‹ Étude et traitement des maladies de la peau, précéd é d'une notice sur la méthode Boyveau-Laffecteur, du poëme de Barthélemy sur la syphilis, et terminé par un formulaireChapitre 53 sur 115 · INFLAMMATIONS VÉS1CULEUSES. — ECZÉMA · texte numérisé non relu

INFLAMMATIONS VÉS1CULEUSES. — ECZÉMA

elle était de la nature de la miliaire ou de l'eczéma, produit par des substances irritantes appliquées à la surface de la peau, ou données intérieurement, surtout comme on le voit après l'administration du mercure. L'éruption eczémateuse , due à une cause irritante extérieure , prend souvent le caractère de Y eczéma rubrum.

L'eczéma produit par l'action du mercure a reçu le nom à'hydrargyrie ( eczéma mercuriel ) ; M. Rayer en a fait une espèce qu'il a divisée, d'après, Alley , en trois variétés : — Hydrargyria mitis. — Hydrargyria febrilis. — Hydrargyria maligna. Division qui se rapporte à beaucoup d'égards à celle qui a été adoptée pour l'eczéma proprement dit ; mais l'hydrargyrie ou l'eczéma mercuriel, au lieu d'être considérée comme une espèce particulière , ne me paraît devoir être envisagée que comme une simple variété. MM. Cazenave et Schedel pensent même qu'il ne diffère en aucune manière des autres variétés d'eczéma, ni par ses symptômes, ni par sa marche. On doit tenir compte néanmoins de la cause qui le produit, lorsqu'il s'agit d'en déterminer le traitement; car les préparations mercurielles proposées , j'ose dire souvent mal à propos , contre certaines affections dartreuses , ne sauraient convenir surtout contre Yeczéma mercuriel. Cependant , ayant égard à l'affection vénérienne , pour laquelle le malade avait été mis à l'usage du mercure, Pearson a jugé quelquefois utile de continuer l'emploi de ce médicament : ce que je ne saurais approuver , non plus que son usage repris au déclin de l'éruption , en vue de terminer le traitement de la syphilis.

En résumé , le traitement de l'hydrargyrie ne demande d'autres modifications que celles qui sont indiquées dans les autres variétés de Yeczéma, en raison de leur degré d'intensité.

Les ablutions froides , dit M. Rayer, les bains tempérés, un régime doux , les purgatifs et l'opium , sont les remèdes ordinaires de l'hydrargyrie. Les émissions sanguines et les

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toniques ne sont applicables que dans les cas particuliers plus graves, et heureusement beaucoup plus rares.

L' eczéma impetiginodes , aiusi nommé à cause de son analogie avec Yimpëtigo , diffère néanmoins de cette affection par des caractères bien déterminés. Les pustules de Yimpëtigo ont une base plus large. Le fluide qu'elles contiennent est plus épais , et n'est jamais transparent. C'est un véritable pus , tandis que dans Y eczéma la sérosité des vésicules , qui est toujours transparente au début de la maladie , conserve , en devenant opaque, un caractère séro-purulent. En se rompant, les pustules de Yimpétigo produisent de véritables croûtes épaisses, jaunes et inégales; tandis que dans Y eczéma, les vésicules ne donnent jamais lieu qu'à des squammes minces , moins saillantes , moins rugueuses ; dans cette dernière maladie , quelques vésicules se montrent toujours dans le voisinage du lieu affecté ; ce qui n'arrive pas dans Yimpëtigo.

L'eczéma du cuir chevelu peut être confondu avec quelques variétés du porrigo, avec le psoriasis et le pithyriasis capitis, principalement lorsqu'il est arrivé à l'état de desquammation ; mais il est rare alors qu'on ne rencontre pas des lamelles ou des croûtes jaunâtres, sur quelques points du cuir chevelu ou sur quelques autres parties du corps : lamelles ou croûtes qui reposent ordinairement sur une surface humide ; cela n'arrive pas dans le pithyriasis , maladie essentiellement squammeuse, et qui n'est jamais accompagnée d'exhalation.

L'eczéma chronique a des caractères qui peuvent le faire confondre avec plusieurs maladies, principalement avec le lichen et le psoriasis.

Le lichen agrius donne lieu à une exhalation séreuse qui, en se concrétant , forme des squammes plus épaisses , plus jaunes et moins larges que celles de Y eczéma. Leur chute met à découvert une surface inégale, hérissée de points saillans ou papules souvent observables à l'œil , et toujours ap-

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préciables au toucher ; dans l'eczéma les surfaces, dépouillées desquammes, sont lisses, luisantes et quelquefois excoriées.

Dans quelques cas, le lichen peut aussi, comme dans Y eczéma chronique, n'être suivi d'aucune exhalation apparente, et présenter des squammes sèches, minces et friables; mais alors la partie de la peau affectée, a une épaisseur et une rugosité qui n'existent pas dans Y eczéma.

Le psoriasis diffère également de Y eczéma par l'absence de tout suintement, par la forme de ses squammes, plus épaisses , plus sèches et plus friables que celles de l'eczéma , par l'hypertrophie de la peau, et les gerçures que présentent les surfaces malades ; parce qu'enfin on n'observe pas , comme dans l'éruption eczémateuse , les vésicules qui entourent la partie affectée.

J'ai présenté les caractères propres à chaque maladie , de manière à en faciliter le diagnostic ; ces affections, étant considérées isolément , peuvent néanmoins se trouver réunies chez le même malade. Elles constituent alors des complications qu'il est essentiel de reconnaître , pour établir les bases du pronostic , et les indications du traitement. C'est ainsi que la gale , par exemple , ne saurait être combattue par des remèdes irritans , dans le cas où l'éruption eczémateuse serait due à l'action de substances analogues.

Pronostic. — L'eczéma , dans l'état aigu , est en général une affection légère et de peu de durée , surtout lorsqu'elle est due à une cause externe, à moins qu'elle n'offre beaucoup d'intensité et qu'elle n'occupe une partie très étendue des tégumens. Alors il peut survenir des accidens plus ou moins graves, et la maladie peut passer à l'état chronique. L'eczéma , qui dépend d'une disposition constitutionnelle , n'offre également que peu de danger en général, mais il résiste souvent aux moyens les plus sagement administrés. Il est néan-

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moins si sujet à se reproduire lorsqu'il est invétéré , qu'il donne lieu à des irritations intestinales ou gastriques , et peut déterminer une habitude fébrile qui épuise le malade, et le fait succomber plus ou moins lentement.

Traitement. — La plupart des auteurs modernes se répètent sur la nature des moyens, et sur les règles thérapeutiques dont Y eczéma réclame l'application. Ils sont en partie réduits à redire les mêmes choses , en changeant seulement la forme du langage. M. Gibert ayant déterminé, avec une précision qu'on devrait toujours observer dans les livres de médecine, les bases du traitement de l'eczéma , j'ai reproduit tout entier le passage pris à ce sujet dans cet auteur. Par cette citation , je n'entends pas approuver, sans discussion, l'emploi de tous les moyens qu'il propose ; me réservant au contraire de présenter quelques objections sur l'usage de certains médicamens auxquels il semble attacher des propriétés , à mon avis fort contestables : ne fût-ce qu'à l'égard des mercuriaux et surtout des pilules de Béloste , qui me paraissent un médicament peu sûr et souvent dangereux. Cela m'a porté à en proposer l'abandon dans mon Traité de la Syphilis.

