‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 23 sur 152 · V. EFFETS APPARENTS DE LA MORPHINE CHEZ LES SUJETS DE L'ESPÈCE CAPRINE · texte numérisé non relu

V. EFFETS APPARENTS DE LA MORPHINE CHEZ LES SUJETS DE L'ESPÈCE CAPRINE

Deux faits importants ressortent de l'étude que nous avons faite de l’action de la morphine chez les animaux de l'espèce caprine :

1° L'absence de modifications cérébrales, caractérisée non seulement par l'absence de toute manifestation de narcotisme, mais encore par la conservation de l'intelligence, faisant que l’on ne voit jamais une chèvre morphinisée montrer des hallucinations, du vertige, pas plus d’ailleurs que du collapsus.

2° La résistance vraiment remarquable des caprins aux doses fortes de morphine, résistance qui est telle que l’on peut injecter des doses énormes de ce médicament dans le tissu conjonctif, voire même dans les veines, sans réveiller les symptômes {rès graves et rapidement mortels qu’elles devraient produire.

Les effets des doses moyennes (5 à ro cenligrammes par kilogramme) de morphine chez la chèvre s'annoncent habituellement par des manifestations d'inquiétude ; la bête pousse des bèlements plaintüfs, dresse les oreilles au moindre bruit, piétine sur place et surtout a des mächonnements réitérés avec mouvements des lèvres, semblant indiquer qu'elle éprouve, du côté de la bouche, des sensations particulières un peu désagréables. D'ailleurs, ces mouvements des mâchoires et des lèvres, que nous signalons, se continuent assez longtemps et se transforment progressivement én un

besoin de mordiller, qui fait que la chèvre saisit avec les dents les objets environnants et prend avec avidité les aliments qu'on lui présente.

Chez le cheval, chez le bœuf, mais surtout chez le porc, nous avons déjà noté ces mouvements des màchoires, nous les verrons encore chez le mouton et les soulignons tout particulièrement 1c1, car nous aurons à y revenir à propos de l’apomorphine. Nous trouverons de ce côté une première comparaison très intéressante à faire.

Petit à petit, chez la chèvre morphinisée, apparaît une raideur du système musculaire, qui fait que la bête redresse fortement l’encolure en arrière et éprouve quelque difficulté à se déplacer ; les articulations sont raides ; les membres, surtout les postérieurs, se déplacent comme des piquets.

À peine quelques troubles respiratoires ; un peu d’hyperexcitabilité avec tendance au mouvement, qui fait que l'animal se promène ou piétine sur place.

Malgré cela, la physionomie de l'animal en expérience ne change pas, l'intelligence semble intacte ; la bête s'inquiète de ce qui se passe autour d'elle, répond à la voix, suit la personne qui lui offre des aliments et les accepte avec satisfaction.

A l'approche d’un chien, son attitude devient défensive et on peut la voir présenter le front comme si elle voulait donner un coup de tête.

On observe aussi parfois de l’hypersécrétion salivaire, mais ce symptôme habituel est plus où moins marqué, suivant les doses el suivant les sujets.

L'injection de 20 centigrammes par kilogramme,

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