‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 47 sur 152 · POUR · texte numérisé non relu

POUR

Après, surviennent l'excitation, l'agitation, l'hyperexcitabilité avec effarement, timidité, besoin de courir et fuite à la moindre approche. Il est constamment en mouvement dans la cour où on le laisse libre, mais il est aussi très affaibli du train postérieur et s'affaisse fréquemment sur le derrière.

Chez lui, comme chez le précédent, nous notons l'hypersécrétion salivaire.

Après avoir couru pendant une dizaine de minutes, notre animal reste couché, semblant très déprimé et s’incurve fortement à droite ; essayant parfois quelques mouvements de manège.

Il s’est parfaitement rétabli.

E. Chien, pesant 19 kilogrammes. Injection hypodermique, en deux fois, de 96 centigrammes d’apomorphine.

Un intervalle d’une minute seulement s’écoule avant les vomissements, qui disparaissent d’ailleurs presque aussi vite qu'ils se sont montrés. Comme le précédent, cèt animal a montré l’hyperexcitabilité, l'agitation, l’effarement, le besoin de courir que nous connaissons; mais aussi, très déprimé et manquant d'énergie dans son train postérieur, il ne s’est pas surmené longtemps.

Cinq minutes après, on letrouve couché, éprouvant de grandes difficultés pour se relever, toujours excitable, mais surtout très déprimé ; ce qui fait qu'il se contente de s'agiter sur place et ne court pas comme les autres.

Il manifeste comme un commencement de narcose, surtout parle fait de la grande dépression nerveuse que nous signalons.

Une heure après, ce chien tournait en manège à droite, sur un cercle très restreint. |

Dans ces cinq essais nous voyons surtout que les injections hypodermiques d’apomorphine, même à doses fortes, sont toujours nauséeuses ; mais il yaun rapport inverse entre la quantité de médicament ad-

ministrée el la durée des vomissements, particularité

re OL

sur laquelle nous reviendrons plus loin en rappelant ces essais.

De plus, nous constatons que tous les chiens ont eu de l’hyperexcitabilité et de la stimulation motrice, mais que notre apomorphine amorphe était en même temps rapidement et puissamment dépressive. Le chien E surtout, qui avait reçu une très forte dose, était particulièrement déprimé.

EXPÉRIENCE LX (1°° mars 1897).

Chien de 12 kilogrammes. Injection hypodermique de 18 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe.

Premiers effets apparents ; agitation, salivation, mâchonnements prémonitoires du vomissement, après trois minutes. Vomissements après quatre minutes et demie.

Ces vomissements se sont répétés un certain nombre de fois, pendant huit à dix minutes, mais au bout de vingt à trente minutes, on a vu manifestement apparaître de la faiblesse du train postérieur.

Pendant que s'accusent ces effets déprimants, qui dominent tout, l'animal est seulement un peu effaré, craintif, peureux et hyperexcitable, mais il ne s’agite pas et ne cherche pas à courir comme les autres. Il faut le stimuler beaucoup pour qu'il se lève et cherche à fuir mollement, car il a perdu toute énergie et se recouche rapidement pour rester immobile,

Dans ce cas, l'injection hypodermique d’apomorphine amorphe a été beaucoup plus parésiante qu'excitante.

EXPÉRIENCE LXI (6 mars 1897).

A. Petit chien de 5 kilogrammes. Injection hypodermique de 20 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe.

Vomissements après un intervalle de deux minutes, peu nombreux et peu prolongés.

Au bout de cinq à six minutes, apparaissent les signes non douteux d'une vive agitation; agitation avec hyperexcitabilité considérable et stimulation motrice analogue en tous points à celle que produit le sel cristallisé.

La confusion est possible.

Cependant, assez rapidement, se montre aussi la parésie du train postérieur, qui, nous le savons, n’est pas un caractère différentiel complet, de telle sorte que nous pouvons dire que chez ce petit chien, notre apomorphine amorphe, poussée sous la peau, s'est comportée comme l’apomorphine cristallisée, ce que démontre d’ailleurs l'essai suivant fait chez un animal de même poids que celui-ci.

B. Petit chien, pesant 5 kilogrammes. Pour permettre la comparaison avec le précédent, anjection de 20 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine cristallisée.

