‹ Etude expérimentale de l'influence sur l'épilepsie sous-corticale de la di-phényl-hydantoïneChapitre 15 sur 29 · MOELLE ALLONGÉE · texte numérisé non relu

MOELLE ALLONGÉE

FIG. 1. Encéphale du Pigeon vue par en haut.

STRESS

de la moelle cervicale.

lombaire.

Les points noirs correspondent aux libres dégénérées.

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compte, même avant l’autopsie, que l'opération avait été |

correctement effectuée. 4

En ce qui concerne la dégénérescence du faisceau pyramidal secondaire à l’ablation des hémisphères, elle ne paraît pas avoir fait l’objet de beaucoup de recherches. Dans leur travail présenté en Mai 1944 à la Société de Neurologie, P. GLEY, M. LAPIPE, J. RONDEPIERRE, M. HORANDE et T. TOUCHARD disent avoir cherché à savoir ce qui avait été fait dans ce domaine. Les anatomistes auprès de qui ils se sont renseignés n’ont pu leur dire’ si la voie pyramidale avait été

étudiée chez les oiseaux. Ils ont fait cette recherche eux-mêmes

et publié le résultat d’un protocole d’autopsie fait «pour eux

par le Docteur MARCHAND, bien connu pour ses recherches anatomiques sur le système nerveux central. Nous le reproduisons à notre tour. Ce protocole concerne un pigeon qui avait subi l’ablation du cerveau et qui avait été sacrifié 27 jours plus tard. À l’examen macroscopique, le Docteur MARCHAND constata que la partie supérieure du cerveau avait bien été détruite ; il subsistait toutefois quelques vestiges de la base de l'hémisphère droit, l’hémisphère gauche étant presque totalement détruit. À l’examen microscopique pratiqué par la méthode de MARCHI, qui met en évidence les faisceaux dégénérés, la moëlle cervicale présentait une dégénérescence au niveau des deux cordons antérieurs (fig 2). Le nombre des fibres dégénérées était plus grand à gauche qu’à droite ; une fibre sur deux était altérée; au voisinage des cordons latéraux, il existait dans la région périphérique des fibres dégénérées; le nombre de

celles-ci était plus grand à droite.

La moëlle dorsale présentait des fibres dégénérées dans les deux cordons antérieurs (fig. 3); la dégénérescence était plus marquée à gauche et il existait quelques fibres dégénérées

dans les cordons latéraux.

La moëlle lombaire présentait des fibres dégénérées

localisées uniquement dans les cordons antérieurs et plus nom-

breuses à gauche (fig. 4) : leur nombre était à peu près le même

qu’au niveau de la moëlle cervicale.

La lecture de ce protocole est très instructive, car elle montre que la dégénérescence, après ablation du cerveau chez le Pigeon, est localisée surtout dans les cordons antérieurs et que les cordons latéraux n’en présentent pour ainsi dire pas. Il résulte de cette constatation que, chez le Pigeon, et peut-être chez d’autres oiseaux, la voie pyramidale est surtout représentée par le faisceau antérieur; c’est une disposition contraire à celle qui existe chez les mammifères, où la voie latérale est plus importante que la voie antérieure ou faisceau de TURCK. Quoi qu'il en soit de ce point d'anatomie comparée qui mériterait peut-être une étude spéciale, on voit que l’ablation du cerveau est bien suivie de dégénérescence dans la moëlle. Nous pouvons donc tenir pour certain que, dans nos expériences, cette voie ne pouvait entrer en ligne de compte et que, par conséquent. l’épilepsie que nous avons observée était due au fonctionnement du système extra-pyramidal. Nous avions done bien réalisé la condition nécessaire à la démonstration que nous voulions donner, c’est-à-dire l’exclusion du système pyramidal, de manière à étudier séparément l'épilepsie extra-pyramidale ou sous: corticale et l’influence que la D. P. H. peut exercer sur cette forme particulière de convulsions.

Technique opératoire

L’ablation du cerveau chez le Pigeon, expérience faite pour la première fois par FLOURENS, est très simple. Voici comment nous avons opéré : l'oiseau était endormi par inhalation d’éther; pour cela, on lui engageait la tête dans un petit bocal contenant un tampon d’ouate imbibée d’éther. Cette tête était déplumée par arrachement, puis les téguments étaient incisés sur la ligne médiane depuis l’espace inter-oculaire jusqu'à l’occiput. Les lèvres de la plaie étaient réclinées, la boîte crânienne était ouverte avec des ciseaux. Afin d'éviter de léser le gyrus longitudinal médian, une double ouverture

était pratiquée de chaque côté de la ligne médiane. La dure mère était alors incisée avec des ciseaux fins, en prenant garde de ne pas blesser ce vaisseau. Les lobes cérébraux se trouvaient ainsi mis à nu successivement d’un côté puis de l’autre. Avec une petite curette d’un diamètre de 5 mm. environ, chaque lobe cérébral était extirpé. Immédiatement après l’opération, un tamponnement était pratiqué pour éviter l’hémorragie ; pour cela, un tampon de coton était introduit dans chaque ouverture. Au bout de quelques minutes, les tampons étaient enlevés. En vue d'éviter les complications septiques, la plaie était saupoudrée de sulfamido-chrysoïdine en poudre. Enfin, la peau était suturée

avec des fils de coton et par point séparé.

Les suites opératoires ont été très simples et les oiseaux se remettent très vite de l’opéraion. Quelques jours plus tard, on peut enlever les fils de suture.

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