‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 57 sur 152 · SR HO · texte numérisé non relu

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veine, x gramme de chlorhydrate d'apomorphine cristallisé, elle est comme ivre, elle se tient difficilement debout, chancelle, a une démarche raide, mais ne mordille plus. Les effets d’excitation persistent toujours et se traduisent par des mouvements de

manège. Le lendemain, la bête est rétablie.

EXPÉRIENCE LXXVIII (17 mai 1897).

A. Jeune chevreau de 8 kilogrammes. Injection hypodermique de 4 centigrammes de chlorhydrate d'apomorphine amorphe. Après cinq à six minutes, mouvements des mâchoires, hypersalivation, agitation, frayeur et besoin de fuir; le petit animal est constamment en mouvement, mais il n'a pas de faiblesse du train postérieur. Quarante-cinq minutes après, on fait une nouvelle injection de 20 centigrammes du même médicament, dans le tissu conjonctif toujours ; on exagère ainsi considérablement les symptômes précédents, mais on note de plus une tendance à la gêne motrice et à l’affaiblissement du train postérieur. |

B. Chevreau de 7 kilogrammes. Injection veineuse de ro centigrammes de chlorhydrate d’apomorphine amorphe. Après un peu d'agitation au début, on voit presque immédiatement survenir une grande dépression nerveuse; le petit animal est comme narcotisé, sans réveil bien accusé du péristaltisme comme on le voit chez le chien. Mis à terre, il est incapable de se tenir debout ; il reste couché sur le ventre, sans force et sans énergie, pendant plus de trente minutes; après quoi, apparaissent les mordillements. Bien que titubant et fort peu solide, le petit animal se redresse très excité, peureux, craintif, comme à la suite de l'injection hypodermique, ou de l'emploi de l’apomorphine cristallisée.

GC. L'expérience précédente avec le sel amorphe, est renouvelée sur un autre animal, dans des conditions identiques, et donne des résultats absolument semblables,

PERIENCE LXXIX (r°' juin 1897).

A. Jeune chevreau de 8 kg. 800. A l’aide du procédé que nous employons pour la détermination des équivalents toxiques, nous procédons à une injection veineuse lente, d'une solution de chlorhydrate d'apomorphine cristallisé à 2 pour 100. Les six premiers centimètres cubes ne produisent rien de particulier, mais après, apparaissent des mouvements convulsifs, des contractions musculaires avec tremblements généraux, L'animal s’'agite et se débat violemment. Il mordille et cherche à atteindre les objets environnants ; ses mâchoires sont constamment en mouvement, la salive afflue dans la bouche et la rend mousseuse. Les doses se renforçant progressivement, l'agitation persiste en s'aggravant et s'accompagne par moments de crises plus violentes.

Enfin, après avoir été constamment agité, aux approches de la mort, l'animal paraît déprimé et sa respiration s'arrête après l'injection de 60 centimètres cubes, Il a reçu x gr. 20 d’apomorphine cristallisée, soit 135 milligrammes par kilogramme.

B. On répète l'essai précédent, sur un chevreau de 10 kilogrammes, avec le chlorhydrate d’apomorphine amorphe, en solution à 2 pour 100.

Les premiers centimètres cubes produisent un peu d’agitation, mais, très promptement, le calme survient pour se continuer jusqu’à la fin. L'animal est comme narcotisé, voire même anesthésié. Il reste étendu sur la table sans la moindre défense; on

peut lui supprimer tout appareil de contention et continuer

l'essai sans difficulté, car 1l ne sent même pas les chocs, les pincements, les incisions ou opérations douloureuses qu'on peut lui faire etqui ne l'impressionnent pas le moins du monde. Cependant la cornée est encore sensible, Il n'y a pas de mâchonnement, pas de mordillement, pas d'hypersécrétion salivaire; l’action dépressive est complète, aussi belle, sinon plus belle que chez le chien. La respiration est profonde, lente,régulière, comme

chez le sujet qui dort ; le pouls est petit et filant.

