‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 36 sur 152 · PRIE · texte numérisé non relu

PRIE

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ae: ro phine amorphe et on assiste à une chute progressive de la pression avec accélération du cœur et irrégularité respiratoire. Cependant, cette première chute de pression n'est pas excessive etne dépasse pas 116 millimètres. L'animal est sous cette influence depuis cinq minutes quand on inscrit le tracé C (fig. 31) où se voit le résultat obtenu.

Dans ces conditions, pour la deuxième fois, on revient au chlorhydrate d'apomorphine cristallisé qui, plus lentement que la première fois, mais aussi sûrement, relève la pression, sans lui faire atteindre son niveau primitif.

Pendant cinq minutes on laisse cette influence s'accuser et on prend le tracé D (fig. 31), où sont indiqués les faits que nous annonçons. Enfin, pour la dernière fois, en présence de cet état de choses, qui se maintient, on fait une injection veineuse de 20 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe.

L'action dépressive déjà connue succède à cette dernière injection et l’on voit la courbe manométrique descendre à un niveau qu’elle n'a pas encore atteint.

N'ayant pas l'intention de pousser plus loin l'expérience et suffisamment renseigné sur ces cffets opposés et antagonistes des deux apomorphines, sur la tension artérielle en particulier, nous laissons dix minutes s'écouler et nous terminons l'essai en prenant le tracé 32 qui termine la série et démontre le fait par nous avancé.

Pendant toute la durée de cette expérience, l’état général du sujet, difficile à bien analyser, car il était immobilisé, a subi la plupart des modifications habituelles.

C'est ainsi qu'après la première dose de sel cristallisé il a paru plus excitable, tandis que l'apomorphine amorphe, injectée ensuite, l'a manifestement calmé ; mais la nouvelle dose d’apomorphine cristallisée l'a de nouveau excité et,. à partir de ce moment, malgré les 20 centigrammes d’amorphe, injectés en dernier lieu, malgré l’hypotension produite, l'excitation avec agitation et hyperexcitabilité a constamment dominé,

D'ailleurs lorsque la dernière bande de tracé a été prise, on a

mis l'animal à terre et on a bien vu, plus distinctement, qu'il

Me était agité, mais en même temps très affaibli, surtout dans le train postérieur qui conservait l'attitude hyénoïde.

On revoit le sujet trois heures aprés; 1l se promène en titu-

Fig. 32. — Dix minutes après une dernière injection veineuse de 20 centigrammes

de chlorhydrate d’apomorphine amorphe. (Réduction 1/6.)

bant et se tient debout avec peine; malgré cela, il marche tou- Jours et ne peut rester au repos.

Le lendemain, il était complètement rétabli.

En plus d’un point, cette expérience est instructive ; d’abord pour la démonstration que nous poursuivons des effets contraires du sel d'apomorphine amorphe et du sel cristallisé :

De 165 millimètres la pression est portée à 196, par 10 centigrammes d'apomorphine cristallisée ;

De 196 elle est descendue à 120, par 10 centigrammes d'amorphe ;

De 120 elle est remontée à 144, par 10 centigrammes de cristallisée ;

Enfin de 144 elle retombe à r10, sous l'influence de

MCE la dernière dose de 20 centigrammes d’apomorphine amorphe.

Cette expérience démontre encore qu'à la suite des injections alternantes de sel amorphe et de sel cristallisé ce sont, à la fin, les effets d’excitation qui dominent, entravés cependant par la dépression nerveuse et la parésie du train postérieur que les deux médicaments concourent à aggraver.

Enfin, il est évident que la narcose de l’apomorphine amorphe est probablement indépendante de l’hypotension qu'elle produit, puisqu'à la fin de notre expérience l’animal était en hypotension et n'était pas narcortisé.

De ces différentes études graphiques, il ressort donc clairement que les effets des deux sels d’apomorphine sur la circulation sont opposés et peuvent se combattre mutuellement, quand ils sont provoqués par des injections alternatives et successives de chaque médicament.

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