VARIÉTÉS
En se fixant sur les lèvres et sur le prépuce, l'herpès phlycténoïde prend un caractère particulier, qui a déterminé quelques auteurs , entre autres MM. Cazenave et Schedel , à en former deux variétés. Elles ont été désignées sous le nom d'herpès labiales et d'herpès prœputialis , affections que MM. Gibert et Rayer ont admises comme des espèces et non comme des variétés.
INFLAMMATIONS VÊSIOJLEESES. — HERPES. 329
Herpès labialis ( olophlyctide prolabiale, Alibert ).
Cette variété se distingue par des vésicules réunies en un ou plusieurs groupes plus ou moins apparens , qui se développent autour de la bouche , sur la face externe de l'une ou de l'autre lèvre , le plus ordinairement au point de jonction de la peau avec la muqueuse labiale , et qui parfois s'étendent d'une manière irrégulière sur les ailes du nez, les joues et le menton. C'est l'affection généralement connue sous le nom d'éruption boutonneuse des lèvres ( hydroa fébrile de Isfranck ) , et regardée comme une crise salutaire ; ce qui a lieu effectivement, ainsi que je l'ai observé mainte fois, principalement dans les fièvres muqueuses, et dans les affections catarrhales des voies aériennes. Néanmoins elle n'est pas toujours un phénomène qui indique le terme d'une maladie ; elle est au contraire assez souvent le symptôme d'une phlegmasie intense des muqueuses thoracique ou gastrointestinale. Elle peut être aussi occasionnée par le froid, la fatigue , l'intempérance , le contact de certaines substances acres et irritantes, surtout par l'abus des liqueurs alcooliques. D'autres fois elle survient sans cause connue.
Symptômes. -^L'herpès labiale est ordinairement précédée de quelques heures par une rougeur légère de la peau ; mais l'éruption peut aussi se manifester subitement. Alors le point où elle se développe devient rouge , tendu , luisant. Le malade ressent une douleur brûlante , plus ou moins vive , qui s'accroît par le toucher ; les vésicules se développent rapidement. Transparentes le premier jour, le lendemain elles deviennent lactescentes ; le troisième ou quatrième jour, le fluide qu'elles contiennent devient jaunâtre et séro-purulent. Alors les symptômes inflammatoires se dissipent ; des croûtes
550 HfFLAflMlATIOXS VÉSfCULEtSXS. — HESï'isS.
brunâtres se forment et tombent quelques jours après. Si on les arrache avant le moment où leur chute doit s'opérer, il s'en forme d'autres, et la guérison, au lieu d'arriver le septième ou huitième jour de l'éruption , se fait attendre six ou huit jours de plus.
Diagnostic. — V eczéma et le psoriasis des lèvres ne sauraient être confondus avec Y herpès labiale. L'isolement des vésicules , leur volume plus considérable , leur transparence plus évidente , le peu de durée de la maladie , qui sont les caractères de Y herpès, la feront distinguer facilement de Y eczéma. Les squammes , l'absence des vésicules et les plis rayonnans , propres au psoriasis labiale , ne permettent aucune méprise.
Traitement. — Il doit être abandonné à la nature. On a proposé de faire des lotions avec les solutions de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, ou avec l'eau de Goulard, dans les cas où l'éruption était accompagnée d'une vive douleur; mais aucun moyen n'empêche la maladie de suivre sa marche, et ne jouit comme calmant d'une efficacité évidente. L'eau froide est , à mon avis , le moyen le plus propre à modérer la chaleur acre et brûlante qui est le symptôme le plus douloureux de cette affection, La sensation agréable que font éprouver les lotions d'eau froide , indique la nécessité d'éviter tout ce qui pourrait accroître la chaleur de la partie affectée.
Herpès prœputiaiis ( olophlyçtide progéniale, Aubert ).
L'herpès prœputiaiis est caractérisée par un ou plusieurs groupes de petites vésicules , qui naissent sur la face interne
INFLAMMATIONS VÉSKKLEU&E6. v« HERPES.
on sur la face externe eu prépuce , quelquefois sur toutes deux en même temps. La maladie s'annonce par une ou plusieurs taches rouges de six à huit lignes de diamètre ; elles sont accompagnées d'un léger prurit, et, du deuxième au troisième jour, elles se couvrent de petites vésicules arrondies , d'abord assez peu développées , et contenant un fluide transparent. Le prurit et la chaleur deviennent alors ptets considérables ; en même temps, le volume des vésicules augmente , et le liquide qu'elles contiennent perd sa transparence : phénomènes qui se manifestent du quatrième au cinquième jour. Ensuite les vésicules se rompent ou se flétrissent ; leur rupture a lieu particulièrement lorsque l'éruption existe à la partie interne du prépuce où , après leur chute , il se forme de petites squammes qui ne tardent pas à se détacher ; elles laissent souvent après elles des excoriations qu'un médecin peu exercé pourrait prendre pour des ulcères vénériens.
Lorsque l'éruption occupe la partie externe du prépuce , la sérosité est plus ordinairement résorbée. Les vésicules se dessèchent , et bientôt une légère desquammation épidermique s'établit. Quelquefois cependant le contraire a lieu : le liquide devient opaque , les vésicules se déchirent au lieu de se flétrir, et des squammes , produites par l'exhalaison séreuse, se forment : ce qui n'empêche pas la maladie de se terminer communément du cinquième au septième jour. L'herpès prœputialis peut se manifester à des intervalles de plus en plus rapprochés, et constituer une maladie chronique. MM. Biett, Cazenave et Schedel en ont observé des exemples. Le prépuce alors devient plus rude, sesmouvemens sont difficiles et peuvent y produire des gerçures ou le déchirer. Au bout d'un certain temps, l'extrémité du prépuce se fronce et se rétrécit quelquefois au point de permettre à peine le passage de l'urine. D'autres fois le rétrécissement est moins considérable ; mais l'extrémité du prépuce prend une cou-
352 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — HERPES.
sistance cartilagineuse , et forme autour du gland une sorte d'anneau , qui présente plus ou moins de résistance.
Causes. — L' herpès prœputialis survient souvent sans qu'on puisse en déterminer la cause ; mais il est généralement admis que la matière sébacée qui s'amasse entre le prépuce et le gland chez les individus qui négligent les soins de propreté , le coït avec des femmes sujettes à des écoulemens chroniques du vagin , le frottement des vêtemens de laine , peuvent l'occasionner. M. Capeland, cité par M. Rayer, pense que cette éruption peut être symptomatique d'une phlegmasie ou d'un écoulement de l'urètre ; mais MM. Cazenave et Schedel, dont je partage l'opinion, estiment que les rétrécissemens de l'urètre , qui peuvent exister en même temps , sont des accidens avec lesquels l'herpès ne paraît avoir d'autre rapport que sa présence spontanée.
Diagnostic. — Cette variété de l'herpès peut être confondue avec l'ulcération syphilitique primitive ; mais l'état vésiculeux de la première affection doit servir à la faire distinguer de la seconde. Pour ne pas tomber dans l'erreur à ce sujet, il suffirait de savoir, selon MM. Cazenave et Schedel, que l'ulcère vénérien ou le chancre de Hunter ne débute pas , comme on l'a dit , par une vésicule , mais bien par une rougeur , une véritable inflammation ulcérative. Je demande à ces derniers auteurs la permission de ne pas être de leur avis, et de présenter, comme signe caractéristique de l'herpès , l'existence de plusieurs vésicules réunies en groupe ; ce qui permettra également de distinguer cette affection de l'ulcère syphilitique, qui ne présente jamais au début qu'un seul point vésiculeux ; ce que j'ai observé mainte fois.
Lorsque l'état vésiculeux a fait place à l'ulcération, l'herpès se couvre de squammes minces et lisses , au lieu d'avoir l'épaisseur et l'inégalité des croûtes qui sont propres aux
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — HERPES. 335
syphilides. Les ulcérations de l'herpès sont d'ailleurs superficielles , et disposées en groupes comme les vésicules auxquelles elles succèdent ; tandis que les ulcérations vénériennes sont profondes , ont des bords durs et relevés , et sont recouvertes d'une pellicule couenneuse et blanchâtre.
Traitement. — Les boissons délayantes, un peu de régime, des lotions , des injections mucilagineuses faites entre le gland et le prépuce suffisent ordinairement contre cette affection , lorsqu'elle suit une marche régulière. Si la maladie a pris un caractère chronique , que le resserrement de l'orifice du prépuce ou son état cartilagineux existent, on a proposé des lotions alternativement émollientes et alcalines , la dilatation au moyen de l'éponge préparée , et même , dans certains cas , l'opération du phymosis.
Herpès vulvaris. — Herpès auricularis. — Herpès palpe-
bralis , etc.
Des éruptions semblables à celles de Y herpès prœputialis et de Y herpès labialis peuvent se développer sur les paupières, sur le pavillon de l'oreille , comme symptômes de l'inflammation de ces parties ; sur les grandes lèvres chez les femmes sujettes aux écoulemens chroniques du vagin, et chez les nouvelles accouchées; sur les mains chez les individus exposés au contact des substances irritantes, etc. Dans ces divers cas , la maladie suit communément une marche régulière , se termine du sixième au dixième jour, et ne réclame d'autres moyens que ceux qui ont été indiqués contre l'état aigu des variétés précédentes. Des bains de siège seraient indiqués si l'éruption occupait les grandes lèvres.
354 ia*MMWATIO»S VÉSlClIÏJiUSlS. — HERPES.
Herpès zoster (zoatt). — Herpès phlyctemides zoneiformis,
ÂLIBERT.
Le nom de zona , qui signifie ceinture , par lequel on désigne cette éruption , n'en donne pas une idée exacte , parce (ja'efle ne forme jamais qu'une demi-ceinture , et non une ceinture complète ; ce qui aurait dû peut-être la faire désigner sous la dénomination A' herbes semi-zona. Cette affection est la même que Yignis sacer , le feu sacré , le feu de saint Antoine , le zona serpiginosa , la zone serpigineuse ; Yerysipmlas pustulosum , ï'érysipèle pustuleux des auteurs.
Causes. — L'herpès zoster n'est pas une maladie contagieuse : il peut régner épidémiquement. Quelques auteurs le croient héréditaire, ce qui n'est pas démontré. Il affecte tous les âges et les deux sexes , mais surtout les jeunes gens dont la peau est fine et délicate ; les hommes y sont plus exposés que les femmes. L'été et l'automne sont les saisons où il se manifeste de préférence. La suppression de la transpiration produite par le froid, les affections vives de l'âme, sont regardées comme pouvant l'occasionner. Il peut être considéré comme une affection critique , lorsque son apparition fait cesser une maladie préexistante ; enfin , dans la plupart des cas , il se manifeste sans qu'on puisse en déterminer exactement la cause.
Symptômes. — Le zona est quelquefois précédé de symptômes généraux (ce que j'ai observé plusieurs fois) , tels que frissons , lassitudes , céphalalgie , soif , anoxerie , douleurs lancinantes dans la partie où l'éruption doit se développer. D'autres fois, ce qui est le plus ordinaire, la maladie se déclare sans réaction générale , et n'est précédée que par
QWPLAnBATIOKS VÉSICIJLEUSES. — H*R#ES. 535
utt sentiment de chaleur et de fourmillement, se manifestant vers la région qui doit être le siège de la maladie.
L'herpès zoster est caractérisée par des plaques irrégulières plus ou moins étendues , d'une rougeur vive avec tension de Jâ peau, se recouvrant de vésicules agglomérées, qui atteignent communément le volume d'un pois. Le zona part ordinairement de la ligne médiane et se dirige quelquefois horizontalement , et plus souvent d'une manière oblique vers le côté opposé, qu'il ne dépasse jamais. Cette affection se compose d'un nombre indéterminé de plaques d'une étendue variable , plus ou moins éloignées les unes des autres , et laissent entre elles des intervalles où la peau conserve sa couleur naturelle.
