DÉTERMINATION DU PROBLÈME
Supposons maintenant que nous nous proposions de faire progresser artificiellement la tête du fœtus à travers la filière pelvienne.
La remarque précédente nous apprend que k centre de gravité de la tête va suivre un arc de cercle dont le . centreest au point A et le rayon est égal à la moitié du
cm == 6°
- : ; ; Ne diamètre moyen de l'excavation, c’est-à-dire
plus l'épaisseur du pubis qui est de 2°%, au total 8m,
La tête fœtale lorsqu'elle est fléchie représente un ovoïde plein et il est bien évident que l’on n’a aucune directe prise sur le centre de gravité de cet ovoïde pour lui faire suivre exactement la circonférence qu’il doit dé- crire. |
I] est donc nécessaire d’user d’un artifice pour obtenir ce résultat qui est primordial dans la manœuvre que nous nous sommes proposé.
Etudions donc d’abord les détails de cet artifice.
Pour ceci représentons schématiquement la filière
pelvienne,
Soit À le centre théorique de la filière pelvienne coupée par un plan vertical.
Soit C la circonférence périphérique du bassins
Soit c la circonférence répondant à la limite interne du pubis.
Soit C la circonférence ne que doit suivre le centre de gravité de la tête.
À un instant Ï supposons que ce centre de gravité . occupe le point G.
Menons le rayon AG et la perpendiculaire GT à ce
rayon par le point G. - Cette perpendiculaire est en même temps tangente à C' en G.
A cet instant I il suffira pour faire progresser G sui- vant la circonférence C’ de la transmettre à une force dont la direction sera GT. ;
À un instant l'en supposant que le mouvement que nous cherchons se soit effectué le point G sera transporté en G’ et la force nécessaire à cet instant pour faire
progresser à nouveau G'suivant C’ sera la perpendicu-
laire GT’ menée en G'au rayon G'A.
Menons une circonférence D de rayon quelconque compris entre les rayons de Get de C”. Cette circonférence coupe nos perpendiculaires GT et G'T'entet f etjoignons At, et Af'.
Nous avons ainsi deux triangles égaux AGté et AG'f. En effet AG — AG' puisque ce sont deux rayons de la circonférence C!. — Af — Al tous deux aussi étant des
: ES rayons de la circonférence D. D'autre part l'angle AGt
est droit par construction ainsi que l’angle AGL'.
. Nous avons ainsi deux côtés égaux et un angle égal ; nos deux triangles sont donc égaux aussi, et nous pouvons en somme considérer que c'est le triangle AG qui :
- s’est transporté en AG'f'.
La même démonstration pourrait se faire pour toutes positions intermédiaires à Get G'et à chacune d’elles répondrait une position nouvelle du point é sur la circonférence D entre # et f'.
Pratiquement nous pouvons en déduire que si nous réunissons par un fil les points £ et Get si é se meut suivant une circonférence fixe ayant pour centre A telle que D par exemple, le point G sera entraîné suivant la circonférence moyenne C’ ou axe de la filière pelvienne.
Ilest bien évident que pratiquement il suffira seulement que la tête fœtale soit sollicitée par une force dont la direction soit dirigée suivant Gé.
Le problème est donc ramené à celui-ci. Déterminer la position la meilleure du point { pour une certaine position de G car si nous connaissons une position de é, il suffira seulement ensuite de lui faire suivre la circonférence D fixe dont le rayon sera ainsi déterminé, pour faire progresser la tête suivant l’axe de la filière pelvienne C'.
1° Tous les points situés sur la perpendiculaire GT pourraient remplir les conditions requises du point #, mais les conditions anatomiques nous limitent dans le choix de l’emplacement de ce point. D'abord la limite du sacrum, que l’on ne peut évidemment dépasser, et dont on doit chercher à s'éloigner le plus possible et ensuite la limite de la tête de l'enfant. Il faut donc que
ce point { soit choisi sur GT dans le segment de cette droité compris eutre les points où elle coupe d’abord la limite du crâne fœtal et ensuite le sacrum.
Nous pouvons admettre que nous sommes dans de
bonnes conditions en donnant à Gt une longueur de son!
Quelles seront alors les dimensions du rayon Af, déterminant notre circonférence fixe D.
Connaissant G et la longueur G£ — gen l’angle ON
devant être droit, et AG étant de gm, Ce triangle rec-
tangle AGt nous donne d’après une propriété bien con-
nue de ces triangles, la relation AG? + Gi? — Alf? ou
64 + 64 — Af d'où l’on tire :
EURE V/128 := 11° 5 environ.
* Donc le point { pour une longueur de Gf de 8° dans
un bassin normal devra se mouvoir sur une circonfé-
rence de 11° 5 de rayon et de centre À, pour que la.
progression se fasse rationnellement. Tel est donc lartifice que nous cherchions (Fig. 2).
