SI
On donne à ce moment 30 centigrammes de pyramidon. A minuit la température est de 40° 4. On redonne alors à peu près toutes les trois heures environ 30 centigrammes de pyramidon au malade.
28février. — État stationnaire.
3 heures matin.. 39° 9
3 heures'soir.40, 5
minuit. 40, 3
P 1 mars. — Même état .
Au cœur, on observe'toutefois un premier bruit faible avec un prolongement analogue à un galop. Le pouls est très dicrote, mou : 96.
Le ventre est ballonné. Il n’y a pas de douleurs à la fosse iliaque..
Albumine dans les urines.
Température :
3 heures mâtin (0 gr. 30 de pvr.). . . 40° 1
3 heures soir.39, 7
6 — — (0,30 de p.) .’.... 39, 7
minuit. 39, 1
2 mars. — Le sérodiagnostic fait par M. le docteur Lvonnet a été positif mais très faible.
Le pouls est faible, petit, très dicrote : 92. Au cœur le premier bruit est faible.
Les urines sont encore plus riches en albumine. Température :
3 heures matin (30 centigr. de pyr.). . 39° 1
12 — —(30 centig. de pyr.) . . 39, 1
3 heures soir — ... 39, 1
minuit (30 centig. de pyr.).39, 4
3 mars. — L’aspect général est le même, la figure est colorée. Grande faiblesse.
Pouls faible, petit, dicrote : 96.
Au cœur le premier bruit est toujours très faible. Le malade a pris hier cinq cuillerées à café de pyramidon, un lavement froid toutes les trois heures est suivi d’une selle.
Les urines sont moins abondantes, mais avec plus d’albumine qu’hier.
Apparition de quelques taches rosées.
La langue est blanche, non sèche.
On injecte 40 centig. de caféine.
Température :
3 heures matin.38° 3
12 — — (30 centig. de pyr.) . 3 ^ 4
3 — soir. — . 39 ; 4
minuit. — . . 39 2
4 mars. — Diarrhées très fréquentes.
Urines peu abondantes. Très albumineuses.
Pouls petit : 96. Bruit du cœur un peu faible. Ventre tout à fait normal. Quelques taches de plus qu’hier.
Outre le pyramidon on donne caféine 80 centigr. du salicylate de bismuth et de la glace sur le ventre. • Température :
3 heures matin.. 38° 9'
6 — — (30 centigr.) .... 39, 1
12 — — (30 centig.) ..... 36, 4
3 heures soir — ..... 39, 7
minuit ... . 39, i
5 mars. — Les urines contiennent un peu moins d’albumine.
Aux poumons, on entend à peine quelques râles à la base droite, le cœur est fort.
Température :
3 heures matin. ........ 38 e 7
6 — — (30 centig.) .... 39,
12 — — (30 centig;).39, 2
3 heures soir.38, 9
6 — — (30 centig.).40
minuit — .39, 2
6 mars. — Même état général. Pouls : 96.
L’albumine se trouve encore en plus grande quantité.
Température :
3 heures matin..
12 — — (30 centigrammes) . . . 39 ,j
• 3 * * 6 — soir — • • . 39,4
Minuit. ............ 39
7 mars. — Température :*
12 — — (30 centigrammes) . . . 39,1
3 — soir — ... 39,3
Minuit. . . . . . , . . ••• • 38,9
8 mars. — Le premier bruit du cœur est toujours
faible. L’urine est colorée avec un anneau épais d’albumine.
Température :
3 heures matin . 38°6
12 — — (30 centigrammes) ... 39
3 — soir — ... 39,1
Minuit (30 centigrammes) . . . 39,3
9 mars. — Le malade se résout à prendre un bain. On donnera encore 90 centigrammes de pyramidon, puis on le supprimera.
A ce jour les urines sont un peu moins colorées. Il y a beaucoup moins d’albumine.
Au cœur le galop est toujours persistant.
Le pouls est faible et dicrote, 98°.
Température :
3 heures malin ... . . 38°7
12 — — (30 centigrammes) . . . 39,5
3 — soir — ... 39
9 — — (30 centigrammes) . . . 39,1
Minuit. ............ 38,6
10 mars. — Même état, on ne donne pas de pyramidon. Température :
3 heures matin. 38°3
3 — soir.39,5
Minuit..39
11 mars. — Oii ne donne pas de pyramidon.
Les urines sont plus abondantes. Il n’y a plus que des traces d’albumine.
Température :
3 heures matin.38*6
3 — soir ... . . 38,8
Minuit...38,4
12 mars. — A partir d’aujourd’hui on donnera au malade 50 centigrammes de pyramidon en une seule fois tous les jours à 8 heures du soir.
