HERPES
Olophlyctide. — (Alibert, huitième genre des dermatoses.)
Jusque vers la fin du siècle dernier, on a rattaché au mot herpès la plupart des affections dartreuses ; aussi a-t-il été employé comme terme générique , pour désigner, sous le nom de maladies herpétiques , une infinité d'affections de nature différente. Aujourd'hui le mot herpès, sert simplement à désigner , d'après Willan et les partisans de sa méthode, 1° l' herpès phlyctenoïdes, et ses variétés, qui sont Y herpès labialis et l 'herpès preputialis ; 2° Y herpès zoster ou zona; 3° Y herpès circinnatus; 4° Y herpès iris. Alibert a donné à ce groupe d'affections le nom d' olophlyctide ; mais il a conservé au mot herpès son ancienne acception et l'a employé
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pour désigner le groupe de maladies qu'il a décrites sous le nom de dermatoses dartreuses. « Ceux qui ont lu l'ouvrage d'ailleurs très estimable de M. Willan, dit Alibert, ont pu voir que cet auteur a détourné le mot herpès de son acception primitive , comprenant sous ce titre plusieurs éruptions vésiculeuses , dont la plupart appartiennent à notre genre olophlyctis;mms ce changement n'est pas heureux, et il serait impossible de le faire adopter. Le savant Lorry, qui a si bien approfondi l'étude des anciens , est une autorité pour nous préférable. Les langues scientifiques sont les propriétés de la civilisation ; il faut respecter les dénominations consacrées : telle est celle que nous employons ici pour le genre dont il s'agit ; elle vient du mot grec spizyç ( erpes ). Les Latins se sont emparés de ce terme , très propre à exprimer le phénomène de reptation observé dans les affections qui s'y rattachent ; il rend très bien l'un des caractères de cette maladie, qui est de s'étendre sur le tégument par une progression insensible.... »
Le respect dû aux anciens ne doit pas aller jusqu'à conserver les termes qu'ils ont consacrés, lorsqu'on reconnaît qu'ils en ont fait une application inexacte. Les mots n'ont qu'une valeur de convention , dont il importe sans doute de bien déterminer le sens , puisque c'est par eux seulement qu'on peut bien définir les objets ; mais lorsque ces objets ont été mal aperçus; et qu'ils se présentent avec des caractères attestant qu'on s'était trompé sur leur nature , les termes employés jusqu'alors pour les désigner ne sauraient être conservés sans inconvéniens ; aussi, comme le disait Galien , avec sa haute raison , convient-il de s'entendre d'abord sur les choses.
La pathologie cutanée , si tardivement bien étudiée , et aujourd'hui encore si peu connue , a été envisagée toutefois par Willan sous un aspect qui permet de distinguer et de rapprocher les maladies de la peau , d'après la coutume de
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leurs formes primitives. Ce qui a déterminé en sa faveur la plupart des auteurs modernes. Parmi les affections mises au rang des dermatoses dartreuses par Alibert, il en est qui, par leur nature, appartiennent à des groupes différens ; chacune retrouvera sa place dans l'ordre assigné par la classification 4e Willan , celle que j'ai adoptée.
Le genre herpès constitue une éruption de vésicules rassemblées en un groupe , sur un ou plusieurs points enflammés de la surface dermoïde , la peau restant parfaitement saine dans les intervalles qui les séparent. C'est une affection ordinairement aiguë , dont la durée est de un à trois septénaires au plus ; rarement elle dépasse ce terme. Elle est souvent accompagnée d'un peu de malaise, de lassitudes », d'anorexie ; mais il est rare qu'elle détermine une réaction générale qui ait de l'intensité. En général, c'est une maladie peu grave, n'exigeant que le repos, la diète, et des boissons adoucissantes.
