‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 51 sur 115 · INFLAMMATIONS VÉS1CULEUSES. — VARICELLE · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS VÉS1CULEUSES. — VARICELLE

un ouvrage, comme celui-ci, il doit nécessairement y avoir des parties traitées dans des intentions toutes spéciales. Les maladies que je désignerai volontiers sous le nom de maladies populaires , sortent en quelque sorte un moment du domaine de la science , pour faire partie de l'instruction élémentaire commune à toutes les personnes bien élevées.

Cela posé , on verra que , dans cet ouvrage , l'histoire de certaines maladies est écrite d'après les vues que je viens d'exposer. La partie , composée pour les gens du monde , occupe toujours une place assez distincte , pour que des détails purement scientifiques, ou d'inévitables digressions, n'enlèvent rien à la clarté des renseignemens qu'on viendra chercher.

Cette remarque s'applique surtout à la description des maladies suivantes : la varicelle , la scarlatine, la rougeole , la vaccine, les nœvi, la variole, la gale. Je reviens à la maladie qui nous occupe en ce moment; je traiterai d'abord tout ce qui regarde la partie historique de la varicelle. La question relative à la contagion , et aux signes différentiels de la varicelle et des affections analogues, recevra des développemens assez étendus : c'est peut-être le moyen le plus heureux pour arriver à une opinion déterminée sur la nature de la varicelle. On peut regarder le travail dont je parle, comme une préface indispensable , qui aide singulièrement à l'intelligence du sujet principal.

Je ne négligerai rien pour présenter un tableau aussi complet que possible de la varicelle. Cette maladie peut amener plus d'une déception funeste si on la confond avec la variole : on ne la jugera donc pas sur la foi des mots traditionnels. Ne l'appelle-t-on pas petite vérole volante^ Or, ce seul nom a compromis souvent la vie d'un malade. C'est une maladie légère sans doute, mais je parle ici de la varicelle que je vais chercher à faire connaître le plus évidemment possible. La varicelle a reçu les noms de vérole bâtarde ( variola

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spuria ) de pemphigus variolide , de variolette , de petite vérole volante , etc. C'est une des maladies qui démontrent le plus la difficulté de classer d'une manière précise les affections cutanées. En effet , si on a égard au volume que présentent les vésicules de la varicelle , elle devrait être rangée parmi les affections huileuses ; si on la considère sous le rapport de ses autres caractères , la variole la réclamerait comme une de ses variétés : aussi est-on loin d'être d'accord sur la nature essentielle ou spéciale de cette affection. Divers auteurs assurent que la varicelle peut se transmettre par l'inoculation , et qu'elle n'est qu'une modification de la petite vérole; d'autres soutiennent qu'elle n'est pas contagieuse , et qu'elle diffère essentiellement de la variole. Les points de dissidence établis sur cette question , ont été présentés avec autant de précision que de laconisme par MM. Cazenave et Schedel. « Parmi les auteurs , disent-ils , qui se sont occupés d'une manière spéciale de cette matière, les uns, MM. Thomson, Bérard, Delavit, etc. , soutiennent que la varicelle ne doit pas être distinguée de la variole, dont elle n'est qu'une variété... Les autres, MM. Luders , Abercromby, Bryce, Eichhorn, etc., tout en admettant que certaines affections varioliques ont été qualifiées à tort du nom de varicelle, maintiennent que cette dernière doit être en effet distinguée de la variole. M. Thomson ayant observé que dans des épidémies varioliques des éruptions vésiculeuses, tout à fait semblables à la varicelle, se développaient simultanément, et sous l'influence des mêmes causes que la variole , soit chez des personnes vaccinées , soit chez des individus qui déjà avaient eu la variole , fut naturellement conduit à penser que ees éruptions , ayant une même cause , devaient être regardées comme des variétés d'une même maladie.

Dans ces épidémies, comme dans celles que nous avons eu occasion d'observer il y a quelques années à Paris , on pouvait diviser en trois groupes les diverses éruptions:

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1° la variole proprement dite ; 2° la maladie dite variolide ou variole modifiée; 3° une éruption purement vésiculeuse offrant toutes les apparences de la varicelle.

M. Thomson a avancé que la varicelle même n'était autre chose que la variole modifiée. Cet auteur fonde son opinion :

1° Sur ce que des personnes mises en contact avec d'autres individus actuellement affectés de la varicelle, avaient contracté la variole , tandis que la contagion de cette dernière affection avait développé la varicelle ;

2° Sur ce qu'il n'existe jamais de variole sans varicelle , et vice versa ;

3° Enfin sur ce que la varicelle ne se développe que chez des individus , dont la constitution a été modifiée par l'exis tence antérieure, soit de la vaccine, soit de la variole.

