LICHEN
Il y a peu de maladies cutanées aussi faciles à déterminer que celle-ci , et pourtant le nombre des variétés qu'on lui reconnaît jette dans son histoire une pénible confusion. Une autre cause contribue encore à compliquer la description du lichen, c'est le mélange accidentel de certaines affections qui, déguisant en quelque sorte son existence, rend le diagnostic difficile ou complètement erroné. Ainsi le lichen peut être confondu avec le prurigo, la gale, X eczéma et l'impétigo, parce qu'il marche souvent avec ces maladies ; et c'est ce qui a donné lieu à l'opinion étrange de la transformation d'une maladie en une autre maladie de nature opposée. Enfin, d'après la forme particulière des groupes de papules qui caractérisent le lichen , il y a un nom affecté à cette forme. Il résulte de ce court exposé que l'obscurité dont j'ai parlé précédemment se dissipe par la constatation exacte et toujours possible des papules , forme élémentaire du lichen, et que, pour la distinction des variétés , il suffit de se souvenir que ces distinctions portent sur le nombre de groupes des papules, leur irrégularité, leur siège, etc.
Les auteurs modernes ne reconnaissent que deux variétés distinctes au lichen : lichen simplex et lichen agrius.
Lichen simplex. — Il est aigu ou chronique. A l'état aigu,
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les papules ne diffèrent point quant à la forme , et c'est la rougeur seule qui les rend plus apparentes. Le lichen aigu doit surtout être rapporté aux éruptions consécutives de la gale et d'autres maladies. Dans le lichen aigu , la démangeaison et la chaleur sont des plus incommodes , et se prolongent pendant trois ou quatre jours. A cette époque, une desquammation furfuracée s'établit, et vers le second sepfénaire la maladie est terminée.
Le lichen simplex se manifeste par une éruption qui , d'abord apparente à la face, finit par gagner les bras, le tronc et les membres inférieurs. Les boutons qui caractérisent cette affection sont petits , agglomérés et peu saillans au dessus de la peau.
Lorsque l'éruption se modifie dans sa forme , le lichen simplex reçoit des noms qui ne changent rien à son identité. C'est ainsi que Bateman a fait un genre particulier de maladies papuleuses, qu'il appelle strophulus. Ce genre embrasse un certain nombre de dénominations, parmi lesquelles
se trouve le lichen strophulus. Je m'occuperai de cette seule variété , et ne rappellerai que pour mémoire le strophulus intertinctus , confestus} albidus, volaticus, etc. Comment ne pas voir que ces distinctions sont l'expression d'un symptôme particulier, et ne sauraient constituer de véritables espèces.
Le lichen strophulus ne peut être passé sous silence parce qu'il se montre chez les enfans à la mamelle , couvre la face des petits malades au moment de la dentition , et peut être regardé comme une variété particulière.
Quant au lichen tropicus , observé aux tropiques , et appelé encore chaleur piquante des Indes , c'est simplement un nom à enregistrer.
Le lichen piloris est ainsi nommé parce que les boutons paraissent seulement aux racines des poils de la peau. Le lichen circumscriptus se montre sous forme de faisceaux cir-
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culaires , qui se dessinent sur la peau par la réunion de boutons dont les bords sont très marqués.
Le lichen urticatus disparaît promptement , quoiqu'il produise des papules plus larges , et que ces papules soient enflammées , saillantes , semblables aux piqûres d'orties , et accompagnées d'un prurit intense.
Le lichen simplex peut revêtir toutes nuances exprimées par les diverses dénominations précédentes. Ses caractères généraux restent partout les mêmes. La maladie se termine, dans l'espace de dix jours à trois semaines, par de nombreuses exfoiiations farineuses , qui persistent plus long-temps dans l'intervalle des articulations. Bateman indique le lichen simplex comme étant parfois une crise de certaines maladies. Il a vu des maux de tête violens et des douleurs d'estomac, ou encore des fièvres aiguës , se terminer par l'éruption papuleuse du lichen.
