‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 128 sur 152 · GUESS · texte numérisé non relu

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sonnement par la morphine, cet auteur a constaté que les lésions ont pour sièges les cellules nerveuses et les vaisseaux, tandis que les tubes nerveux et la névroglie restent indemnes, ce qui concorde avec les observations de Pilliet.

De plus Sarytchoff a remarqué, à l'examen histologique du cerveau, que les cellules rondes et ovalaires de la région motrice paraissent normales, mais que les cellules pyramidales sont tuméfiées et à contours effacés; dans quelques cellules la substance disparaît, le protoplasma prend un aspect gélatineux ; le noyau se colore mal, le nucléole est brillant et il y a une vacuolisation très apparente, Les vaisseaux du cerveau, surtout les veines, sont gorgés de sang ; quelquefois les parois veineuses présentent des dilatations anévrismatiques.

Dans le bulbe, les lésions siègent surtout dans les cellules ganglionnaires. Dans la moelle, les cornes antérieures des renflements cervical et lombaire sont les plus atteintes.

Dans l’intoxication aiguë, les lésions se traduisent surtout par la tuméfaction des cellules, par laltération des prolongements et la formation de vacuoles; dans l'intoxication chronique, c'est la dégénérescence granuleuse et granulo-graisseuse qui l’emporte.

Ces constatations de Sarytchoff sont fort intéressantes à tous égards; non seulement elles démontrent les électivités immédiates de la morphine, pour les éléments cellulaires nerveux, mais elles concordent parfaitement avec quelques-unes des manifestations symptomatiques que nous avons décrites, et avec les conclusions qui ressortent de nos expériences mano-

métrographiques et hémodromographiques, relativement à l'état de la circulation pendant la narcose oplacée.

Les électivités cellulaires nerveuses de la morphine sont donc certaines ; 1l reste à savoir comment, du contact médicamenteux ou de l'imprégnation des éléments, peut naître le sommeil.

Ici, nous allons nous permettre d’entrer dans le domaine des hypothèses et, nous appuyant sur l’autorité des savants qui ont émis ou soutenu la théorie histologique du sommeil, nous chercherons à l'appliquer au cas particulier de la narcose morphinique.

Les récentes études sur la fine histologie des centres nerveux ont permis de découvrir et de comprendre l'indépendance relative des cellules nerveuses, qui: communiquent, avec les cellules voisines, non par continuilé, mais par contiguïté des arborisations terminales du prolongement cylindraxile des unes avec les prolongements protoplasmiques des autres.

De plus, des faits d'observation dus à Wiedersheim (Anal. Anzq., 1890, cité par Duval) justifient l’hypothèse de la mobilité de ces cellules ou de leurs ramifications terminales qui, par amiboïsme, pourraient s'allonger ou se rétracter.

Par suite de ces mouvements, les rapports de contiguïté, qui établissent des relations entre les neurones, peuvent varier d’un moment à l’autre. D'une part, ces rapports peuvent devenir plus intimes, par l’allongement des ramifications et leur rapprochement, favori-

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