SUR LA TEXTURE
Pour bien juger une maladie et savoir la guérir, il faut posséder une connaissance parfaite de la texture anatomique , et des phénomènes que présentent les fonctions de l'organe qui en est le siège.
Le système cutané, en enveloppant tout le corps , offre, par son étendue , la plus vaste surface qui soit soumise à l'impression des corps extérieurs , parmi lesquels se rencontrent la plupart des causes qui peuvent en troubler les fonctions et en produire les maladies , quoique le principal usage de la peau soit d'en atténuer l'action ; mais là ne se borne pas ses fonctions : elle agit aussi comme organe excrétoire , sécrétoire , absorbant, et comme organe du toucher.
On peut déjà , sous ce point de vue , apprécier l'importance de la peau dans l'économie animale. Néanmoins elle n'est pas , comme beaucoup d'autres organes , restreinte
dans une limite d'actions simplement fonctionnelles. Elle touche , pour ainsi dire , aux organes les plus profonds et les plus essentiels. « Elle correspond , dit Àlibert , avec tous les systèmes dont se compose l'ensemble de la vie , » ce qui sert à expliquer le développement des maladies qui lui sont propres , et dépendent de l'état morbide des organes internes. On se rend compte ainsi du nombre infini de ces maladies : de sorte que le système cutané peut être regardé comme étant cerné au milieu des causes qui , du dedans et du dehors , se réunissent pour troubler ses fonctions et altérer sa texture.
Ces considérations doivent suffire pour faire apprécier l'étendue des recherches et des connaissances que comporte l'étude des maladies de la peau , ainsi que la nécessité d'en poursuivre les progrès.