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VII. RÉSUMÉ SOMMAIRE DES ACTIONS CARDIO-VASCULAIRES DE LA MORPHINE, D'APRÈS LES FAITS CONTENUS DANS LE PRÉSENT CHAPITRE
Modifications du cœur. — Chez tous les animaux, la morphine augmente l'énergie des contractions cardiaques et ce n'est qu’après l'administration des doses fortes et toxiques que l'on observe, au contraire, un affaiblissement progressif de la force du cœur.
La vagotomie modifiant très peu ou ne s'opposant pas à la production du phénomène de renforcement, il y a tout lieu de croire que, s'il est partiellement lié à des actions centrales, il dépend surtout d’actions périphériques, soit sur les ganglions automoteurs, soit sur le myocarde.
Chez le chien, après une accélération primitive passagère, le cœur est ralenti, pendant toute la durée du sommeil morphinique, et ce n’est qu'aux doses toxiques qu’on observe une accélération excessive et persistante du rythme, avec affaiblissement des contractions.
De plus, chez le chien encore, l’action de la morphine produit des intermittences cardiaques vraies, avec un rythme associé des contractions, donnant au pouls un type bigéminé spécial ; aux doses fortes, on voit aussi des systoles faibles, avortées, qui suivent de près les systoles normales et échappent à l’exploraüon du pouls. Ces systoles, en effet, ne parviennent pas à soulever les valvules et ne se voient qu'à l’examen des tracés cardiographiques.
La vagotomie ayant pour conséquence d'accélérer le cœur, ralenti par la morphine, et faisant disparaître complètement les intermittences et le rythme associé des contractions, l’origine essentiellement bulbaire de ces modifications n’est pas douteuse.
Cependant, chez l'animal profondément endormi par le médicament, après section préalable des vagues, un léger ralentissement du cœur pouvant être observé, il n'y a rien d’irrationnel à admettre une participation d'influences extrabulbaires, dans la production des effets modérateurs.
Le pouls couplé ou franchement bigéminé qui persiste, après l'accélération du rythme et la disparition des intermittences consécutives à la vagotomie, doit être surtout rattaché à des influences vasculaires et rappelle alors les effets des doses fortes chez la chèvre.
Les modifications du rythme des actions cardiaques, dans les espèces non narcotisées, sont assez particulières. Et d’abord, les effets de ralentissement ne sont bien apparents que chez les animaux offrant une certaine résistance aux actions de la morphine, c’est ainsi que, chez la chèvre et chez le mouton, nous avons constaté que le cœur est, au début, notablement ralenti ; mais 1l est ensuite accéléré, surtout si les doses sont progressivement augmentées.
Par contre, chez le cheval, l’âne, le bœuf, le porc et le chat, les doses faibles modifient peu le nombre des pulsations ; cependant, un ralentissement primitif s’observe parfois, mais généralement ce sont les phénomènes d'accélération qui dominent.
Dans ces espèces, on n’observe pas les intermut-
HN TT ee tences cardiaques vraies que produit la morphine chez le chien. Le pouls bigéminé que nous avons vu chez le bœuf et beaucoup mieux étudié chez la chèvre, en injectant des doses progressivement croissantes, coïncide avec un commencement d’affaiblissement du cœur et l'hypertension artérielle ; 1l trouve sa cause essentielle, dans l'obstacle périphérique apporté à la cireulation, obstacle qui donne au cœur un travail plus considérable à exécuter et doit contribuer à le troubler.
Par la section des pneumogastriques et l’excitation de leur bout périphérique, chez la chèvre, l’âne et le chat, nous avons constaté que les effets d'accélération cardiaque, observés dans les espèces non narcotisées, sont surtout la conséquence d’actions excitantes sur le système accélérateur.
Ces actions excitantes sont primitivement annulées et suspendues, chez la chèvre, par des influences modératrices prédominantes, qui résultent de la double action du médicament sur les centres modérateurs et sur les terminaisons intracardiaques. Quand, après l'injection de doses élevées, le cœur de la chèvre s’accélère, on peut voir que les organes frénateurs périphériques sont paralysés, car l'excitation du vague n’a plus aucune influence.
Chez le chat, beaucoup moins résistant que la chèvre, les effets modérateurs sont plus faibles, et, bien qu'ayant une certaine influence, ils sont dominés par les actions excitantes accélératrices.
Dans les solipèdes, encore plus sensibles à la morphine, les phénomènes d’accélération l’emportent et d'autant mieux que les terminaisons intracardiaques