CHAPITRE III
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Expériences personnelles.
Dissociation de l'Electro-choc du Chien par la D. P.H.
Le but que nous nous proposons dans cette thèse est de
déterminer dans quelle mesure l’épilepsie sous-corticale, dont
l’individualité vient d’être établie par les travaux cités dans notre historique, est influencée par la D. P. H. Pour répondre à cette question, nous allons utiliser plusieurs moyens qui, tous, tendent au même résultat, lequel est, autant que cela est possible, d'éliminer l’épilepsie corticale, de manière à pouvoir commodément étudier l'influence de la D. P. H. sur l’épilepsie souscorticale. La meilleure méthode, pour arriver à ce but, est de supprimer opératoirement le système pyramidal qui est par définition le siège de l’épilepsie corticale, L’exposé de cette. expérience fera l’objet d’un des chapitres suivants. Un autre moyen, excellent également, consiste à s'adresser à un agent épileptogène mettant en jeu électivement le système sous-cortical : sans agir sur le système pyramidal, et à chercher comment la D. P. H. agit sur l’épilepsie sous-corticale ainsi provoquée. Nous verrons dans un autre chapitre que l’emploi du cardiazol permet de réaliser ce desidératum. Maïs avant de passer à l’examen de ces deux méthodes, il en est une autre que nous ne négligerons pas, bien que ses résultats soient moins décisifs, et que même nous exposerons tout d’abord, car c’est la première en date qui ait été mise en œuvre. C’est celle qui consiste à étudier compara-
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tivement l’épilepsie corticale et l’Electro-choc chez les animaux soumis à l’action de la D. P. H. Ce chapitre a donc pour objet de préciser les conclusions qu’on est en droit de tirer de ce procédé expérimental.
Ainsi que nous l’avons rappelé dans l'historique précédent, c’est dans une communication à la Société de Biologie de Juillet 1943 que les résultats obtenus par cette méthode ont été indiqués pour la première fois par P. GLEY, M. LAPIPE, J. RONDEPIERRE, M. HORANDE ei T. TOUCHARD (L.C.). Dans cette communication, d’ailleurs très brève, les auteurs disent simplement qu’il est possible, avec la D. P. H., de dissocier chez le Chien l’épilepsie corticale de l’épilepsie sous-corticale. En d’autres termes, chez des chiens ayant reçu une dose suffisante de D. P. H,, ils avaient observé qu'il n’était plus possible d'obtenir l’épilepsie par excitation directe en bi-polaire de l'écorce du gyrus sigmoïde, tandis qu’on pouvait encore déclencher un accès épileptique en faisant passer le courant à travers la masse cérébrale au moyen de deux électrodes en bi-temporal. Récemment, ces auteurs sont revenus sur le même sujet et, dans leur communication à la Société de Neurologie consacrée à l’étude comparative de l’Electro-choc et de l’épilepsie corticale, ils ont donné plus de détails sur leur expérience. Voici le protocole de celle-ci :
— Sous-anesthésie par l’éther, on trépane, chez un chien caniche pesant 7 kilogs, le gyrus sigmoïde du côté gauche. Après réveil de l'animal, on détermine successivement : 1°) le seuil de l’épilepsie corticale, en appliquant directement les électrodes sur l'écorce mise à nu ; 2°) le seuil de l’Electro-choc, en appliquant les électrodes sur les régions temporales préalablement épilées. On injecte ensuite par voie intra-veineuse une dose de 42 centigrammes de D.P.H., en solution légèrement alcaline, ce qui fait 6 centigrammes par kilog d'animal. On refait alors les mesures. Dans toutes ces déterminations, on a utilisé l’appareil à électro-choc de RONDEPIERRE et LAPIPE qui utilise le courant alternatif du secteur urbain. Dans chaque essai, la durée de passage du courant a été uniformément de 0”5, et on a déterminé par tâtonnement le seuil en volts, nécessaire pour obtenir une crise typique tonico-clonique. Voici les résultats obtenus :
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Avant l'injection seuil de l’épilepsie corticale 30 volts seuil de l’Electro-choc 30 volts Après l’injection seuil de l’épilepsie corticale 80 volts seuil de l’Electro-choc 65 volts On voit que la D. P. H. élève considérablement le seuil de l’épilepsie corticale, mais le seuil de l’Electro-choc ne reste pas sans modifications; il a monté aussi, quoique‘dans une proportion moindre. On peut rapporter cette augmentation du seuil de l’Electro-choc à deux éléments : l’un pyramidal, l’autre extrapyramidal. L'élément pyramidal étant supprimé ou diminué, il
se peut qu'il faille augmenter la force de l’excitation pour obtenir
avec le seul élément restant la même crise. Mais il est possible qu'il y ait également action de la D. P. H. sur le système extrapyramidal. Dans cette éventualité, cette action ‘serait moins marquée que celle sur le système pyramidal. Ce type d’expérience ne permet pas de distinguer la part qui revient à l’un et à l’autre éléments. Voici une autre expérience qui a été menée d’une manière analogue et qui a donné la même conclusion. Dans ce cas, elle a été réalisée sur un Chien, en utilisant l'appareil à Electro-choc de RONDEPIERRE et LAPIPE; nous la donnons avec tous ses détails :
Chien bâtard mâle, adulte, pesant 6 kg. 500. — Trépanation du gyrus sigmoïde gauche sous éther. — Après réveil, on détermine le seuil de l’épilepsie corticale ex excitant le gyrus sigmoïde en bi-polaire. Les électrodes sont écartées de 1 cm. La durée de passage du courant est de 0” 5. |
avec 15 volts on n'obtient pas de crise, avec 20 volts la crise est seulement clonique, avec 30 volts la phase tonique apparaît.
Bien qu’elle soit encore courte, on prend 30 volts comme seuil. On détermine alors le seuil de l’Electro-choc en plaçant les électrodes sur les régions temporales préalablement épilées : avec 20 volts pas de crise, avec 25 volts crise clonique, avec 30 volts crise tonico-clonique.
On prend 30 volts comme seuil.
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On injecte par voie intra-veineuse 40 cg. de D. P. H., en solution légèrement alcaline, soit sensiblement 6 eg. par kg. En excitation corticale bi-poläire, il faut pousser le voltage jusqu’à 90 pour obtenir une crise tonico-clonique. Le seuil a donc augmenté de 300 %. En excitation transcérébrale, avec 35 volts, 40 volts, pas de résultats; avec 45 volts, crise uniquement clonique; à 50 volts apparaît la phase tonique. L'augmentation du seuil est donc approximativement de 70 %.
Cette expérience confirme la précédente; elle est même plus nette, puisque le seuil avait augmenté ici de 300 % en bi-polaire cortical et de seulement 75 %% en transcérébral, de sorte que la différence entre les deux augmentations est de 230 RATE Dans la précédente, le seuil cortical avait augmenté de 166 %/,, le seuil transcérébral de 116 %, avec une différence de seulement 50 points Ces expériences établissent bien qu'on peut dissocier l’épilepsie sous-corticale de l’épilepsie corticale en choisissant un voltage situé entre les deux seuils. Une fois que ceux-ci ont été dissociés par la D. P. H., on observe la suppression de l’épilepsie corticale électrique, tandis que l’Electro-choc est conservé. Mais on ne peut évidemment leur donner une autre signification. Elles
ne nous permettent pas d'affirmer que la D. P. H. est sans effet
« La sur le système extra-pyramidal; elles peuvent, tout au plus, nous indiquer que cette substance agit moins sur le système extrapyramidal que sur le système pyramidal.
LR
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