‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 117 sur 152 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

Oxygène CHE C O? en plus Le CO? en plus

en moins en moins

EXLVI 18 CXLVII 3,6 CXLIX 2

La comparaison des chiffres ci-dessus est suffisamment éloquente et démontre bien que, pendant la narcose morphinique, il se consomme moins d'oxygène et il y a moins d'acide carbonique formé, dans le réseau capillaire général. |

Par conséquent, les combustions sont modérées et l’animal produit moins de chaleur. Mais ce n’est pas la seule raison du refroidissement; car, à côté de cette prodüuction moindre de calorique, il y a des causes multiples qui font perdre de la chaleur au sujet.

L'hypotension artérielle, l’inertie du système vasomoteur, qui aceumulent le sang à la périphérie et produisent de véritable stase, font qu'une quantité plus considérable de sang vient se refroidir au contact de l'atmosphère et des corps extérieurs. Aussi peut-on, dans une certaine mesure, atténuer l'effet de ce facteur important et modérer la baisse de température, en laissant l'animal dans un endroit chaud. Les conditions

inverses sont particulièrement défavorables, etl’hypothermie s’exagère toutes les fois que le sujet s'endort et reste dans un endroit froid.

Cependant, à moins d'une imprégnatlion médicamenteuse trop forte, comme les centres réflexes n’ont point perdu leur activité, le sujet morphinisé peut lutter contre le refroidissement et maintenir sa température à un niveau, qui varie d’ailleurs avec sa résistance et le minimum qu'il a atteint dans les trois ou quatre premières heures. |

Quoi qu'il en soit, Ch. Richet a admis que l’animal en sommeil hypnotique se refroidit par rayonnement périphérique, et cela proportionnellement à sa surface, tandis qu'il ne produit de la chaleur que proportionnellement à son poids. Un animal se refroidira donc d'autant plus que, pour un kilogramme de son poids, sa surface sera plus grande. C’est le cas des petits chiens.

Une autre cause de refroidissement se trouve encore dans l’immobilité du sommeil et le repos musculaire ; nous disons le repos et non la résolution des muscles, car ceux-ci n'ont pas perdu leur activité ; leur tonicité est conservée et nous avons vu que c’est une des raisons qui, jointe à l'insuffisance de ventilation pulmonaire, contribue probablement à accumuler de l'acide carbonique dans le sang.

Enfin, la présence même d'un excès d’acide carbonique dans le sang, ne pourrait-elle pas contribuer, dans une certaine mesure, au refroidissement qui accompagne le sommeil de la morphine?

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