‹ Etude expérimentale de l'influence sur l'épilepsie sous-corticale de la di-phényl-hydantoïneChapitre 10 sur 29 · TE · texte numérisé non relu

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de ce travail que la D. P. H. est peu active sur l’Electro-Choc, à l’encontre de ce qui a lieu pour l’épilepsie corticale vraie. Ce fait s’interprète aisément si l’on réfléchit qu’il y a dans l’EÉlectrochoc une participation importante du système pyramidal, mais qu'il y a aussi, mise en jeu d’autres éléments nerveux.

Dans un travail ultérieur qui vient de faire l’objet d’une communication à la Société de Neurologie, P. GLEY, J. RONDE- PIERRE, M. LAPIPE, M. HORANDE et T. TOUCHARD (13) ont repris cette question et apporté de nouveaux arguments en faveur de l’existence distincte de l’épilepsie sous-corticale. Cette fois-ci, ils ont fait appel non seulement à la D. P. H. pour exclure le système pyramidal, mais encore ils ont employé la méthode chirurgicale ; ils ont pratiqué l’ablation complète de la zone motrice, puis attendu un laps de temps suffisant (trois semaines) pour que les fibres nerveuses pyramidales aient dégénéré. Cette précaution est, au moins en principe, nécessaire. Après avoir montré que l'excitation de la substance blanche,

c’est-à-dire des fibres nerveuses, peut produire l’épilepsie aussi

bien que celle des corps cellulaires, ces auteurs ne pouvaient se passer de cette précaution qui permet de réfuter l’objection qui consisterait à dire que le courant a excité la voie pyramidale elle-même, ils s'étaient contentés de pratiquer leurs essais immédiatement après l’opération. En fait, après dégénérescence de la voie pyramidale, contrôlée histologiquement, l’Electro-choc continue à provoquer un aecès épileptique; cette expérience a été faite sur deux espèces animales : d’abord, sur le Chien, qui se prête à l’ablation des zones motrices, et ensuite sur le Pigeon, dont il est aisé d’extirper complètement les lobes cérébraux. Dans les deux cas, elle a réussi aussi bien et elle prouve nettement qu'il existe une épilepsie sous-corticale ou extrapyramidale et que celle-ci peut être déclenchée par l’Elctro-choc. Ces auteurs ont d’ailleurs poussé plus loin leurs investigations:

ils ont cherché à réaliser une intervention qui serait pour ainsi dire la contre-épreuve de la précédente, c’est-à-dire respectant

l’épilepsie corticale pyramidale et, supprimant, au contraire, celle qui est extra-pyramidale, Cette intervention consistait dans

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la section des pédoncules cérébelleux inférieurs. Après cette

intervention, on arrive encore à provoquer l’épilepsie, dite

corticale, par excitation de la zone motrice. L’Electro-choc (passage bi-temporal du courant) donne au contraire peu de résultats ; c’est seulement avec de très fortes intensités de courant qu'on arrive à déclencher la crise et celle-ci ‘est due alôrs à

l'excitation du système pyramidal, ce qui est prouvé, car ce

reliquat de crise est supprimé par une injection de D. P. H.

Il est enfin une dernière preuve de l’individualité de l’épilepsie sous-corticale que nous n’aurions garde d’oublier, car nous allons précisément avoir à discuter sa validité. Dans sa communication de 1941 (L.C.), P. GLEY avait fait connaître

que la D. P. H. n’empêche pas les convulsions cardiazoliques.

Or, d’après le travail d'ASUAD, que nous avons rappelé plus haut, on admet que ces convulsions sont d’origine sous-corticale. Il y a donc là un argument qui, au premier abord, paraît de premier ordre pour affirmer que la D. P. H. agit seulement sur

l’épilepsie corticale.

Ce résumé des travaux qui ont été consacrés jusqu'ici à la question qui nous intéresse, donne l’impression que la D. P. H. agit exclusivement sur l’écorce et le système pyramidal et non sur le système extra-pyramidal. On pourrait croire définitivement prouvé le fait qu’elle n’a aucune action sur l’épilepsie souscorticale. C’est la conclusion qui se dégage de la lecture de la communication de DELAY et SOULAIRAC à la Société de Biologie. C’est celle qui découle des recherches de P. GLEY et

. de ses collaborateurs. Est-elle à l’abri de toute critique ? Ne

faudrait-il pas lui apporter quelque atténuation ? C’est la question que nous a proposée P. GLEY comme sujet de ce travail et avant d'exposer nos recherches sur ce point, nous allons indiquer tout d’abord les deux raisons pour lesquelles on

peut désirer une démonstration supplémentaire.

Tout d’abord, il ne faut pas oublier que c’est en utilisant l’Electro-choc que MERRITT et PUTNAM ont été amenés à

découvrir à la D. P. H. ses propriétés sédatives dans l’épilepsie.

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Or. dans l’Electro-choc, le système extra-pyramidal est atteint par le courant électrique. Si la D. P. H. n’agit pas sur ce système extra-pyramidal, si celui-ci conserve son aptitude à l’épilepsie, comment se fait-il donc que MERRITT et PUTNAM aient pu reconnaître à la D. P. H. ses propriétés antiépileptiques ? Il faut admettre alors qu’il y a dans l’Electro-choc deux éléments, l’un pyramidal et l’autre extra-pyramidal, et que les essais de MERRITT et PUTNAM doivent être rapportés à f’action sur le seul système pyramidal. Mais ce point mérite peut-être

précisément un examen complémentaire.

D’autre part, dans un travail récent, P. GLEY, J. RONDE- PIERRE, M. LAPIPE, M. HORANDE et T. TOUCHARD (14) ont vu qü’il est possible de déclencher un syndrome convulsif qui se déroule de la même manière qu’une crise épileptique en portant une excitation électrique très forte sur la moëlle. Ce syndrome, qui diffère de l’épilepsie seulement par la conservation de la conscience, montre que le processus générateur de convulsions peut être déclenché dans différentes régions du système nerveux central; or, le phénomène est supprimé par la D. P. H. aussi bien que l’épilepsie corticale. Dès lors, n’est-il pas singulier que la D. P. H. n’agisse pas sur l’épilepsie extrapyramidale quand elle agit sur l’épilepsie pyramidale ou médullaire ? Il semble, à priori, plus logique de penser que son action anticonvulsive s’exerce sur toutes les cellules susceptibles d’être placées en état de mal. Cette seconde critique nous paraît renforcer la précédente et nous a engagé d’autant plus à entreprendre le présent travail. Nous allons maintenant exposer les recherches que nous avons faites pour répondre à cette question.

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