Lichen agrius. — Sans vouloir infirmer ce que j'ai dit sur la distinction motivée entre le lichen simplex et le lichen agrius y on pourrait cependant regarder ce dernier comme n'étant autre chose que le lichen simplex porté à un très haut degré d'intensité.
Le lichen agrius, s'annonce par un mouvement fébrile que fait cesser l'apparition des papules. L'éruption consiste en de larges taches rouges, donnant à la peau l'aspect d'une surface érythémateuse ; les boutons qui s'élèvent sur cette base inflammatoire sont petits, agglomérés, et leur saillie affecte une forme conique ; les taches observées avant l'éruption des boutons sont dues à l'inflammation qui résulte d'une sorte d'incubation des papules ; lorsque cette inflammation suit ses périodes , le sommet des papules finit par s'ouvrir , des croûtes se forment au moyen du liquide qui en sort, et, à cette époque du lichen agrius, l'opinion de Bateman est pleinement justifiée , lorsqu'il dit qu'un êpanchement de lymphe a lieu dans les papules. Cette lymphe est
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sans doute résorbée dans le lichen simplex; mais si on regarde le lichen agrius comme le plus haut degré d'exagération que puisse recevoir la maladie , on adoptera entièrement l'avis de Bateman.
Le lichen agrius peut se terminer en douze ou quinze jours, après l'amendement de tous les symptômes et la desquammation qui survient en dernier lieu ; mais des récidives s'observent quelquefois. Le liquide des papules , au lieu de tarir , se reforme , et des squammes se détachent pour se reproduire immédiatement.
Le prurit du lichen agrius est des plus violens , et rend parfois l'état des malades intolérable ; la chaleur du lit augmente les démangeaisons, qui se calment vers le matin. Lorsque le lichen agrius se prolonge , il peut être chronique pendant des mois entiers ; dans ce cas la peau acquiert une exquise sensibilité et devient épaisse, rude et gercée.
Au nombre des complications qui peuvent survenir dans cette maladie , on doit mettre en première ligne la répercussion par Faction du froid ; les accidens les plus graves en sont alors le résultat.
Le diagnostic du lichen s'établira avec certitude en reproduisant succinctement les symptômes saillans des affections qui peuvent être confondues avec le lichen.
Le lichen simplex occupant le foie , les papules colorées peuvent alors ressembler à Y acné rosacea. Si le lichen existe sur les mains , on le confondra parfois avec une gale négligée : d'où vient le nom de gaie des épiciers; d'ailleurs, la gale se reconnaît à sa forme élémentaire , qui est vésiculeuse.
V eczéma est difficile à distinguer du lichen agrius; cependant le lichen produit l'épaississement de la peau , qui offre un état squammeux. Y! eczéma chronique, au contraire, amincit la peau. Y! eczéma est général et le lichen local.
Traitement. — Le lichen simplex n'exige que des médi-
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cations fort simples. Le traitement, en ce cas, diflëre peu de celui des maladies inflammatoires légères : les boissons délayantes et acidulées, les bains ou les lotions adoucissantes , sont les principaux moyens employés. Les bains seront à la fin rendus alcalins en y ajoutant une faible dose de sous-carbonate de potasse ; on doit ne pas négliger de donner, au début du traitement , des boissons légèrement laxatives.
Le lichen agrius présentant les symptômes du lichen simpleœ dans le plus haut degré d'énergie , réclame un traitement vraiment antiphlogistique. On ne craindra donc pas de recourir à la saignée, surtout s'il s'agit d'un sujet jeune et sanguin. Les purgatifs, pris dans la classe des sels neutres, sont essentiellement indiqués; les boissons seront, comme dans le premier cas , un peu acidulés ; les bains , les cataplasmes ou les lotions sédatives , formeront le complément du traitement. La diète sera observée , sans être toutefois trop sévère ; l'ardeur insupportable du prurit s'apaisera avec des onctions d'huile d'amandes douces ou de cérat thridacé. Les bains sulfureux ou alcalins doivent être proscrits.
PRURIGO.