Le siège le plus ordinaire du zona est la base du thorax ; de ce point , il n'est pas rare de le voir se diriger vers les extrémités, s'étendre jusqu'à la cuisse, et même quelquefois se porter jusqu'à l'épaule et gagner le bras. Cette éruption peut se manifester , mais beaucoup plus rarement , sur d'autres parties du corps , telles que les extrémités , le cou , la face , le cuir chevelu, etc., sans affecter le tronc : alors elle n'existe jamais que d'un seul côté à la fois , et presque toujours du côté droit.
Parmi les plaques qui composent le zona , la première et la dernière ont ordinairement plus d'étendue. Elles se manifestent quelquefois en même temps , mais le plus ordinairement l'une après l'autre , et toujours avant le développement des plaques intermédiaires : celles-ci ne se rapprochent de la première que par suite de leur développement successif.
Une sensation brûlante accompagne toujours l'apparition des vésicules , qui se présentent d'abord comme des petits points saillans, argentés, et qui, en moins de vingt-quatre heures , prennent jmq forme vésiculeuse , deviennent transparens, et acquièrent l'aspect et le volume d'une petite perle.
536 INFLAMMATIONS YÉSICULEUSES. — HERPES.
Dans l'espace de trois ou quatre jours elles atteignent ordinairement leur plus haut degré de développement , qui dépasse rarement celui d'un gros pois. Lorsque les vésicules sont arrivées à ce terme , c'est à dire du quatrième au cinquième jour de l'apparition de chaque groupe , la rougeur des plaques diminue ; les vésicules s'affaissent et se rident ; le liquide qu'elles renferment devient opaque, et parfois on trouve même du véritable pus dans quelques unes. Alors des croûtes minces et noirâtres se forment et tombent peu de temps après, laissant une tache rouge à la place qu'elles occupaient : ce qui arrive ordinairement du huitième au douzième jour; quelquefois au lieu de simples taches, ce sont des excoriations qui existent; on les remarque assez souvent à la partie postérieure du thorax. Le decubitus sur le dos paraît les occasionner , et prolonger plus ou moins la maladie ; l'éruption des groupes du zona ayant lieu successivement , et la marche de chacun étant la même , la durée totale de la maladie varie de deux à quatre septénaires. Le zona n'affecte jamais une marche chronique, si on a égard à ses phénomènes apparens ; mais cette affection laisse parfois , dans la partie qui en était le siège , des douleurs lancinantes très vives, qui peuvent se prolonger pendant plusieurs mois, même pendant des années : motif qui est insuffisant pour faire admettre, comme l'a fait Borsërius, l'existence d'un zona chronique.
Les symptômes que je viens de signaler sont ceux de l' herpès zoster, dans les cas les plus ordinaires; mais sa marche peut offrir des variétés en raison de la disposition des sujets. Dans les cas les plus simples , la résorption des liquides peut avoir lieu du cinquième au sixième jour , et la maladie se erminer par une desquammation immédiate , qui ne dure ordinairement qu'un jour ou deux. Dans les cas où cette affection se développe chez un individu affaibli par la misère, par l'âge, par des chagrins prolongés; en un mot, par une
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — HERPES. 337
cause débilitante quelconque , les vésicules prennent un développement plus considérable, s'ouvrent plus promptement, et laissent des ulcérations qui se cicatrisent plus ou moins lentement. Quelquefois même , le sphacèle de la peau peut avoir lieu chez les vieillards.
Diagnostic. — La forme demi-circulaire du zona ne permet pas de le confondre avec d'autres affections. L'herpès phlycténoïde , avec lequel il a de la ressemblance , par la forme des vésicules , ne présente qu'un seul groupe , tandis que l'herpès zoster en présente toujours plusieurs. L'érysipèle , compliqué d'une éruption bulleuse , présente une surface plus étendue; le tissu cellulaire sous-cutané est plus profondément atteint; les bulles ont une forme souvent irrégulière , et sont ordinairement plus étendues et plus éloignées les unes des autres , que celles de l'herpès en général.
Pronostic. — Le zona n'est jamais une affection grave chez les sujets d'une bonne constitution. Chez les vieillards, il peut avoir plus de gravité , par suite des altérations gangreneuses de la peau , et des ulcérations qu'elles laissent après elles ; mais lorsque la maladie prend une issue funeste , ce qui est d'ailleurs fort rare , cela tient plus à la disposition générale où se trouve le malade , qu'à l'éruption elle-même. Cette dernière n'est alors que la cause accidentelle de la mort, comme aurait pu l'être une brûlure , ou toute autre inflammation locale de la peau.
Traitement* — Comme tous les genres d'herpès , le zona , dans les cas ordinaires , n'exige qu'une médication simple. Le repos , les boissons délayantes et acidulées , un régime plus ou moins sévère , suffisent généralement. Les saignées locales ou générales ne sont pas indiquées , à moins de circonstances exceptionnelles et imprévues. Quelques bains
358 INFLAMMATIONS VÊSICTJLEUSES. — HERPES.
peuvent devenir nécessaires , lorsque l'inflammation est douloureuse et que le malade est irritable.
Des lotions et l'application de compresses astringentes , principalement celles faites avec l'eau de Goulard, sont généralement conseillées. On doit les employer froides et les réitérer souvent. Je n'ai fait usage , dans plusieurs cas , que de l'eau froide , moyen qui a toujours procuré du soulagement. Les ulcérations doivent être pansées avec du cérat simple ou légèrement opiacé , étendu sur de la charpie. Dans les cas où les malades seraient affaiblis , et où l'on pourrait craindre une dégénération gangreneuse , on devra avoir recours aux moyens propres à réparer et à soutenir les forces, tels que les amers , les préparations martiales , les boissons toniques et une nourriture substantielle.
Observations. — Herpès zona précède et accompagné d'une
réaction fébrile.
Louis Vincent , âgé de quatorze ans , annonçant des dispositions au tempérament lymphatique , après avoir travaillé au jardinage , jusqu'à se fatiguer, par une journée chaude du mois de juin , fut pris , le soir , d'un léger frisson , de lassitude et de mal de tête; il se coucha sans souper, contre son ordinaire. La nuit suivante il éprouva une chaleur brûlante et dormit peu.
Le lendemain je vis le malade ; le pouls était développé , la peau chaude , la langue blanchâtre , sans soif; l'anorexie continuait , et il y avait eu des nausées ; l'abattement était le même ; la céphalalgie était moins intense ; un picotement douloureux se faisait sentir depuis quelques instans dans la région abdominale , où s'était manifestée une plaque rouge irrégulière , de l'étendue de la paume de la main. Le même
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — HERPES. 359
jour , deux autres plaques se manifestèrent à quelques heures d'intervalles , et des vésicules se montrèrent sur la plaque développée la Teille.
Le troisième jour, les phénomènes généraux existaient avec la même intensité , moins la céphalalgie qui s'était dissipée ;lune&nouvelle plaque Touge se manifesta. Les vésicules , développées sur la première plaque, étaient très rapprochées , transparentes , et offraient le volume d'une forte graine [de chanvre; la base enflammée, sur laquelle elles existaient ,|présentait, à sa circonférence, un espace d'une à deux lignes où il n'en existait aucune; une chaleur brûlante , extrêmement vive , se faisait particulièrement sentir dans ce premier groupe de vésicules : lotions froides réitérées, faites avec l'eau simplement, et dont le malade se sentait soulagé.
Le quatrième jour , le pouls était moins développé , l'abattement moins grand , le malade put se lever ; les vésicules du premier groupe avaient acquis le volume d'un pois et avaient pris une teinte jaunâtre ; plusieurs vésicules , devenues confluentes , formèrent une bulle qui avait l'étendue d'une petite olive : quelques unes commencèrent à s'ouvrir.
Le cinquième jour, leur rupture donna issue à un liquide séreux , trouble qui , en se détachant , forma des croûtes légères, les unes ayant une couleur jaunâtre , les autres une teinte plus foncée ; elles commencèrent à se détacher dès le huitième jour de l'éruption , de manière à ne laisser d'autre trace, le quinzième jour, que des rougeurs à la place qu'elles avaient occupée. Tels sont les phénomènes présentés par le premier groupe vésiculeux de l'herpès zona, qui est l'objet de cette observation.
Le second et le troisième groupes , dans l'ordre de leur développement , ont suivi à peu près la même marche ; toutefois ils n'ont pas été accompagnés d'une chaleur brûlante aussi intense. Le quatrième groupe, qui avait une forme
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oblongue , au lieu d'être irrégulièrement arrondi comme les autres , n'a présenté que de petites vésicules , qui se sont desséchées dès le septième jour , et n'ont produit , au lieu de croûtes , que des squammes très minces. La durée totale de la maladie fut de trois septénaires. Cette affection n'a été suivie d'aucune douleur ultérieure dans la région qui en avait été le siège.
Le premier groupe de Yherpes zona , tel que je l'ai décrit, pouvant donner une idée de la marche ordinaire de cette affection , des détails circonstanciés sur le développement des autres groupes , eussent été superflus.
Objections. — Des symptômes généraux assez intenses ont précédé et accompagne Yherpes zona, sujet de l'observation précédente. Ces symptômes ne se sont modérés que le quatrième jour , époque où l'éruption avait acquis le plus haut degré de développement. Est-on fondé à dire que la réaction générale ne pourrait pas se manifester avec plus d'intensité , et justifier l'opinion des auteurs qui ont admis qu'elle pouvait aller jusqu'à présenter des symptômes gastriques bien caractérisés? Je ne le pense pas. De ce que MM. Biett , Cazenave et Schedel n'ont jamais vu le zona accompagné de graves accidens ; on ne doit pas , ce me semble , en admettre l'impossibilité. Peut-être est-ce une de ces éruptions qui , observée dans un hôpital , selon les remarques judicieuses de Biett , ont presque toujours un caractère d'asthénie qu'on ne rencontre pas ordinairement dans les maladies analogues observées en ville.
Herpès Circinnattjs. — OIopMyctide miîiaire (Alibert). Cette variété, qu'on nomme anneau herpétique, et qui
INFLAMMATIONS VÉSICULELSES. — HERPES. 341
est connue en Angleterre sous le nom de Ruigworm, anneau vermiculaire , se montre assez fréquemment.
Causes. — Il n'en est aucune dont l'action positive soit bien connue. Les individus d'un tempérament lymphatique, ceux qui ont la peau fine et délicate , les personnes blondes , les jeunes gens et surtout les femmes , y paraissent disposés plus que d'autres. L'action du froid, l'application des substances irritantes , au nombre desquelles on doit ranger la plupart des cosmétiques, semblent en être les causes les plus directes.
Symptômes. — L'anneau herpétique se présente sous la forme d'une tache rouge , circulaire , dont le centre reste sain, et dont la circonférence se couvre de vésicules qui prennent moins de développement que celles des autres variétés d'herpès, lorsqu'elles suivent, néanmoins, la même marche. L'inflammation qui lui est propre est toujours légère ; aussi est-ce une affection bénigne, qui se termine ordinairement dans l'espace de huit à quinze jours au plus. Néanmoins elle peut passer à l'état chronique , et , dans ce cas, les taches annulaires prennent une teinte moins rosée , et se couvrent des débris furfuracés que produit la dessiccation des vésicules. De temps en temps une nouvelle éruption se reproduit sur la tache circulaire , et , par ses retours plus ou moins nombreux , la maladie peut se prolonger un temps indéterminé. Un léger prurit et un peu de cuisson sont les seules souffrances qu'éprouve le malade.