Température :
3 heures matin . 38’â
3 — soir . 38,7
9 — — (50 centigrammes) . . . 38,9
Minuit.. . . . . . . 37
13 mars. — A la suite .de l’absorption des 50 centigrammes de pyramidon hier soir, le malade a eu une descente de température rapide suivie d’hypothermie.
Température :
3 heures matin.36°5
3 — soir.39,4
9 — — (50 centigrammes) . . . 38,9
Minuit.. 37 } 4
i4 mars. —Les 50 centigrammes de pvramidon donnés hier soir, à 8 h. 25, ont amené chez le malade une défervescence de plus d’un degré et demi en moins de quatre heures.
Température :
3 heures matin ..37°4
3 — soir.38,6
9 — — (30 centigrammes) . . . 38,5
Minuit. ... 37,2
75 mars. — L’état du malade est très satisfaisant, la température se maintenant bonne, on supprime tout traitement.
Température :
3 — soir
Minuit. . . .
16 mars. —L’amélioration des deux derniers jours se maintient. La température oscille entre 37° et 37°8.
11 mars. — 24 avril. — Le malade est soumis au régime des typhiques convalescents. Sa convalescence
Bcrg.
s’est très bien passée, sans trouble du côté des reins et du cœur. '
A cette dernière date, il part complètement remis’pour Longchêne. , |
(Voir à la planche le tableau et la courbe thermique.)
Observation XI
(Personnelle)
M... Louis, vingt-cinq.ans (salle Sainte-Élisabeth, lit n° 50), entré le 15 avril.1897.
Diagnostic. — Rhumatisme blennorrhagique polyarticulaire.
Antécédents héréditaires. — Père mort d’une affection gastrique. Mère bien portante. Deux frères et une sœur vivants. Un frère mort en bas âgé. Un mort à treize ans d’aSection indéterminée.
Antécédents personnels. —Non marié. Pas de syphilis. Pas d’alcoolisme. Bonne santé habituelle. Jamais d’affections aiguës graves.
Blennorrhagie depuis le 2 avril. Vers le 5 ou le 6 avril, douleurs dans le mollet gauche, qui se généralisèrent le surlendemain, après avoir diminué d’intensité le soir des deux premiers jours. Ces douleurs envahissent peu à peu les deux épaules et les deux bras. Il cesse son travail le 7.
Jamais de douleurs, ni au niveau des genoux,* ni au niveau du cou-de-pied. Les autres douleurs restent
toujours erratiques. Elles se présentent, le plus souvent, sous forme de lancement, et ne sont vraiment articulaires ûu'au niveau des deux articulation scapulo-humérales.
Rien du côté du cœur.
Anorexie légère. — Constipation.
Sueurs modérées et rares. Quelques céphalées.
On a donné, antérieurement à l’entrée du malade à FHôtel-Dieu, du salicylate qui n’a nullement soulagé le le malade.
État actuel.— Pâleur, amaigrissement. Immobilisation des deux scapulo-humérales. Aux membres inférieurs, il n’y a de douleurs qu’à la partie inférieure du pli poplité gauche pendant les mouvements de flexion.
Au cœur : ni souffle,- ni dédoublement.
Rien aux poumons.
Écoulement uréthral jaune, constant. Tous les traitements ayant été employés en vain, le 7 mai 1897, on donne 50 centigrammes de pyramidon par jour au malade et cela jusqu’au 14. Durant ce traitement, les douleurs se sont amendées peu à peu, pour disparaître complètement.
Le malade sort de l’Hôtel-Dieu complètement guéri.
Les urines n’ont pas été modifiées.
Observation XII
(Personnelle)^
V. M..., âgé de quarante-trois ans (salle Sainte- Élisabeth, lit n° 41).
Diagnostic. — Érysipèle delà face.
5 juin. — Avant l’absorption de 0 gr. 25 pyramidon 40°. Température :
11 h. 15 matin. 40° .—On donne le pyramidon.
11 h. 30 — 39,9. — Rien dans les urines,
midi »» — 39,5. -r- Traces,
midi 45- soir. 39,4. — Traces.
2 h. »» — 39,6. — Examen négatif.
Le malade ne veut pas reprendre de pyramidon, sous prétexte que c’est inutile, ayant déjà du salicylate de soude, et croyant les deux médicaments antagonistes. Nous le supprimons.
Observation XIII
(Thèse de Legendre)
Tuberculose pulmonaire
T... Louis, trente-cinq ans, cimentier, né à Paris. Entré le 29 décembre 1893, salle Chauffard, lit n° 25.