Pour répondre aux argumens avancés en faveur de cette opinion , les auteurs dissidens font observer :

1° Que dans une épidémie de variole , il est très difficile de préciser si le développement de cette affection, chez des individus mis en contact avec d'autres atteints de la varicelle, est plutôt le résultat de cette communication , que de l'infection variolique développée alors par la maladie de tous les côtés ;

2° Que la varicelle vésiculeuse , proprement dite , ne se transmet pas par inoculation , et ne développe jamais la variole ;

3° Que les personnes , qui regardent la varicelle comme contagieuse , ont confondu cette affection avec la varioloïde ou variole modifiée ;

4° Que la varicelle se développe chez des personnes non vaccinées, n'ayant jamais eu la variole; que par conséquent on ne peut , en aucune manière , la regarder comme une variole modifiée par l'existence antérieure soit de cette maladie , soit de la vaccine ;

5° Que la vaccination pratiquée , peu de temps après la

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la disparition de la varicelle , poursuit sa marche de la manière la plus régulière : ce qui n'arrive jamais lorsqu'on vaccine après la variole ;

6° Que la marche de la varicelle est toujours la même, soit qu'elle se développe avant , soit qu'elle se montre après la vaccination , ou après la variole ;

7° Que la variole règne souvent épidémiquement , sans être accompagnée de la varicelle, et que cette dernière affection peut aussi régner d'une manière épidémique , sans être accompagnée de la première ;

Enfin , que les caractères de l'éruption , et les symptômes de la varicelle , diffèrent essentiellement de la variole.

D'un autre côté, MM. Bérard et Delavit, qui ont observé , en 1818 , à Montpellier, une épidémie de variole et de varicelle , soupçonnèrent que ces deux maladies étaient le résultat d'une seule et même contagion. Leur opinion est établie ainsi :

1° La première apparition de la varicelle date de la mêmç époque que celle de la variole ;

2° Les deux affections ont presque toujours marché de front ;

3° La variole et la varicelle ont été souvent observées dans la même maison ; rien n'était plus fréquent que de voir les membres d'une même famille affectés à la fois , les uns de la variole , les autres de la varicelle ;

4° Franck et Reil affirment avoir développé la variole légitime par l'inoculation du virus tiré d'une fausse variole ; expérience qui a été répétée par M. Chrestien , et avec les mêmes résultats ;

5° Souvent on observait à la fois , chez le même individu , les pustules ombiliquées de la variole , et les vésicules de la varicelle : ces dernières occupaient surtout la face ;

6° La variole et la varicelle se succèdent quelquefois si rapidement chez le même individu, qu'on ne pouvait les attribuer qu'à la même cause.

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M. Rayer a adopté l'opinion des médecins qui regardent la varicelle comme une modification de la variole. Il donne le nom de variole à toutes les éruptions varioliques qui ne sont pas des varioles pures et légitimes. Il en distingue cinq espèces, en raison de la différence de leurs formes; telles sont :

1° La varicelle pustuleuse ombilique ou varioloïde ;

2° La varicelle pustuleuse conoïde ;

3° La varicelle pustuleuse globuleuse ;

4° La varicelle papuleuse ;

5° La varicelle vésiculeuse ( chicken-pox ).

« J'ai dû rejeter, dit le même auteur, la dénomination de varioloïde qui ne m'était aucunement nécessaire, puisque, dans mon opinion , la forme même purement vésiculeuse est produite par la contagion variolique. »

On est loin , comme on peut le voir, d'être d'accord sur le caractère distinctif de la varicelle.

Pour MM. Cazenave etSchedel, dont je partage l'opinion, la question sur ce point reste au moins indécise ; « surtout , disent-ils , à cause de la difficulté que l'on éprouve à discerner dans les observations des auteurs , qui rapprochent la varicelle de la varioloïde, ce qui appartient réellement à l'une ou à l'autre. Ces auteurs ont donc jugé indispensable ( ce que j'ai fait comme eux ) de continuer à décrire la varicelle parmi les affections vésiculeuses , et comme affection distincte de la variole.

La varicelle peut se développer sans être due à un principe contagieux. Elle peut exister sporadiquement, et ne dépendre d'aucune constitution épidémique : le fait suivant me semble venir à l'appui de cette assertion.

Observation. — Une jeune fille de treize ans, demeurant chez un graveur de la Cour-Batave , ayant été vaccinée avec succès, à l'âge de six ans , fut prise de lassitude et de céphalalgie , d'envie de vomir et d'un léger mal de gorge ; la lan-

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