Diagnostic. — Le porrigo scutulata et les plaques de la lèpre peuvent, au premier coup d'œil, être confondus avec l'herpès circinnatus ; mais un peu d'attention et l'habitude d'observer ces maladies ne permettent pas une longue incertitude.
342 INFLAMMATIONS VÉSlCULEUSES. — HERPES.
Le Porrigo scutulata est une affection due à l'agglomérarion de pustules, disposées en cercle, et non de vésicules, comme dans l'herpès. C'est une maladie contagieuse , d'une durée indéterminée , qui affecte le cuir chevelu et produit des croûtes. Elles s'épaississent par degré , et leur chute entraîne communément celle des cheveux.
Les plaques de lèpre sont déprimées à leur chute et ont des bords en saiUie ; le cercle herpétique est uni , offre toujours des vésicules ou leurs débris furfuracés. Cette dernière affection consiste dans une éruption annulaire , qui est unique en général ; au lieu que, dans le porrigo et la lèpre, les plaques sont toujours multipliées.
Traitement. — L'herpès circinnatus ne réclame aucune médication intérieure. Il suffit de s'abstenir des choses qui peuvent produire l'irritation. Le traitement local doit se borner à faire des lotions avec une dissolution de cinq à six grains d'alun , de sulfate de zinc ou de sel de cuisine , dans quatre cuillerées d'eau. Cette affection cède même souvent à l'usage de la salive , appliquée plusieurs fois par jour.
Herpès iris.
Cette variété , qui est très rare , est aussi bénigne que k précédente. Son nom lui vient des cercles dont elle se compose , et qui ont une nuance différente; ce qui l'a fait comparer à l' arc-en-ciel (iris ).
Causes. — On n'en connaît aucune qui soit spéciale. Les jeunes personnes blondes et délicates y sont particulièrement exposées.
Symptômes. — A son début cette affection n'est qu'une
INFLAMMATIONS VÉSICULBUSES. — GA1I. 313
simple efflorescence ; mais lorsqu'elle est développée, elle forme une tache de l'étendue d'une pièce d'un franc, au centre de laquelle on aperçoit des vésicules d'abord transparentes, ensuite opaques; elles se transforment bientôt en croûtes légères ; autour de ce même centre , on voit se développer plusieurs cercles, au nombre de quatre ordinairement, dont la rougeur est différemment nuancée ; le plus extérieur , qui ne se manifeste que du septième au neuvième jour, présente la teinte la moins foncée. Ces divers anneaux se couvrent aussi de vésicules ; ils peuvent se développer sur toutes les parties du corps , à la face , au cou , aux mains , aux coude-pieds, aux malléoles, etc.
Diagnostic. — L' herpès iris a des caractères assez tranchés pour éviter toute méprise. La seule maladie avec laquelle il offre quelque analogie, est la roséole à cercles multiples, affection qui est un simple éry thème, dont les disques ont beaucoup plus d'étendue , et qui ne se couvrent jamais de vésicules.
Traitement. — Le même que celui de l'herpès eireinnatus.
GALE SCABIES.
La maladie dont je vais m' occuper est un des sujets les plus fertiles pour le pathologiste qui écrit l'histoire des affections cutanées. Il y a sans doute un intérêt spécial attaché à cet ordre de maladies , et c'est précisément à cause des hideuses richesses qu'il renferme, qu'on se sent si avide d'observations. Mais ce désir d'apprendre reconnaît deux mobiles bien différens. L'homme du monde, à part sod égoïsme, voit seulement dans les maladies de la peau les
344 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
terribles et repoussantes images qui appellent sa curiosité : tandis qu'on peut opposer , à un sentiment si frivole , cet opiniâtre dévoûment du médecin qui a usé sa vie , précisément dans l'étude la plus difficile, et la plus tardive à dispenser les réputations.
Je n'ai pu me défendre de ces réflexions , au moment de tracer l'histoire de la gale. De toutes les maladies qui viennent se traduire sur l'enveloppe du corps, avec tant de symptômes insidieux et bizarres , la gale est une de celles qui, sans contredit, a le plus long-temps fatigué la sagacité des grands maîtres par le secret de sa nature.
C'est ainsi que la gale s'est , en quelque sorte , dérobée à toutes les investigations des nosologistes qui, selon les pays , lui assignaient des noms fort opposés : de là des classifications contradictoires, et par conséquent une plus grande obscurité dans l'étude de cette maladie.
Pour trouver les élémens de quelques systèmes nosologiques, on doit remonter jusqu'à Celse. Avant cet auteur, la gale, ainsi que les diverses maladies squammeuses de la peau, se trouvait confondue sous la dénomination de psora.
Depuis Celse , et jusqu'à nos jours , la gale a été rangée successivement dans la cachexie , dans les maladies du tissu cellulaire , dans les oxygénèses , genre helmentèses , dans les affections locales , dans la classe des inflammations , etc.
Enfin Alibert est venu donner au moins un nom intelligible à cet amas de choses énigmatiques où gisait toute la science des médecins. Dès lors la gale eut une place distincte : elle ne fut pas sans doute reconnue la même pour tous ; mais il ne restait plus qu'à décider entre un très petit nombre d'opinions , et le problême se simplifiait.
Bientôt la gale fut désignée par des noms qui , malgré leur signification opposée , ramenaient la maladie à une identité réelle. Les trois ordres des vésicules , des pustules et des papules revendiquèrent la gale , et ce fut beaucoup de ne pas
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 545
devoir la chercher ailleurs. Ces distinctions ne reposaient effectivement que sur des symptômes propres aux diverses phases de la même maladie , d'après son siège particulier ou son degré de contagion.
Je crois avoir présenté , aussi succinctement que possible, ce qu'il était indispensable de dire , pour arrêter les idées du lecteur sur un sujet si long-temps litigieux en médecine. Des considérations générales plus étendues deviendraient surabondantes , et je me hâte d'entrer en matière. La méthode synthétique à laquelle j'ai recours, me paraît plus convenable pour l'ordre et la clarté qui ne doivent jamais manquer aux ouvrages populaires.
Etymologie. — Le mot gale reconnaît plusieurs étymologies, selon les auteurs. Les uns veulent qu'il soit dérivé de galla , nom donné à des corps parasites se développant sur certains arbres. D'autres trouvent dans le mot callus, qui signifie dureté, l'étymologie réelle. On comprend que l'analogie des mots n'est ici d'aucun secours , et qu'elle aboutit seulement à de vaines recherches : c'est ce qui arrive toutes les fois que la nature intime , la cause et le siège d'une maladie sont restés inconnus.
Classification tirée de la définition même de la maladie.
La gale se présente sous trois aspects distincts : 1° de vésicules discrètes ; 2° de papules ; 3° de pustules. On a vu, au commencement de cet ouvrage , ce qu'il faut entendre par ces mots ; mais l'importance de ce sujet est telle, que je vais reproduire ces explications , en les rattachant spécialement aux phénomènes caractéristiques de la gale ; cela est d'au-
346 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
tant plus indispensable , que les vésicules, les papules et les pustules servent d'intitulé ,, si on me passe cette expression, aux trois variétés de la gale : la classification viendra d'ellemême s'établir , après les définitions qui suivent.
Vésicules, — ■ Elles sont , pour la gale, de petites élévations orbiculaires de l'épiderme , dépassant légèrement le niveau de la peau ; elles s'élèvent et se multiplient plus ou moins rapidement ; elles sont de la grosseur d'un grain de millet ; leur forme est conique ; il y a de la transparence au sommet, ce qui est dû à un liquide dont la teinte est rosée dans l'enfance, et communément rougeâtre ou brunâtre chez les adultes. La base des vésicules est entourée d'un cercle inflammatoire, ou elle se dessine sur un fond pâle ; les vésicules, d'abord discrètes, sont ensuite confluentes.
Les papules sont de petites éminences de la peau , dont on aura une idée exacte , en se représentant , avec un peu d'exagération , celles qui donnent le nom à la chair de poule. Observées dans la gale , elles sont petites , peu saillantes, appréciables au toucher ; quelquefois on les trouve plus larges , plus saillantes , mais aplaties , et si elles ont été entamées par les ongles , ce n'est plus alors que la marque laissée par une goutte de sang desséché.
Les pustules consistent dans une élévation de l'épiderme sur une base inflammatoire. Elles affectent d'abord une forme vésiculaire ; mais cette forme s'altère successivement jusqu'au moment où, ne contenant plus de liquide, elle n'est plus qu'une véritable pustule, marquée par des croûtes épaisses, jaunes, brunes et très adhérentes.
D'après cette description , il est évident qu'il ne reste plus qu'à donner à la gale la dénomination qui appartient à chacune de ses variétés. On saura donc d'abord , et cela est de toute importance , que la gale n'est pas une affection ton-
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALK. 347
jours identique quant à sa forme; qu'elle peut être vésiculeuse , papuleuse ou pustuleuse.
On comprend que tout le diagnostic de la gale repose sur la connaissance parfaite des trois variétés que je viens d'indiquer. Dans la constatation d'une maladie, les méprises, quelles qu'elles soient , sont en général d'une grande portée ; mais s'il s'agit de la gale, on peut d'un seul mot frapper une famille d'effroi, ou lui laisser sa sécurité.. Des médecins, peu versés dans l'étude des maladies de la peau, ont souvent accusé à tort l'existence de la gale , la confondant avec le prurigo , Y eczéma simplex, etc, ; d'autres fois ils ont commis une erreur non moins grave , en donnant à la gale , qu'ils méconnaissaient alors , le nom d'une autre affection.
En parlant du diagnostic , je ferai voir qu'il ne peut s'établir qu'à l'aide des connaissances les plus exactes. Indépendamment des affections dont les symptômes offrent avec la gale d'insidieuses ressemblances, cette maladie, bien qu'existant réellement , peut revêtir elle-même des formes trompeuses , qui ne sauraient abuser un médecin instruit.
Symptomatologie ou signes caractéristiques de la gale , dans
ses trois variétés.
Première variété, — Les noms divers qui ont été imposés à cette variété , sont les suivans : gale vésiculeuse , gale lymphatique , gale aqueuse.
Il est indispensable de reproduire, en partie , ce qui a été dit plus haut , sur les vésicules , les pustules et les papules ; mais s'il y a des répétitions qui surchargent un texte sans nécessité , il en est d'autres qui ajoutent à sa clarté, et achèvent de graver dans la mémoire les choses déjà près de lui échapper.
348 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
La gale vésiculeuse se juge à l'ensemble des signes que je vais indiquer :
Vésicules transparentes au sommet, un peu au dessus du niveau de la peau , et d'une densité variable ; volume comparable à la tête d'une très petite épingle ; couleur rosée dans l'enfance, rougeâtre chez l'adulte. La base se dessine quelquefois par une teinte inflammatoire ; les vésicules sont ordinairement discrètes : la chaleur ou le contact des surfaces tendent à en accroître le nombre.
A partir de la base des vésicules , est un sillon qui affecte une direction courbe ou droite. A l'extrémité de ce sillon existe un petit point blanc appréciable à l'œil nu : c'est là une remarque qu'il faut soigneusement noter.
La transparence des vésicules est due au fluide qu'elles contiennent ; la couleur de ce liquide offre des teintes souvent différentes. Du moment où la contagion a lieu, la gale vésiculeuse apparaît vers le quatrième ou cinquième jour chez les enfans ; pour les adultes , c'est du septième au huitième jour : la différence des saisons apporte à cet égard quelques modifications dans le développement de l'éruption. L'âge, le sexe , la nature de la profession, sont encore autant de causes qui s'opposent à ce que l'époque de l'invasion soit une chose invariable.
