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sphygmographiques,une énergie que la morphine leur avait fait perdre (voir première partie du tracé). .
Les variations observées ont été les suivantes :
Pression carotidienne. Pouls.
Étabponnal As er. ERREURS TER 146 120 Au moment de l'injection de morphine. . 104 : 150 Cang'inntes aprés. 2e S ee LAN à 120 126 Quinze minutes aprés. + 22e, Nimes pos 156 Après l'injection d'apomorphine cristallisée . 166 SF
Les deux tracés de la figure 198 sont aussi très démonstratifs, car ils nous montrent qu'une injection veineuse de morphine ou d’apomorphine amorphe, à des chiens qui sont déjà sous l'influence de l’apomorphine cristallisée, produit, sur la pression artérielle, des effets qu'il est difficile de différencier et qui justifient encore très bien ce que nous disions plus haut.
Nous avons, d’ailleurs, cherché à le vérifier, indépendamment de toute inscription graphique, en combattant, par des injections hypodermiques, soil les effets excitateurs de l’apomorphine par la morphine, soit les effets déprimants de celle-ci par l’action exeitante de celle-là.
Dans ces circonstances, 1l nous est arrivé fréquemment de voir les effets apparents des deux médicaments se surajouter, sans parvenir à se neutraliser.
C’est ce qui ressortira des différentes expériences, dans lesquelles nous avons étudié les effets de mélanges, en proportions diverses, d’apomorphine ou de morphine.
Auparavant, nous devons ajouter et démontrer que,
comme la morphine, l’'apomorphine amorphe et même l’apomorphine cristallisée favorisent l’action des anes-
thésiques.
EXPÉRIENCE CXCV (24 février 1897).
A.— Un chien, qui a reçu, dans la jugulaire, 18 centigrammes d'apomorphine cristallisée, est sous le coup d’une excitation excessivement violente, ayant tous les caracteres que nous avons rapportés déjà. On le couche sur une table et on lui fait respirer de l’éther., En très peu de temps, l'animal est calmé et endormi profondément. Iln'a pas présenté l'excitation primitive de l’anesthésie et ses défenses ont cessé, avec une rapidité surprenante. Le sommeil anesthésique a été prolongé; une heureet demie après, le sujet était encore sous l'influence abrutissante de l'hypnagogue, mais peu à peu l'excitation apomorphinique a réapparu avec les caractères qu'elle avait au début.
B, — Une injection veineuse de 18 centigrammes d'apomorphine amorphe avait produit, chez un chien, les manifestations ci-devant décrites; l'animal était sur le flanc, complètement inerte, quand on le soumit à des inhalations d’éther. Sans cris, sans agitation, sans défenses, il a été anesthésié profondément et, quand il s’est réveillé, longtemps apres, il n'a pas eu la moindre
excitation de retour,
Nous avons répélé ces essais, six fois avec l’éther, deux fois avec le chloroforme, après injection veineuse ou hypodermique d’apomorphine cristallisée et, bien qu'en pleine phase d’excitation, nos chiens ont été généralement endormis el anesthésiés avec la plus grande simplicité — En rois minutes,en moyenne, on'obtenait lPinsensibihité cornéenne el le réveil avait lieu de quinze à vingt minutes après. Parfois, les sujels restaient
déprimés pendant un temps plus long, mais, aussitôt
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ZE 659 — l'influence immédiate de l’anesthésique disparue, l’agilation, l’hyperexcitabilité, l’effarement, le besoin de courir réapparaissaient comme primitivement.
Ces résultats n'ont rien de surprenant, car nous avons déjà dit que, même chez les animaux qu’elle n'endort pas, le chat notamment, la morphine est un synergique des anesthésiques. Elle prépare leur action, en mettant les centres nerveux dans un état d’éréthisme et d’excitation, qui cède facilement à une imprégnation médicamenteuse secondaire et aboutit, promptement, à la suspension des activités.
Il n’est donc pas étonnant de voir des chiens, en pleine agilation apomorphinique, céder plus vite aux anesthésiques, et passer de cette agitation au sommeil, comme ils passent de l'agitation du début de l’éthérisation à l’insensibilité et à la résolution musculaire de cette anesthésie.
