêmes inflexions. 11 n'enchevêtrera point les phrases du texte l'une dans l'autre, pour les couper ensuite à sa guise, à moins d'une absolue nécessité. Qu'il s'ap* plique à reproduire la pensée primitive en la jetant, pour ainsi dire, dans le même moule, sauf les variétés de nuances que la dissemblance des idiomes rend inévitables.

* Le» Allemands surtout, dans leur langue écrite et parlée, se distinguent par la manie d'employer des mots français, soit en lés détournant de leur seul, comme particulier pour rentier, soit en les fabriquant à neuf, comme Bldmage, poussage! apports gratuits dont la langue de Bossuet et de Voltaire ne se montre pas extrêmement satisfaites

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