En effet, la gale contractée par un enfant ou un vieillard, se montrera plus ou moins tardivement. Quant à la profession , il est évident que la peau d'un forgeron opposera une disposition tellement rebelle à la contagion , qu'il sera difficile de lui assigner une date certaine.
Dès qu'elle s'est déclarée , la démangeaison devient très impérieuse ; elle est due aux vésicules qui surgissent dans les régions qui en sont le siège ordinaire , c'est à dire les aisselles , les jarrets , le pli des coudes , celui des fesses ; quant à la poitrine , l'épigastre , les cuisses et les parties supérieures du bras , les vésicules s'y montrent rarement.
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 349
D'après ce que j'ai dit du liquide que contiennent les vésicules , on croirait que ce liquide doit être doué du principe contagieux ; il n'en est rien ; et cependant, lorsque les vésicules laissent épancher leur contenu , la peau s'irrite et s'enflamme dès qu'elle en est souillée : on verra bientôt où réside la cause réelle de la gale.
Seconde variété. — Galepapuleuse.
On appelle encore celle-ci gale terrible et prurigo.
L'opposition des symptômes propres à chaque variété leur donne un relief qui aide singulièrement la mémoire. Ainsi les papules ne contiennent pas de liquide ; elles n'ont aucune transparence. C'est bien aussi une petite éminence de la peau ,' mais assez large , pointue , résistant au toucher , et offrant au tact cette sensation râpeuse qui caractérise la chair de poule.
Il y a ici une remarque importante à faire. Les traits saillans que je viens d'indiquer , sont bien ceux qui caractérisent la gale papuleuse , mais c'est en quelque sorte dans son état de pureté. Il faut savoir que la forme des papules est presque toujours changée par l'action des ongles.
Les papules résultent d'une lésion des pupilles de la peau, et plus tard du corps réticulaire. La démangeaison intolérable qui est particulière à ce genre de gale , provoque l'irrésistible action des ongles , et c'est presque toujours lorsqu'ils ont déchiré le sommet des papules que l'observation a lieu. Dans ce cas , tout est changé quant à l'aspect. On voit çà et là des sillons rouges et allongés , situés dans l'intervalle que laissent entr' elles de petites croûtes noirâtres , qui ne sont autre chose que les papules déchirées , et ainsi altérées dans leur forme primitive.
350 INFLAMMATIONS VÉSICULECSES. — GALE.
Les papules qui n'ont point été déchirées, amènent une desquammation légère. Leur nombre s'accroît en raison de l'ancienneté de la maladie. Elles durent quelquefois des années entières : alors on concevra que leur action sur le derme est portée au point d'y laisser des cicatrices.qui, néanmoins , ne sont pas durables.
C'est dans ce genre de gale que la violence du prurit est devenue proverbiale. Le tourment auquel sont livrés les malades demande encore des mots assez énergiques pour le peindre. Sur toutes les surfaces occupées par la maladie , des miUiers d'aiguillons brûlans semblent cribler la peau et y faire passer un torrent d'intolérables sensations ! Ne saiton pas, en effet, que cette démangeaison de la gale papuleuse s'alimente d'elle-même ; qu'elle s'avive , s'accroît incessamment par les opiniâtres égratignures du malade.
Troisième variété. — Gale pustuleuse.
J'indiquerai également les synonymies de cette variété.
On l'a appelée phlyzacia, grosse gale, gale vërolique.
On la reconnaît à des signes qui contrastent assez fortement avec ceux des deux précédentes variétés. Ici ce sont de larges pustules , toujours entourées d'un cercle inflammatoire. Ces pustules, qui ont d'abord une forme vésiculaire, la perdent bientôt, ainsi que je l'ai dit précédemment. Les croûtes épaisses et jaunâtres qui résultent de leur dessèchement , sont un des caractères les plus tranchés qu'on puisse leur assigner. Ce dessèchement des pustules s'effectue par trois périodes distinctes : formation , suppuration , développement des croûtes.
Maintenant les pustules se reconnaîtront à leur forme spéciale, qui peut ressembler à celle de la fausse vaccine.
INFLAMMATIONS VÊSICULECSES. — G AIE. 551
Après la formation des croûtes, il peut survenir de nouvelles pustules qui se dessèchent comme les premières , par une suite de phénomènes semblables.
En explorant le pourtour de la base des pustules, on finit par découvrir ce point blanc dont j'ai parlé en décrivant la gale vésiculeuse, et qui, je le répète , est d'une très grande valeur pathognomonique.
La démangeaison est bien moindre ici que dans les autres variétés. Le siège de la gale pustuleuse est sur les mains , sur les pieds , surtout aux environs des articulations , à la racine des orteils , principalement entre le doigt indicateur et le pouce , et aux poignets.
Si cette éruption se prolonge quelques semaines, rla maladie envahit d'autres paTties du corps.
Ce genre de gale est particulier à l'enfance , et on l'observe depuis l'âge de sept ans jusqu'à la puberté.
Après cet exposé , il est évident que la gale étant rapportée à trois états distincts , ayant chacun leur forme matérielle , il n'y aurait pas de classification possible pour cette maladie. J'ai dû procéder , en cette circonstance , par voie analytique. Il a fallu, en quelque sorte , décomposer la gale, en décrire les divers élémens qui , après tout , ne forment qu'une seule et même maladie. Cependant , selon l'opinion de plusieurs auteurs , il y aurait réellement plusieurs genres de gale. La discussion commence donc à ce point de dissidence. Je demande s'il était possible de décrire exactement une maladie , en présentant d'abord au lecteur les détails souvent abstraits de la controverse ?
Je crois avoir sauvé de rebutantes difficultés à ceux qui consulteront ce livre. En procédant du connu à l'inconnu, le lecteur se trouvera initié naturellement aux choses qui eussent d'abord été absolument inintelligibles pour lui. Le seul secours de la méthode aplanit tous les obstacles , dans les matières où la complication du sujet existe de fait. C'est
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ainsi que des idées précises peuvent être arrêtées sur les caractères de la gale , sur ses symptômes , qui , pour parler le langage vulgaire, sont le signalement d'une maladie. A l'aide des connaissances préliminaires qui viennent d'être exposées , on pourra aborder franchement la partie abstraite de ce sujet, c'est à dire celle qui se rapporte à l'étiologie.
Étiologie. — Avant la découverte , dont je parlerai bientôt, c'était l'observation seule qui assignait à la gale des causes diverses. Ainsi on avait reconnu , comme dans toutes les maladies , des causes prédisposantes, et des causes occasionnelles. Les premières se liaient aux tempéramens , à l'âge , au sexe , au climat ; les secondes étaient constatées par des remarques spéciales , toujours les mêmes dans des conditions déterminées. On savait que la malpropreté, la misère, pouvaient amener la gale. Ensuite il fut démontré qu'elle était éminemment contagieuse par le contact ; que les corps lanugineux, les vêtemens, les matelas, étaient des moyens certains de transmission.
Quelle que fût l'exactitude de ces observations , la gale demeurait toujours aussi mystérieuse , quant à sa nature intime : ses causes réelles étaient inconnues. Il n'y avait pas de classification possible , et cette maladie devenait , comme tant d'autres , le point de mire des opinions systématiques les plus opposées.
Tel était l'état de la science à cet égard , lorsqu'en 1812 , M. Gales , ex-pharmacien de Saint-Louis , découvrit que la gale était due à un insecte , Yacarus scabiei. On conçoit la sensation que dut produire dans la science un fait qui venait illuminer la plus obscure des questions. Dès lors la gale rentrait dans l'ordre des maladies auxquelles la nosologie impose ses plus rigoureuses dénominations.
Cependant, avions-nous bien le droit de revendiquer la dé-
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 555
couverte de l'acarus , comme une des propriétés scientifiques de notre époque?
Au xir siècle, Avenzoar décrivit l'insecte delà gale. Avant Avenzoar, il n'est pas possible de trouver chez les anciens quelques idées qui aient rapport à ce sujet.
Après Avenzoar, Philippe Ingrassias et Gabucinus jetèrent quelque jour sur l'étiologie de la gale, en parlant de Tinsecte qu'ils avaient observé dans cette maladie.
Avant 1557 , les Allemands avaient déjà un mot pour nommer le ciron de la gale.
En 1580, Scaliger donna aussi une définition du ciron de la gale.
En 1612 , les médecins italiens reconnaissaient positivement dans l'acarus les causes immédiates de la gaie.
En 1634, on trouvait, dans des ouvrages latins, la description de l'acarus scabiei.
En 1637 , fut donnée la première figure de cet insecte.
En 1638 , trente ans environ après la mort d' Aldrovande , on publia le traité qu'il avait composé sur les insectes, et dans lequel , sauf quelques doutes émis à ce sujet , cet auteur donne des détails très exacts sur l'acarus , sa présence sous l'épiderme , enfin sur le prurit qu'il occasionne.
En 1664 , Lorenzo , qui écrivait en latin comme les auteurs de cette époque , donna une description très remarquable de l'acarus.
En 1687 , Bonomo et Cestoni adressèrent au célèbre Retiï une lettre, dans laquelle ils décrivirent soigneusement un ver qu'ils avaient trouvé dans les vésicules de la gale.
En 1702 , Cestoni , dans ses Transactions philosophiques, parle de l'acarus.
En 1746 , Linnëe désigna l'acarus sous le nom d'aear us humanus sub cutaneus.
En 1757, Nyander prit, pour sujet de sa thèse inaugurale , une observation de Linnëe sur l'acarus humain.
354 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
En 1778 , Degeer , après avoir fait un grand nombre de recherches sur les insectes du fromage, delà farine, donna une description de Vacants, accompagnée de figures.
En 1786 , Vickman confirma tous les faits counus sur Vacarus, et l'ouvrage qu'il donna sur ce sujet, contient un grand nombre d'expériences curieuses et décisives.
On voit, par ce relevé sommaire, que Vacarus n'est pas une découverte moderne. Le langage d'historien doit donner l'indépendance qui convient à un ouvrage tel que celui-ci. Je ne suis donc juge des travaux de personne , comme auteur ; mais , abstraction faite de ce titre , je m'empresse de rendre hommage à ceux qui ont bien mérité de la science.
Maintenant que nous voici arrivés à l'époque où M. Gales a le premier , parmi les modernes , parlé de Vacarus scabiei, on ne saurait donner trop d'éloges aux recherches savantes qui donnent à M. Gales une part de la gloire qui appartient à ses prédécesseurs. Cependant M. Gales, malgré le mérite incontestable de ses recherches , avait donné la description de l'insecte du fromage , et non celle du véritable acarus.
En 1834, M. Raspail releva cette erreur dans son Mémoire comparatif sur l'histoire naturelle de l'insecte de la gale. Le travail de M. Raspail remet en question l'existence réelle de Vacarus, et par conséquent la cause prochaine de la gale. C'est précisément parce qu'il fut démontré que M. Gales avait donné la description de l'insecte du fromage , et non celle de Vacarus , que personne ne voulut plus croire à ce dernier. On nia positivement son existence. Une foule d'auteurs recommandables s'expliquèrent à ce sujet de la manière la plus explicite. Je citerai seulement le nom des principaux ; cela me paraît d'autant plus utile , que les hommes dont je parle invoquent leurs propres travaux pour justifier leur incrédulité ; tels sont : MM. Rayer , Lugol , Biett, Mouronval, Asselin de Cherbourg, Chevalier, Hein, Pëtroz, Pelletier, Nysten, Alibwt, etc.