Quelques vomissements au bout de deux minutes, puis, peu de temps après, inquiétude, effarement, hyperexcitabilité, agitation, stimulation motrice, etc., toutes les manifestations complètement décrites déjà, qui se montrent d'ailleurs avec autant d'intensité que possible.

La seule différence avec le chien A, c’est que, chez celui-ci, l'hypersécrétion salivaire a paru plus abondante, les mouvements plus brusques peut-être, et le train postérieur moins faible, mais ces différences sont bien peu marquées et pourraient fort bien passer inaperçues.

-C. Je reviens au chlorhydrate d'apomorphine amorphe et, dans le tissu conjonctif d’un chien de 10 kilogrammes, j'en injecte 40 centigrammes,

Vomissements après deux minutes; puis, comme le chien À, l'animal s'est agité, mais il est apparemment très faible du train postérieur.

Une nouvelle dose de 20 centigrammes ne calme en aucune façon l'hyperexcitabilité et la stimulation motrice, mais exagère encore la parésie qui bientôt met l'animal dans l'impossibilité

de se tenir debout. Il s'agite alors sur place, exécutant sur le sol des mouvements natatoires comme ceux dont nous avons

déjà parlé.

Le bilan de ces expériences est facile à établir ; comme nous l'avons annoncé plus haut, l'enseignement qu'on y trouve parle bien en faveur de ce que nous avons dit à propos de l’influence de la voie d’introducüon sur les effets de l’apomorphine amorphe.

Les effets du sel cristallisé sont généralement peu modifiés et, en somme, se traduisent toujours par l’hyperexcitabilité et la stimulation motrice ;: mais on ne retrouve pas, dans les injections hypodermiques, l’action narcotique puissante et prolongée que les injections veineuses de doses convenables d’apomorphine amorphe produisent toujours et qui séparent si franchement ce sel de son homologue cristallisé.

Cependant, il paraît certain que, même introduit par la voie du tissu conjonctif sous-cutané, le sel amorphe est plus déprimant et plus parésiant que l’autre ; avec lui les animaux, bien qu’agités, sont plus rapidement fatigués et affaiblis. |

Nous aurons à rechercher le pourquoi de ces différences, mais auparavant 1l sera peut-être intéressant de voir si, sur les tracés, elles s’accusent de la même facon et dans les mêmes conditions.

Dans deux séries d’essais nous avons recherché si, injectées sous la peau, les deux apomorphines produisent sur la pression les effets qui leur sont propres et qui sont : l'hypertension ou la conservation du niveau pour le sel cristallisé ; l’hypotension pour le sel amorphe.

Nos essais ayant été concordants, nous donnerons simplement un exposé détaillé de l’un d’eux, dans lequel nous allons voir l'indépendance relative qu'il y a entre les effets généraux sur le système nerveux et les effets sur la pression et la circulation.

EXPÉRIENCE LXII (11 mars 1897).

Chien bien portant, vigoureux, pesant 20 kilogrammes. On inscrit ses mouvements respiratoires, sa pression carotidienne et son tracé sphygmographique.

L'état normal (fig. 39) n'offre rien de particulier, si ce n'est la courbe pneumographique très accidentée, par suite des tremblements généraux qui secouent le sujet continuellement.

En vue d'accuser rapidement les effets, on injecte sous la peau 40 centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine cristalisé.

Deux minutes après surviennent des vomissements, dont les indications graphiques seront utilisées plus loin. Ces vomissements se répètent, mais ne durent pas longtemps.

En revanche, l'animal s’agite et se débat sur la table.

On laisse dix minutes s'écouler depuis la dernière nausée, et on inscrit le tracé 39, où nous pouvons voir que la courbe manométrique, bien qu'un peu plus basse qu'auparavant, se maintient cependant à un niveau moyen peu différent, 153 millimètres au lieu de 165 (fig. 40).

Les choses ne changeant pas, nous cherchons à accuser les troubles en injectant une nouvelle dose de 40 centigrammes de poison, ce qui porte le total à 80 centigrammes.

Cette deuxième injection produit de nouveaux efforts de vomisment, excite beaucoup le sujet, accélère la respiration: accélère

et affaiblit les pulsations sphygmographiques et surtout élève

Fig. 39. — Tracé normal avant injection hypodermique d'apomor-

phine cristallisée : M, pression; — P, sphygmographe; — R, respiration ; — S, secondes. (Réduct. 1/4.)