Le prurigo est caractérisé par une démangeaison continuelle, qui commence avec l'éruption de papules d'une étendue variable et ne changeant pas la couleur de la peau. La démangeaison remarquable du prurigo existe à différens degrés d'intensité ; c'est précisément la gradation observée dans le symptôme principal de la maladie , qui a servi à établir les divisions généralement adoptées. Ainsi les auteurs reconnaissent trois espèces de prurigo : prurigo mitis, prurigo formicans, prurigo senilis. Il serait plus méthodique de
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déterminer les variétés du prurigo d'après le siège qu'il occupe ; cela est si évident que la division dont je viens de parler n'exclut pas plusieurs distinctions basées en effet d'après le siège de cette maladie.
Les papules du prurigo sont plus larges et moins élevées que celles du lichen. Elles ne changent pas la couleur de la peau; et le point noirâtre qui domine leur sommet n'est autre chose qu'une gouttelette de sang desséchée , qui résulte de la déchirure des papules sous l'action des ongles. La démangeaison augmente par le séjour au lit. Le prurigo peut un moment offrir des phénomènes étrangers à ses formes élémentaires : c'est ce qui arrive lorsque des pustules se développent sur la peau , enflammée par des frictions violentes et réitérées. Dans ce cas, la démangeaison est devenue violente au point de ne laisser aux malades aucun instant de calme. L'état général de l'économie présente un trouble remarquable : il y a fièvre , insomnie souvent opiniâtre ; la démangeaison existe sur toutes les parties du corps , elle est incessante, et, l'insomnie ne permettant pas un seul instant l'oubli des souffrances, le prurigo peut être considéré alors comme un véritable supplice. Alibert a revêtu de son style poétique la description qu'il donne des tourmens éprouvés par les malades. Le style, quelque peu hyperbolique, de cet auteur, n'accuse pas moins, en cette circonstance, un fait exact. Le prurigo étant essentiellement chronique, et sa durée pouvant se prolonger pendant des années , y a-t-il une exagération réelle à juger intolérables ces brûlantes démangeaisons qui , pendant des années entières , n'offrent pas une seule intermittence? Bateman dit, à ce sujet, que le plaisir de la vie est quelquefois entièrement détruit par l'invasion de cette maladie : il y a, dans l'expressive simplicité de ce texte , un aveu entièrement conforme à celui exprimé par la parole pittoresque à' Alibert.
Le prurigo formicans n'est donc qu'une forme exagérée
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de celui qu'on appelle prurigo mitis; il paraît quelquefois lié avec un état particulier de l'estomac. On a cru pouvoir lui assigner pour causes directes l'ingestion de certaines substances alimentaires : les boissons fermentées , les mets fortement épicés , le vinaigre principalement , passent pour avoir souvent déterminé immédiatement une éruption prurigineuse.
Le prurigo , considéré sous les rapports de son siège , mérite une attention spéciale : les graves résultats qu'il peut amener, l'importance du traitement qu'on doit lui opposer, appellent puissamment toute l'attention des dermatologistes. : Prurigo senilis. — Les caractères du prurigo changent peu , malgré les différentes formes qu'on lui assigne. Des papules plus rares , plus abondantes , une inflammation modérée , ou portée à un degré élevé de l'état aigu , voilà pour les nuances tranchées de la maladie : or , il n'y a rien là que l'observation générale ne puisse démontrer pour toutes les maladies, quelles qu'elles soient.
Le prurigo senilis se distingue par un symptôme qui n'appartient qu'à lui seul. L'éruption papuleuse , dans cette variété , est accompagnée dune quantité incroyable d'insectes qui se répandent sur tout le corps. Ce phénomène a été observé très anciennement. Ce qu'on appelle maladie pëdicu laire doit être rapporté au prurigo senilis , et la fin tragique à'Antiochus, à'Hérode, n'est qu'une description merveilleuse de cette affection. Quelle que soit l'opinion qu'on se forme sur les traditions historiques , il est probable qu'il s'agissait d'une maladie toute différente de celle que la froide observation de l'époque moderne nous ^désigne comme une chose absolument identique.