INFLAMMATIONS VÉSKULEUSES. — GALE. 555
En 1834 ( 13 août) , M. Renueci, élève en médecine , vint démontrer le premier, la présence de Vacants : tous les doutes disparurent enfin devant d'irréfragables expériences.
Ce jeune homme avait observé en Corse , sa patrie , une pratique assez singulière , et très commune chez les femmes; cela consistait à extraire, au moyen d'une épingle, le ciron de la gale. M. Renueci s'empara de ce fait, et le fit servir à des recherches scientifiques, qui eurent le plus heureux succès. Il reconnut et démontra que Vacarus se trouve toujours , non dans les vésicules ou dans le fluide qu'elles contiennent, mais à l'extrémité d'un sillon qui, partant de la base des vésicules , monte vers le sommet en ligne directe ou en ligne courbe.
C'est donc à l'extrémité de ce sillon qu'on trouve le point blanc sur lequel j'ai appelé l'attention , en donnant la description de la gale vésiculeuse et pustuleuse. L'acarns est logé sous l'épiderme , à la place occupée par le point blanc. En déchirant l'épiderme avec un instrument convenable , on est certain d'extraire Vacarus. Il faut pour cela que l'instrument marche en labourant , à partir d'une demi-ligne du point blanc, afin d'arriver à Vacarus sans le blesser. Alors il apparaît sous la forme d'un grain de fécule. Si on le dépose sur un corps poli , après être resté un moment immobile , il finit par se mouvoir avec rapidité, et on peut l'observer parfaitement à l'œil nu.
Des expériences publiques ont été faites par M. Renueci, à l'hôpital Saint-Louis, en présence d'Alibert, d'un nombreux concours de médecins et d'élèves. Ces expériences furent répétées dans diverses circonstances , soit à l'Hôpital Saint-Louis , soit à celui de la Charité , devant les hommes les plus dignes d'entraîner , par leur témoignage , la conviction générale.
Malgré qu'on ne puisse contester maintenant l'existence de Vacarus , cette découverte ne satisfait pas encore complè-
356 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
tement les hommes à idées consciencieuses et exactes. Je vais donner quelques développemens à mon opinion sur ce sujet.
Il est reconnu que la gale peut se déclarer spontanément. On l'a vue survenir chez des personnes qui semblaient à l'abri de toutes les causes qui la produisent ordinairement. Il y a donc , dans ce cas , une disposition particulière et inconnue de la peau. D'ailleurs il existe des faits assez nombreux, recueillis dans les hôpitaux , en faveur du développement spontané de la gale. On fait tomber, par une seule objection., tous les raisonnemens de ceux qui nient encore cette proposition. On demande de qui le premier galeux tenait sa maladie?
Si on retrouve constamment l'acarus dans la gale spontanée , n'est-on pas autorisé à conclure qu'il n'est plus la cause de la maladie , mais seulement un de ses produits. Ce n'est pas tout : en admettant ce fait sans restriction , rien ne démontrerait comment la contagion peut s'établir par le simple contact, puisque l'acarus et ses œufs ne se rencontrent que sous l'épiderme. Ensuite pourquoi le trouve-t-on plus ordinairement dans une gale récente que dans une gale ancienne?
Je crois pouvoir hasarder ici une de ces hypothèses qui paraissent si près de la vérité , qu'elles ne répugnent pas au raisonnement le plus sévère. Est-ce que le principe contagieux de la gale ne serait pas une émanation de l'acarus scabiei? En effet, ce principe inconnu existe sans atmosphère , puisque son action s'exerce par le seul contact. Il résulterait de cette théorie, que l'acarus, étant placé dans une disposition favorable , instillerait sur la peau une humeur , ou, si l'on veut , un venin à la manière de plusieurs insectes possédant une sécrétion semblable.
Alors on comprendrait comment la gale peut se développer spontanément. J'admets certainement qu'on se rende compte autrement de l'éruption spontanée de la gale ; mais
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 357
si le mode d'explication seul peut changer , si le fait principal sur lequel repose mon hypothèse , doit rester le môme , alors mon opinion aura servi de point de départ à la vérité , et c'est à ce titre que je la revendique pour l'avenir.
Diagnostic. — Le diagnostic de la gale ne peut être établi que d'après la comparaison entre cette maladie et celles qui s'en rapprochent par une analogie marquée. Cette partie de l'histoire de la gale serait inintelligible pour le lecteur , s'il n'avait pas ses idées bien arrêtées sur les diverses variétés de cette affection. Les signes particuliers appartenant à chacune de ces variétés , sont autant de types à l'aide desquels les fausses ressemblances ne peuvent plus imposer : cette évidente vérité va jaillir , en quelque sorte , des oppositions suivantes.
Prurigo , maladie la plus ressemblante à la gale.
Le prurigo appartient à Tordre des papules.
Le siège est ordinairement au dos , sur les épaules , aux extrémités, dans le sens de l'extension.
Les papules du prurigo étant déchirées , leur sommet n'est autre chose qu'une petite croûte noirâtre, formée par du sang desséché.
Dans le prurigo , les boutons sont long-temps à l'état papuleux, sans déceler aucune propriété contagieuse.
Leur forme est un peu aplatie.
Ils ne laissent point voir une sorte d'exsudation ou moiteur.
La gale à celui des vésicules.
La gale se déclare aux doigts , aux poignets, au ventre, au pli des articulations.
Lorsque les vésicules de la gale sont déchirées par l'action des ongles, au lieu d'une croûte comme celle du prurigo, il n'y a qu'une squamme épidémique qui surmonte la vésicule.
Dans la gale , les vésicules sont promptement contagieuses, dans un temps déterminé.
Leur forme est pointue, et leur exsudation est appréciable.
358 INFLAMMATIONS VESICTJLEUSES. — GALE.
Dans le prurigo , la démangeai- Dans la gale , la démangeaison
son est vive , acre et intense , et elle s'accroît sans rémission par l'action des ongles.
Veczema simplex est une maladie vésiculeuse comme la gale.
Ces vésicules sont aplaties, agglomérées , nombreuses.
L'eczéma n'est pas contagieux, du moins dans la plupart des cas.
Le prurit de l'eczéma est une cuisson générale.
Veczema rubrum peut être pris pour la gale. D'ailleurs, il y a cela de remarquable , que c'est une maladie vésiculaire qui complique quelquefois la gale accidentellement.
Vésicules réunies en groupes et enflammées.
Leur siège est aux parties où la transpiration est la plus abondante , où les poils et les folbcules cutanés abondent : comme aux aisselles, aux oreilles, au front, aux parties génitales.
Il y a plutôt cuisson que véritable prurit.
Les vésicules de l'eczéma rubrum donnent fréquemment lieu à la formation de concrétions squammeuses plus ou moins étendues.
n'est pas une sensation aiguë; elle ne devient insupportable que par sa continuité. Si elle ne s'apaise pas sous l'action des ongles, elle est au moins remplacée par une sensation agréable.
Les vésicules de la gale sont acuminées et ordinairement discrètes.
La gale est éminemment contagieuse.
Le prurit de la gale est local ; il se fait sentir seulement par exacerbations.
Les vésicules de la gale n'ont aucune ressemblance avec celles-ci.
Les redites , sur le siège de la gale , sont inutiles.
Le prurit de la gale est bien connu.
Rien de semblable dans la gale.
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 359
Le lichen simptex peut quelquefois simuler la gale.
Sa forme primitive est papuleuse.
La couleur des papules ne diffère pas de celle de la peau.
Le lichen simplex occupe la La gale a son siège entre les face dorsale des mains et le côté doigts, aux plis des articulations, externe des membres.
La gale est une affection vésiculeuse, et la couleur des vésicules est un peu rosée.
Le lichen n'est pas contagieux.
Le lichen urticatus a des papules étendues, larges , saillantes, volumineuses, blanches ou accompagnées d'une aréole rosée.
Elles s'observent principalement chez les enfans, les jeunes gens, et pendant les mois les plus chauds de l'année.
Leur siège est à la face, au cou , quelquefois aux membres.
Ces papules sont souvent fugaces.
La contagion est le cachet réel de la gale.
La forme des vésicules de la gale est suffisamment connue.
La gale ne se montre jamais au visage.
Les vésicules de la gale sont très persistantes.
Telles sont les maladies qui peuvent réellement rendre le diagnostic de la gale plus ou moins difficile à établir. Je ne pense pas qu'il soit rationnel de chercher, dans d'autres maladies , des comparaisons forcées pour les rapprocher de la gale , et trouver ainsi des analogies absolument illusoires.
Quelques auteurs mettent au nombre des affections qui peuvent simuler la gale , Yimpëtigo et Yecthyma. Le lecteur verra plus tard, par la description de ces maladies puruleuses , qu'il y a , entre leurs symptômes nombreux et ceux de la gale, une ligne de démarcation bien tranchée.
En torturant un texte, quel qu'il soit, on arrive sans doute à établir une sorte de connexion entre les choses les
360 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
plus éloignées ; mais ce genre de travail suppose tout au plu* la manie de l'érudition , et il est essentiellement ennemi de la méthode philosophique , qui est l'âme des livres élémentaires ou populaires.
Cela posé , je dirai que l'impétigo en particulier occupe une place remarquable dans l'histoire des maladies de la peau ; fl serait bien difficile de confondre, avec la gale, les affections de ce genre. La même remarque subsiste pour l'ecthyma. Quant aux scrofules et à la syphilis, je noterai seulement ici pour mémoire les ressemblances qu'on a prétendu trouver entre ces maladies et la gale ; toute discussion sur ce sujet serait absolument superflue.
Pronostic. — La gale est une maladie ordinairement exempte de gravité ; les chances fâcheuses qu'elle peut présenter résultent de diverses complications. Il est évident que si elle se développe sur des individus dont la constitution est affaiblie par la misère , un état cachectique ou d'autres causes semblables , on doit craindre une issue fâcheuse.
Si la gale existe concurremment avec d'autres maladies , ce genre de complication ne survient guère qu'à la suite de certains traitemens. Il n'y aurait donc , dans ce cas, que des accidens particuliers sur-ajoutés à la gale, mais non une sorte de fusion de cette maladie avec une autre. Je pense qu'on doit entendre ainsi ce qu'on appelle complication de la gale. Quant à la rétrocession , c'est à dire cette disparition subite qualifiée dans le monde de gale rentrée , les auteurs les plus estimables n'y croient pas. On ne peut comprendre la rétrocession de la gale que d'une seule manière ; c'est en admettant, par exemple, qu'il existe avec cette maladie une phelgmasie interne assez grave pour dominer les symptômes de la gale et les faire disparaître momentanément ; mais ce n'est pas là ce que le vulgaire entend par ces gales rentrée? qui constituent, selon lui, un état chronique sans limite, el
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 361
auquel il rapporte les maladies les plus bizarres. La conversion de la gale en une autre affection, est également une idée systématique que l'observation sévère ne saurait confirmer.
11 est reconnu aujourd'hui que la gale ne se termine jamais spontanément. Lorsqu'on a cru la voir apparaître comme une crise favorable dans des maladies différentes , on s'est laissé abuser par les symptômes primitifs de ces maladies, qui n'avaient, avec la gale, que plus ou moins d'analogie.
J'insiste sur ces divers points de doctrine, puisque le pronostic ne saurait s'établir sous l'influence de croyances erronées. Comment , en effet , juger une maladie et annoncer sa terminaison si on croit à des phénomènes chimériques ?
On voit, par ce rapide aperçu, que nous sommes arrivés au moment de reconnaître, dans la gale, une maladie identique ; qu'il n'y a pas plusieurs sortes de gales, mais qu'on connaît des variétés qui sont des nuances de la même affection.