Il. EFFETS PRODUITS, CHEZ LE CHIEN, PAR L'ASSOCIATION DE LA MORPHINE AUX APOMORPHINES.
EXPÉRIENCE CXCVI (18 mars 1897).
Chien 15 kilogrammes. Injection veineuse d'une solution, contenant 5 centigrammes de chlorhydrate de morphine et 5 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine créslallisé, Réveil immédiat du péristaltisme, modifications respiratoires et calme presque subit, Le chien mis à terre, après l'injection, reste couché, abruti, sans force, titubant et tombant lourdement, lorsqu'on cherche à le mettre debout; cependant, au milieu de cette dépression générale, il n’a pas l’hyperexcita-
bilité réflexe du sommeil morphinique.
Une heure et demie après, l'animal a surtout l'apparence d'un sujet très las ; il n’est pas endormi, mais reste couché, le facies immobile, le regard mort et sans expression. |
Pas de collapsus, pas d'hypnose vraie, pas d'hyperexcitabilité,
EXPÉRIENCE CXCVII (18 mars 1897).
Chienne très grasse, 12 kilogrammes. Injection veineuse d'un mélange, composé de 2 centigrammes de chlorhydrate de morphine et 7 centigrammes d'apomorphine cristallisée (solution à 2 pour 100). Immédiatement après, un peu d'agitation avec quelques secousses convulsives. Défécation, miction, hypersalivation.
Puis survient une phase de calme complet ; la bête mise à terre reste étendue sur le flanc, dans l'attitude du sujet qui a reçu de l’apomorphine amorphe., En même temps que la dépression générale, il y a résolution musculaire, atténuation de la sensibilité, et absolument aucun signe d’hyperexcitabilté, comme on l’observe dans le sommeil de la morphine. Comme il n’est pas douteux que, seuls, les 4 centigrammes de morphine,qu'a reçus notre chienne, n'auraient pas provoqué les manifestations que nous observons, on peut admettre que l’intervention du chlorhydrate cristallisé a joué le rôle de syner-
gique.
EXPÉRIENCE CXCVIII (19 mars 1897).
Chien, 14 kilogrammes, On injecte, dans la jugulaire, un mélange composé de ro centigrammes d'apomorphine cristallisée et 5 centigrammes de morphine. Immédiatement, menace de syncope, grande dépression nerveuse et immobilisation du sujet. On le met à terre, il reste quelques instants étendu sur le sol, mais bientôt se manifeste une grande hyperexcitabilité, avec effarement et agitation, rappelant l'action de l’apomorphine, Seulement l'animal conserve une très grande faiblesse
du train postérieur; il a même de la parésie, car il ne parvient qu'avec peine à se tenir sur ses pattes, conserve l'attitude ursine et, quand il se déplace, il traîne ses membres de der-
rière sur le sol.
EXPÉRIENCE CXCIX (28 mai 1897).
Chien mouton, 12 kilogrammes. Injection veineuse d’un mélange de 6 centigrammes de morphine et 6 centigrammes
d'apomorphine cristallisée. Quelques mouvements de défense,
puis immobilisation soudaine du sujet qui, mis à terre, a, au début, l’inertie, l’immobilisation et l'aspect du chien qui a reçu une injection d’apomorphine amorphe.
Mais ceci ne dure pas longtemps; quatre à cinq minutes après, une grande hyperexcitabilité apparaît ; l'animal est effrayé par le moindre bruit, s’agite, cherche à fuir et à courir, mais il semble gêné par un besoin de dormir dominant, qui prend le dessus quand on le laisse bien calme. C'est, en somme, la narcose morphinique, avec exagération considérable de l’hyper-
excitabilité et de ses conséquences.
EXPÉRIENCE CC (31 mai 1897).
A. — Petite chienne, 8 kg. 500. Injection veineuse lente d’un mélange contenant 8 centigrammes de chlorhydrate de, morphine et 8 centigrammes d’apomorphine amorphe.