Ce genre de prurigo affecte spécialement les vieillards , et les exemples de son développement sur des personnes jeunes sont très rares. On l'a observé toutefois chez quelques femmes , à la suite de couches ; mais c'est là un fait absolument
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exceptionnel. Les individus affaiblis par la misère ou par une constitution détériorée sont ordinairement plus exposés à cette maladie. Cependant quelle est la cause première du prurigo senilis? On l'ignore. C'est d'ailleurs une affection très grave , et rebelle au traitement.
Une autre variété du prurigo est celle dont le siège est exclusivement aux parties génitales. On l'observe chez l'homme au sphincter de l'anus , au prépuce et à l'urèthre ; chez la femme à l'orifice du vagin. Ces diverses variétés sont connues sous les noms de prurigo podicis, prœputii, urethralis, pudendi muliébris , etc.
Le prurigo podicis peut se rattacher à d'autres affections , et se lier à l'existence des vers ou aux hémorrhoïdes. S'il y a lieu , indépendamment de ces causes , on observe quelques papules qui décèlent la nature du mal ; mais ce phénomène est loin d'être toujours appréciable. Une démangeaison excessive , constante , et souvent intolérable , ne peut appartenir qu'au prurigo.
Lorsque chez l'homme la démangeaison se développe au prépuce , à l'urèthre , au pubis,- etc. , on doit comprendre sous la même dénomination ces divers symptômes , et ne pas en faire autant de variétés.
Le prurit de l'urèthre est ordinairement sympathique. On sait que la présence d'un calcul dans la vessie ou les maladies du col de cet organe produisent quelquefois un prurit particulier , qui a été regardé comme caractéristique. Doiton voir là un phénomène de nature vraiment prurigineuse? Une maladie peut-elle exister sans aucune des formes élémentaires qui lui appartiennent exclusivement? Ne serait-ce pas même s'abuser que de chercher à constater des papules dans un prurit de l'urèthre? Ces questions tendent à démontrer l'abus de certaines distinctions , et à ramener la description des maladies aux principes les plus sévères de la nosologie.
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Le prurit du prépuce a été souvent occasionné par l'altération de l'humeur sébacée, qu'on trouve à la couronne du gland ; la démangeaison du scrotum peut reconnaître une cause plus réelle d'éruption prurigineuse ; quant au prurigo du pubis , la présence de certains insectes dispense de recourir à une autre cause.
Dans ces nuances d'une même maladie, et je parle de celles qui lui appartiennent réellement, le symptôme dominant , c'est le prurit. Lorsqu'il a son siège au scrotum , par exemple , il peut acquérir une telle intensité que les malades se déchirent la peau, et qu'alors leur exaspération morale est voisine du désespoir.
Le prurigo pudencli survient par des causes souvent appréciables. Des ascarides dans le rectum , la leucorrhée , l'époque du temps critique , peuvent être regardés comme causes déterminantes. La démangeaison se fait ressentir dans ce cas aux grandes lèvres , et s'étend à une certaine profondeur du vagin ; les parties environnantes sont rouges , et parfois un peu gonflées. Les papules peuvent être constatées, bien que leur apparition soit fugace , et que souvent le prurit existe sans phénomènes extérieurs sensibles au toucher ou à ]a vue.
Ce prurigo a occasionné par sa violence et sa durée , de véritables accès de nymphomanie. Lorsqu'il est supportable, et que les malades éprouvent quelques instans de relâche , l'anxiété et la tristesse des impressions morales remplacent alors la douleur physique .
Le prurigo ne peut présenter de difficulté pour le diagnostic que hors des ^variétés dont on vient de parler. Dans le prurigo ordinaire , certains symptômes de cette affection sont parfois attribués à la gale, à Y eczéma, à Yimpètigo et à Yecthyma.
La gale est la maladie qui offre le plus de rapport avec le prurigo; mais cette vrenure affe-tion est véiiculeuse, et
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par conséquent les papules du prurigo établissent une différence des plus appréciables. Quant à Y eczéma et à Yimpctigo , il suffit de se rappeler les caractères spéciaux de ces maladies , pour qu'il n'y ait pas de méprise possible.