Cependant, la gale pouvant donner lieu à de véritables dégénérescences, les maladies papuleuses, vésiculeuses , pustuleuses , qui peuvent lui succéder, offrent alors d'insurmontables difficultés pour la classification générale des affections cutanées; c'est seulement en ce sens qu'il faut entendre ce que j'ai dit au sujet de la classification vraiment impossible , lorsque le caractère primitif d'une maladie , par une transformation subite , laisse cette maladie absolument sans nom dans la nosologie.
La durée de la gale est ordinairement de dix jours; elle peut se prolonger plusieurs mois , mais c'est avec les complications dont on vient de parler.
Traitement. — La nomenclature des remèdes employés contre la gale est une des plus riches et des plus bizarres. A toutes les époques, l'empirisme a été inépuisable dans le
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nombre de ses médications. Il est indispensable d'établir ici une division, afin que les idées puissent se classer au milieu de l'effrayante polypharmacie qui se rattache au traitement de la gale.
Tous les remèdes imaginés contre la gale peuvent être compris dans les quatre dénominations suivantes : lotions, frictions , bains , fumigations. Ces diverses médications n'ont pas toutes la%même valeur. J'indiquerai d'abord, dans chaque division , les formules les plus usitées et sanctionnées par l'expérience. Je noterai ensuite, pour mémoire, quelques uns des médicamens qui se rattachent à la partie historique du traitement de la gale : ce sera peut-être là un moyen de parler, sans confusion , de tous les médicamens à peu près abandonnés et de ceux qui sont restés dans le domaine de la pratique.
Traitement préliminaire. — Avant l'emploi des moyens regardés comme curatifs , il y a un traitement préparatoire qu'on ne peut absolument négliger, attendu les nombreuses indications qui le réclament impérieusement.
Ainsi on administrera des bains à certains malades , afin de les soustraire , au moins en partie, à l'action trop irritante des remèdes. Ce moyen sera surtout très convenable pour les femmes , les enfans.
La saignée, les boissons légèrement laxatives ou simplement délayantes , seront des moyens indispensables chez les sujets pléthoriques sanguins, et par conséquent disposés aux affections inflammatoires.
Moyens spéciaux. — Des lotions.
On doit mettre en première ligne le solutum alcalin de Dupuytren ; il se compose de quatre onces de sulfure de potassium ( 120 grammes ) , dissous dans une livre et demie d'eau
INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE. 565
( 750 grammes ) , avec addition d'une demi-once d'acide sulfurique ( 15 grammes ).
On peut remplacer le sulfure de potassium par ceux de chaux ou de sodium.
On fait des lotions deux fois par jour sur les parties où existent les vésicules; la guérison a lieu ordinairement en quinze ou dix-huit jours.
Je ferai remarquer que ce moyen ne souille pas les vêtemens comme les pommades ; mais , s'il procure souvent des succès , il a l'inconvénient de causer de vives cuissons et d'enflammer les vésicules. Ce genre d'accident m'a engagé à modifier la composition de cette lotion en y ajoutant une demi-livre d'eau et quelquefois plus.
Ces lotions étaient employées aussi par Àlibert ; elles se trouvaient préparées dans des bouteilles cachetées , étiquetées n° 1, n°2. La première contenait le sulfure de potassium, et la seconde l'acide sulfurique étendu d'eau. Pour s'en servir on verse dans une cuvette de l'eau bouillante ; on la remplit au trois quarts, on ajoute la valeur d'un petit verre à liqueur de chacune des bouteilles n° 1 et n° 2 ; on agite le mélange et on lotionne les vésicules à l'aide d'un linge.
Cette lotion est à peu près la seule qui doit être regardée comme acceptable dans la pratique ; on verra , dans mon formulaire , les autres préparations qui ont été préconisées.
Médicamens à noter pour mémoire.
Le goudron , à la dose de 15 grammes dans 30 grammes d'axonge , a été préconisé dans les gales invétérées : 8 grammes matin et soir.
On a quelquefois ajouté le laudanum à cette préparation, à la dose de 30 grammes.
La pommade de Willan , dont la base est le carbonate de potasse et le sulfure rouge de mercure.
364 INFLAMMATIONS YÉSICULEUSES. — GALE.
La pommade de Werloof , qui se compose de proto-chlorure de mercure , cent parties sur deux cent cinquante d'onguent rosat.
Les frictions avec l'huile d'olive , moyen hautement préconisé par Delpech.
La méthode ectrotique, consistant dans la cautérisation des vésicules par le nitrate d'argent ; on les ouvre aussitôt leur apparition.
Bains. —Les bains d'eau servent de simples moyens auxiliaires aux autres médications ; on doit les prendre tous les trois ou quatre jours ; lorsque les bains sont destinés à servir de moyen curatif , alors ils contiennent les substances capables de produire la guérison.
Les remèdes de ce genre sont assez bornés; le soufre et les préparations les composent presqu' uniquement.
Le sulfure de potasse fait la base des bains contre la gale ; on prend quatre onces à une demi-livre de sulfure de potasse ( 125 à 250 grains ), eau q. s. pour un grand bain; on doit se servir d'une baignoire en bois; on commence par faire dissoudre le sel dans deux ou trois litres d'eau bouillante , puis on le mêle au reste du bain.
Les bains savonneux ont été aussi employés contre la gale; dans ce cas , il faut une livre ( 500 grammes ) pour huit voies d'eau ; mais il est douteux que la gale puisse guérir ainsi.
Quant aux autres bains anti-psoriques , ils ont pour base les décoctions de différentes substances végétales : racines , feuilles , etc. Ces moyens font partie d'une longue liste de remèdes plus ou moins connus , et dont la description ne doit pas surcharger la mémoire du lecteur.
Fumigations. — Ce remède de médication avait excité, dans l'origine, un enthousiasme qui n'a pas été de longue durée ; les fumigations ont été bientôt jugées d'après leur
INFLAMMATIONS YÉSICULEUSES. — GALE. 568
valeur réelle : on a vu que c'était un moyen auxiliaire comme les bains. Ensuite, en admettant qu'elles pussent seules constituer un traitement de la gale , les malades pourraient bien rarement supporter la fatigue qu'elles occasionnent; car un traitement de ce genre ne dure pas moins de trente jours.
C'est encore au soufre qu'il faut recourir pour composer les fumigations anti-psoriques ; cette substance est alors à l'état d'acide sulfureux. On a imaginé, pour mettre la vapeur sulfureuse en contact avec la peau , un assez grand nombre d'appareils. Un des avantages de ce moyen est de ne pas salir le linge et d'être sans odeur ; mais , indépendamment du temps que réclame ce traitement , il est contre-indiqué pour un grand nombre de malades.
Ainsi, les personnes faibles, comme les femmes, les enfans, celles qui ont quelques lésions du cœur ou des phlegmasies chroniques de lajpoitrine , ne sauraient être traitées d'après cette méthode.
La durée de chaque fumigation est en général d'une demiheure ; la dose du soufre de deux à trois gros ( 8 à 12 grammes ) ; les détails relatifs aux appareils employés pour cet usage ne sauraient trouver place ici.
Malgré que le nombre des médications destinées à guérir la gale , forme une sorte de pharmacopée spéciale , on verra bientôt que les remèdes constatés par l'expérience sont assez limités.
Si on excepte quatre ou cinq substances particulières , le médicament qui tient le premier rang dans le traitement de la gale , c'est le soufre et ses préparations. Est-ce donc là un spécifique , et doit-on lui accorder ce titre sans restriction ? Les remarques suivantes répondront à cette question.
D'après les expériences de M. Albin Gras , il résulte que cette substance n'est pas celle qui fait périr Yacarus le plus promptement. Cet insecte , couvert de fleurs de soufre , a vécu plus d'une heure; soumis à la vapeur de ce médicament,
366 INFLAMMATIONS VÉSICULEUSES. — GALE.
dégagée par combustion , il vivait encore au bout de seize
heures.
Il n'a vécu dans l'eau de chaux que 3/4 d'h.
Dans une solution de carbonate alcalin , 20 min.
Dans le vinaigre et l'alcool à 20 degrés , 20
Dans une solution de sulfure de potasse, 12
Dans l'essence de térébenthine , 9
Dans une solution d'hydriodate de potasse , 4 à 6
D'après ces comparaisons on croirait que la solution d'hydriodate de potasse est le remède qui doit avoir le plus de succès contre la gale ; cependant c'est ce que l'observation ne confirme pas. Ainsi les préparations sulfureuses, et principalement la pommade d'Helmerick , conservent le premier rang comme agens curatifs.
Lorsque les préparations sulfureuses produisent des éruptions accidentelles au début du traitement , ou si une autre affection cutanée complique la gale , on doit alors modifier les doses du soufre ; il faut même interrompre l'usage de ce médicament pendant quelque temps , lorsqu'il existe des pustules d'impétigo ou d'ecthyma : que ces pustules soient primitives ou secondaires , ou qu'il survienne tout autre accident inflammatoire de la peau , on a recours alors aux bains , aux boissons délayantes acidulées ; la saignée et des laxatifs peuvent devenir nécessaires quelquefois.
Le traitement de la gale , ainsi étudié dans les divers élémens qui le composent, se trouvera ramené à son plus grand état de simplicité ; on pourra , d'un coup d'œil , faire la part des médicamens éprouvés, et celle qui indique seulement ce luxe stérile de tant d'agens réputés spécifiques.
C'est uniquement par la méthode qu'on arrive à de têts résultats; elle guide fidèlement l'intelligence, fixe la mémoire, et aplanit alors les difficultés qui eussent rebuté à jamais le plus grand nombre des lecteurs.
ORDRE IH
INFLAMMATIONS BULLEUSES.
BULLES (Bullœ).
J'ai dit précédemment que les bulles ne diffèrent des vésicules que sous le rapport du volume : cela ne me semble pas autoriser la division qui en a été faite. On aurait dû les réunir dans un même groupe , si on n'avait égard qu'à leur caractère primitif.
Le pemphigus et le rupia sont les deux maladies qui seules forment ce groupe. Le rupia était même classé dans les vésicules, par Bateman ; c'est à Biett qu'on doit leur rapprochement , par suite de l'analogie qu'il a trouvée , autant dans leur mode de développement que dans leur coïncidence, avec une constitution plus ou moins détériorée. Il faut conclure de cette proposition qu'on doit considérer la plupart des affections de la peau , comme se liant à une affection intérieure , dont elles sont la cause ou l'effet.
Les bulles se développent souvent sans être précédées
568 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS.
d'aucune rougeur de la peau ; d'autres fois, une rougeur plus ou moins vive annonce leur apparition ; elles se manifestent par un soulèvement d'abord peu étendu de l'épiderme , mais qui s'élargit vers sa base , de manière à former une bulle assez régulièrement arrondie ; celle-ci, en moins de quarantehuit heures, présente tout le volume qu'elle peut acquérir : ce qui varie depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle d'un œuf de poule.
Les bulles , peuvent affecter toutes les parties du corps ; souvent elles occupent des surfaces très étendues ; mais le plus ordinairement elles se manifestent aux extrémités inférieures.
Les bulles , qui sont d'abord tendues , se ramollissent à mesure que le fluide qu'elles contiennent s'épaissit ; ensuite elles se vident plus ou moins promptement et se couvrent de squammes minces ; si elles ne se déchirent pas , elles se transforment en croûtes, qui prennent une épaisseur variable. D'autres fois , des ulcérations plus ou moins prononcées succèdent aux bulles : ce qu'on observe plus ordinairement dans le rupia.
