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Fig. 184. — Morphinisation après section des deux cordons vagosympathiques, au cou; — 1, avant l'administration du médicament; — 2, quelques secondes après une injection veineuse de morphine 1 centigramme par kilogramme. (Réduct. 1/3.)
certains effets deralentissement cardiaque, dus à la morphine, peuvent dépendre d’influences périphériques. C'est ce que vérifient encore les résultats suivants, dans lesquels nous voyons une injection veineuse de morphine (1 centigramme par kilogramme), à un chien, dont les cordons vago-sympathiques ont été coupés (1, fig. 184), produire passagèrement un relèvement de la pression, un renforcement des pulsations qui s’associent par deux, au nombre de 160 (2, fig. 184) au lieu
de 197 à la minute.
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Mais, dans cette expérience, ces premiers effets
n'ont pas duré; une demi-minute après, la pression
Fig 185. — Effets d’une injection veineuse de morphine, chez un chien dont les vago-sympathiques sont coupés. — Suite du tracé 2, de la figure précédente. (Réduct. 1/3.)
est tombée rapidement, sans modification parallèle du rythme cardiaque (a, fig. 185), et, au bout de dix minu-
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Fig. 186. — Dix minutes après une injection veineuse de morphine à un chien dont les vago-sympathiques sont coupés. (Réd. 1/3.)
tes, le sujet étant sous l'influence de l'hypnose opiacée, on le retrouve avec une tension artérielle très basse, un pouls faible et accéléré (fig. 186), bien qu’un peu
plus lent qu'avant l'injection du médicament.
En résumé, malgré la section des deux pneumogastriques, chez le chien, la morphine peut produire un - léger ralentissement du cœur ; mais les intermillences vraies, qu’elle détermine habituellement, disparaissent constamment, et ce n’est pas à elles qu’il faut attribuer le pouls bigéminé que nous avons vu, dans la plupart de nos expériences.
En effet, le pouls bigéminé persiste, même après la vagotomie double, et peut apparaître en tout autre circonstance et chez d’autres animaux.
Nous l'avons signalé chez la chèvre et chez le bœuf morphinisés, même chez le chien dont les pneumogastriques sont intacts, mais alors moins régulier.
Le pouls bigéminé est la caractéristique non pas d’une action immédiate sur le cœur, mais d’une gêne, d’un obstacle à la circulation périphérique (lraube, Knoll).
Dans les circonstances où on l’observe, le cœur a à exécuter un travail plus considérable que normalement et, en fait, les pulsations artérielles prennent généralement un peu plus d’énergie.
Or, nous avons vu plus haut que, pour des raisons inverses (inertie capillaire et stase sanguine, d’une part, vaso-constriction, d’autre part), chez les animaux narcotisés comme chez ceux qui ne le sont pas, la morphine, à doses thérapeutiques, apporte des obstacles réels à la circulation périphérique.
Il ne faut done pas, au point de vue de leur origine, confondre le pouls bigéminé, qui persiste après la section des vagues chez les chiens morphinisés, avec les intermittences, qui disparaissent complètement à la
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se el sont, par conséquent,
suite de cette section nerveu
d’origine bulbaire,
D'ailleurs chez le chien, beaucoup mieux que chez les solipèdes, les pneumogastriques et leurs terminaisons intra-cardiaques résistent longtemps à la paralysie morphinique, et conservent leur excitabilité. Il est aisé de le vérifier et les tracés 187 et 188 en sont la preuve.
Fig. 188 — Excitation du pneumogastrique droit d'un chien endarmi par la morphine - : L à JE 7 « . ND re = an CETES : : “e (2 certigrammes par kilogramme): M, pression; — P, sphygmographe; — R, respira : tion ; —S, secondes ; — E, excitation. (Réduct. 1/4.)
Chacun d’eux se rapporte à un chien morphinisé, l’un avec 1 centigramme par kilogramme (tracé 187), l’autre avec 2 centigrammes par kilogramme (tracé 188). On a sectionné les cordons vago-sympathiques et excité ensuite le bout périphérique du nerf droit.
Or, les effets de chaque excitation sont parfaitement indiqués.
| AT Mais chez le chien, comme chez tous les animaux, lorsque la dose de morphine est toxique, les effets sur le cœur se traduisent par l'accélération excessive du rythme, l’affaiblissement des contractions ef la perte de l’excitabilité des deux pneumogastriques.
Mécanisme des modifications vasculaires et circulatoires. — Nous avons déjà vu que, chez les animaux que la morphine endort, le chien en particulier, le phénomène dominant est la baisse de pression vasculaire, précédée habituellement d’une élévation passagère de la courbe manomélrique; tandis que, dans les espèces non narcotisées, on enregistre toujours l'hypertension artérielle ; la chute manométrique n’apparaissant qu’à la fin de l’action ou quand la dose est trop forte. | | ;
Nous savons aussi que, pour des raisons inverses, chez les animaux narcotisés comme chez ceux qui ne le sont pas, la morphine, à dose thérapeutique, apporte des obstacles réels à la circulation périphérique.
Quant au mécanisme physiologique suivant lequel sont produites ces modifications, chez le chien d’abord, nos expériences personnelles ne nous ont rien appris de plus que ce que l’on sait déjà. Tout ce qui se passe est la conséquence de l’action du médicament sur le système des vaso-moteurs, qui est plongé dans l’inertie, après avoir été légèrement excité.
Il nous paraît intéressant de rappeler encore que, lorsque l'injection de morphine a été faite par la voie hypodermique et à dose modérée, l’action dépressive circulatoire est loin d’avoir l'importance de celle que
l'on observe, après injection dans une veine. Dans ce dernier cas, les animaux sont lourdement endormis ; la
Fig. 189. — Tracé manométrique et sphygmographique, pris sur un chien, 5 minutes après la section du bulbe et des deux cordons vago-sympathiques. (Réduct. 1/4.)
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Fig. 190. — Effets d’une injection veineuse, lente, de morphine,"à un chien dont le bulbe et les cordons vago-sympathiques sont coupés (Réduct. 1/4.) pression tombe primitivement et rapidement, conséquence probable d’une imprégnation plus immédiate et plus profonde des éléments nerveux, dont l’activité
est suspendue d'emblée.
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À titre de document complémentaire, nous avons recherché quelles seraient les conséquences de l’injection de morphine à un chien, après section du bulbe et des deux cordons vago-sympathiques ; la respiration artificielle étant pratiquée.
Le tracé 189 a été pris cinq minutes après la double section. La pression, M, quoique basse, oscille encore autour de 88 millimètres; sur le tracé sphygmographique, on compte 192 pulsations.
Oninjecte lentement, dans la veine, 20 centigrammes de chlorhydrate de morphine. Presque aussitôt, la pression se met à tomber, assez brusquement (fig. 190), pendant que le pouls devient plus lent, 168 pulsations.