Réalisation pratique
I nous faut maintenant trouver une application pratique de ces données théoriques et rendre réels chacun des éléments qui nous ont servis à la démonstration précédente.
Le problème nous impose désormais trois questions principales à résoudre.
1° Réaliser la circonférence D fixe à un rayon déter-
ll Le
NW
ee PONT" db
miné, de centre À suivant laquelle doit se déplacer le point {, duquel part la traction s'appliquant sur le centre de gravité de la tête fœtale.
2° Assurer la direction de la traction partant du point £ pour s'appliquer à G.
3° Permettre malgré cette unité de sens dans la traction une mobilité suffisante à la têle pour qu’elle puisse s’accommoder à la forme de la filière pelvienne et effectuer les rotations nécessaires au eours de sa progression.
A. — Supposons une tige métallique rigide passant
par le point A autour duquel elle peut pivoter, et dont
l'extrémité inférieure soit exactement au point é.
Cette tige lorsqu'on la fait pivoter dans un plan coupant verticalement nctre bassin décrit en tous ses points des circonférences de centre À, et son extrémité décrira justement la circonférence D fixe que doit suivre le point é. Celui-ci pourra de cette façon se déplacer selon les conditions imposées.
Mais comment allons-nous pouvoir rendre pratique le mouvement de cette tige métallique rigide autour de A.
D'abord il faut réaliser ce point fixe A situé à mi-hauteur de la face externe du pubis.
Anatomiquement ce pubis est recouvert d’une couche de graisse assez épaisse masquant au niveau de la partie médiane suivant un sillon vertical, le clitoris, organe sensible que nous devrons ménager et mettre à l’abri de tout traumatisme,
ME
Sur les côtés au contraire le pubis s’incurve sur une distance de 4°® environ. En cet endroit les pressions même assez intenses ne produisent aucune douleur et sont très bien supportées.
Enfin plus loin, de chaque côté, se trouve l’origine des inserlions des adducteurs, changeant brusquement la direction du plan pubien et contribuant à limiter parfaitement la région que nous venons de décrire.
: En haut le sommet du pubis s’incurve vers la paroi abdominale en formant une éminence, c’est le Mont de Vénus. |
C'est sur la région antérieure du pubis que nous allons établir notre point fixe A.
Recouvrons en effet ce pubis d’une sorte de cuirasse métallique, épousant parfaitement ses reliefs limitée de chaque côté à l’origine des tendons des muscles cruraux, et s’incurvant en haut sur quelques centimètres pour couvrir aussi le Mont de Vénus. Cette cuirasse présentera un solide point d'appui, ayant peu de tendances à glisser, et parfaitement tolérée car elle s'applique seulement sur les régions les moins sensibles, sur les côtés, laissant libre le clitoris sous ume gouttière ménagée verticalement au milieu de la cuirasse.
Celle-ci d’ailleurs sera pourvue de crochets aux angles supérieurs et inférieurs auxquels pourront être fixés des lacs embrassant l’origine de chaque cuisse et appliquant ainsi parfaitement notre plaque métallique sur la région. De cette façon, avec sa courbure supérieure recouvrant le Mont de Vénus, la cuirasse n’a aucune tendance à s'abaisser car cette courbe supérieure va
RE
s’accrocher pour ainsi dire sur le sommet du pubis. Supposons au contraire qu’elle tende à s’élever. Nous emploierons alors un autre artifice : Un lac fixé au crochet inférieur droit ira contourner la face inférieure de la cuisse droite, puis revenant en avant sur l’abdomen, qu’il traversera de droite à gauche, ira contourner d'avant en arrière Ja racine de la cuisse gauche pour se fixer après une certaine tension au crochet inférieur gauche.
Supposant alors que notre cuirasse soit sollicitée par une force qui tende à la faire remonter, les lacs de chaque côté se tendront tous les deux, et comme leur mouvement est inverse, leurs tensions, puisqu'ils sont solidaires, se feront équilibre et tout mouvement d’ascension, si puissant soit-il, est ainsi rendu impossible.
Les mouvements de latéralité sont d’autre part limités de chaque côté par la racine de chaque cuisse. Notre plaque est ainsi fixée solidement sur le pubis sans aucune tendance à glisser et formera un point d'appui parfait .pour toutes les forces qui le solliciteront au cours de notre manœuvre.
Nous verrons plus tard que toutes ces précautions sont en partie inutiles, car ces forces sont dirigées normalement au plan externe du pubis.
Il s’agit maintenant de faire évoluer notre tige métallique suivant un axe transversal passant par le point A.
Or nous venons de voir que le pubis est recouvert d’une certaine épaisseur de tissus qui nous éloignent de la surface osseuse du pubis. Aucune possibilité donc de réaliser directement cet axe devant passer par A,