Herpès phlyctènoïde*
La dartre miliaire des auteurs , l'olophlyctide miliaire de Alibert , et l'herpès phlycténoïde , sont une même maladie. C'est une éruption caractérisée par des vésicules , qui ordinairement sont très petites. Parmi ces vésicules il s'en manifeste quelquefois qui ont le volume d'un pois, mais qui toujours sont agglomérées sur une base enflammée et peuvent se développer sur toutes les parties du corps , et quelquefois sur plusieurs en même temps ; néanmoins la face , le cou , la poitrine et les bras en sont le siège le plus ordinaire. Cette éruption prend au commencement une étendue d'un pouce à trois pouces de diamètre. Lorsqu'elle consiste en un ou plusieurs groupes développés en même temps, sa durée dépasse rarement le septième jour; mais lorsque les groupes se succèdent les uns aux autres , avant ou après leur dis-
parition complète, elle peut alors se prolonger jusqu'à la to du deuxième septénaire. Les cas où la maladie prend un ça^ raotère chronique sont extrêmement rares , néanmoins on e# cite des exemples..
Causes. — Elles sont généralement peu connues. Celles qui appartiennent à l'une des variétés de l'herpès phlycténoïde, désignée sous les noms d'hydroa ou d'herpès ïabialis, dépendent souvent d'une disposition générale de l'économie.
Symptômes. — Des petits points rouges très nombreux, et resserrés dans l'espace que doit occuper la maladie , se manifestent d'abord. Le lendemain , la partie affectée devient rouge , enflammée, et se couvre de vésicules dont le volume, comme je l'ai déjà dit, varie depuis celui d'un grain de millet, jusqu'à celui d'un pois. Elles sont dures, rémittentes et transparentes à leur invasion ; mais , dès le lendemain, elles prennent une teinte opaque, due à l'état lactescent du fluide qu'elles contiennent. Le disque inflammatoire, sur lequel elles se développent, dépasse généralement de quelques lignes les points qu'elles occupent. Des lassitudes , un léger mouvement de fièvre , accompagnent ordinairement cette éruption pendant les trois ou quatre premiers jours, époque où les vésicules commencent à s'affaisser. Une cuisson très aiguë , analogue à celle que produirait une brûlure , se manifeste dès l'invasion de la maladie , persiste pendant toute sa durée , et s'étend quelquefois même au delà.
Vers le septième ou huitième jour de la maladie , terme ordinaire de sa durée , les vésicules sont affaissées ou transformées en une croûte noirâtre qui ne tarde pas à se détacher. Quelques unes , en tombant , mettent à découvert assez souvent de légères ulcérations qui , en se cicatrisant , laissent toujours une teinte rouge , ne s' effaçant que lentement.
Diagnostic. — L' herpès phlycténoïde pourrait être eofl-»
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fondue avec le pemphigus , qui a été décrit sous la même dénomination par quelques auteurs ; mais chacune de ces affections a ses caractères assez tranchés pour qu'on puisse , avec un peu d'attention , les distinguer l'un de l'autre. Les vésicules du pemphigus sont isolées et beaucoup plus volumineuses que celles de l'herpès phlycténoïde; ce sont de véritables bulles , et elles ne reposent pas , comme dans l'herpès, sur une base enflammée. Il arrive quelquefois que la peau devient rouge dans les points où les bulles du pemphigus sont rapprochées ; mais il en existe toujours un certain nombre qui restent isolées sans altérer la couleur de la peau ; tandis que, dans l'herpès, les vésicules sont toujours rapprochées et fixées sur une surface rubéfiée.
On pourrait aussi confondre , dans quelques cas , l'herpès phlycténoïde avec l'eczéma, surtout lorsque , dans cette dernière affection , les vésicules sont réunies en groupes. On les distinguera l'une de l'autre , parce que , dans Y eczéma , les vésicules sont moins élevées , plus rouges , confluentes , et d'une transparence peu marquée : dispositions qui n'existent pas dans l'herpès.
Traitement.— Quelques boissons délayantes, la. diète, le repos , des lotions mucilagineuses , suffisent toujours pour obtenir une issue favorable à cette maladie qui , dans son état simple , n'est jamais longue ni dangereuse.