‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 129 sur 152 · LANG · texte numérisé non relu

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= 0104 sant ainsi les communications et l’activité nerveuse; d'autre part les neurones peuvent s’isoler, diminuer ou intercepter les contacts, par rétraction de leurs prolongements, aboutissant à un état favorable au repos.

Or, Mathias Duval, R. Lépine, Pupin admettent que, pendant le sommeil naturel, les ramifications cérébrales du neurone sensilif sont rétractées et que, par suite, les communications, entre l’écorce grise et les centres inférieurs, sont inlerceptées, ne laissant persister que les réflexes. Dans l'exposé magistral qu'il a donné de cette théorie, le professeur M. Duval ajoute que le réveil s’accompagnerait de l'allongement des ramifications el du rétablissement des contacts. Il dit encore que certaines substances (thé, café, alcool) peuvent être considérées comme des excitants de l’amiboïsme des extrémités nerveuses en contiguïté, provoquant le rapprochement des ramifications et facilitant ainsi les communications de neurone à neurone, et l’activité.

Puisqu'on accorde à certains agents où médicaments, connus comme stimulants de l’activité nerveuse, le pouvoir de provoquer leurs effels en facilitant les communicalions -entre neurones, 1l n'y. à pas de raison pour refuser aux hypnagogues, et à la morphine en parüiculier, qui ont des actions contraires, le pouvoir de provoquer un mouvement inverse et de modérer ou supprimer les activités nerveuses, par rétraction des ramifications cellulaires et interceplion des contacts.

On a d’ailleurs un excellent exemple de la suppression de l’amiboïsme des cellules mobiles, dans l’action

anesthésiante, bien connue et directement observée, de l’'anhydride carbonique sur les éléments de la lymphe.

Sous l'influence de cet agent, les leucocytes cessent momentanément de lancer des pseudopodes ; ils se rétractent et deviennent globuleux.

L'hypothèse d’un effet analogue de la morphine et des hypnagogues, sur les cellules nerveuses, est donc parfaitement logique.

Chez les animaux qu'elle narcolise, la morphine déterminerait, d’abord, une stimulation de l’amiboïsme et l'allongement des ramifications terminales, produisant la suractivité fonctionnelle du début; puis, par imprégnalion plus profonde, la rétraction de ces prolongements, l'isolement des neurones et l’état de repos qui caractérise l'hypnose.

Au moment des excilalions intercurrentes, qui viennent troubler le sommeil, les contacts pourraient se rétablir soudainement el passagèrement, mais la persistance de la modification médicamenteuse laisserail, aux manifestations du réveil apparent, les caractères que nous leur connaissons.

Quant aux espèces non narcolisées, pourquoi, chez elles, n’admettrait-on pas que la morphine, au lieu de produire la rétraction des prolongements, indispensable à la suspension des activités, se limiterait à des troubles du fonctionnement cellulaire, par imprégnalion protoplasmique médicamenteuse, Ces troubles pouvant aussi s'accompagner de l’exagération des rapports de contiguïté, nous expliqueraient les manifestations excitantes, avec désordres cérébraux, ivresse agitante, hallucination, incoordination, etc.,

qui caractérisent le morphinisme dans ces espèces. Il y a dans ces faits une simple question d'impressionnabilité différente, dont les exemples abondent en pharmacodynamie.

Ce ne sont assurément là que des hypothèses, mais, dans l’état actuel de nos connaissances, et arrivé à cette limite extrême de l'interprétation des effets d'un médicament, il est bien difficile d'apporter autre chose:

Parmi celles qu'on pourrait admettre, l'hypothèse, à laquelle nous nous arrêtons,a,au moins, le grand avantage d’être en harmonie parfaite avec les données récentes de l’histologie et de la physiologie et de nous montrer, de plus, où pourraient se trouver les points de comparaison possible, entre le sommeil naturel et le sommeil artificiel.

Ce n’est assurément pas du côté des modifications circulatoires, car, si, d’après les études de pharmacodynamie comparée, dontnous avons exposé les résultats, on trouve, d’une part, des sujets narcotisés avec vasodilatation, hypotension vasculaire et stase sanguine, d'autre part, des animaux non endormis, avec vasoconstriction et hypertension artérielle, 1l est facile d'arriver, par l'expérience et par le raisonnement, à conclure en faveur du principe de l'indépendance qui existe entre les modifications de la circulation cérébrale et l'hypnose.

Si les vaso-moleurs sont excilés dans certaines espèces el déprimés chez les autres, c’est par une action corrélative el analogue à celle qui agit sur les centres encéphaliques et qui fait que les animaux sont

excités ou narcotisés. Il est possible que, dans certaines circonstances, les modifications circulatoires ajoutent leur influence à l’action directe du médicament sur les centres nerveux, mais 1l n'ya certainement pas de rapport immédiat, de cause à effet, entre les deux modifications. L'une n’est pas la cause première et exclusive de l’autre, |

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