Lorsqu'on atteint les doses toxiques, la respiration devient irrégulière, courte et difficile; les mouvements, surtout diaphragmatiques, deviennent discordants et s'arrêtent enfin après l’injection de 82 centimètres cubes.

Notre animal à reçu 1 gr. 64 d'apomorphine amorphe, soit

164 milligrammes par kilogramme,

Ces expériences nous apprennent que les manifestations générales que déterminent les sels d’apomorphine, quand on les injecte dans le tissu conjonctif des animaux de l'espèce caprine, sont semblables à celles que nous avons vues et décrites chez les solipèdes et chez le bœuf, mais, de plus, comme chez le chien et chez le chat, nous avons, entre les sels amorphes et les sels cristallisés, une différence bien tranchée, qui n’est évidente et facile à étudier qu'à la suite des injections veineuses.

Les sels cristallisés sont toujours et constamment excilants, tandis que les sels amorphes, introduits dans une veine, sont déprimants, narcotiques et anesthésiques, réalisant ainsi, chez les caprins, ce que la morphine elle-même ne fait jamais.

Par les résultats de l'expérience LXXIX, nous constatons que, comme chez le lapin, mais contrairement à ce qui se passe chez le chien, l'’apomorphine cristallisée est plus toxique pour les chèvres que l’apomorphine amorphe ; d'ailleurs, la résistance de ces animaux à l'empoisonnement par les deux sels est plus grande que dans les autres espèces.

L’'apomorphine chez le lapin, le cobaye et le rat. — Il nous semble bien inutile d'entrer dans le dé-

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tail des essais que nous avons faits chez ces animaux, car, à peu de différence près, ils nous ont donné des résultats assez identiques à ceux que nous venons de décrire. — Les injections hypodermiques des sels cristallisés comme des sels amorphes produisent encore, comme effets dominants, les mordillements ; le besoin de mordre étant peut-être plus aigü et plus irrésistible que dans les autres espèces ; l’hypersécrétion salivaire, l'agitation, l’hyperexcitabilité avec besoin de courir, effarement, etc. — C'est aussi ce que nous avons noté chez le hérisson qui, dans sa façon de réagir à l’apomorphine, rappelle le cochon d’Inde.

Quant aux conséquences de l'introduction veineuse, chez le lapin, elles ont été décrites à propos de la déterminalion des coefficients toxiques.

L’apomorphine chez la poule, le canard, le moineau et le pigeon. — Comme les animaux précédents, la poule présente des symptômes d’excitation du côté des sensations digestives ; sous l'influence de l'apomorphine, elle se met à picoter, avec insistance, le sol, les murs, les corps environnants, sans s'arrêter un instant, y mettant un acharnement d'autant plus grand que la dose est plus forte. Elle est en même temps très excitée et très excitable. Dans deux de nos expériences, nous avons vu une poule apomorphinisée, rejeter en plusieurs fois par le bec, en secouant fortement la tête, des mucosités épaisses.

Chez le pigeon l’apomorphine se comporte comme chez la poule.

Quant au canard, il ne nous a Jamais montré de

régurgitation, mais les doses de 2 à 4 centigrammes produisent chez lui une vive excitation et, encore, des mouvements des mâchoires, qui se manifestent sous la forme de clapotements analogues à ceux qu’exécutent tous ces animaux quand ils barbotent dans la vase.

Le moineau apomorphinisé a des régurgitations, 1l est excité et meurt dans un spasme convulsif, quand la

dose est un peu forte.

En résumé, dans toutes les manifestations qui viennent d’être décrites dominent les effets d’excitation, se traduisant par l'agitation, l'inquiétude, la frayeur, le besoin de courir, etc., et, du côté de l'appareil digestif, par ce signe général d’excitation des centres masticateurs qui fait que les animaux lèchent, saisissent, mordent et déchirent les objets qu'ils peuvent saisir ou qu'on leur présente. Nous avons toujours vu ce symptôme et y reviendrons quand, plus spécialement, nous étudierons les effets de l’apomorphine sur le système nerveux.

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