A propos de Y eczéma, je présenterai quelques considérations sur le traitement des affections dartreuses , dont la plupart, en général, réclament une médication , et un régime analogues.

L' eczéma aigu est accidentel , surtout s'il n'occupe pas de très grandes surfaces , cède communément avec assez de facilité au traitement adoucissant , quand on a pris soin d'éloigner la cause qui pouvait y donner lieu. On se bornera à prescrire, dans ce cas, quelques boissons délayantes ; on fera sur la partie malade des lotions adoucissantes , pour calmer le prurit et la cuisson ; on ne permettra qu'un régime doux et léger.

Lorsque Y eczéma est doux et intense, qu'il est accompagné

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de rougeur à la peau , de symptômes d'excitation , que le sujet est doué d une bonne constitution , la saignée , soit locale , soit générale , devient nécessaire.

Si la maladie est constitutionnelle et occupe une certaine étendue, il convient de préparer le malade comme le faisaient les médecins nos prédécesseurs. Ainsi , après avoir laissé passer, sous le règne delà médecine expectante, les premiers temps , la première période de la maladie , on pratique une saignée , on fait prendre quelques bains tièdes , on prescrit une boisson délayante et laxative , puis on purge le malade. Lorsque l'affection cutanée continue sa marche , on ordonne un traitement basé sur le degré de la maladie , les phénomènes qui l'accompagnent , l'état général du sujet , etc.

Quand la maladie persiste à l'état chronique , on l'attaque par des moyens internes et par des moyens externes. G'est alors surtout que les dépuratifs , la chicorée , la pensée sauvage , la douce-amère , les toniques , le houblon , le quinquina , les astringens , l'acide sulfurique , les acides minéraux en général , les purgatifs administrés de temps à autre , les préparations sulfureuses, mercurielles , antimoniales, arsenicales , peuvent convenir. A l'extérieur, les bains simples d'abord , puis alcalins , sulfureux ; les bains de vapeur, pour dépouiller la peau des squammes qui s'y forment ; les lotions émollientes , détersives , alcalines ; l'eau de son , avec le souscarbonate de soude ou de potasse ; les onctions avec les linimens , des onguens ou des pommades auxquels on ajoute le soufre , le sous-carbonate de potasse ; les oxides mercuriels, que l'on peut rendre moins irritans en y mettant comme correctif du camphre, de l'opium, du laudanum, sont autant de moyens que l'on met usage.

Lorsque la maladie cutanée, rebelle et invétérée, est bornée à une surface peu étendue , on réussit quelquefois à la détruire par des applications caustiques , comme l'acide muriatique , le nitrate acide de mercure , la pierre infer-

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nale, l'eau rouge avec le sublimé (voirie Formulaire), l'oxide blanc d'arsenic , uni au calomel , etc. C'est dans ce cas surtout qu'on peut avoir recours avec succès à l'application d'un vésicatoire sur le siège du mal. Cette méthode topique est exclusivement employée par quelques praticiens , et le professeur Alibert a plusieurs fois traité et guéri, par des applications de pierre infernale , des dartres plus ou moins étendues, sans qu'aucun autre moyen, externe ou interne, eût été mis en usage. Mais outre que ces procédés ne sont pas toujours exempts d'inconvéniens , ils sont souvent inefficaces ou insuffisans : il est beaucoup plus conforme aux lois de la saine thérapeutique , de n'y avoir recours qu'à une période avancée de la maladie , et après que le mal a été déjà combattu rationnellement par les remèdes internes et externes , usités en pareil cas. Biett même pense que jamais Y eczéma ne réclame l'emploi des caustiques.

On peut , en résumé , poser les bases suivantes dans le traitement de Y eczéma constitutionnel.

1° Première période. — (La durée peut varier de deux jusqu'à cinq ou six septénaires ; elle est caractérisée par l'éruption des vésicules , avec rougeur plus ou moins marquée par une exhalation consécutive , des excoriations , une desquammation plus ou moins humide , avec cuisson , prurit , etc. ) Saignée, si l'état général le requiert, boissons délayantes, eau d'orge , petit lait , chicorée sauvage , bouillon aux herbes , et plus tard quelques laxatifs , comme l'eau de Sedlitz , le sulfate de soude ou de potasse , la crème de tartre , etc.

Lotions avec l'eau de son, de guimauve, de cerfeuil, de pavot, et plus tard bains tièdes.

2° Deuxième période. — ( La durée peut être plus ou moins longue que celle de la précédente ; mais en général elle se prolonge davantage et est caractérisée par la conti-

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nuation des excoriations, de l'exhalation et de la desquammation, sans accidens inflammatoires.) Boissons dépuratives, pensée sauvage , scorsonère , pissenlit , douce-amère , avec addition de quelques sels neutres , acidulés , alcalins ; sulfate de potasse , tartrate acidulé de potasse (à la dose d'un à deux gros par pinte, comme altérans et laxatifs); préparations sulfureuses , poudre sulfuro-magnesseum , composée de parties égales de magnésie et de fleur de soufre, à la dose de douze grains à un scrupule ; pastilles soufrées ; préparations mercurielles et spécialement les pilules de Béloste à dose altérante, ou purgative, peuvent encore être employées. Les acides minéraux , dans la vue de diminuer l'abondance de l'exhalation, réussissent chez quelques sujets. On fait alors un usage journalier de bains alcalins et sulfureux, des bains de vapeur; les douches s'emploient de préférence quand les squammes se forment avec opiniâtreté, sont adhérentes , que la peau est sèche ou gercée , tendue , rugueuse.

Comme topique , on a recours aux lotions et aux bains locaux , avec des décoctions émollientes , animés par l'addition du savon , du sous-carbonate de soude ou de potasse ; aux onctions avec les pommades soufrées , mercurielles , antimoniales etc.; dans ces pommades on met ordinairement un scrupule à demi-gros de la substance active, sur une once d'excipient.

