‹ Etude expérimentale de l'influence sur l'épilepsie sous-corticale de la di-phényl-hydantoïneChapitre 18 sur 29 · DISCUSSION DES EXPERIENCES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES EXPERIENCES

Les deux expériences qui viennent d’être rapportées sont parfaitement concordantes. Les deux oiseaux sur lesquels elles ont été réalisées ont répondu de ia même façon aux différentes

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agressions qu'ils ont subies. Il n’existe pas de désaccord entre les données qu’ils nous fournissent ; nous allons discuter celles-ci en ce qui concerne : 1°) l’Electro-choc sur le Pigeon; 2°) l’action de la D. P. H. sur le Pigeon; 3°) l'influence de la D. P. H. sur l’Electro-choc du Pigeon ; 4°) l'influence du gardénal. sur l’Electro-choc du Pigeon ; 5°) le choc cardiazolique sur le Pigeon sans cerveau.

1°) Electro-choc sur le Pigeon.

Le Pigeon est parfaitement susceptible de présenter l’épilepsie électrique. Sur le Pigeon normal dont le cerveau n’a pas été enlevé, l’application du courant électrique à travers l’encéphale produit une crise qui est surtout tonique. L’animal porte la tête en hyperextension, étend les pattes, déploie les ailes; parfois, il présente quelques battements d’ailes, qui représentent la phase clonique. Chez le Pigeon sans cerveau, les phénomènes sont grosso modo les mêmes; toutefois, pour déclencher la crise, il faut placer les électrodes bien en arrière, au niveau de l’occipital, de manière que le courant puisse atteindre la région pédonculaire seule restante. La crise elle-même n’est pas différente de ce qu’elle était avant l’opération; lorsqu'elle est complète, elle comporte d’abord une phase tonique en hyperextension et, ensuite, quelques battements d'ailes qui représentent la phase clonique; lorsqu'elle est incomplète, la crise se borne à des battements d’ailes précipités et désordonnés.

2°) Action de La D. P. H. sur le Pigeon.

Nos expériences n’ont pas été faites dans le but particulier d'étudier les effets de la D. P. H. sur le système nerveux, mais de chercher l'influence de cette substance sur l’épilepsie électrique ; aussi ne discuterons-nous pas la signification des phénomènes si curieux de rigidité que nous avons eu l’occasion de constater. Cette étude, pour intéressante qu'elle serait, nou: obligerait à dépasser largement le cadre de ce travail. Nous désirons cependant dire quelques mots sur ce symptôme si particulier. La rigidité a été observée par SHERRINGTON en

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1898 sur le Chien; par la suite, MAGNUS l’a décrite chez le Lapin par la même opération, ®’est-à-dire par la section des pédoncules cérébraux. Le même MAGNUS, avec RADEMAKER.

a fait connaître que la section de la décussation de FOREL.

c’est-à-dire l’entre-croisement des faisceaux rubro-spinaux, suffit

à la produire. On a fait remarquer également que les troubles consécutifs à l’ablation limitée du vermis du cervelet ne sont pas autre chose qu’une rigidité. Cependant, à notre connaissance du moins, il n’y avait pas de substance pharmacologique susceptible de la reproduire. En 1943, KNECHT, dans sa thèse inaugurale faite sous l’inspiration de P. GLEY, en a donné la première description. L'expérience avait été réalisée sur le Chien ; or, au cours de nos essais sur le Pigeon sans cerveau. nous avons régulièrement constaté la production de ce syndrome pour une dose de D. P. H. de 10 cg. par kilo. L'oiseau déploie les aïles, qui se maintiennent étendues, porte la tête en arrière et raidit les pattes. La colonne vertébrale s'incurve, de sorte que le corps de l’oiseau prend la forme d’un arc. Posé sur une table, ïl tend à basculer en arrière. Cet état dure plusieurs

heures, jusqu’à l'élimination du toxique.

3°) Influence de la D: P. H sur lElectro-choc.

s Chez nos deux oiseaux, bien qu'avec quelque différence d'intensité, la D. P. H. a influencé la crise électrique dans le même sens. Les résultats des deux séries d’observations sont

concordants ; les voici résumés en un tableau :

PIGEON ll PIGEON 2 Seuil avant D. P. H. 70 volts 50 volts Seuil après D. P. H. >100 volts 80 volts

Ces augmentations ne sont pas aussi fortes que celles qu’on peut obtenir pour l’épilepsie corticale. Dans les deux expériences faites sur le Chien, que nous avons rapportées dans notre chapitre TT, l'élévation du seuil de l’épilepsie corticale avait été de 170 % dans un cas et de 300 % dans l’autre, en effet;

-vutefois, elle est assez nette pour re pouvoir être mise en doute.

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4° Action du gardénal sur l’Electro-choc.

À titre de comparaison, nous avons effectué la même recherche avec le gardénal. Guidés par les constatations antérieures, nous n'avons pas eu à tatonner pour trouver qu'une dose de gardénal égale seulement à la moitié de celle de la D. P. H. influence exactement de la même façon l’Electro-choc de nos deux Pigeons. Voici, en effet, les chiffres des seuils :°

PIGEON 1 PicEoN 2 Seuil avant gardénal CR OS 50 volts Seuil après gardénal >100 volts 80 volts

Nous avons donc retrouvé dans le cas de l’épilepsie souscorticale du Pigeon, ce même rapport d’activité que P. GLEY et ses collaborateurs avaient déterminé dans le cas des convulsions électriques médullaires.

5°) Epilepsie car diazolique sur le Pigeon sans cerveau.

Enfin, nous avons constaté qu’il est possible de déclencher chez le Pigeon sans cerveau une crise d’épilepsie au moyen d’une injection intra-veineuse de cardiazol. C’est la confirmation de la conclusion’à laquelle avait abôuti ASUAD, en 1940, disant que l’épilepsie cardiazolique était sous-corticale. Nous avons été amenés à étudier ce point particulier, car nous avons consacré un certain nombre d’expériences à l’étude d’un antagonisme éventuel entre la D. P. H. et le cardiazol. Un chapitre spécial de cette thèse est consacré à ce sujet.

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