IMFLAMM. TIBERCUL. — ÉLÉPHANTJASIS DES GRECS
plus terrible de toutes les affections cutanées. L'éléphantiasis, à son début , réclame les stimulans extérieurs ; car du moment où les taches apparaissent , la vitalité de la peau paraît éteinte. Les frictions sèches , et même l'emploi des vésicatoires volans, peuvent être vraiment utiles.
L'hydriodate de potasse et les douches de vapeur aqueuse ont été employés dans l'intention de résoudre les tubercules ; mais, dans ce cas , il faut que la maladie soit seulement locale et encore récente. Ainsi on peut quelquefois faire avorter l'éléphantiasis commençante , ou la guérir dans son plus grand état de simplicité. 11 en est tout autrement de l'éléphantiasis ayant développé toute l'effroyable richesse de ses symptômes : sans doute l'impuissance de l'art n'est alors que trop avérée ! Diverses médications ont été proposées ; certaines substances employées comme moyens héroïques , telles que la teinture de cantharides ; et les préparations arsenicales , ne peuvent revendiquer que des succès problématiques. La solution de Fowler, dePearson, les sudorifiques, etc., sont venus en quelque sorte s'annihiler contre IVlèphantiasis ; enfin la méthode antiphlogistique a complété le nombre de toutes ces épreuves de traitement tentées avec plus de persévérance que de bonheur.
Il faut encore convenir aujourd'hui que , depuis Are'tëe , la thérapeutique est restée à peu près stationnaire pour le traitement de l'éléphantiasis. Le changement de climat , toutes les ressources de l'hygiène habilement combinées , tels sont encore , comme au temps d'Arètèe , les moyens qui ont obtenu , si ce n'est de véritables guérisons , au moins quel? ques adoucissemens dans la plus cruelle des maladies.
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MOLLUSCUM.
Je ferai remarquer que j'ai donné à la description de l'éléphantiasis une étendue qui sera limitée à dessein pour les deux dernières maladies du septième ordre. L'éléphantiasis a, comme sujet historique et médical, un intérêt qui ne saurait s'attacher au molluscum et au frambœsia. D'ailleurs on manque d'observations assez nombreuses , pour faire connaître la nature et le traitement de ces deux maladies,, qui ne sont qu'un simple complément dans la nomenclature des affections cutanées.
Bateman est le seul auteur qui ait fait quelques recherches sur le molluscum. On doit adopter la division qu'il a établie, et distinguer le molluscum contagieux du molluscum non contagieux.
Le molluscum ne renferme pas de variétés proprement dites. La différence des formes extérieures est peu sensible dans les tubercules du molluscum contagieux et dans ceux du molluscum non contagieux. Ces tubercules ont des caractères communs qui s'offrent ainsi à l'observation : tumeurs d'un volume indéterminé, ordinairement sphériques, quelquefois aplaties ou irrégulières , et pouvant atteindre la grosseur d'un œuf de pigeon ; leur couleur est celle de la peau : on en rencontre de légèrement colorées par une teinte grisâtre.
Les tubercules sont durs, consistans, et contiennent une matière athéromateuse. Bans le molluscum contagieux, les tubercules ont une sorte de transparence, et de leur sommet s'écoule un liquide blanc et laiteux ; les tubercules adhèrent à la peau par un pédicule ou par une base large.
Le molluscum occupe surtout la face et le cou, et il peut se répandre sur toute la surface du corps. Bateman regarde
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cette éruption moins comme un état maladif , que comme un phénomène extraordinaire. M. Gibert déclare que, dans le cours de près de quinze années, on a rencontré seulement deux ou trois exemples bien avérés de moliuscum. On ne voit pas que l'état général de la santé reçoive aucune influence de la présence d'une aussi grande quantité de tubercules. Les auteurs n'indiquent rien à ce sujet, et Bateman dit au contraire que , dans un exemple extraordinaire de moliuscum T observé en 1793 , par le professeur Tilësius , la santé du sujet était parfaite.
Je hasarderai une réflexion sur la nature du moliuscum, que j'assimilerai volontiers à celle de certaines loupes. Le moliuscum est plutôt une difformité qu'une maladie , hors celui qui est contagieux. On peut porter toute la vie une quantité considérable de tubercules appartenant au moliuscum, sans qu'il en résulte aucune altération dans les fonctions. La matière que contiennent les tubercules a beaucoup d'analogie avec celle des loupes appelées stëatômes. Il serait intéressant de faire quelques recherches d'anatomie pathologique , pour reconnaître si les tubercules du moliuscum proviennent des follicules sébacées de la peau. L'anatomie peut seule expliquer un jour le secret de ces productions bizarres qui couvrent parfois l'enveloppe cutanée : estil permis de penser que la peau renferme, comme la terre végétale, le pouvoir occulte de certaines créations? Si la vie et la santé demeurent impassibles au milieu de ces éruptions qui ne meurent qu'avec l'individu , il n'y a donc pas alors de maladie? il y a seulement exubérance du principe vital qui se manifeste sur la peau par le nombre de superfétations dont il la couvre. Dans d'autres cas, cette richesse insolite du principe vital nous donne six doigts ou six orteils. La nature de cet ouvrage ne permet pas de suivre plus longtemps de pareilles idées; il aura suffi d'en indiquer quelques unes , pour faire comprendre que le moliuscum , ainsi qu'il
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a été dit , est moins une difformité de la peau qu'une maladie.
