CHAPITRE TROISIÈME
had begun — « Afler ail , I tbink they are better oif tban tbey would be to be free. »
» It's uDdoubtedly the intention of Providence that the African race should be servanls-kept in a low condition, » said a grave-Iooking gentlemen in black , a clergyman , seated by the cabin-door. « Cursed be Canaan ; a servant of servants shall he be', the Scripture says.»
« I say, étranger, is that ar what that text nieans? » said a tall man, standing by.
« Undoubtedly. It pleased Providence, for some inscru table reason, to doom (he race to bondage âges ago; and wo must not set upour opinion against that. »
«Well, then, we'll ali go ahead and buy up niggers, » said tbe man, « if Ihat's the way of Providence won't we, squire? » said he, turning to Haley, who had been standing, wilh his hands in bis pockets, by the stove, and intently listening to the conversation.
•( Yes, >* continued the tall man ; « we musl ail be resigned to the decre*-.s of Providence. Niggers must be sold , and trucked round, and kept under, it's what they's made for. Pears like this yer view's quite refreshing; an't it, stranger ? •» said he to Haley.
« I never thought on't, » said Haley. «1 couldnt bave said as much, myself ; I han't no larning. I took
sant ; — Après tout, je crois que les nègres sont plus heureux que sUls étaient libres.
Un brave ecclésiastique en habit noir, qui était assis près de la porte de la cabine, glissa un mot dans la conversation. — Indubitablement, dit^il, Vintenlion de la Providence est que la race africaine soit en servitude. M QueChanaan soit maudit!
qu'il soit à Tégard de ses frères l'esclave des esclaves. Que Dieu multiplie la postérité de Japhet, et qu'il habite dans les tentes de Sem , et que Chanaan soit son esclave ! »
— Étranger, dit un homme de grande taille, interprétez -vous le texte dans son véritable sens?
— Assurément. Il a plu à la Providence, pour quelques motifs impénétrables, de condamner cette race à la servitude, il y a des siècles , et nous ne devons pas nous opposer à ses décrets. ,
— En ce cas, reprit Tbomme de grande taille, j'irai de l'avant, et j'achèterai des nègres, puisque c'est la volonté du ciel , auquel il faut obéir, a Ces mots s'adressaient à Haley, qui, les mains dans les poches, appuyé contre le poêle, prétait une oreille attentive à l'entretien.
— Oui , continua l'homme de grande taille, il faut se soumettre aux décrets de la Providence. Les nègres sont faits pour être vendus, troqués, opprimés : voilà une manière devoir rassurante! N'est-ce pas votre avis, étranger?
— Je n'y ai jamais réfléchi , répondit Haley ; je n'ai pas d'instruction ; j'ai embrassé la profession de
Delà traduction.
Delà tniductiou.
up tbe trade just to make a living; if 'taint right, 1 calculated to 'pent on'tin time, ye know. »
n And now youH save yourself the trouble, won't ye? » said the tall man. « See what 'tis, dow, to know Scripture. If ye'd only studied yer Bible, iike this yer good man , ye might bave know'd it before, and saved ye a heap o' trouble. Ye could jist bave said, Cussed be — what*s bis name ? and 'twould ail bave corne rigbt. » And tbe stranger, who was no otber than tbe bonest drower whom we introduced to our readers in tbe Kentucky tavern,satdown,and began smoking, witb a curious smile on bis long, dry face.
fi tall, slender young man, witb a face expressive of great feeling and intelligence, bere broke in, and repeated tbe words, « AU things whalsoever ye would tbat men sbould do unto you, do ye even so unto tbem. I suppose , « be added, (t tàat is scripture, much as Cursed be Canaan ! »
n Wal, it seems quite as plain a text, stranger, » said Jobn tbe.drover, « to poor fellows Iike us, now; »
and Jobn smoked on Iike a volcano.
The young man paused, looked as if be was going to say more, wbeu suddenly the boat stopped, and tbe Company made tbe usual steamboat rush, to see where tbey were landing.
<• Botb theni ars cbaps parsonsi' »
mArchand d'esclaves pour avoir des moyens d'existence. Si j'ai eu tort, j'aurai soin de m'en repentir à propos.
— A quoi bon 1 reprit l'homme de grande taille; n'avez -vous pas entendu ce que dit TÊcriture.^ Voyez combien il est utile de la connaître !
Si vous aviez étudié votre Bible, comme ce brave ministre, vous seriez depuis longtemps débarrassé de tout scrupule, et vous vous seriez épargné bien des inquiétudes.
Vous n'auriez eu qu'à dire : Maudit soit... le nom m'échappe; et vous auriez continué votre commerce avec une tranquillité parfaite. » Celui qui s énonçait ainsi était John le maquignon, que nous avons déjà présenté à nos lecteurs dans l'auberge du Kentucky. Sa longue face anguleuse rayonna d'un sourire ironique, et il se mit à fumer.
Un jeune homme frêle et maigre, dont les traits exprimaient autant de sensibilité que d'iotelligenoe, prit la parole et dit : — Il y a dans l'Ecriture un autre passage : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît. « N'estce pas aussi concluant que la malédiction de Chanaan ?
Cela nous semble tel, à nous autres pauvres gens, dit John en fumant comme un volcan.
Ce Jeune homme le considéra et allait ajouter quelque chose, quand le bateau s'arrêta. Toute la compagnie s'élança sur le pont pour savoir où l'on arrivait.