‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 50 sur 115 · VARICELLE · texte numérisé non relu

VARICELLE

La varicelle est une maladie dont les noms populaires , presque partout les mêmes, semblent attester à la fois la simplicité et l'évidence de sa nature. Cependant , malgré que la plus étroite analogie ait long-temps confondu , même aux yeux des gens de l'art , la varicelle et la variole , cette fausse identité n'impose plus à personne aujourd'hui.

On croirait , après cela , que la varicelle n'a fait que subir une des scientifiques exigences de la nosologie, et que son nom de classification seul a changé. Cela posé, on saurait néanmoins quel est son véritable caractère pathologique; on pourrait rigoureusement le définir. Ensuite les formes extérieures de la maladie , les variétés , sa frappante similitude avec la variole , son caractère contagieux ou non , seraient autant de choses décidément résolues.

Eh bien! il n'en est rien; la varicelle se dérobe encore

272 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — VARICELLE.

aux plus laborieuses recherches , et tout n'est pas connu sur le mystère de son apparente simplicité. Les questions les plus importantes sur ce sujet attendent une solution cornplète. Les opinions demeurent donc opposées; mais celle qu'on doit adopter touchera déjà à la vérité, si elle s'appuie sur le nombre des faits irrécusables.

D'après ces considérations , la varicelle est un sujet qui réclame quelques développemens. Les gens du monde qui consulteront cet ouvrage , doivent y trouver la part que l'auteur a dû leur faire. N'y a-t-il pas certaines maladies pour lesquelles personne ne consent à rester dans une ignorance absolue? C'est que ces maladies sont à peu près inévitables pour tous ; elles ne doivent pas , comme toutes les autres , frapper d'après un nombre de chances heureusement très limitées. Celles dont je parle sont , au contraire , un impôt auquel de rares exceptions peuvent seules nous soustraire. Alors on sait que ces maladies viendront un jour compromettre les plus chères existences : on veut donc tout savoir à ce sujet , parce qu'on a tout à craindre.

Qui donc ignore avec quelle sollicitude une mère passe en revue ces époques si fatales à l'enfance? Que ne veutelle pas connaître d'avance , cette mère qui suppute les chances heureuses ou funestes de la rougeole , de la scarlatine , de la miliaire , etc. ?

Mais les affections du cœur ne seront pas les seules causes qui feront ouvrir ce livre : il y aura, dans certains sentimens personnels , un désir d'instruction qui ne se rapportera pas uniquement à un froid égoïsme. Il existe des maladies qui deviennent tout-à-coup inaccessibles aux sens , et ne disparaissent ainsi , que pour aller cacher dans le sang leur ferment corrupteur. Quel est l'honnête homme qui ne cherchera pas , avec empressement , le feuillet qui peut lui révéler tout son avenir et celui des siens ?

Je crois en avoir assez dit pour démontrer que dans

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