Antécédents héréditaires. — Père mort accidentellement en 1871. Mère et soeurs très bien portantes. Non marié. -
Antécédents personnels. — N’a jamais été malade. Un seul traumatisme accidentel à signaler dans ses antécédents. Jusqu’en novembre 1896, a toujours été bien portant, malgré sa profession de cimentier. En décembre 1896,
en travaillant dans un égout, il eut un refroidissement suivi de toux et d’hémoptysies cinq jours après.
Le malade fumait modérément, fit quelques excès de boisson, 2 litres à 2 lit. 1/2 par jour, et eut des cauchemars. La contagion tuberculeuse paraît avoir été accidentelle, chez un marchand de vins où il venait avec des amis tuberculeux avec hémoptysies et crachant par terre. Rentre à l’hôpital dix jours après son refroidissement.
Etat actuel. — Il se plaint de toux quinteuse et continuelle. R n’expectore pas beaucoup, seulement quelques crachats nummulaires. R y a eu hémoptysies après son entrée à l’hôpital. Sueurs nocturnes abondantes. Toux émétisante survenant le soir. Céphalalgie assez forte, surtout le matin, le malade se plaint d’embrouillement (sic) de la tête.
Pituites matutinales amères et verdâtres. Amaigrissement assez notable.
Poids, le 22 janvier, 56 kilos. ; le 26 janvier, poids, 57 kilos. 300. Matité aux deux sommets, en arrière, et submatité dans les deux fosses sous-épineuses. Douleur à la pression et à la percussion à gauche. Matité à la base du poumon droit. A l’auscultation, respiration soufflante à type caverneux au sommet droit. Après la toux quelques fins gargouillements. A droite, au sommet, respiration soufflante de condensation du parenchyme pulmonaire, avec craquements secs. A la base, râles fins de congestion très abondants et éclatant par bouffées à la fin de l’inspiration.
En avant, matité dans les deux régions sous-clavicu-
laires. Diminution de la respiration à droite avec quelques craquements secs dans les efforts de toux. Température oscillant entre 37° et 38°. Pas de constipation, pas de diarrhée.
Cœur : rien. Pouls 81; faible, tension artérielle 13. urines : pas d’albumine, 1500 gr.
6 février. — On donne au malade 0 gr. 25 de pyramidon à 5 heures ; un quart d’heure après, le malade a une crise sudorale intense puis la température prise deux heures après a baissé d’un degré,
7 Jévrier. —La céphalalgie a disparu, mais les sueurs ont été très abondantes la nuit, plus abondantes que d’habitude, on redonne 0 gr. 25 de pyramidon 1 ,-les urines tombent à un litre, les sueurs sont abondantes, la température baisse d’un degré deux heures après.
8février. — Température :
7 heures matin.. 37,2
3 — soir (0 gr. 23 de pyramidon) ... . 38,6
Urines : un litre. 1
9 février. — Température :
7 heures matin .......... 37,2
3 — soir (0 gr. 23 de pyramidon) . . 38
Urines : un litre.
10 février. — Température :
7 heures matin (0 gr. 25 de pyramidon). : 36,4
3 — soir (0 gr. 25 de pyramidon) . . 37,2
Urines : 900 grammes.
li*février. — Température :
7 heures matin . . . 36°6 (0,40 pyramidon).
3 — soir . . . 37"6 (0,33 pvramidon).
Urines, 800.
12 février. — Température :
7 heures matin . . . 36°4 (0,33 pyramidon).
3 — soir . . . 37°6
3 — matin. . . . 37°8 (0,40 pyramidon). .
Urines, 300.
13 février. — Température:
7 heures matin . . . 37°4 (0,33 pyramidon).
3 — soir . . . 36°8 (0,40 pyramidon).
Urines, 1 litre.
14 février. — Température :
7 heures matin . . . 37°6 (0,33 pyramidon).
3 — soir . . . 38°8
Urines, 300
Chez ce malade, nous avons constaté la disparition complète de la céphalalgie, l’augmentation des sueurs (toutefois en faisant cette remarque qu’elles furent moins intenses au fur et à mesure qu’on augmentait la dose de pyramidon), la diminution des.urines.
L'appétit est resté bon, il n’y a pas eu aggravation des
troubles digestifs, si ce n’est le 13 une légère douleur au creux épigastrique. La toux n’a été nullement modifiée, ainsi que l’expectoration.
Les vomissements de la toux émétisante ont continué, de même que les cauchemars. Les signes d’auscultation sont restés les mêmes, mais le malade a eu une sensation de bien-être assez spéciale et les trois derniers jours, n’ayant plus vomi et se sentant mieux, il a demandé son exeat le 15 au matin.
Nous n’avons constaté aucune modification du pouls ou du cœur; la tension artérielle a toujours oscillé entre 15 et 15 1/2. Le poids du malade à sa sortie était de 56 kilos.
Observation XIV
(Thèse de Legendre)