Les bulles peuvent se manifester à l'état aigu et sont alors une affection légère ; mais plus généralement elles affectent une marche chronique et sont plus ou moins dangereuses.
Pemphigus.
Sauvage a désigné, sous le nom de pemphigus , l'éruption huileuse dont il est ici question ; Willan et Bateman l'ont décrite sous celui de pompholix; Alibert , après l'avoir classée parmi les dartres phlicténoïdes, l'a comprise, dans son dernier ouvrage , dans le groupe des dermatoses eczémateuses , sous le nom de pomphix.
De nombreuses observations de cette maladie ont été
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS. 300
publiées par les auteurs sous les dénominations de febris bullosa, febris vesicularis , febris pemphigoïde , febris phlyctenoïde , etc. ; ce qui établit que le pemphigus peut constituer une maladie aiguë, contre l'opinion de Willan et celle de Bateman , qui enseignent que cette éruption ne doit être admise comme une affection spéciale que sous la forme chronique.
Causes.—- L'intempérance, l'abus des alimens épicés , les boissons échauffantes , la jeunesse , le tempérament sanguin , la chaleur de l'été , sont les principales causes qui peuvent produire le pemphigus à l'état aigu : les affections de l'âme , les chagrins , la misère , une nourriture mauvaise ou insuffisante , le mauvais état de la constitution , peuvent en favoriser le développement et lui imprimer une marché chronique.
Le pemphigus peut aussi être secondaire, se manifester comme symptôme d'une maladie générale ou locale. Une phlegmasie intérieure, le scorbut, l'hydropisie , l'affection du foie , connue sous le nom d'état gras , peuvent l'occasionner. Il peut être produit par un érysipèle, par une plaie, etc. J'ai observé un cas où il était dû à cette dernière cause ; en voici l'histoire :
Observation. — Mademoiselle Baudoin , âgée de dix-huit ans, d'un tempérament sanguin, fortement constituée, s'était fait une coupure assez profonde à la face interne du bras, près de l'articulation du poignet; les bords de la plaie ayant été mal réunis , ils formaient chacun un bourrelet qui en retardait la guérison , quoiqu'ils fussent peu enflammés et peu douloureux. C'est dans cet état que des vésicules huileuses assez nombreuses se manifestèrent , d'abord dans le voisinage de la plaie, dont plusieurs acquirent, en moins de vingtquatre heures , le volume d'une aveline. Je vis la malade le
2li
370 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS.
lendemain ; l'éruption s'étendait à la face externe du bras , à la hauteur de son tiers inférieur ; les bulles étaient d'autant plus développées qu'elles se rapprochaient de la plaie; de sorte qu'elles décroissaient progressivement, en s' étendant du côté sain de la peau, au point que les plus petites avaient à à peine le volume d'une tête d'épingle; ces dernières seules reposaient sur un fond rouge , formant une sorte de bord ayant une légère saillie , analogue par son irrégularité à celui des éruptions serpigineuses. Le matin du troisième jour, l'éruption occupait tout le pourtour de l'avant-bras, dans la limite de son tiers inférieur. La partie de la peau qui en était le siège , n'offrait plus aucune trace d'inflammation ; les vésicules huileuses étaient disséminées , presque toutes d'une forme régulièrement arrondie, transparentes et d'un volume différent, depuis celui d'un pois jusqu'à celui d'une grosse aveline ; ces dernières étaient plus en grand nombre et renfermaient un liquide séreux , semblable à celui que contiennent les bulles par les cantharides ; liquide qui perdit sa transparence quelques heures seulement avant l'affaissement des bulles. Cet affaissement eut lieu dans la journée, pour celles qui s'étaient développées les premières ; pour les autres , il s'effectua pendant la nuit , de manière à ce que les bulles furent remplacées le lendemain par de petites croûtes minces , blanchâtres , qui se détachèrent au bout de deux à trois jours sans laisser de traces à la peau.
Réflexions. — L'observation précédente offre l'exemple d'une éruption secondaire , qui , par sa forme huileuse , appartient au genre pemphigus , mais en diffère par son développement : celui-ci s'est opéré à la manière des éruptions qui rampent sur la peau ; ce qui semblerait permettre de croire à un pemphigus serpigineux.
Symptômes. — D'après des observations faites par un as-
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS. 371
sez grand nombre d'auteurs , et principalement par MM. Gilbert (1) et Biett, on doit admettre aujourd'hui que le pemphigus peut se manifester à l'état aigu et à l'état chronique. A l'état aigu , cette éruption est ordinairement précédée d'un mouvement fébrile , plus ou moins intense , caractérisé par de l'abattement , des frissons , la chaleur et la sécheresse de la peau, la fréquence du pouls, la soif, l'anorexie, etc. D'autres fois le malade n'éprouve qu'un malaise général, un peu d'élévation dans le pouls , et une démangeaison plus ou moins vive de la peau. La durée de ces symptômes est de un à trois jours ; ensuite l'éruption commence et se manifeste en général par une petite tache rouge , d'une forme arrondie , qui augmente promptement d'étendue. Elle se recouvre bientôt d'une bulle , résultant du soulèvement de l'épiderme , produit par la sérosité exhalée de la surface rouge qui lui sert de base. Les bulles se manifestent immédiatement. Au bout de quelques heures , elles recouvrent en partie ou en totalité la tache érythémateuse qui les précède, et prennent une étendue qui varie entre le volume d'un pois et celui d'une aveline. Elles sont transparentes , et ont une forme qui est ordinairement régulière. Elles sont plus communément isolées ; mais elles peuvent se réunir , et par leur confluence atteindre quelquefois le volume d'un œuf.
Chez les enfans , le pemphigus offre parfois un caractère particulier. On a admis un pemphigus gangreneux , auquel ils seraient particulièrement sujets; mais quelques auteurs pensent que cette variété n'est autre que le rupia escarotica. Néanmoins on doit reconnaître avec Osiander , Lobstein, etc., qu'il existe chez les enfans nouveau-nés, d'ailleurs bien constitués, une espèce d'éruption pemphigoïde , à larges bulles , dont la plante des pieds est le siège ordinaire. Dans ce cas , les bulles sont entourées d'une aréole viola- Il) Monographie du Pemphigus.
572 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS.
cée et contiennent un fluide séro-purulent : variété que j'ai eu occasion d'observer, et que je jugeai d'abord avoir un caractère vénérien. Je n'abandonnai cette opinion qu'après avoir pris les informations commémoratives les plus précises.
Willan a admis une variété de cette affection, sous le nom de pemphigus soîitarius. Cette variété consiste dans une seule bulle renfermant plusieurs onces de sérosité , et Couvrant dans l'espace de quarante-huit heures , après un intervalle de un à deux jours ; une seconde bulle se manifeste et suit la même marche; une troisième et une quatrième peuvent se succéder de la même manière , et prolonger ainsi la maladie dix à douze jours. Cette affection, très rare, s'annonce par un fourmillement dans la partie qui doit en être le siège , et laisse seulement , après l'affaissement de ehaque bulle , une légère excoriation qui ne tarde pas à se guérir.
Le pemphigus chronique (pempholix diutinus, Willan) est une affection beaucoup plus commune que le pemphigus aigu. Ce genre de pemphigus peut se manifester sur toutes les parties du corps en même temps , ou bien se borner à une surface peu étendue. Il est rarement accompagné d'accidens fébriles : cela arrive lorsque l'éruption se développe sur une vaste surface. De même que dans le pemphigus aigu, un nombre plus ou moins considérable de petites taches rouges se manifestent. On voit alors l'épiderme se soulever à leur centre et se détacher graduellement de manière à former, dans l'espace de quelques heures, des bulles du volume d'une noix. A cette époque, les plus grosses s'ouvrent, la sérosité s'épanche , l'épiderme s'affaisse, se plisse et laisse à découvert une partie plus ou moins étendue de la surface enflammée , ordinairement excoriée , douloureuse , et dont l'exsudation produit des croûtes d'un jaune brunâtre , minces et aplaties.
Les éruptions se succèdent sans cesse dans le pemphigus
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — TEMPHIGUS. 373
chronique , de manière à présenter en même temps , chez le même individu , toutes les nuances que peut offrir la marche des bulles, depuis le moment de leur invasion jusqu'à celui où elles disparaissent : la maladie peut se reproduire ainsi un temps indéterminé.
Il existe une forme de pemphigus dictinct , reconnu par Biett, que M. Gibert dit avoir observé cinq à six fois. Ce dernier auteur la décrit de la manière suivante : ce Tout le système tégumentaire est ordinairement envahi ; la peau , enflammée assez vivement dans beaucoup de points , blanche dans d'autres , est partout recouverte de squammes jaunâtres et croûteuses (traces d'excoriations huileuses récentes), ou de lames épidermoïques , sèches , blanches et foliacées , qui se soulèvent et se détachent. Ces lames épidermoïques sont les débris de bulles plus anciennes , imparfaitement développées, rompues et détruites dès leur apparition, presque avant de s'être soulevées en phlyetènes. Cette affection , fréquemment incurable , peut affecter les sujets encore jeunes , mais sévit particulièrement sur les individus un peu avancés en âge et cachochymes , chez les femmes qui ont dépassé l'âge critique , ont été en proie à des chagrins , ou ont usé d'une mauvaise nourriture , etc. »
D'après la marche des affections huileuses , on peut admettre en général que leur gravité et leur tendance £* persister à l'état chronique, sont en raison de l'intensité des causes débilitantes qui les ont occasionnées et peuvent les entretenir.
Diagnostic. — L'isolement des bulles , l'état mince et ,1amelleux des croûtes qui recouvrent plus ou moins la partie dépouillée de l'épiderme , étant les signes propres du pemphigus , on les distinguera de Yherpes, dont les vésicules sont toujours réunies en groupe sur une surface enflammée , dépassant l'étendue occupée par cette affection; tandis que
574 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS.
dans le pemphigus les bulles sont isolées , et rarement environnées d'une aréole inflammatoire.
Lorsque, dans Yecthyma, l'épiderme se soulève de manière à prendre l'apparence d'une bulle , le liquide épanché , au lieu d'être de la sérosité , comme dans le pemphigus , est du véritable pus. Un point brunâtre se remarque en outre au centre des pustules de Yecthyma.
Les bulles qui accompagnent quelquefois Vérysipèle, étant toujours précédées de l'état inflammatoire propre à cette affection, toute méprise est impossible.
Les croûtes de Y impétigo peuvent , au premier coup d'œil, être prises pour celles du pemphigus; mais on ne tardera pas à les distinguer , en se rappelant que les croûtes de Y impétigo sont épaisses , rugueuses et comme chagrinées ; tandis que celles du pemphigus sont minces, unies et assez souvent bombées à leur centre.
On distinguera le pemphigus du rupia simpleœ , en ce que les bulles de cette dernière affection sont plus rares, et qu'elles laissent à leur suite de véritables ulcérations , donnant lieu à une sécrétion purulente , qui se transforme en croûtes épaisses et saillantes.
Les bulles du pemphigus laissent des taches qui sont irrégulières , s'effacent lentement , et se couvrent par intervalle d'une efflorescence épidermique. La couleur de ces taches a une teinte légèrement cuivrée, moins foncée que celle qu'on observe à la suite des éruptions vénériennes.
Pronostic. — Le pemphigus, qui n'est compliqué d'aucune autre affection , se termine toujours heureusement dans l'espace de une à trois septénaires , terme ordinaire de sa durée. Le pemphigus chronique est , au contraire , d'autant plus rebelle , que la constitution du malade se trouve détériorée ; que d'autres maladies le compliquent comme affections préexistantes ou consécutives. Il arrive souvent alors
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — PEMPHIGUS. 575
que le pemphigus dure un temps indéfini , ou qu'il se termine d'une manière fâcheuse, par l'hydropisie , la diarrhée , etc.