Fig. 40. — Dix minutes après les vomissements provoqués par une injection hypodermique de 40 centigrammes d’apomorphine cristallisée. (Réduct. 1/4.)

considérablement la pression artérielle, qui atteint 192 millimètres et s’y maintient (fig. 41).

La dose est évidemment toxique et il y a tout lieu de croire que la vie du sujet est en danger; on cherche à le calmer en lui

PRIRENT OT EEE IF PERRIER RER EAN AET EI AT FREE à 2 CIS HET 2 EP DEA EI DIET COS PEN SE RES

Fig. 41. — Après administration de 8o centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine cristallisé sous la peau.

faisant respirer de l’éther qui l'endort lourdement et profondément.

© On libère l'animal des appareils et on le met à terre: il se réveille longtemps après el, presque aussitôt, présente encore des nausées et des efforts de vomissement qui paraissent très pénibles. Une heure cinquante -trois se sont écoulées depuis la première injection.

Le lendemain, l'animal est trouvé mort dans sa loge.

EXPÉRIENCE LXIII (9 mars 1897).

Chien 15 kilogrammes. Comme précédemment, on inscrit la respiration, la pression et le tracé sphygmographique.

La figure 42 reproduit l'état ‘normal des fonctions étudiées,

Fig. 42. — Tracé normal, avant une injection hypodermique de chlorhydrate d’apomorphine amorphe, — M, P,R,S, même signification que dans les autres tracés. (Réduct. 1/4.)

Dans le tissu conjonctif sous-cutané, on injecte 40 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe.

Deux minutes après, l'animal a des vomissements qui se répètent quatre fois,

Après cette phase nauséeuse, qui a troublé la pression et la respiration, la courbe manométrique présente de grandes oscillations qui, peu à peu et très progressivement, s’accusent du côté de-la chute.

Quinze minutes après, je détache le fragment de la figure 45;

DO

pendant que l'animal semble très calme et complètement en

dehors des influences vomitives.

Fig. 43, — Quinze minutes après les vomissements provoqués par 4o centisrammes de chlorhydrate d’apomorphine amorphe, sous la peau. (Réduct. 1/4.)

De 139 millimètres, la pression est tombée à 120 ; proportion-

nellement à ce que nous avons vu avec le sel cristallisé, l'écart

mi

Fig. 44. — Après une injection hypodermique de 6o centligrammes d'apomorphine amorphe.

nest pas grand, et, en somme, la pression s'est assez bien soutenue jusque-là (fig. 43).

Nous pratiquons une deuxième injection hypodermique de 20 centigrammes, portant la dose totale à 6o centigrammes.

Cette deuxième dose ne produit pas de nouvelles nausées ni de vomissements, mais accuse simplement le mouvement .de chute de la pression. Nous laissons cette hypotension se produire lentement, sans intervenir et après vingt-cinq minutes nous inserivons le tracé 44 où se trouve fixé le résultat acquis.

Il est certain que, si nous comparons ces résultats à ceux que nous avons obtenus avec les injections veineuses, 1l y a des différences notables. — Eninjection hypodermique, l'apomorphine amorphe ne fait jamais tomber la pression à un niveau bien inférieur ; peutêtre même la modifierait-elle beaucoup moins encore si l'animal n’était pas immobilisé comme il l’est sur la table.

Mais, dans les conditions où nous avons opéré, nous

ne comparons que ce que nous à donné lPinjection . hypodermique de sel cristallisé avec ce que nous a donné l'injection hypodermique de sel amorphe et nous constatons que le premier tend toujours à élever la pression, tandis que le second tend à l’abaisser. Ce dernier effet est moins prononcé que le premier et pour être vus dans ces conditions, l’un et l’autre exigent l'emploi de doses fortes de médicament. C'est tout ce qu'il nous fallait démontrer.

A propos de l’absorption des sels d’apomorphine par la voie rectale.

Les différences que nous avons constatées entre les effets du chlorhydrate d'apomorphine amorphe, suivant

qu'il est introduit par une veine ou par le tissu conjonctif sous-cutané, nous amènent à faire ici une comparaison entre la rapidité d’absorption et les doses d’apomorphine que l'on doit injecter lorsque le médicament est confié à la voie rectale, au lieu d’être introduit sous la peau.