Traitement. — Le prurigo , qui ne reconnaît pas de siège particulier, n'exige qu'un traitement fort simple. Les bains tièdes et les lotions sont les principaux moyens auxquels on a recours. Les boissons alcalines ont été préconisées par tous les auteurs. Bateman veut qu'on associe le soufre et la soude avec addition de petites doses de nitre. Il assure que cette médication diminue l'irritation de la peau. On favorise ensuite ce traitement par l'observation la plus rigoureuse des lois de l'hygiène.
L'infusion de certaines plantes, telles que le staphysaîgre\ l'ellébore blanc , a été recommandée anciennement ; mais ce moyen n'a pas répondu à l'effet qu'on en attendait.
Le soufre , uni à la magnésie, a eu du succès chez les enfans. Les boissons alcalines ont encore été utiles comme chez les adultes, mais en ne les administrant qu'après d'autres boissons émollientes.
Le prurigo senilis. — Les bains chauds ont procuré aux malades un soulagement de courte durée. Comme ce genre d'affection se lie presque toujours à un état d'asthénie plus ou moins prononcé, les eaux sulfureuses, à l'intérieur et à l'extérieur, ont généralement du succès. Bateman indique comme salutaires les bains chauds d'eau de mer. Diverses préparations mercurielles ont été employées pour détruire 'es insectes qui surviennent en si grand nombre dans lepi^trigo senilis. Les fumigations de cinabre passent pour un des moyens les plus avantageux; on doit le préférer aux frictions mercurielles, ayant l'inconvénient grave d'irriter la peau, presque toujours excoriée ou au moins enflammée par les: ongles des malades, qui s'en servent d'une manière déses^
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pérée. Bateman recommande , pour la destruction des insectes , l'huile de térébenthine délayée dans celle d'amandes douces ; mais cette préparation ne peut être employée que dans le cas où la peau est intacte. Enfin les boissons amères ou ferrugineuses sont indiquées dans cette affection grave , qui reconnaît souvent pour principe une atteinte profonde portée à l'économie.
Prurigo pudendi muliebris. — Ce genre de prurigo a suscité l'emploi des remèdes les plus variés. On a d'abord essayé, comme étant très rationnelles , les applications sédatives de tous genres. Les lotions émollientes , opiacées , sont restées sans effet. Cependant le jaune d'œuf , délayé dans une petite quantité d'eau, a paru apporter un soulagement qui n'a pas eu de durée. Les sangsues n'ont amené aucun changement, et le dégorgement des vaisseaux a été sans résultat contre une surexcitation locale aussi énergique.
On a hautement préconisé certaines préparations mercurielles, et je vais indiquer celle dont le succès n'a pas été contesté. Le deuto-chlorure de mercure, dissous dans quantité suffisante d'alcool, est ensuite étendu dans dix onces d'eau distillée. Cette préparation s'emploie depuis la dose d'une cuillerée à café jusqu'à celle de trois ou quatre cuillerées à bouche dans une livre d'eau chaude.
Des lotions et des injections sont pratiquées fréquemment ; la guérison est survenue rapidement dans certains cas ; on doit toutefois continuer l'emploi du remède quelque temps encore après la cessation des symptômes.
Lorsque la muqueuse est le siège d'une efflorescence aphtheuse , une solution de borax, employée localement, a procuré quelques guérisons. Le calomélas , préparé à la vapeur , a obtenu des succès analogues à ceux du borax : on saupoudre la peau enflammée trois fois par jour , et , après chaque pansement de cette nature , on injecte à l'intérieur du vagin une certaine quantité d'eau froide.
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Le prurigo pudendi muliebris est une de ces affections de nature à mettre à l'épreuve toute la sagacité des praticiens : c'est moins le danger qu'il faut combattre ici, que des souffrances intolérables qui réclament un remède prompt et sûr.
ORDRE VI
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INFLAMMATIONS SQUAMMEUSES.