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XXII. — Les actions antagonistes des deux apomorphines sont également manifestes, lorsqu'on introduit, dans une veine, un mélange de chlorhydrate cristallisé et de chlorhydrate amorphe; mais, de cette neutralisation physiologique apparente, il ne faut pas conclure à l’innocuité du mélange, car la détermination expérimentale de son degré toxique, chez le chien, montre que sa dose mortelle est presque égale à celle du chlorhydrate amorphe, injecté isolément. Par conséquent, entre les deux sels d’apomorphine, l’antagonisme toxique n’existe pas et est remplacé, aux doses fortes, par des effets synergiques.
XXIII. — Chez les animaux, y compris le chien, les influences cérébrales de l’apomorphine sont plutôt excitantes ; elles se traduisent par des troubles psychiques, de l’effarement, une sorte d'ivresse agitante avec hallucinations; mais elles ont d'autant moins d'importance, que l'animal considéré appartient à une espèce qui résiste, habituellement, aux effets soporifiques de la morphine. Du reste, les affinités électives de l’'apomorphine en font surtout un modificateur bulbomédullaire, dont les actions, pour les parties périphériques du système nerveux, paraissent également renforcées.
On peut voir des animaux fortement apomorphinisés, présenter une insensibilité relative à la douleur, puisque certains d’entre eux se mordent et se blessent grièvement, sans paraître en souffrir; cependant, ce fait peut être aussi la simple expression d'une modifcation profonde des perceptions nerveuses centrales.