Nous n'aurions peut-être pas songé à parler de ce détail, s’il n'avait été déjà mis en discussion dans des travaux antérieurs.

En effet, fixant les doses d’apomorphine à employer chez l'homme adulte, Jurasz indique 5 muilligrammes à 2 centigrammes et plus. Par la bouche la dose doit être triplée et, en lavement, elle doit être plus élevée encore ; ce qui signifie que la muqueuse rectale absorbe le médicament plus difficilement que les autres voies. C’est l'opinion de Dabadie, qui prétend avoir administré, par la voie rectale, à un chien de chasse de moyenne taille, des doses successivement croissantes, el ajoute que ce n’est qu'après avoir fait prendre 15 centigrammes qu'il a obtenu le vomissement.

y a là une particularité qui n’est certes pas en rapport avecle pouvoir d'absorption habituel du rectum, ni avec la facile pénétration ordinaire de l'apomorphine.

Nous avons cherché à vérifier la chose et voici, dans l'ordre où nous les avons faites et avec toutesleurs péripéties, les expériences réalisées par nous chez le chien.

EXPÉRIENCE LXIV (2 mars 1897).

A. Chienne, 14 kilogrammes. Après lavage du rectum par un lavement tiède préalable, dont on attend l'évacuation, nous

A adtie GNEY

injectons avec la canule de Condamin, adaptée. à la seringue Pravaz, :18 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe, dissous dans 9 centimètres cubes d’eau.

La canule dont nous nous servons, qui est, comme nous venons de le dire, construite sur le modèle établipar Condamin, en diffère cependant, parce que, pour les animaux, nous l'avons fait redresser, ce qui nous permet de l'introduire profondément dans la partie terminale du tube digestif et de porter notre solution à 10 centimètres au moins dé l'ouverture anale.

Dans l'expérience dont nous parlons; l'injection a été parfaitement faite, et, dès le début au moins, la chienne l’a très bien tolérée. Cependant, deux minutes se sont à peine écoulées que, sans efforts apparents, l'animal laisse échapper une bonne partie du liquide.

Est-ce pour cette raison ou pour une autre, il n’en est pas moins vrai que la bête n’a pas vomi et n’a rien présenté d’anormal,

Il nous paraît douteux, cependant, qu'elle ait évacué la totalité de la dose administrée.

B. Chien, 12 kilogrammes. Avec le même procédé et après lavage préalable du rectum, nous injectons 2 centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine cristallisée dans cet organe.

Cette injection ne fait absolument rien.

Nous renouvelons l'administration et portons la dose à 14 centigrammes. Une partie de la solution est rejetée sans qu'il soit possible d'en évaluer la quantité; malgré cela, après six minutes, apparaissent les premiers efforts de vomissement qui se sont répétés et prolongés pendant assez longtemps. Mais nous n'avons pas vu d'autres phénomènes, et aucune des manifesta-

tions générales précédemment décrites ne s'est montrée.

EXPÉRIENCE LXV (3 mars {1897).

Chien de chasse, 15 kilogrammes. Apres administration d'un,

lavementtiède, dont on attend la complète évacuation, on injecte,

dans le rectum, ro centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine cristallisé, Immédiatement l'animal a des efforts expulsifs, aux quels on s'oppose en le surveillant de très près. Les dix premières minutes s’écoulent sans apparence de vomissement ; une partie du médicament est expulsée. On renouvelle la dose de 10 centigrammes qui détermine des vomissements au bout de cinq minutes environ.

EXPÉRIENCE LXVI (5 mars 1897).

Deux chiens de forte taille, et à peu près de même poids, reçoivent dans le rectum, sans aucune préparation préalable, l’un 18 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine cristalli sée, l’autre la même quantité de chlorhydrate amorphe.

Sans différence bien appréciable, chaque animal a vomi, cinq minutes après l'administration ‘du médicament qui, de chaque côté, a été bien toléré.

En plus des vomissements, seul le chien qui a reçu le chlorhydrate d'apomorphine amorphe a présenté de la faiblesse générale et une parésie marquée du train postérieur, sans agitation.

L'autre n'a rien offert de particulier.

