‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 44 sur 152 · IR · texte numérisé non relu

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Autour de 16 à 17 centimètres cubes, une grande crise convulsive assez violente est survenue, mais elle s'est calmée : la respiration est entre-coupée, le cœur bat très fort,

Deuxième crise après l'injection du 19° centimètre cube, mais comme la première elle disparaît ; cependant le lapin ne résiste pas davantage, sa respiration est très superficielle et s'arrête après l'introduction de 20 centimètres cubes.

L'animal a donc reçu 40 centigrammes de poison: 20 cenligrammes de chaque sel. Il pesait 2kg. 250, ce qui donne 177 milligrammes de poison par kilogramme; soit 88 milligrammes d'apomorphine cristallisée, 88 milligrammes d'apomorphine amorphe,

En résumé, lorsqu'on injecte dans la veine du lapin le mélange des deux apomorphines, on parvient à en introduire une quantité supérieure à celle qui est mortelle lorsqu'il s’agit de chaque sel isolé.

Il y a probablement une neutralisation partielle par antagonisme réciproque ou bien, ce qui est plus hypothétique, un des agents s’efface devant l’autre et le laisse produire seul ou presque seul les effets toxiques qui amènent la mort. Nous voyons, en effet, que, dans deux au moins de nos essais, l’apomorphine cristallisée, dont l'équivalent toxique est 65 milligrammes, figure dans le mélange dans la proportion de 61 milligrammes.

Cependant, nous croyons plutôt à un effet antagoniste pour la raison que parfois on peut arriver à introduire, au moyen du mélange, des doses d’un seul sel, supérieures à la dose qui tue quand ce sel est essayé isolément. C’est le cas dans l'expérience XLVIII où notre lapin a pu recevoir 88 milligrammes d'apomorphine cristallisée, mélangée à 88 milligrammes d’amorphe, tandis qu'il eût été tué par 65 milligrammes seulement du sel cristallisé, injecté pur.

EXPÉRIENCE XLIX (28 mai 1897).

Chien mouton, pesant 12 kilogrammes, en excellent état. Injection veineuse lente, d’un mélange à parties égales de deux solutions, à 2 pour 100, d'apomorphine cristallisée et d’apomorphine amorphe. |

Dès l'introduction des premiers centimètres cubes, le chien commence à s'agiter. Il n’a pas de vomissements. L'agitation est presque continuelle, mais sans violence. Progressivement le sujet devient hyperexcitable et d'autant plus que la dose est plus élevée.

Au trente-cinquième centimètre cube, il prend une violente crise convulsive, tétaniforme, qui disparaît et est suivie de deux ou trois autres; à partir de 40 centimètres cubes, notre sujet semble plus calme, mais il respire difficilement; son pouls est devenu faible et la mort survient sans autre accès après le 52° centimètre cube ; ce qui représente 1 gr. 04 du mélange, soit 80 milligrammes par kilogramme.

EXPÉRIENCE L (31 mai 1897).

Chien, race commune, 9 kilogrammes, Injection veineuse, lente, d'un mélange à parties égales de deux solutions à 2 pour 100 des sels d'apomorphine,

Les premiers centimètres cubes provoquent des mouvements de défense et de l'agitation comme dans l'expérience précédente. Tout d’ailleurs se déroule de la même façon et l'animal meurt à 38 centimètres cubes; soit 76 centigrammes du mélange des

deux sels, et 84 milligrammes par kilogramme.

Nous constatons, non sans surprise, que la dose totale du mélange est presque égale à la dose toxique du chlorhydrate d’apomorphine amorphe, injecté seul :

rte dans tous les cas, chez le chien, l’antagonisme {oxique des deux apomorphines est beaucoup moins évident que chez le lapin; nous pouvons même dire qu'il ne l'est pas du tout, mais cela n'implique rienrelativement à l’antagonisme physiologique que nous avons déerit et prouvé plus haut.

Quand nous comparerons la morphine aux apomorphines, nous reviendrons sur ces équivalents toxiques et trouverons l’occasion de faire des parallèles intéressants entre les doses mortelles, les coefficients expérimentaux et les coefficients vrais.

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