Le molluscum contagieux s'observe bien rarement, et en France on ne l'a pas encore vu. Bateman n'en cite que deux cas. Dans cette variété , les tubercules sont plus petits , et la matière qu'ils renferment est à peu près liquide ; on peut la faire jaillir au dehors en pressant les tubercules entre les doigts. Le caractère morbide de cette affection se décèle par un dérangement général dans l'état de la santé. Les cas de molluscum contagieux, rapportés par Bateman, sont décisifs. Une jeune femme avait allaité un enfant qui portait plusieurs tumeurs évidemment appartenant au molluscum. Des tubercules couvrirent bientôt le col et la face de cette nourrice. Deux autres enfans de la même famille furentaffectés de semblables tubercules, et ceux-ci les avaient reçus, d'une nourrice dont le visage était couvert de ces excroissances.
\ Bateman n'indique aucun traitement pour les enfans. Chez les adultes, il a employé la liqueur arsenicale à petites doses; il amena ainsi la suppuration de quelques tubercules , qui s'étaient flétris préalablement.
Cette maladie est très rebelle , et la thérapeutique, qui est nulle ici , se borne à l'emploi de la solution de Fowler, avec laquelle Bateman n'a obtenu qu'un succès contestable.
Les styptiques, tels qu'une dissolution de sulfate de cuivre , ont fait disparaître complètement plusieurs tubercules , dans le molluscum non contagieux.
FRAMBGESIA.
Cette maladie est le pian ou yaws des auteurs. Alïbert l'a rppelée mycosis , et il admet trois espèces : 1° Le mycosis
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framboise; 2° le mycosis fongoïde; 3° le mycosis syphiloïde. Le frambœsia , bien rarement observé ailleurs que chez les noirs et mulâtres , est endémique dans l'Afrique : originaire de ce pays, on Ta vu ensuite aux Indes Occidentales et dans l'Amérique.
La forme de cette éruption offre une ressemblance assez grande avec certains fruits , tels que les mûres , les framboises, etc.; le nom de frambœsia est l'expression d'une semblable analogie.
L'éruption commence par des taches rouges qui simulent les morsures de puces. Sur ces taches s'élèvent de petites saillies lobulées, et d'une couleur rougeâtre ou violette chez le blanc , tandis qu'elles sont ardoisées chez le nègre ou le mulâtre. Le siège principal est aux parties génitales; cependant on les voit à la face , aux aisselles,'etc.
On rapporte les causes du frambœsia à un virus particulier, peut-être renfermerait-il quelques uns des caractères propres au Yirus syphilitique, car le rapprochement des sexes est une des causes les plus fréquentes de sa propagation. La nature du frambœsia est donc contagieuse.
Lorsque l'éruption a pris tout son développement , les tubercules laissent exsuder un liquide sanieux, souvent infect ; c'est à ce moment de la maladie que l'on peut observer un tubercule plus large et plus gros que les autres, appelé marna pian ; c'est, d'après l'imitation d'une autre locution populaire , ce qu'on nomme dans la variole maître grain.
L'éruption, arrivée à ce degré, se complique quelquefois d'engorgemens glanduleux, d'indurations et de plusieurs autres désordres dont l'action a lieu principalement sur la peau. Lorsque le frambœsia doit guérir par les seules forces de la nature, les symptômes diminuent graduellement, et il s'opère une véritable résolution.
Cette maladie attaque tous les âges et les sexes indifféremment; mais les jeunes gens et les enfans y sont toutefois
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plus exposés. Quant aux causes immédiates , il faudrait être entièrement préoccupé par des idées particulières pour ne pas voir , dans la malpropreté des nègres et leur usage odieux de s'enduire le corps d'un mastic huileux , une des causes évidentes du frambœsia.
Cette éruption n'est dangereuse que dans les cas de complications , ou lorsqu'elle se montre avec beaucoup d'intensité. Le frambœsia, tout en restant réfractaireauxtraitemens, peut durer fort long-temps sans occasionner d'accidens.
Traitement. — L'hygiène offre ici les plus puissans moyens de secours qu'on doive d'abord donner aux malades. Les médicamens actifs employés dans cette circonstance sont les préparations mercurielles. Ma profession de foi scientifique sur l'usage du mercure dans les maladies syphilitiques , ou celles qui sont analogues, se trouve ici d'accord avec l'opinion de Bateman; voici les paroles de cet auteur : Le mercure , administré de manière à exciter la salivation , comme le conseillaient les anciens praticiens des Indes Occidentales, ne me paraît pas avantageux dans cette maladie, surtout lorsqu'on n'administre pas les décoctions végétales; et il est certain que celles-ci ont rétabli, dans quelques cas , les forces du malade , sans le secours du mercure.
Une note de Bateman, sur le même sujet, mentionne particulièrement les dangers du mercure dans le traitement du frambœsia, et préconise hautement l'efficacité des décoctions sudorifiques.
Les caustiques ont été employés localement , lorsque les tubercules restent dans un état d'induration indéfinie. Je borne là ce que j'ai à dire sur une maladie que beaucoup d'auteurs ont passée sous silence, et sur laquelle M. Gibert a cru devoir écrire seulement quelques lignes.
ORDRE VIÏI
INFLAMMATIONS MACULEUSES.