3° Troisième période. — (La durée tout aussi variable que les précédentes , peut se prolonger avec des alternatives de recrudescence et de rémission , pendant plusieurs mois, et même pendant plusieurs années.) La maladie passée à l'état chronique est plus ou moins rebelle ou invétérée; la peau mince , luisante , gercée , se recouvre de squammes plus ou moins adhérentes , avec une exhalation parfois assez abondante [dartre squammeuse humide). Les moyens

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les plus actifs ne suffisent pas pour combattre un mal qui fait toujours le désespoir du médecin et du malade. Ils ne procurent assez souvent qu'une guérison ou même qu'une amélioration passagère : dans ce cas, les préparations arsenicales à l'intérieur , la solution de Fowler ou de Pearson , l'arséniate de fer, le houblon avec le sous-carbonate de soude, le quinquina avec l'acide sulfurique, sont employés lorsque l'état des organes digestifs le permet , ce qui est le plus ordinaire. L'on peut appliquer un vésicatoire sur le lieu malade, quand le siège du mal est circonscrit. L'on promène sur la peau (après l'avoir dépouillée des squammes qui la recouvrent , au moyen des bains , des douches de vapeur , des cataplames) de la charpie trempée dans l'acide muriatique , le nitrate acide de mercure : l'on cautérise superficiellement et à plusieurs reprises avec le nitrate d'argent fondu ( pierre infernale).

Dans tous les cas , il faut s'attacher à ordonner convenablement le régime , à régler les habitudes de la vie , à modifier la constitution, par les moyens hygiéniques convenables, et surtout à dissiper et à éviter pour l'avenir les causes qui ont pu favoriser le développement de la maladie.

C'est surtout dans cette affection que les praticiens du siècle dernier, et ceux du commencement de ce siècle, croyaient indispensable l'application d'un exutoire , destiné à l'élimination des humeurs , auxquelles on attribuait la production de la maladie dartreuse. Aujourd'hui cette pratique est tellement tombée en désuétude , que je ne me rappelle pas avoir vu une seule fois Biett y avoir recours.

Généralement, chez ces malades, les vésicatoires ont l'inconvénient de favoriser , au moins sur la région où ils sont appliqués , le développement de l'éruption dartreuse lorsqu'elle a disparu, ou de l'exaspérer lorsqu'elle existe.

Il est clair toutefois que les cxutoires sont indiqués chez les individus qui offrent, en l'absence de la maladie de la

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peau à laquelle ils sont sujets , des indices d'affection viscérale quelconque. Nous avons vu plusieurs fois des hommes encore jeunes atteints d'hémoptysie, et menacés dephthisie, par la présence d'un eczéma rubrum qui fournissait un suintement plus ou moins abondant. En pareil cas, sans doute , il faut apporter beaucoup de prudence dans le traitement de la maladie cutanée , et de ne pas craindre de prescrire un exutoire de précaution , lorsque celle-ci marche vers la guérison.

On emploie fréquemment dans V eczéma partiel les topiques résolutifs que nous avons indiqués plus haut ; mais il est généralement convenable de les faire précéder des émolliens ; nous avons vu la pommade suivante réussir assez bien dans V eczéma chronique des parties génitales : axonge, une once; sulfate jaune de mercure, un scrupule; laudanum, douze gouttes

Les douches de vapeur font merveilles dans l'eczéma chronique. Quand le conduit auditif externe reste induré ou rétréci, on se sert de tentes de racine de gentiane ou d'éponge préparée , introduites dans l'oreille; la compression est quelquefois nécessaire pour réduire l'épaisseur du pavillon de l'oreille en pareil cas.

Dans la plupart des ophtalmies dartreuses, et en particulier celle qui est due à un eczéma partiel , les pommades soufrées ou mercurielles conviennent. On emploie fréquemment , par exemple , les formules suivantes : onguent rosat, deux gros; précipité rouge de mercure , quatre grains; laudanum, six ou huit gouttes; on enduit le soir le bord des paupières, en employant chaque fois pour un seul œil une quantité égale à la tête d'une grosse épingle. On emploie encore de la même manière cette préparation : axonge , demi-once; proto-chlorure de mercure, camphre, de chaque, six grains.

Dans V eczéma chronique des narines, les lotions d'eau de

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sureau, de cerfeuil, de son, de guimauve, avec addition d'un peu d'eau de savon, sont utiles. Les bains de vapeur font tomber les squammes qui bouchent l'entrée des narines. Le cérat soufré, les pommades résolutives, avec les oxides de plomb, de zinc, de cuivre, peuvent être appliqués îe soir en'petites quantités sur les points malades.

Quand les mains sont affectées , on se trouve bien de faire porter la nuit des gants enduits de cérat , de pommade de concombre ou d'autres onguens ayant des propriétés analogues.

La compression doit être mise en usage chez les sujets , dont les jambes deviennent œdémateuses ou variqueuses à la suite d'un eczéma chronique.

Enfin, quand la maladie résiste aux moyens ordinaires de traitement , il devient nécessaire que le malade aille chercher sa guérison dans les établissemens thermaux que les médecins ont de tout temps signalés comme spécifiques. Pour la cure clés affections cutanées chroniques, les eaux minérales, sulfureuses , sont celles qui généralement ont le plus de succès dans le traitement de l'eczéma.

Parmi les moyens thérapeutiques qui viennent d'être indiqués pour combattre l'eczéma , se trouvent la plupart de ceux qu'on emploie ordinairement contre le plus grand nombre des affections cutanées. Les prescriptions du régime , le choix et l'usage des moyens hygiéniques qui en font partie, conviennent, à peu d'exceptions près, dans toutes les maladies non fébriles et chroniques de la peau. Quant à l'usage des médicamens qui ont une grande influence par leur action, le moyen d'en obtenir de bons effets est de les choisir avec discernement, et d'en faire une application judicieuse ; cela exige une grande habitude que la pratique seule peut faire acquérir. Les médecins qui se sont occupés spécialement de l'étude et du traitement des affections cutanées, doivent, toutes choses égales, obtenir des succès plus

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nombreux que ceux dont les connaissances sur ces maladies sont renfermées dans les limites assignées ordinairement à l'ensemble des études médicales.

On doit convenir effectivement que , lorsqu'il s'agit d'employer des médicamens où entre de l'arsenic , comme la solution de Fowler , la solution de Pearson , la solution d'arséniate d'ammoniaque, proposée et mise en usage avec succès par Biett, la teinture de cantharides dont on obtient souvent de bons effets, les acides minéraux, etc., il faut avoir acquis par l'expérience , l'habitude de doser ces médicamens et d'en suivre les effets.

Parmi les moyens propres à apaiser les vives démangeaisons qui peuvent accompagner l'eczéma , MM. Cazenave et Schedel recommandent les lotions faites avec l'émuîsion d'amandes amères , ou bien avec une décoction de plantes vireuses. Ils conseillent d'éviter avec soin les préparations sulfureuses et mercurielles dans l'état aigu de l'eczéma. Le calomeï, à la dose de quatre grains, chaque matin , pendant une semaine ou deux, les pilules de jalap, d'aloës, de gomme-gutte , en un mot les drastiques les plus énergiques, donnés à doses purgatives , leur paraissent convenir contre l'eczéma chronique , toutes les fois que l'état des organes digestifs le permet : opinion que je partage entièrement. Les pilules de Plummer, que ces mêmes auteurs recommandent, ne me semblent pas mieux indiquées que les pilules de Béloste , préconisées par M. Gibert, à cause du mercure qui entre dans leur composition.

