PELLAGRE
Je dirai fort peu de choses de cette maladie , qui règne endémiquement dans les plaines de la Lombardie. Il y a une sorte de répugnance à décrire les affections que l'on n'a pas observées : c'est au moins le sentiment de plusieurs auteurs que je pourrais citer. La pellagre étant une maladie dont le nom est à peu près connu de tout le monde, il convient. d'en parler au moins à la manière des dictionnaires, c'est à dire que le lecteur doit en savoir précisément assez, pour s'éclairer sur le sujet qui l'intéresse, à l'aide d'ouvrages exprofesso.
Le caractère essentiel de la pellagre est d'être symptomatique ; elle se rattache toujours à une affection chronique des voies digestives. On l'a considérée comme une espèce d'«cthyose , et, sous ce point de vue, en aurait pu la ranger «dans l'ordre des squammes.
Les symptômes précurseurs de la pellagre peuvent être
divisés en plusieurs stades. La maladie commencerait par une éruption érysipélateuse , qui serait suivie d'un trouble remarquable dans la faculté intellectuelle ; ce dernier état irait, en augmentant d'intensité, jusqu'à produire le délire : c'est ce délire de la pellagre qui, attendu les formes bizarres qu'il peut revêtir, a offert des observations fort curieuses.
Lorsque l'éruption apparaît , des taches rouges se manifestent sur les membres, puis au col et au front ; il y a tension et prurit. Les parties de la peau occupées par les plaques sont principalement celles qui se sont trouvées exposées au soleil ; elles ne tardent pas à se couvrir d'écaillés. La chute de ces écailles laisse apercevoir des fentes et des gerçures en général peu profondes.
La maladie peut se prolonger plusieurs années , quelquefois douze ans et au delà. L'idiotisme, la folie ou la mort, voilà les tristes terminaisons d'une semblable affection. Dans les premières années surtout , on observe des phénomènes particuliers, et qui semblent marquer chaque époque.
Traitement. — Le traitement doit avant tout être dirigé contre les désordres du système nerveux et l'irritation des voies digestives. Le changement de climat est une indication des plus formelles dans une maladie de nature endémique. Les moyens hygiéniques habilement employés , sont d'un secours puissant et forment la base de tous les traitemens : c'est du moins ce qui résulte d'un travail fait par le docteur Chiappa, et soumis au gouvernement impérial dans le but de résoudre cette question :
« Quelles sont les mesures les plus convenables pour ex- » tirper, s'il est possible , la maladie du royaume , ou du » moins pour en arrêter les progrès ? »