‹ Étude et Traitement de la Méningite TuberculeuseChapitre 44 sur 66 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(due à l’obligeance du D' JorFrioN, de Melle | Deux-Sèvres]).

M. N.., âgée de vingt-cinq ans, nous fait appeler le 12 mai 1931, parce qu’il ne peut plus marcher et éprouve de la douleur dans la tête, le cou et les reins.

Antécédents héréditaires : le père, deux frères et une sœur sont morts de tuberculose pulmonaire, un autre frère est actuellement gravement atteint.

Antécédents personnels : a fait normalement son service militaire, mais présente depuis trois ans des crises d’entérite assez fréquentes.

L'examen du 12 mai permet de constater une paralysie faciale supérieure droite (signe de Ch. Bell). Réaction méningée manifeste : raideur très accusée de la nuque, ébauche de Kernig. Troubles vaso-moteurs. Température, 38°5. Pouls régulier à 100.

13 mai. Aggravation. Céphalée, vomissements. Kernig. Impotence. Température, 39°5 ; pouls à 120. Une ponction lombaire est pratiquée et le liquide céphalo-rachidien, examiné au laboratoire départemental d'hygiène des Deux- Sèvres, révèle une forte lymphocytose avec de rares polynucléaires. Présence de bacilles de Koch. Albumine, 0 gr. 55. Sucre fortement diminué.

Le 14 mai, le malade est envoyé à l’hôpital, d’où il revient le 19 mai, avec un pronostic fatal à brève échéance. Il présente de la rétention d'urine, des troubles cardiaques ; il souffre beaucoup, mais a pourtant conservé sa lucidité, Température, 3995.

Le 20 mai, injection sous-cutanée de 1/5° de milligramme d’allergine. Spartocamphre, matin et soir. Le lendemain, la température est à 40°.

Toute la semaine, même état faisant pronostiquer la mort pour le lendemain.

Le 26 mai. Diarrhée fétide. Un peu moins de contractures ; plus de rétention d’urine. Température à 38°. Injection sous-cutanée de 1/4 de milligramme d’allergine, suivie, seize heures plus tard, d’une grosse réaction, avec température à 40° et sensation de malaise violent.

Le 2 juin, amélioration. Le malade s’alimente un peu. Le signe de Kernig est très atténué et les battements cardiaques sont réguliers. Injection souscutanée de 1/3 de milligramme d’allergine, suivie, comme la précédente, seize heures plus tard, d’une forte réaction.

A partir de ce moment, le malade reçoit régulièrement, tous les dix jours, une injection de 1 demi-milligramme d’allergine. Chaque piqûre a été suivie, à une heure remarquablement fixe, d’une réaction toujours identique. L’amélioration s’est faite progressivement, les symptômes s’amendent peu à peu, sans qu’il fût possible d’attribuer la disparition de tel trouble à telle injection d’allergine.

Le 8 juillet, jour de la dernière injection, le malade ne souffrait plus du tout, marchait normalement, mangeait bien et commençait à reprendre du poids. Seul persistait le premier symptôme en date : la paralysie faciale, qui ne devait disparaître que trois mois plus tard.

Revu près de deux ans plus tard, N… est en très bonne santé et vit à la campagne d’une façon tout à fait normale.

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