M. Rayer attribue à l'influence du régime , du repos et du temps , beaucoup de guérisons rapportées à l'emploi ûe înédieamens peu actifs; il a vu des enfans à la mamelle , atteints d'eczéma du cuir chevelu, être guéris par un changement de nourrice. Il a vu aussi plusieurs eczéma se montrer rebelles à l'usage des médicamens , tant que les maladies avaient conservé l'habitude d'un exercice actif. Ces affec-

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lions ont cédé aux mêmes agens thérapeutiques , lorsque les malades se sont soumis à un repos prolongé. Le temps, selon le même auteur, finit aussi par guérir l'eczéma. Des personnes atteintes de cette affection, à l'état chronique, ont guéri sans se soumettre à aucun traitement.

Cesguérisons spontanées, telles que les annonce M. Rayer, sont-elles toujours sans inconvéniens? Je suis loin de le penser; et l'auteur, qui les a observées, fait pressentir lui-même qu'il en doit être autrement, lorsqu'il dit , des personnes atteintes d'eczéma chronique, que c'est souvent un conseil salutaire à donner aux malades d'un âge avancé, ou d'une faible constitution , que de les engager à supporter patiemment leurs infirmités, si elles ne sont pas intolérables , la disparition passagère de ces exutoires naturels étant quelqueibis suivie d'accidens qui se déclarent un ou plusieurs mois après la cessation de ces remèdes énergiques.

Après avoir exposé des règles principales , et indiqué les moyens généraux sur lesquels se fonde le traitement de Y eczéma, qu'il me soit permis de dire mon opinion à cet égard, telle qu'elle s'est formée par l'expérience que donne nécessairement une grande pratique.

De même que toutes les maladies à l'état aigu, Y eczéma , qui se présente sans accidens généraux , n'exige que la diète , le repos et quelques boissons délayantes.

Les purgatifs sont indiqués , en général , vers la fin de la maladie , même dans son état le plus simple. Ils conviennent généralement, et doivent être réitérés à propos, toutes les lois que la maladie prend de l'intensité et tend à se prolonger. Dans Yeczéma chronique , on doit les employer à dose laxative , de manière à produire une ou deux selles chaque jour ; c'est alors que les eaux de Sedlitz sont indiquées. Il est de principe que l'usage des purgatifs doit être subordonné à l'état des organes digestifs ; mais il faut des signes d'irritation bien caractérisés pour en faire suspendre l'emploi.

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Les saignées générales ou locales conviennent toutes les lois que l'éruption présente un état inflammatoire assez intense , ou lorsqu'elle est accompagnée d'une réaction générale bien marquée. Les sangsues , appliquées dans le voisinage de la partie affectée , sont indiquées dans le premier cas ; dans le second , il faut avoir recours à la saignée générale , qui doit toujours être proportionnée à l'état des forces et tempérament de l'individu : dans aucun cas elle ne doit pas être trop copieuse.

M. Rayer a souvent employé la saignée avec succès , même dans les eczéma chroniques. Je crois les saignées généralement utiles , comme moyens de favoriser le succès du traitement ; toutefois on ne doit les réitérer que lorsque la première a produit de bons effets.

Le mercure doit être à jamais banni du traitement des maladies cutanées , à moins qu'il ne soit combiné à faibles doses , avec des excipiens propres à faire des pommades , qu'on peut employer dans quelques cas , comme moyens de modifier la vitalité de la partie affectée : intérieurement, il est toujours funeste. Employé à doses brisées, dit M. Rayer, ie calomel est presque constamment suivi d'une inflammation douloureuse de la bouche. Selon le même auteur, le sublimé corrosif, à la dose d'un quart de grain, étendu dans une décoction de douce-amère , a ses dangers , ou au moins ses inconvéniens , lors même qu'il est administré avec une sage mesure.

Le soufre, pris intérieurement sous la forme solide, ou dissous dans les eaux dites sulfureuses, naturelles ou artificielles , convient généralement dans les affections chroniques de la peau, principalement chez les vieillards : on doit en rejeter l'usage dans l'état aigu de ces maladies , surtout dans l'eczéma. Les eaux de Barèges. d'Enghien, deCauterets, de Louëche, sont les plus efficaces. L'usage extérieur du soufre, en frictions, en bains, en vapeur, ne convient

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que lorsqu'on se propose d'exciter le système dermoïde. Le soufre n'agit comme spécifique dans aucun cas , et son usage, prescrit à contre-temps , aggrave souvent les affections cutanées.

Les bains de vapeur, quelle que soit leur nature , déterminent une réaction violente à la périphérie , et augmentent l'exhalation cutanée. Ils ne sauraient convenir dans Yeczètm où l'exhalation est abondante. Je suis persuadé qu'on porte aujourd'hui beaucoup trop loin l'usage des bains de vapeur en général , et qu'ils contribuent souvent à favoriser le retour des maladies , contre lesquelles ils paraissent avoir agi efficacement , principalement de celles qui sont dues à un principe inflammatoire. Dans les affections essentiellement squammeuses , où ils conviennent particulièrement , leur usage trop prolongé peut contribuer à entretenir la maladie. J'en ai cité un exemple remarquable dans mon Traite des maladies vénériennes ; ce n'est pas le seul qui soit à ma connaissance.

Les douches de vapeur, dirigées sur les surfaces malades , sont , au contraire , fort utiles pour faciliter la chute des squammes ou des croûtes qui s'opposent à l'action directe des médicamens locaux. Pour modifier l'état morbide de la partie affectée , j'ai souvent employé les cataplasmes émoiliens dans le même but : j'en ai toujours obtenu de bons effets.

Les aeides en général, surtout les acides minéraux, muriatique, nitrique et sulfurique, sont indiqués comme moyen de diminuer l'exhalation séreuse , qui a lieu dans les cas où de larges surfaces cutanées , étant enflammées et dépouillées d'épiderme , comme dans Y eczéma aigu , exhalent une sérosité abondante. Quoiqu'on prenne ordinairement , pour terme de leur dose , le point d'acidité le plus agréable qu'ils puissent donner aux boissons, ils fatiguent fréquemment l'estomac ; ce qui oblige à en diminuer la dose , à les faire

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prendre dans une tisane mucilagineuse , ou à ne les donner que de deux jours l'un.

Les bains ordinaires , ou domestiques , sont le principal et le plus sûr moyen de favoriser le succès de toutes les médications rationnelles dirigées contre les maladies cutanées. Réitérés souvent , pris chauds dans une limite convenable , et suivis de frictions sur tout le corps , ils modifient favorablement le système dermoïde , dont ils apaisent l'irritation. Us ramènent les fonctions à l'état normal. Leur propriété n'est pas moins bienfaisante , par l'absorption qu'ils déterminent, et qui porte l'action tempérante de l'eau dans la masse des humeurs. Dans l'état aigu de Y eczéma , et dans les cas en général où les affections cutanées sont enflammées et douloureuses, ou accompagnées d'une vive démangeaison, les bains de son , de gruau , ou préparés avec les plantes mucilagineuses , sont alors indiqués. On a proposé les narcotiques pour apaiser le prurit qui est insupportable ; mais les plantes de cette nature employées pour rendre le bain calmant , ne seraient pas sans inconvénient. On doit préférer leur usage en lotions. Le sous-carbonate de soude ou de potasse , dissous dans un bain , à la dose d'une à deux onces , peut être employé contre le prurit , lorsque les bains ordinaires et émolîiens ne l'ont pas calmé.

