‹ Etude expérimentale de l'influence sur l'épilepsie sous-corticale de la di-phényl-hydantoïneChapitre 14 sur 29 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Expériences sur le pigeon sans cerveau

. Comme nous l'avons dit dans un chapitre précédent, la meilleure manière de chercher si la D. P. H. à quelque influence sur l’épilepsie sous-corticale, consiste à chercher son action sur des animaux dont le système pyramidal, issu de l'écorce, a été éliminé. Il ne suffit pas, pour réaliser cette expérience, de s’adresser à des animaux dont le cerveau vient d’être enlevé, mais il faut attendre un certain Temps après l’ablation du cerveau, de manière que la dégénérescence de la voie pyramidale ait eu le temps de s’effectuer. En effet, et contrairement à ce que l’on a cru autrefois, à la suite de FRANÇOIS-FRANCK, l’excitation électrique des fibres blanches sous-jacentes à la zone motrice, c’est-à-dire des axones des cellules pyramidales, peut parfaitement être suivie d’un accès d’épilepsie. Il suffit pour cela d’employer un courant suffisamment intense, comme l'ont montré GLEY, LAPIPE, RONDEPIERRE, HORANDE et TOU- CHARD (L.C.). Un courant électrique, envoyé à travers l’en* céphale au moyen de deux électrodes placées sur les tempes, traverse la voie pyramidale et peut donc, même après l’ablation de la zone corticale correspondante, produire une épilepsie que nous qualifierons alors de « pyramidale ». Il est donc nécessaire, pour se mettre à l’abri de cette cause d’erreur, d’attendre un laps de temps suffisant pour que la dégénérescence ait eu le temps

de se produire.

En ce qui concerne le choix de l’animal, les expériences des physiologistes sur le cerveau ont généralement porté sur le

Du REY HORS

Singe, le Chien ou le Pigeon. Nous avons choisi le Pigeon, car chez lui les lobes cérébraux sont nettement séparés, de sorte qu'il est très facile d’en faire l’ablation complète et d’être certain ainsi qu'aucune fibre du système pyramidal n’a échappé à l’opération. Chez le Singe, et surtout chez le Chien, l’ablation complète de l’écorce cérébrale est une opération très laborieuse, et l’ablation limitée de la zone motrice ne nous paraît offrir les mêmes garanties que l’extirpation complète du télencéphale. Nous allons maintenant décrire avec quelques détails les expériences que nous avons faites sur cet oiseau, car ce sont elles qui nous paraissent les plus importantes pour la solution du problème qui nous occupe.

Anatomie du cerveau du Pigeon

Nous croyons utile de commencer par rappeler brièvement l'anatomie du cerveau du Pygeon; nous nous occuperons surtout, d’ailleurs, du système pyramidal dans cette espèce.

RÉASRIR du Pigeon est disposé de la manière suivante : les hémisphères cérébraux sont volumineux par rapport au reste; leur surface est lisse, sans ciconvolution. Ils sont nettement séparés du restant de l’encéphale. En arrière, ils s’appuient sur le cervelet qui porte des sillons transverses très marqués et sur les lobes optiques ou tubercules bi-jumeaux qui sont rejetés latéralement par rapport au cervelet. Cette disposition est indiquée dans le schéma n° 1 ; elle est particulièrement propre à l’extirpation de l’organe, en raison de la séparation des hémis-

phères d’avec les parties postérieures de l’encéphale.

En raison de la simplicité de l’opération, nous nous sommes contenté, à la fin de nos expériences, de faire l’autopsie des oiseaux qui nous avaient servi, et nous n'avons pas cru utile de compléter cette autopsie par un examen microscopique du système nerveux central. Les symptômes observés pendant la durée de survie de l’animal après l’opération ont été suffisamment nets, d'autre part, pour nous permettre de nous rendre

Le BONE

HÉMISPHÊRE DROIT

Page 1