Dés l'introduction des premiers centimètres cubes, mouvements de défense, cris, menaces de syncope et troubles respiratoires ; puis peu à peu tout se rétablit et se calme pour laisser place à un sommeil profond. Pendant ce sommeil, il n’y a pas d'hyperexcitabilité, la petite chienneréagit à peine à un premier contact ; elle est comme anesthésiée, en résolution musculaire, avec un pouls faible et filant; tension artérielle basse, Cet état a persisté, sans tendance aucune à l'agitation, et le réveil a, lui
aussi, été calme.
B.— Chien loulou, 10 kilogrammes. Injection lente d’un mélange composé de 16 centigrammes de morphine et 16 centigrammes d'apomorphine amorphe.
Comme la petite chienne de l'essai précédent, le sujet a présenté d’abord une violente agitation avec cris et défense énergique, mais rapidement suivis du même calme et de l'immobilisation, avec insensibilité ét résolution musculaire, Le chien a été endormi lourdement, après avoir eu du réveil du péristaltisme et des défécations. La respiration très lente, le pouls imperceptible ; seul le réflexe cornéen persistait.
Soudainement, presque sans qu'on s'en aperçoive, la respiration s’est arrêtée et l'animal est mort sans spasme, ni convulsion, Cet accident inattendu, car nous ne pensions pas avoir injecté une dose mortelle, nous a au moins démontré que la morphine et l’'apomorphine amorphe se comportent comme des synergiques puissants, pour produire la paralysie des centres
nerveux.
EXPÉRIENCE CCI (16 mars 1897).
A un chien de 14 kilogrammes j'injecte, dans le tissu conjonctif sous-cutané, un mélange contenant ââ de morphine et d’'apomorphine cristallisée, 1a centigrammes. Deux minutes après, vomissements; puis survient bientôt l'agitation avec besoin de courir, déplacements continuels, effarement et symptômes habituels de l’apomorphine cristallisée.
Cependant, la parésie du train postérieur est très accusée, l'animal paraît déprimé et dominé par un besoin de dormir que l’action de l’apomorphine entrave.
En effet, en pleine agitation, on le voit tomber fréquemment, sans force, comme épuisé ; il s'étend sur le côté comme s'il se décidait à rester en repos; mais, brusquement, il se relève pour s'agiter de nouveau, et ces différentes phases alternent souvent.Il y à en somme tous les effets excitants de l'apomorphine cristal . lisée, développés parallèlement avec ceux de la morphine, qui
imposent un besoin de dormir qui ne peut pas être satisfait.
EXPÉRIENCE CCII (18 mars 1897).
Chien, 14 kilogrammes. Injection hypodermique d'un mélange contenant, morphine et apomorphine cristallisée 4ä, 10 centigrammes. ‘Trois minutes après, environ, vomissements répétés, Dix minutes après, apparition des effets excitants de l’apomorphine cristallisée, concurremment avec une parésie prononcée du train postérieur et une grande faiblesse générale, que parvient à dominer cependant l'agitation apomorphinique.
On renouvelle, dans les mêmes conditions, l'injection d’une dose double du même mélange médicamenteux, qui ne fait qu'exagérer l'affaiblissement et la parésie postérieure, mais l'animal reste toujours très excitable, très excité, et s’agite au
moindre bruit.
EXPÉRIENCE CCHI (26 octobre 1897).
A un petit chien mouton, pesant 7 kilogrammes, je fais une injection hypodermique de morphine et d'apomorphine cristallisée, à raison de 3 centigrammes par kilogramme. Après quelques vomissements, l'animal s'est un peu agité, mais il a fini cependant par céder au sommeil, à
La parésie postérieure est exagérée, mais, malgré la prédominance des influences morphiniques, l'animal est plus hyperexcitable que normalement et, quand on le réveille, il montre
l'agitation, l'effarement, etc., de l’apomorphine cristallisée.
EXPÉRIENCE CCIV (26 mai 1897).
A.— Chien mouton, 15 kilogrammes. Injection hypodermique de morphine et d’apomorphine amorphe äâä, 8 centigrammes. Nausée et vomissements ; puis excitation très apparente, besoin de courir, modéré par l’action narcotique de la morphine qui semble l'emporter. Le sujet s'endort par moments,