Les frictions sont aussi très salutaires dans le traitement des maladies de la peau. On les pratique sur toute la surface tégumentaires lorsque la maladie le permet, ou sur une partie seulement , dans les cas où , comme dans Y eczéma , des surfaces douloureuses s'opposent à ce qu'on les fasse d'une manière plus générale : elles ne peuvent que produire de bons effets.

Les lotions n'ont qu'une action momentanée; néanmoins elles conviennent dans beaucoup de cas. Elles peuvent être détersives et adoucissantes , résolutives ou excitantes , selon les indications. C'est dans les maladies éruptives , accompa-

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gnées d'inflammations et de douleurs ; dans celles dont l'exhalation forme le principal caractère , qui occupent le cuir chevelu ou les autres parties couvertes de poils , qu'elles sont principalement indiquées/ Aussi leur usage est-il souvent réclamé dans Y eczéma.

Les onctions se pratiquent avec les corps gras, soit à l'état simple, comme l'huile, l'axonge, etc., ou bien combinées avec des substances sédatives, calmantes ou excitantes, à tous les degrés , jusqu'à la vésication de l'épiderme , suivant les indications. L'action des substances onctueuses est plus durable que celle des lotions , les corps gras n'étant pas susceptibles de se vaporiser comme les lotions , dont l'eau ou les liquides alcoolisés forment la base. Les corps gras adoucissent la peau , et pénètrent les croûtes ou les squammes dont on veut provoquer la chute , ce qui peut en rendre l'application souvent nécessaire dans l'eczéma ; mais , pour en obtenir de bons effets , ils doivent être de bonne qualité et préparés récemment. A l'état de rancidité , ils enflamment la peau et produisent des éruptions de diverses natures. «Les bons effets des pommades d'oxide de zinc et de calomel , tiennent certainement en grande partie , dit M. Rayer , à la graisse de porc , dans laquelle ces substances sont incorporées, souvent à petites doses. » Je suis d'autant plus de cet avis , que j'ai l'habitude d'employer l'axonge sans mélange , et que j'en obtiens toujours l'effet que j'en attends.

Les exutoires seraient des moyens peu efficaces, dans le traitement des-maladies cutanées , d'après l'école de Biett. Cette opinion est probablement fondée sur l'idée que nos humeurs ne sont pas susceptibles d'être altérées par le vice dartreux , et que les affections cutanées devant être considé* rées comme des affections essentiellement locales , les exutoires sont inutiles. Sans m'arrèter à ce qu'il peut y avoir de plus ou moins vrai dans les prémisses de ce raisonnement , je suis cFun avis entièrement opposé, quant à leur inutilité;

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J'ai en ma faveur le témoignage des anciens auteurs et celui de mon expérience particulière. Je puis encore invoquer le sentiment de M. Rayer. « Les vésicatoires, dit cet auteur, habituellement conseillés comme dépuratifs dans un grand nombre d'inflammations chroniques de la peau, sont presque constamment nuisibles lorsque le mal occupe une grande étendue sur la surface du corps ; chez les enfans, et quelquefois chez les adultes , on emploie souvent, de préférence aux cantharides , le bois de garou , qui produit un suintement analogue à celui de Y eczéma. J'ai répété avec succès la pratique de Jceger dans les eczéma du cuir chevelu. Cela consiste à appliquer et à entretenir long-temps des vésicatoires au bras.

a Après la disparition brusque d'une inflammation spontanée de la peau , ou provoquée par l'action de répercussifs , s'il se déclare quelque maladie intérieure , on obtient aussi d'heureux effets des cautères. J'ai vu des sujets nés de parens dartreux , et qui étaient devenus d'une santé languissante, se fortifier sensiblement après l'application d'un de ces exutoires. P. 76... J'emploie constamment les exutoires dans les eczéma rebelles du cuir chevelu et des parties génitales. Lorsqu'on a obtenu, ou qu'on veut obtenir la guérison d'un eczéma ancien , chez un vieillard ou chez un individu qui a souffert antérieurement d'une maladie viscérale chronique , il convient d'entretenir à un bras un cautère ou un vésicatoire. Si la théorie des répercussions réclame encore un bon nombre d'éclaircissemens , il suffit qu'elle soulève des craintes et des incertitudes pour qu'on ne néglige aucune précaution. » P. 408.

Les exutoires me paraissent indiqués, non seulement dans la supposition d'une répercussion humorale , mais encore comme modificateurs de la sensibilité. Lorsque les maladies, après avoir existé long-temps à la peau, viennent à se guérir spontanément , ou à l'être par les secours de l'art , les orga*-

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nés intérieurs sont exposés à une perturbation plus ou moins remarquable. Celui des organes qui y sera le mieux prédisposé , peut alors subir l'influence de la modification imprimée à l'organisme : influence qu'une irritation artificielle , entretenue à la peau , peut entièrement neutraliser.

Certains médicamens topiques ont été employés avec succès contre plusieurs maladies chroniques rebelles de la peau, telles que l'eczéma, la lèpre, le psoriasis, etc. « Lorsque l'eczéma résiste aux moyens employés pour le combattre, on a vu réussir, disent MM. Cazenave et Schedel, d'une manière vraiment surprenante , 1° la teinture de cantharides , surtout chez les femmes ; 2° quelques préparations arsenicales , a l'aide desquelles Biett a très souvent fait disparaître, avec une promptitude remarquable, des eczéma invétérés fort graves. » La teinture de cantharides se donne le matin à la dose de trois à cinq gouttes , dans quelques cuillerées de tisane ; tous les jours on augmente de cinq gouttes ; on peut en porter la dose jusqu'à trente gouttes à la fois et même beaucoup plus , en prenant le soin d'en suspendre l'usage par intervalles. Ce médicament, dont j'aurai occasion de parler ailleurs, au lieu d'être toujours efficace, aggrave quelquefois la maladie : on ne doit l'employer qu'avec beaucoup de circonspection, et surveiller attentivement les effets qu'il produit.

Les préparations arsenicales, employées contre les maladies cutanées chroniques et rebelles, sont : 1° la solution de Fowler; 2° la solution de Pearson; 3° la solution d'arséniate d'ammoniaque, dont on doit la formule à Biett, qui le premier l'a mise en usage.

L'arséniate de potasse entre dans la composition de la première ; ses doses sont d'abord de deux à trois gouttes , le matin à jeun, dans un peu d'eau, ou de tout autre liquide inerte : on augmente de deux à trois gouttes tous les cinq à six jours , de manière à ne pas dépasser la dose de douze à quinze gouttes en un jour.

