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\ choc, qui a été largement utilisé par la thérapeutique psychiatrique, a fait l’objet de recherches tant expérimentales que cliniques. Ces dernières sont les plus nombreuses. Cependant, quelques auteurs ont abordé chez nous les problèmes physiopathologiques que soulève cette nouvelle méthode. Le plus important de ceux-ci est évidemment de déterminer le siège de cette forme spéciale d’épilepsie. La question a notamment été abordée par J. DELAY (6), qui a étudié le syndrome humoral de l’Electro-choc, c’est-à-dire les modifications de la crase sanguine qui se produisent sous l’influence de cette agression; les principales de celles-ci sont : l’hyperglycémie, l’hyperprotidémie, l’hyperlipémie, Pacidose, l’hypercalcémie et l’hyperleucocytose. Se basant sur le fait physiologique qu’il existe dans le plancher du ITT° ventricule des centres végétatifs dont l’hyperactivité est susceptible de provoquer des modifications sanguines analogues, notamment l’hyperglycémie, DELAY pense que les centres mis en jeu par l’Electro-choc se trouvent précisément dans cette région. Il donne encore un autre argument de cette « théorie diencéphalique » de l’Electro-choc, dans le fait que cette thérapeutique fournit ses résultats les plus brillants dans le traitement des troubles affectifs; on admet, en effet, à l’heure actuelle, que les centres affectifs se trouvent également dans cette région du système nerveux central, car depuis BECHTEREW et CANNON, les physiologistes localisent les centres affectifs
dans la base du cerveau.
Cette même question du siège de la crise consécutive à l’Electro-choc a été abordée aussi par P. GLEY, J. RONDE: PIERRE, M. LAPIPE, M. HORANDE et T. TOUCHARD. Ces auteurs, dans une première communication, ont mis à profit la propriété que possède la D. P. H. de supprimer l’épilepsie corticale. On sait qu’en 1937, MERRITT et PUTNAM (7) ont découvert l’action remarquable exercée par la D. P. H. sur l’épilepsie. Ils ont été guidés dans leurs essais cliniques par une expérimentation préalable qui avait été conduite de la façon suivante : on déterminait tout d’abord le seuil convulsivant du
courant employé en faisant passer des intensités croissantes de
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ce courant à travers l'animal servant aux essais, en l’espèce le Chat. Deux électrodes étaient placées l’une dans la bouche, l’autre dans la région occipitale préalablement épilée. Le courant était fourni par une batterie de 45 volts et on mesurait son intensité. À chaque essai, le courant était appliqué pendant une durée de dix secondes. Si aucune convulsion ne se produisait, un autre essai était pratiqué, après un repos d’au moins 5 minutes, avec un courant plus intense. L’ampérage minimum nécessaire pour la production des convulsions était pris comme index de pouvoir convulsivant. Le seuil était déterminé avant l’administration du produit essayé, puis après celle-ci au bout d’un intervalle de temps variable. Nous n’indiquerons pas ici le résultat des expériences de MERRITT et PUTNAM, car, ce qui nous intéresse surtout, c’est de savoir que dans leurs expériences le courant passait à travers toute la masse cérébrale. L’écorce motrice ainsi que le faisceau pyramidal comme les noyaux gris de la base étaient excités par le courant et pouvaient être le point de départ des convulsions observées. La technique de MERRITT et PUTNAM ‘n'est donc pas autre chose qu’un Electro-choc appliqué à l’animal et ne permet pas à l’expérimentateur de déterminer s'il s’agit d’excitation corticalé ou souscorticale. La D. P. H. à été introduite en France en 1941 : elle a tout de suite donné lieu à des recherches expérimentales. C’est ainsi que À. BAUDOUIN et R. HAZARD ont étudié l’gction dépressive qu'elle exerce sur le cœur et les vaisseaux lorsqu’elle est injectée par voie intraveineuse (8). P. GLEY a étudié son action sur l’écorce cérébrale et il a vu aisément que sous l'influence de la D. P. H. l'écorce cérébrale perd son aptitude à produire la crise épileptique (9). C’est donc une substance à action essentiellement corticale. Notons d’ailleurs que l’action de la D. P. H. m'est pas limitée aux cellules pyramidales seules qui constituent l'écorce grise du cerveau. Un peu plus tard, P. GLEY, J. RONDEPIERRE, M. LAPIPE, M. HORANDE et. T. TOUCHARD ont repris la question de l’inaptitude de la substance blanche à produire l’épilepsie (10) ; on admet, en effet,
en général, depuis FRANÇOIS-FRANCK, que seule la substance
grise peut être le point de départ des accès convulsifs et que l'excitation de la substance blanche n’est jamais épileptogène. Or, ces auteurs ont vu que seule jouait l’intensité du courant et qu'on peut toujours provoquer un accès épileptique au niveau de la substance blanche après avoir pratiqué l’ablation de l'écorce sous-jacente à condition d'utiliser un courant d’une intensité suffisante. Mais il ont constaté en outre — et c’est ce qui nous intéresse en ce moment — que la D. P. H. agit aussi bien sur la substance blanche que sur la substance grise, en d’autres termes, qu'elle supprime les convulsions qu’on peut obtenir par excitation de la substance blanche. Aïnsi donc, la D. P. H. agit sur l’ensemble des neurones pYramidaux. Cette
. notion a été alors utilisée par P. GLEY, J. RONDEPIERRE,
M. LAPIPE, M. HORANDE et T. TOUCHARD, pour dissocier l'Electro-choc et pour essayer de faire dans ce syndrome la part qui revient à l’élément pyramidal et à l’élément extra-pyramidal (11). Pour cela, ils ont, chez le chien, injecté une dose de D.P.H. qui était, dans leurs expériences, de trois à six centigrammes par kilog, puis, après trépanation, ils ont constaté que l’excitation de l’écorce cérébrale ne provoquait plus d’accès épileptique. Appliquant alors le même courant en bi-temporal, c’està-dire de façon à le faire passer à travers la base du cerveau au lieu de l’appliquer sur la zone motrice comme précédemment, ils ont vu qu'il restait possible de déclencher l’Electro-choc. La D. P. H. ayant supprimé le facteur pyramidal, seul le système extra-pyramidal pouvait rendre compte de la crise persistante. C’est là, semble-t-il, la première démonstration de lépilepsie sous-corticale électrique expérimentale, mais d’autres preuves allaient être données. Dans une communication faite peu après, DELAY et SOULAIRAC (12) montraient qu'il est très difficile, chez le Rat, de supprimer l’Electro-choc par la D. P. H.
. Contrairement à ce qui se passe pour les barbituriques, on arrive
seulement avec la D. P. H. à modifier la crise qui devient exclusivement clonique, et cela même après avoir élevé l’intensité du courant. Nous aurons à revenir ultérieurement sur l’inter-
prétation de cette modification des crises; retenons pour l'instant