‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 54 sur 152 · IT. L'APOMORPHINE CHEZ LE PORC · texte numérisé non relu

IT. L'APOMORPHINE CHEZ LE PORC

Edelmann, Feser, Frohner ont déjà dit que : quelles que soient les solutions, quelles que soient les doses et leur mode d'administration, qu'il s'agisse d'animaux Jeunes ou vieux, à estomac vide ou plein d'aliments, le chlorhydrate d'apomorphine ne fait pas vomir les pores. C'estun fait absolument exact que nous avons vérifié souvent et qui démontre bien que, seule, l'aptitude au vomissement ne suffit pas pour que le meilleur des vomitifs centraux ait sur les centres nauséeux bulbares une action efficace,

Ce qui prédomine, dans les manifestations produites, c'estencore l'agitation et certaines formes d’excilation semblables à celles que nous avons décrites chez le cheval. La reproduction de deux de nos expériences en donnera la preuve,

EXPÉRIENCE LXXIII (28 juin 1890).

A. Porc adulte, 54 kilogrammes. Injection intratrachéale de 8 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine.Pas de nausée ni de vomissements. Les seuls effets observés sont l'inquiétude, l'anxiété, l'agitation, le besoin constant de marcher, l'hyperexcitabilité et parfois des mouvements désordonnés. De plus, l’animal flaire, cherche à gratter et à fouiller le sol avec son groin ; ila des mouvements continuels des mâchoires et ronge les objets qu'il peut saisir et qu'on lui laisse entre les dents. Il salive aussi abondamment. Peu à peu le mouvement se transforme en mouvement de manège; le sujet tourne en cercle à droite, mais on note de plus que le train postérieur s’affaiblit peu à peu, de telle sorte que l’animal arrive à prendre l'attitude hyénoïde. Cet affaiblissement du train postérieur, par rapport à celui que l’on observe avec le même médicament chez le chien, est plus grave et entrave considérablement les mouvements. Peu à peu, ces manifestations se sont calmées et tout est rentré dans l’ordre ; mais toujours pas de vomissements.

B, Porc adulte, 43 kilogrammes. Dans une veine auriculaire nous injectons d'abord 4 centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine, qui, sur le moment, produisent quelques troubles respiratoires, de l'accélération cardiaque, mais pas de vomissements. Apparition presque immédiate des manifestations excitantes, qui sont exagérées par une deuxième injection de 4 centigrammes dans le tissu conjonctif de la face interne des

cuisses,

Laissé libre dans le laboratoire, l'animal s’est mis à courir aussi vite qu'il le pouvait, affolé par le moindre bruit et tres hyperexcitable. Cependant, il manquait considérablement de solidité dans son train postérieur et tombait à chaque instant.

Cette faiblesse du train postérieur s'est accusée de plus en plus, au point de rendre bientôt la station debout impossible. Le porc est tombé et on n'a pas pu le relever, Resté couché, par terre, il s'est agité encore et s’est mis à fouiller le sol, cherchant à mordre les objets environnants et s'attaquant à un de ses onglons postérieurs qu'ilest parvenu à arracher avecles dents.

Nous avons constaté, de plus, la congestion des muqueuses et des téguments, l'hypersécrétion salivaire, l'accélération de la respiration et du cœur.

L'animal a été sacrifié avant la fin de l'expérience, mais d'’autres essais nous ont appris, que l'injection veineuse d’une dose mortelle d'apomorphine tue les porcs à la suite de grandes crises épileptiformes et d'accès tétaniques, analogues à ceux que l'on voit chez le chien.

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