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L'arsèniate de soude sert à composer la solution de Pearson qui est moins active, et que par cette raison on doit préférer pour les malades irritables , principalement pour les femmes et les enfans. On l'administre ordinairement à la dose d'un scrupule à un gros ; mais il me paraît prudent ( et c'est la marche que j'ai suivie lorsque j'en ai prescrit l'usage) de commencer par un demi-scrupule , en doublant chaque jour la dose. J'en ai obtenu de bons effets, employée de cette manière.

La solution d'arsêniate d'ammoniaque se donne comme la précédente, et ces trois solutions peuvent se suppléer avec avantage et réussir alternativement où chacune d'elles avait échoué.

OBSERVATIONS PARTICULIERES D ECZEMA.

Première observation. — Eczéma solare (Willan.)

David, âgé de treize ans , après s'être baigné un jour qu'il faisait très chaud, resta long-temps au soleil avant de s'habiller, ce qu'il ne fit qu'après avoir ressenti une chaleur subite et très vive sur tout le corps. Le soir une grande partie de la surface cutanée présenta une rougeur inaccoutumée , plus prononcée aux épaules et à la partie antérieure du tronc; les mains et la face avaient conservé leur couleur naturelle. Le lendemain je visitai le malade ; la peau était tendue , d'une rougeur vive , avec cuisson et sensibilité au toucher; le pouls avait un peu d'élévation ; la langue était blanche sans soif; vingt-quatre heures après l'insolation , une grande quantité de vésicules à peine sensibles , se montrèrent sur les points où la rougeur cutanée offrait le plus d'intensité ; la tension de la peau était diminuée. Le troisième jour, d'autres vési-

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cules se manifestèrent sur les autres parties rubéfiées ; le quatrième jour, les vésicules s'affaissèrent; le cinquième, une desquammation légère commença sur le tronc , où on apercevait un suintement qui simulait une sueur légère ; le sixième jour, les vésicules développées, les dernières s'affaisèrent, et; de nombreuses pellicules épidermiques , adhérentes sur un point, et soulevées en grande partie, se détachaient successivement à mesure que leur dessication s'opérait.

L'éruption se maintint sous cet aspect pendant une dizaine de jours ; ensuite l'exhalation parut moins abondante ; mais pendant plus de six semaines une desquammation sèche continua au même degré ; ensuite la peau reprit son état naturel.

Pendant les dix premiers jours, le malade ne prit pour boisson que de la limonade édulcorée avec le sirop de capillaire. L'appétit s'étant maintenu , des alimens légers , donnés plusieurs fois par jour, lui furent permis. A dater de cette époque , il prit deux bains par semaine ; là se bornèrent les moyens dirigés contre cette maladie.

Réflexions. — Cette observation me paraît digne de remarque, parce que les mains et la face ne subirent pas l'action du soleil, ces parties étant cependant celles qui s'y trouvent le plus exposées. L'explication d'un semblable phénomène me semble néanmoins facile à donner. En effet, dans les cas ordinaires d'insolation , ce sont les mains et le visage qui, n'étant habituellement recouverts par aucun vêtement , sont les seuls qui soient exposés à l'action des rayons solaires ; mais dans l'observation précédente toute la surface cutanée était offerte à l'ardeur du soleil , de sorte que l'insolation a dû agir avec plus d'intensité sur les parties de la peau qui , n'étant pas ordinairement recouvertes , sont naturellement plus impressionnables. Le degré de chaleur qui a suffi pour déterminer sur ces parties une inflam-

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mation eczémateuse, n'a pas été assez fort pour produire le même résultat à la face et aux mains, dont la peau est habituée à l'action journalière de l'air et du soleil.

Cette observation, rapprochée de celle que j'ai citée sur un érysipèle de la face, produit par un coup de soleil, et accompagné d'un délire furieux dès son début , tend à établir que l'action des rayons solaires , leur intensité étant égale , peut produire des effets différens , suivant l'aptitude ou la prédisposition de la partie qui en subit l'influence.

Deuxième observation. — Eczéma impétiginode , guéri par lavaccine.

Arsène, âgée de six ans, d'une bonne constitution, n'ayant jamais eu d'éruption à la tête, était sujette, depuis environ six semaines , à un eczéma qui occupait les trois quarts inférieurs de la face externe du bras droit. L'enfant m' ayant été présenté pour le vacciner, voici sous quel aspect j'observai cette affection : les compresses qui la recouvraient étaient mouillées et entièrement pénétrées de sérosité ; la manche de la chemise était humide sur quelques points , raide sur d'autres ; Y eczéma mis à découvert, la moitié inférieure de la surface malade était rouge , dépouillée d'épiderme , et fournissait une exhalation considérable; la moitié supérieure était recouverte çà et là de lamelles croûteuses , jaunâtres , qui se détachaient , ramollies par la sérosité ; de nombreuses vésicules, de la grosseur d'une tête d'épingle, quelques unes remplies d'une sérosité transparente , le plus grand nombre opaques, contenaient une matière séro-purulente et entouraient la partie affectée. L'odeur qui s'exhalait de la surface malade et des linges mouillés , était forte et désagréable ; on n'avait employé , contre cette éruption, que des compresses trempées dans l'infusion de sureau.

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Malgré l'état de la petite malade , je me décidai à la vacciner par trois piqûres à chaque bras , et je pratiquai celles du côté malade en triangle , faute d'espace, suivant la longueur du bras.

L'eczéma donnait lieu à une démangeaison très vive, l'enfant se grattait habituellement, et quelquefois jusqu'au sang. Ce besoin , chaque jour satisfait , produisit le déchirement de l'éruption vaccinale , même avant son entier développement , ce qui n'en troubla aucunement la marche ; de sorte que les ongles , imprégnés de vaccin, se portaient en même temps sur les points de la surface malade , où le prurit les appelait.

L'enfant m' ayant été amenée, huit jours après l'avoir vaccinée , je fus singulièrement surpris de trouver cinq boutons vaccins , développés sur divers points de la surface malade , exactement semblables à ceux produits par les piqûres que j'avais pratiquées; ils n'en différaient que par la moindre étendue de leur aréole. N'ayant pas vu la petite malade dans l'intervalle des huit jours qui suivirent sa vaccination, je ne puis rien dire sur le moment où l'éruption vaccinale a commencé à paraître sur la surface eczémateuse ; mais désirant suivre la marche ultérieure de cette éruption , je la visitai le lendemain , et j'observai que les boutons , produits par les piqûres , avaient le caractère qu'ils doivent avoir le neuvième jour ; tandis que ceux qui étaient survenus accidentellement, étaient plus affaissés et moins volumineux que la veille : le lendemain il n'en existait plus de trace. Les trois piqûres , pratiquées à chaque bras, produisirent six boutons, qui se développèrent au même degré d'intensité , et suivirent une marche naturelle.

