‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 100 sur 152 · AIRES · texte numérisé non relu

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deux heures, a reçu sous la peau du chlorhydrate de

Fig. 165. — Tracé cardiographique pris sur un mouton (appareil de M. Laulanié): 1° état du cœur après la section des deux pneumogastriques, avant l'injection de morphine; 2° après une injection veineuse de 20 centigrammes de chlorhydrate de morphine.

Fig. 166. — Etat du cœur et du pouls chez un chien, qui dort depuis deux heures, à la suite d’une injection hyÿpodermique de morphine (2 centigrammes par kilogramme): P, sphygmographe; — C, cardiographe à aiguille; — S, secondes. (Réduct. 1/6.)

morphine (2 centigrammes par kilogramme) ; il dort

hi — profondément, son cœur est ralenti, présente les intermittences classiques ; sa pression et son pouls sont également modifiés comme d’habitude. — Pendant ce sommeil, les deux vagues, qui avaient été préalablement isolés, sont coupés, coup sur coup. Immédiatement (fig. 167), on voitle cœur s’accélérer (216 au lieu

Fig. 167. — Immédiatement après la section des deux pneumogastriques. (Réduct. 1/6.)

de 54 pulsations) et les intermittences disparaître ; mais si l'énergie des impulsions a sensiblement diminué, elle est devenue plus uniformément régulière. — Cependant ce ne sont là que des effets de début, car, après trois minutes, on constate que, tout en ayant conservé le même rythme, le cœur reprend une énergie nouvelle et a des impulsions, ayant autant sinon plus de valeur que celles qu'il avait avant la vagotomie.

C’est ce que montre le tracé 168, qui ne diffère des précédents que par une augmentation de la vitesse du

HASGIE cylindre, augmentation qui a permis de mieux isoler les contractions.

Par conséquent, même après la section des deux pneumogastriques, la morphine peut déterminer ces effets toniques sur le cœur du chien et le renforcer ;

Fig. 168. — Trois minutes après la vagotomie double. — La vitesse du cylindre est un peu plus grande, (Réduct. 1/6.)

c'est donc une modification qui, si elle est partiellement liée à des actions centrales, dépend, en très grande partie, d'actions périphériques, soit sur les ganglions auto-moteurs, soit sur le myocarde.

Nous attirons l'attention sur la forme du pouls du tracé 168. Si le cardiogramme n'était pas là pour rectifier l'erreur, on pourrait croire à une succession de pulsations simples, fortement dicrotes, tandis qu'évidemment chaque accident correspond à deux contracüons cardiaques. On comprendra plus loin l'importance de cette remarque.

= 457 —— Les effets précédents peuvent d’ailleurs être vérifiés d’une autre façon et nous les verrons encore se reproduire, en étudiant la part qui revient au pneumogastrique dans les modifications du rythme cardiaque.

Causes des modifications du rythme des contractions cardiaques. — Nous avons dit plus haut que, chez les animaux offrant une certaine résistance aux actions de la morphine, la chèvre par exemple, le cœur est d'abord ralenti, puis accéléré. Si la dose est modérée, chez le cheval, l'âne, le porc et le chat, le ralentissement primitif s’observe parfois, mais ce sont les phénomènes d'accélération qui dominent. — Chez le chien, la dominante est le ralentissement, précédé d’une accélération faible et passagère.

Or, dans la recherche des causes de ces modifications cardiaques, voici d’abord ce que nous avons constaté chez la chèvre :

EXPÉRIENCE CXXVIII (28 avril 1893).

Une injection de 1 gr. 28 de chlorhydrate de morphine, dans la veine d’une petite chevrette, dont le tracé 169 reproduit l’état normal avant toute médicamentation, avait déterminéles modifications indiquées par la première partie du tracé 170. A cette phase de la médicamentation, on compte exactement 90 pulsations fortes, d'apparences simples, et qui, en réalité, correspondent chacune à deux contractions cardiaques, soit 180 à la minute (voir exp. CXXV etfig. 144, 145, 146).

En C (fig. 170), on coupe le pneumogastrique droit, et presque aussitôt, sans changement apparent de la pression, les pulsations sedissocient en s’affaiblissant passagèrement, maisle cœur ne s’est

ins de pas accéléré, car on compte frès exactement 180 pulsations. Le caractère du pouls seul est changé, mais pas pour longtemps, car, malgré la section du vague droit, seize secondes après fe, fig. 171), les pulsations reprennent le caractère qu'elles avaient avant, avec une apparence bigéminée plus franche et une force impulsive plus grande. On peut même remarquer que, pendant cette période, le sphygmographe n'inscrit que 108 pulsations,

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Fig. 169. — Tracé manométrique, sphygmographique et respiratoire normal, pris sur une jeune chèvre,avant morphinisation. — 198 pulsations. (Réduct. 1/4.)

exactement le nombre que l’on inscrivait sept minutes après l'injection de morphine, avant que l’on eût touché au pneumogastrique (voir fig. 146, a, p. 428).

Cependant, au bout de quelques instants, le cœur s'accélère peu à peu, et cinq minutes après, sans nouvelle injection, le pouls a pris les caractères représentés par le tracé 172, détaché cinq minutes après la section du nerf. Les pulsations sont plus faibles, plus accélérées, et atteignent le nombre de 228.

Mais de continuelles variations se produisent encore, car une minute après (fig. 173) le pouls a repris son aspect bigéminé, avec réduction du nombre des pulsations à 216.

