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même dans la veine, produit une simple exagération des symptômes précédents, sans modifier davantage l’état cérébral du sujet. Quand la dose n’a pas été mortelle, l’animal se rétablit assez vite et, progressivement, disparaissent tous les troubles ci-devant décrits.
Quand on injecte d’un seul coup une dose mortelle de morphine dans le tissu conjonctif, pour suivre le développement graduel des symptômes toxiques, on voit se succéder avec plus d'intensité toutes les manifestaüons précédentes, auxquelles s'ajoutent des tremblements musculaires généralisés, qui se montrent d’abord sous forme de frissons périodiques qui vont en s’aggravant et en s’exagérant au point de se transformer en crises véritables qui secouent violemment le corps du sujet.
A cette phase, les troubles respiratoires deviennent alarmants ; les inspirations sont pénibles et profondes ; la bouche est ouverte ; la langue, sortie avec force, est violacée ; le sujet a l'aspect d'un animal qui asphyxie. Mais 1l n y a toujours pas de changement du côté du cerveau. Même aux limites les plus extrêmes de l'intoxication, on ne voit ni perte de l'intelligence, n1 hallucinations, ni vertige, ni manifestations d'ivresse agitante.
Rapidement les symptômes s’aggravent, les convulsions se rapprochent en s'exagérant, la bête se tent debout avec peine ; elle est agitée de tremblements généraux et tombe sur Le sol. Peu à peu les mouvements convulsifs s’affaiblissent, seule la difficulté de respiralion persiste et, quand survient la mort, iln'y a pas de crises plus violentes.
Mais, pour arriver à obtenir ces phénomènes d'in-
Rare toxication, il faut, lorsque les animaux sont Jeunes et bien portants, administrer des doses très fortes, car, nous l'avons dit, la chèvre offre encore une résistance fort remarquable à l’'empoisonnement par la morphine
Un de nos sujets d'expérience a supporté #5 centigrammes par hkilogramme; il est vrai que d’autres ont été tués par des quantités plus fables. Mais, sans exagérer, nous pouvons admeltre qu'une chèvre en bon état peut parfaitement tolérer la dose de 95 à 30 centigrammes par kilogramme. On peut même introduire cette proportion énorme dans une veine, sion a le soin de la fractionner et de l’injecter dans un intervalle de deux heures au moins.
Ces chiffres sont suffisamment éloquents, surtout si on les met en parallèle avec ceux qui représentent les doses mortelles du même alcaloïde chez d’autres ani-
maux.
La morphine chez le mouton. — L'étude du morphinisme chez le mouton est moins intéressante; mais d’'ælleurs, à part la résistance de ces animaux qui est beaucoup moins grande, elle diffère assez peu de celle que nous avons faite chez la chèvre. Ce sont les mêmes symptômes apparents du côté des mâchoires, qui sont animées de perpétuels mouvements de diduction avec grincements de dents; du côté de la locomotion, de l'attitude générale du corps, des fonctions cérébrales, etc. Aussi nous contentons-nous d'enregistrer ici ces seules constatations que nous ne développerons pas.
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