A dater du huitième jour de la vaccination , l'exhalation séreuse devint beaucoup moins abondante ; les squammes , plus sèches et plus minces, se détachaient plus facilement; chaque jour l'état du bras s'améliorait; au bout d'une quin-

INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — ECZÉMA. 3*7

zaine de jours la guérison fut complète. Je conseillai des bains et des frictions sèches sur tout le corps ; je prescrivis l'usage de la manne à plusieurs reprises , en vue d'empêcher, soit une récidive , soit tout autre accident.

Réflexions. — Il me semble évident que la phlogose vaccinale qui, dans l'observation précédente, s'est manifestée sur plusieurs points de la surface malade , a déterminé l'amélioration survenue immédiatement après. Ce n'est pas à la neutralisation du vice dartreux par le virus vaccin (je suis loin de le penser ) , qu'il faudrait rapporter ce changement , mais bien plutôt à la différence du mode de vitalité qu'a dû produire, sur la partie affectée, la phlogose accidentellement développée , non pas de la môme manière que toute autre substance irritante , car ici l'action n'a pu être instantanée : son mode de développement , et peut-être même la nature du principe , ont bien pu contribuer au résultat obtenu.

Les bains , les frictions sèches et les purgations réitérées que j'ai prescrits étaient indiqués, non seulement par la nature de la maladie , mais à cause de l'âge de la malade , qui est celui où les affections cutanées ont ordinairement un caractère dépuratif.

Eczéma chronique de V oreille.

Troisième observation. — Madame Ben..., âgée de vingthuit ans , d'un tempérament bilieux , très irritable , vivant dans l'aisance , était sujette depuis sept mois à une éruption de l'oreille droite. Cette éruption était caractérisée par de petits boutons vésiculeux qui se développaient par intervalle sur le pavillon auriculaire ; il s'opérait une desquammation «le petites lamelles plus ou moins sèches, et un prurit insupportable existait principalement dans le conduit auditif. La

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malade avait fait usage de lotions et de fumigations sulfureuses , de bains , d'une tisane de douce-amère et de pensée sauvage. Cette médication, qui fut suivie avec exactitude pendant plusieurs mois, n'avait cependant produit qu'une amélioration peu sensible et peu durable. Le médecin qui la traitait, partisan exclusif de la doctrine de Broussais, ne lui avait permis aucuns purgatifs.

Lorsque la malade vint me consulter, elle était dans un état remarquable de maigreur , dont le commencement remontait à trois mois; sa physionomie exprimait la souffrance. Cependant le prurit était son mal principal, et il devenait intolérable , surtout pendant la nuit , qui se passait dans une complète insomnie ; l'oreille affectée était atteinte d'une surdité qui , depuis plusieurs mois , devenait graduellement plus intense.

Je prescrivis un cataplasme de farine de lin pétrie avec de l'eau, où j'avais fait ajouter un gros de carbonate de potasse pour quatre onces d'eau ; je recommandai d'introduire ce cataplasme dans le conduit auditif; je conseillai une tisane faite avec deux gros de douce-amère et une once de racine de salsepareille pour deux pintes d'eau, réduite d'un tiers; quantité que la malade buvait en vingt-quatre heures. Je fis pratiquer , avec de la flanelle', des frictions sur tout le corps , soir et matin ; deux bains par semaine et l'eau de Sedlitz , donnée à dose laxative , cinq à six fois dans l'espace de trois semaines : tel fut le système de médication auquel la malade fut soumise , et qui , au bout de deux mois , amena son entière guérison.

Réflexions. — Le cataplasme avec le carbonate de potasse diminua le prurit d'une manière remarquable, au bout de vingt-quatre heures. Continué le second jour, il détermina l'inflammation des boutons vésiculeux , répandus çà et là sur le. pavillon de l'oreille. Celui-ci s'enflamma de même, au

INFLAMMATIONS YÉSICl'LEîSlïS. — ICZÉMA. 31')

point d'exiger la suspension du cataplasme , qui ne fut plus introduit que dans le conduit auditif. On le remplaça sur la conque auriculaire par des compresses trempées dans une décoction de guimauve.

L'effet promptement obtenu à la suite du cataplasme alcalin , ne permet pas de douter que c'est à lui seul qu'on doit l'attribuer. Ce moyen , que j'ai souvent employé , fait rarement attendre les bons résultats. Son action étant permanente , il doit être préféré , dans la plupart des cas , au\ lotions et aux fumigations alcalines ou sulfureuses.

Les frictions sèches, sur lesquelles j'ai insisté, étaient conseillées en vue d'augmenter la propriété exhalante du système dermoïde ; genre de dérivation qui me semble d'une grande importance dans le traitement des maladies de la peau en général.

Les purgatifs légers et réitérés souvent, comme je suis dans l'usage de le faire lorsque l'état des organes digestifs le permet , ont une action dépurative plus marquée , et , lorsqu'ils ne produisent pas d'irritation morbide , je les crois plus propres à favoriser les fonctions de la peau , qu'à les interrompre.

Des bains et quelques purgations légères, par intervalles, furent conseillés comme moyens de précaution. La malade, que j'eus occasion de voir deux mois après sa guérison, avait repris de l'embonpoint, de la gaîté; je puis remarquer qu'une très jolie femme , qui n'a été vue de son médecin que lorsqu'elle est malade , peut le surprendre fort agréablement lorsqu'il la voit complètement rétablie.

Eczéma mercuriel (hydrargirie ).

Quatrième observation. — Lecamus, fondeur en cuivre,

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âgé de trente-huit ans, d'une constitution bilieuse, délicate, avait depuis plus d'un mois une éruption aux mains , à la partie intérieure des bras , au bas-ventre et au jarret. Cette éruption causait au malade une vive démangeaison , chaque fois que la chaleur de la peau était augmentée par le travail, ce qui le portait à se gratter quelquefois jusqu'au sang. Ayant été consulter un herboriste , celui-ci prétendit reconnaître la gale. Le malade se confia à ses soins et reçut, pour se frotter, un pot contenant au moins une livre d'une pommade noire, où l'on observait des molécules de mercure non éteints.

Le malade faisait usage de cette pommade depuis quatre jours; il se frottait soir et matin, partout où l'éruption s'était manifestée. Appelé le quatrième jour, dans l'après-midi , le malade s'offrit à mon examen dans l'état suivant : toute la tête était enflée , ainsi que la langue , au point que la parole était impossible ; la gorge était douloureuse et la déglutition très pénible ; l'odeur que répandent les malades , chez qui le mercure a porté son action à la bouche , était très prononcée , quoiqu'il n'existât pas de salivation. Toutes les parties sur lesquelles les frictions avaient été pratiquées , c'est à dire les mains, les bras, le bas-ventre et les jarrets, étaient très enflammées ; ces régions présentaient un grand nombre de vésicules dénudées dans une grande étendue , surtout au bas-ventre , où elles fournissaient une exhalation très abondante. La douleur qu'éprouvait le malade dans ces parties, était un prurit où la cuisson dominait de manière à lui ôter le désir de se gratter.