Traitement. — Le pemphigus aigu et simple n'exige ordinairement que le repos, la diète et les boissons délayantes. Si l'éruption se manifestait sur une grande étendue , et que la fièvre prît de l'intensité , la saignée ou l'application des sangsues à l'anus sont indiquées. Le premier de ces moyens doit être préféré chez les sujets robustes et sanguins ; les bains tièdes suffisent dans les autres cas.
Lorsqu'on peut prévoir que la marche du pemphigus sera chronique , la diète et les boissons acidulées doivent être prescrites dans le commencement de la maladie. On ne doit pas perdre de vue l'état général de la constitution , afin de soutenir les forces à propos. Si quelque inflammation locale venait à se manifester, surtout si le poumon en était le siège , et que cette inflammation fût annoncée par une forte toux, ou par des crachats sanguinolens , la saignée pourrait être nécessaire. L'application des sangsues à l'anus convient dans les cas de diarrhée et de douleurs abdominales. Si le malade était agité , qu'il souffrît beaucoup , qu'il y eût de l'insomnie, on emploierait des topiques adoucissans, et à l'intérieur des potions opiacées ; mais si la maladie ne cédait pas à ces premiers moyens , et que l'éruption continuât à se reproduire , il faudrait avoir recours à un régime fortifiant et à une médication tonique. Une nourriture légère mais succulente , de bon vin , les eaux et les préparations ferrugineuses, le vin de quinquina, la décoction de cette écorce, avec addition de deux grammes d'acide sulfurique par litre , doivent être mis en usage ; mais il faut apporter beaucoup de soins dans leur application , et avoir toujours égard à l'état de la maladie et à la constitution du malade.
376 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — RUPIA,
RUPIA.
Le rupia est caractérisé par des bulles aplaties , isolées , plus ou moins développées , mais , en général , plus volumineuses que celles du pemphigus. L'ouverture des bulles est suivie de l'état morbide que constituent les ulcères atoniques. Bateman , et après lui MM. Cazenave et Schedel , Gibert et Rayer, ont admis les trois variétés suivantes : le rupia simplex, le rupia proeminens , le rupia escharotica.
Causes. — Les enfans en bas âge et les vieillards y sont particulièrement sujets. L'état scrofuleux y prédispose; mais, comme pour le pemphigus, l'état le plus propre à produire celte maladie , est la faiblesse de la constitution , occasionnée par la misère, la débauche, les maladies antérieures, etc.
Symptômes. — Chaque variété se distingue par des symptômes qui lui sont propres.
Le rupia simplex a son siège le plus ordinaire aux jambes ; il se manifeste parfois aux cuisses et sur le tronc : rarement sur d'autres parties. Les bulles , dont la base est de sept à huit lignes de diamètre, contiennent d'abord un liquide séreux et transparent, qui ne tarde pas à devenir trouble et purulent. Au lieu de s'épancher , comme cela arrive souvent dans le pemphigus, l'humeur qui est contenue dans les bulles du rupia, s'épaissit et se transforme en croûtes qui prennent une couleur d'un brun foncé ; elles sont plus épaisses à leur centre qu'à leur circonférence, dont le pourtour est baigné de sérosité. Lorsque ces croûtes viennent à se détacher, ce qui arrive ordinairement au bout de quelques jours, on trouve le derme excorié. La maladie étant abandonnée à elle-même , l'ulcération se cicatrise ; quelquefois
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — RUPIA. 377
elle se couvre d'une nouvelle croûte qui tombe à son tour , et peut se reproduire de la même manière plus ou moins souvent. Cette affection laisse après elle des taches à la peau d'une couleur violacée , qui s'effacent très lentement.
Dans le rupia proeminens , les bulles sont plus larges , les croûtes ont plus d'épaisseur , les ulcérations sont plus profondes. Le liquide contenu dans les bulles est d'une couleur plus foncée ; il se concrète plus rapidement, et se transforme en croûtes dont l'épaisseur et l'étendue augmentent pendant plusieurs jours. Une aréole d'une rougeur terne, qui entoure les croûtes et s'élargit peu à peu , produit une nouvelle sérosité soulevant l'épiderme , et qui , en se concrétant , augmente la surface de la croûte primitive , de manière à lui donner l'aspect et la forme d'une petite écaille d'huître. Les croûtes sont généralement très adhérentes, et ne se détachent qu'à l'aide de substances émollientes ou par l'application d'un corps gras; après leur chute, on aperçoit une ulcération plus ou moins étendue et profonde. De nouvelles croûtes peuvent se reproduire plusieurs fois , ou bien l'ulcération s'étend en profondeur, devient blafarde et saignante. Cette ulcération prend ainsi tous les caractères des ulcères appelés atoniques , dont la guérison s'opère lentement et laisse toujours des cicatrices d'une teinte violacée , s'effaçant lentement.
Le rupia escharotica est la même maladie que celle décrite par quelques auteurs , sous le nom de pemphigus gangrenosus. Cette affection attaque de préférence les enfans en bas âge , scrofuleux , cachectiques, élevés dans la misère; les vieillards, et même les adultes qui sont atteints d'une syphilis invétérée , ou d'affections rhumatismales chroniques, peuvent aussi en être affectés , suivant la remarque de MM. Biett et Rayer.
Le rupia escharotica s'annonce par des taches livides , sur lesquelles on voit presque aussitôt l'épiderme se détacher
578 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — RUPIA.
par une humeur séreuse , accumulée graduellement , et produisant des bulles plus ou moins larges , aplaties et irrégulières. Bientôt après la sérosité s'épaissit et prend une teinte noirâtre ; les bulles sont entourées d'une aréole violacée, et leur rupture , qui ne tarde pas à s'opérer, met à nu des ulcérations : celles-ci ont plus ou moins d'étendue et de profondeur; leurs bords sont enflammés, et leur surface , ramollie et gangrenée sur plusieurs points , fournit une suppuration fétide et de mauvaise nature.
Les jambes, les cuisses, le scrotum, l'abdomen, les lombes , la poitrine , le cou , sont le siège le plus ordinaire de cette affection. On l'observe rarement sur les extrémités inférieures.
De même que dans les autres variétés du rupia , des bulles nouvelles peuvent se reproduire pendant deux ou trois septénaires ; mais , réduite à l'état d'ulcération , la maladie dure beaucoup plus long-temps. La fièvre, de vives souffrances , l'insomnie , accompagnent ordinairement la période bulleuse ; cependant il peut arriver que cette affection se complique d'un état d'ady/namie générale et fasse périr prompiement le malade, ainsi que je l'ai observé chez un enfant de deux ans, cachectique, élevé dans la misère, chez lequel deux bulles seulement, ayant offert tous les caractères de l'ulcération gangreneuse , se manifestèrent dans la région mammaire , du côté gauche de la poitrine.
Diagnostic. — On distingue le rupia par ses bulles , qui sont plus aplaties que celles du pemphigus ; par la nature du liquide qu'elles contiennent , plus généralement trouble et séreux ; par le caractère de ses croûtes épaisses et rugueuses, souvent proéminentes , et entourées, dès le commencement, d'une aréole due au soulèvement de l'épiderme, qui est souvent humide ; tandis que dans le pemphigus les croû-
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — RUPIA. 579
tes ont une forme aplatie , lamelleuse , et ne sont pas entourées d'une aréole épi dermique.
L'ecthyma et le rupia peuvent être facilement confondus, surtout lorsque les deux maladies existent simultanément, ce qui n'est pas rare; cependant, avec un peu d'attention, on reconnaîtra leurs caractères distinctifs. L'ecthyma est une maladie pustuleuse qui se développe sur une base toujours beaucoup plus enflammée que celle du rupia, dont la forme primitive est bulleuse. Les croûtes de l'ecthyma sont toujours plus dures , moins larges et semblent enchâssées dans le tissu de la peau ; celles du rupia sont plus larges , plus élevées et plus adhérentes.
Le rupia escharotica pourrait être confondu avec la pustule maligne , si on ne se rappelait que cette dernière affection repose toujours sur une base érysipélateuse très étendue.
Pronostic. — Comme maladie cutanée , le rupia n'est pas une affection grave , excepté dans le rupia escharotica, lorsque l'éruption est considérable ; mais on ne doit pas perdre de vue que cette affection se manifeste ordinairement chez des sujets d'une constitution détériorée; qu'il peut exister ou survenir des complications qu'il importe de surveiller et de combattre à propos , telles que l'habitude scrofuleuse , les inflammations chroniques des organes digestifs et pulmonaires.
L'ulcération qui succède au rupia est généralement difficile à guérir, principalement lorsque les jambes sont le siège de la maladie. La durée de cette affection est d'ailleurs toujours relative à son degré d'intensité, à l'âge et à l'état constitutionnel du malade.
Traitement. — Il doit être général et local. Par le traitement général , on doit se proposer de modifier la constitu-
580 INFLAMMATIONS BULLEUSES. — RUPIA.
tion altérée du malade : c'est par le régime principalement qu'on peut y parvenir.
Aux enfans à la mamelle qui ont manqué de soins , souffert la faim, ou pris un mauvais lait, il faut donner une bonne nourrice, avoir une habitation saine, bien aérée, et ne négliger aucun des soins de propreté. Aux autres malades , adultes , ou vieillards affaiblis , cachectiques , on prescrira un régime dont le bouillon, le bœuf, le mouton , le vin vieux de bonne qualité , seront la base : sauf à modifier ce régime suivant la nature et Pétat des maladies concomitantes.
Le traitement local doit varier suivant le caractère de la maladie. Les bulles du rupia simplex seront ouvertes pour donner issue à la sérosité qu'elles contiennent ; ensuite on les recouvrira d'un linge fenestré , sur lequel on pose de la charpie, que l'on maintient par un bandage convenable. Après la chute des croûtes , si les ulcérations qui leur succèdent sont douloureuses , on doit les laver avec une décoction mucilagineuse de guimauve ou de graine de lin.
Si l'ulcération présente un caractère atonique , les lotions faites avec le vin sucré , une solution de crème de tartre ou d'alun , doivent être mises en usage. M. Rayer recommande, après en avoir fait usage , la poudre de crème de tartre répandue sur les ulcères. J'ai employé avec succès la poudre d'alun, pour saupoudrer des ulcérations fongueuses venues aux jambes , et offrant tous les caractères du rupia , chez un malade affecté d'une syphilis constitutionnelle. Le nitrate d'argent et les lotions escharotiques , faites avec les acides nitrique ou hydrochlorique étendus d'eau ; le protoiodure et même le deuto-iodure de mercure , incorporé dans l'axonge , sont recommandés par MM. Biett, Cazenave et Schedel : ces moyens conviennent principalement pour modifier la surface des ulcérations qui viennent à la suite du rupia proeminens.
INFLAMMATIONS BULLEUSES. — RUPIA. 581
Le repos , la position horizontale et la compression dés ulcères faite méthodiquement, sont de puissans auxiliaires.
Le rupia proeminens n'exige pas d'autre traitement.
On a remarqué que le rupia escharotica exigeait rarement une médication tonique , soit intérieurement, soit extérieurement ; que les adoucissans administrés à l'intérieur et les applications émollientes , réussissaient , mieux que le régime fortifiant et les topiques excitans.
Cette contradiction à l'égard du rupia escharotica, dont tes causes et la forme primitive sont les mêmes que celles des autres variétés de cette éruption , est une chose digne de remarque , et me semble demander une explication étiologique.
ORDRE IV
INFLAMMATIONS PUSTULEUSES.