On profite de cette phase, bien caractéristique, pour sectionner le vague gauche, jusque-là intact (c, fig. 173), et l’on remarque que cette opération ne produit pas le moindre changement, ni

Fig. 170. — Influence de la section du vague droil,sur le rythme du cœur modifié par la morphine: M, manomètre; — P, sphygmographe; — $S, secondes; — C, moment de la section; — a

, début de l'accélération. (Réduct. 1/4.)

Fig. 171. — Suite immédiate et sans aucune interruption du tracé précédent. — En De . . . k “ 2 Ë: # e on voit reparaître le pouls bigéminé, qui existait avant la section du pneumogastrique droit. — Comparer avec figure 146, p. 428.

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Fig, 172. — Cinq minutes après la section du vague droit; quatorze minutes, environ, après l'injection veineuse de 1 gr. 28 de morphine. (Réduct. 1/4.)

Fig. 173. — Six minutes après la section du vague droit; au moment e, où on coupe le vague gauche,

PES dans le caractère, ni dans le rythme des pulsations sphygmographiques.

Cet état persiste, avec quelques légères variations en plus, pendant une dizaine de miuutes, au bout desquelles on achève le tracé.

Le sujet de cette expérience avait, à l'état normal, 198 pulsations ; des injections progressives de morphine, jusqu’au total de 1 gr. 28, ont fait tomber le pouls de 198 à 192, 174, 190 et 108. Mais, malgré ces actions modératrices puissantes, par moment, les influences excitantes, accélératrices, se fontsentir, sans parvenir, cependant, à dominer l'effet modérateur.

On compte exactement 180 pulsations, à l'instant de la section du vague droit et, dans les premiers moments, le caractère du pouls seul est changé : 1l reste à 180.— Seize secondes après, malgré la vagotomie, il retombe à 108 et reprend son type bigéminé; mais, au bout de cinq minutes, il s'accélère nettement, dépasse le chiffre normal et atteint 228 pulsations. Par moment, il se ralentit un peu (216 pulsations), mais généralement, il se maintient autour de 230 pulsations par minute. La section du vague gauche, pratiquée pendant une période de ralentissement relatif, n'avait rien changé.

En somme, l'examen et la comparaison des chiffres précédents démontrent que, chez la chèvre morphinisée, les influences modératrices l’emportent et proviennent surtout d'action s’exerçant à la périphérie. Ces actions peuvent persister un certain temps, malgré la section des pneumogastriques, mais il est parfai-

tement évident qu'après cette opération elles sont | moins soutenues et finissent par s’affablir.

Il s'ensuit donc que, tout en

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accordant une indépendance relative et une part considérable aux actions périphériques, il ne faut pas négliger les influences modératrices centrales qui, chez la chèvre comme chez le chien, s’exercent sur le cœur par la voie des nerfs pneumogastriques.

D'ailleurs, si la morphine agit directement sur les ganghons nerveux intracardiaques, en les excitant d’abord, elle arrive à les paralyser ensuite, au point d'annuler complètement toute influence qui s’exercerait par la voie des vagues.

En effet, à. certaines phases de l’intoxication, on peut exciter l’un ou l’autre de ces nerfs, même avec des courants élec-

174. — Sphygmogramme d'une chèvre qui a reçu 5 gr. 40 de morphine, dansla veine, et dont les deux vagues sont coupés. — Excitation du nerf droit.

tiques forts, sans produire le plus petit trouble du jeu, ni du rythme de l'organe.

Fig.

Nous l’avons constaté sur une

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chèvre adulte, de 32 kilogrammes, qui avait reçu, dans la veine, 5 gr. 40 de morphine

EN et se montrait très excitée. Après section des deux

t en rien modifié les caractères du

vagues, qui naval pouls, nous avons excit

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gauche, ou le vague droit, sans apporter aucun changement dans les caractères du tracé (voir fig. 174).

C’est également ce que nous avons observé chez les

— A64— solipèdes, mais avec des doses beaucoup plus faibles.

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obtenus par la section double des vagues chez un âne

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morphinisé (fig. 161 et 162, page 45r): on a constaté que cette opération n'a pas eu d'influence apparente, pas plus sur le renforcement que sur le rythme du cœur, lequel n'a été que très légèrement accéléré. Chez le même animal, nous avons porté des excitations électriques sur le bout périphérique des nerfs coupés ; excitant d’abord le vague gauche (fig. 175), puis le vague droit (fig. 176), sans produire les effets physiologiques habituels de ces excitations.

Nous rappellerons que la dose de morphine injectée à cet âne avait été relativement faible (40 centigram.), ce qui nous démontre combien les terminaisons nerveuses intracardiaques des solipèdes sont sensibles et rapidement influencées par cet alcaloïde.

Chez le chat, il n’est pas douteux que la morphine accélère le cœur et que, dans cette action, il y a à tenir compte, non seulement d'une suspension partielle de l’activité des centres modérateurs bulbaires, mais aussi d’une excitalion du système accélérateur.

En effet, le tracé 2, comparé au tracé 1, normal (fig. 177), donne une idée de l'accélération produite par une injection veineuse de 4 centigrammes de morphine à un chat adulte qui, de 200 pulsations cardiaques, est arrivé à 330 après morphinisation.

La section du vague gauche (tracé 3, fig. 177) ne détermine rien de bien appréciable, puisqu'on compte encore 320 pulsations.

Seule, la section du nerf droit (tracé 4, fig. 177) porte à 360 le nombre des pulsations ; or, bien que relativement peu importante, cette accélération permel de croire à l'efficacité des interventions modératrices dans

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