Toute la surface de la peau , excepté la partie supérieure du cou et le visage , était granuleuse , offrait l'aspect de ce qu'on nomme vulgairement chair de poule ; soit par l'effet des frictions , soit par la profession du malade , toute l'habitude cutanée avait une teinte cendrée , qui me sembla devoir être attribuée au défaut de propreté.

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En résumé , le malade éprouvait de vives angoisses ; il avait de la fièvre manifestée par la soif, l'état dur et accéléré du pouls , et la chaleur de la peau.

Traitement. — Je pratiquai une saignée de douze onces, et le même jour je fis poser, à dix heures du soir, trente sangsues autour du cou ; le sang tiré de la veine était noir et se couvrait presque entièrement d'une pellicule nacrée. Des cataplasmes pétris avec l'eau de pavot et mis entre deux linges (1), furent appliqués sur les surfaces malades ; je prescrivis intérieurement la limonade glacée , dont le malade prit à peine une verrée en vingt-quatre heures , à cause de la difficulté de la déglutition. A ma visite du lendemain , l'état du malade me parut peu changé; je conseillai un bain d'une heure , des lavemens purgatifs faits avec une demi-once de séné , et de la glace à mettre dans la bouche. Les points rugueux de la peau étant devenus plus visibles après le bain, je reconnus que cet état était dû à une infinité de petites vésicules, qui s'affaissèrent sans exhalation apparente. Le lendemain , sixième jour, à dater du moment où le malade avait pu constater les vésicules , il survint une desquammation assez abondante, et qui se renouvela plusieurs fois en quinze jours.

Le troisième jour du traitement le malade se jugea mieux, le pouls se rapprochait de l'état normal , la soif avait baissé ; cependant le gonflement du visage n'était que peu diminué ,

(1) J'ai vu si souvent les gardes-malades appliquer sans précaution les cataplasmes qu'on recommande de mettre entre deux linges, que je crois devoir faire ici une recommandation, de laquelle dépend entièrement leur efficacité. Le cataplasme que l'on met entre deux linges doit être pétri presque coulant , et les linges destinés à le recevoir, doivent être assez clairs pour que l'humidité du cataplasme puisse transsuder à travers, et porter son action sur les parties qui en réclament l'usage.

$É2 iï*rE,M*ÀTioïte WâS&tôÊ&sÊÊ. — mt&MA.

et ceM de M langue était toujours fort incommode. Le prurit dès surfaces exhalantes provoquait le désir d'y porter les ongles. Je lis remplacer l'eau de pavot par l'eau de Barèges potable, pour la préparation des cataplasmes ; deux lavemens purgatifs furent donnés dans la journée.

Le gonflement du visage diminua le lendemain d'une manière sensible , ainsi que l'état de la bouche ; même régime , tto bain. Le malade ayant le désir de manger, je permis une Séupe et des pruneaux.

Le cinquième jour, l'exhalation se montra moins abondante, particulièrement aux mains et aux bras. Des lamelles jaunâtres , humides , à moitié soulevées , couvraient les surfaces affectées et se détachaient à mesure qu'il s'en formait ffé&ires. La déglutition étant devenue plus facile ; je prescrivis une demi-once de sel de Sedlitz dans deux tasses de fcouilion aux herbes.

A dater du sixième jour du traitement , le malade fut soumis à un régime qui a été le même jusqu'à la fin de la malade; lequel consistait à prendre un bain tous les deux jours, suivi de frictions sur toutes les parties saines de la peau ; le jour intercalaire on prenait une verrée d'eau de Sedlitz à huit gros par bouteille.

L'appétit s'étant prononcé dès le quatrième jour du traitendertô, des alimens furent permis et augmentés graduelleftHÉS»

Le huitième jour, l'enflure du visage avait cessé ; la langue était moins volumineuse , mais son pourtour, dans les points qui étaient en contact avec les dents , était excorié , ce qui faisait beaucoup souffrir le malade, particulièrement lorsqu'il mangeait; la bouche n'a recouvré son état sain qu'à la fin de la maladie.

Vers le dixième jour du traitement la dosquammation devint sèche , et continua à se manifester de la même manière pendant huit jours, mais en diminuant progressivement.

IHFfcÂMOTÀTIONS VÉSICULït'SEB. — ECZÉMA. 523

J'engageai le malade à ne pas reprendre immédiatement ses travaux ordinaires , à continuer pendant une quinzaine de jours l'usage des bains , et à se purger avec une bouteille d'eau de Sedlitz, deux ou trois fois dans cet espace de temps.

Réflexions. — Il importe peu de savoir si l'éruption primitive était la gale ou une affection de toute autre nature ; mais il est bien certain que les frictions mercurielles en avaient changé le caractère et produit une éruption eczémateuse très intense , analogue à Y eczéma rubrum.

L'état fébrile était dû , sans doute , autant aux accidens mercuriels , dont la tête était le siège , qu'à l'intensité de l'éruption eczémateuse. Les émissions sanguines qui ont été mises en usage ont dû favoriser l'action du traitement en modifiant la réaction générale ; mais il est digne de remarque qu'elles paraissent n'avoir produit aucun effet, contre les accidens dont la bouche a été le siège ; ce qui tend à démontrer que le mercure exerce une action plus active sur la bouche et les glandes salivaires que sur les autres parties du corps.

L'habitude de manier des métaux, prédisposait sans doute le malade à subir les effets délétères du mercure ; le défaut de propreté dans lequel il vivait, devait également disposer la maladie à se manifester avec intensité. Il s'agit ici d'une affection dartreuse bien caractérisée (dartre vive) ; mais j'ai eu occasion d'observer mainte fois des éruptions d'une nature différente, chez des malades qui venaient me consulter après avoir subi un traitement mercuriel, et dont je n'ai pas été à portée de suivre les progrès ainsi que je l'aurais désiré , parce que fort souvent les malades à qui j'avais donné une première consultation , ne se trouvaient pas dans la nécessité de revenir me consulter. Ce n'est que dans les hôpitaux particulièrement, qu'il est possible d'observer sous toutes les formes, et de suivre dans leur développement, les nombreuses modi-

524 INFLAMMATIONS VÉSICULELSES. — HERPES.

fications que peuvent offrir les maladies cutanées. L'hydrargirie a été envisagée par les médecins anglais , sous un assez grand nombre de variétés ; mais ils n'ont pas déterminé d'une manière précise , les cas ou les modifications dans lesquels le plus ou le moins de gravité de cette affection dépendait de la quantité de mercure , de son mode d'application , ou de l'idiosyncrasie de l'individu. Il serait de la plus grande importance de bien établir ces diverses circonstances, si on ne devait pas espérer que cette maladie deviendra bientôt assez rare , pour qu'il soit seulement possible de l'observer chez les artisans qui manipulent le mercure , car alors l'usage de ce métal aura été entièrement banni du traitement des maladies vénériennes.

Le cadre de cet ouvrage ne m'ayant pas permis de citer les auteurs , ni de reproduire les opinions qu'ils ont émises sur l'hydrargyrie , je renvoie au traité de M. Rayer ceux qui voudront s'éclairer sur ce point.

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