EXPÉRIENCE LXVII (9 mars 1897).

incouragé par l'essai du 5 mars, nous nous proposons de diminuer beaucoup la quantité d'apomorphine qui nous a donné de bons vomissements, par injection rectale chez deux chiens,

A, Faisant usage d'une solution à 2 pour 100 et de la seringue de Pravaz, armée de la longue canule, nous injectons, dans le rectum d'un chien pesant 14 kilogrammes, 7 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine cristallisée. Aucun lavement préalable n'avait été administré.

Deux à trois minutes après, l'animal commence à se lécher et et à saliver; cinq minutes après il vomit, et ces vomissements se répètent quatre fois sans autres troubles généraux.

B. Petit chien de 7 kilogrammes. Injection rectale, dans les mêmes conditions, de 2 centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine cristallisée.

Les vomissements se montrent six minutes après, se répètent et se prolongent pendant environ dix minutes.

C. Chienne, 11 kilogrammes. Injection rectale, dans les mêmes conditions que précédemment, toujours sans lavage préalable, de 5 centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine cristallisée.

Cette injection a déterminé une série de vomisseménts qui ont commencé cinq minutes environ après l'administration du médicament.

Dans ces trois dernières expériences, l'apomorphine cristallisée, injectée à raison de 5 milligrammes par kilogramme, dans le rectum, a toujours produit le vomissement après un intervalle de temps qui n’est pas inférieur à celui qui est nécessaire pour l’absorption par le tissu conjonctif sous-cutané.

EXPÉRIENCE LXVIIL (16 avril 1897).

A. Au moyen de la seringue de Pravaz, pourvue de la longue canule rectale et sans lavement préalable, nous injectons, dans le rectum d'une grosse chienne pesant 23 kilogrammes, 2 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe. Cinq minutes après, la bête se met à se lécher et à mâchonner fréquemment, elle a des déglutitions répétées, mais tout se borne là. Pas de vomissements.

B. Chien vigoureux, 18 kilogrammes. Dans les mêmes con-

ditions que précédemment, nous lui injectons 2 centigrammes

RE 214 = de chlorhydrate d'amorphine amorphe dans le rectum. Quatre minutes après, le sujet se lèche et il a deux violents efforts de vomissement, exactement cinq minutes et demie après l'injection. |

Ces vomissements ont élé les seules manifestations observées.

C. Petit chien, pesant 10 kilogrammes, injection intra-rectale de 2 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine cristallisé. Sans nausées apparentes, l’animal a eu trois vomissements assez rapprochés au bout de cinq minutes; puis il est resté assez calme, n'ayant par moment que quelques manifestations d'inquiétude. Dix minutes se passent ainsi, après lesquelles le sujet a des défécations diarrhéiques, suivies à courts intervalles de nouveaux efforts de vomissement.

Tout s'est terminé là.

D. Chien pesant 14 kilogrammes, injection de 1 centigramme de chlorhydrate d’apomorphine cristallisé dans le rectum. Trente minutes après, l'animal n'avait encore rien présenté,

E. Petit chien, assez gras, pesant 8 kilogr. 500. Injection intra-rectale de 1 centigramme de chlorhydrate d'apomorphine cristallisé.

Au bout de six minutes, l'animal a des efforts de vomissement, qui ne se répètent que deux fois, sans autres manifestations consécutives.

Ces différents essais prouvent :

1° Que les vomissements apomorphiniques peuvent très bien être obtenus par injection rectale ;

2° Qu'il n'est pas nécessaire, comme le prétend Dabadie, d'atteindre pour cela les doses élevées de 15 cenligrammes, puisque, même chez des chiens de 14 à 18 kilogrammes, nous avons eu des vomissements à la suite d’une injection rectale de 2 centigrammes, en solution à 2 pour 100. |

Sans oser en üirer des déductions par trop générales,

nous né pouvons pas nous dispenser de faire remarquer que nous avons toujours beaucoup mieux réussi, sans administralion préalable d'un lavement détersif que dans les cas contraires. Il semble que le lavement préliminaire ait pour résultat de rendre la muqueuse plus intolérante et l'absorption de l’'apomorphine plus difficile.

Enfin, les vomissements consécutifs à l'injection rectale sont proportionnellement moins abondants et moins prolongés que ceux que l'on obtient par la voie hypodermique, et :il est très rare, dans ces cas-là, d'observer les effets généraux de stimulation, particuliers aux doses fortes de médicament.

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