‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 67 sur 152 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÉTUDE DE QUELQUES MODIFICATIONS CIRCULATOIRES ET RESPIRATOIRES OUI PRÉCÈDENT, ACCOMPAGNENT ET SUIVENT LE VOMISSEMENT

Les auteurs qui ont étudié les vomitifs et le vomissement se sont plus ou moins intéressés, mais généralement assez peu, aux modifications circulatoires qui précèdent, accompagnent ou suivent leurs effets. C'est une question que l’on connaît très mal.

Les physiologistes, en particulier, se sont presque tous laissé absorber par la recherche de la détermination du mécanisme qui préside à l'expulsion des malières contenues dans l'estomac; s'intéressant à la part prise par cet organe, au concours des puissances respiratoires dans cet acte, aux changements de pression qui se produisent dans l'abdomen, la cavité thoracique, le poumon, la trachée, etc., pendant les efforts expulsifs.

Aussi ne nous proposons-nous pas de revenir sur ces questions, qui sont trop en dehors de notre sujet, et avons-nous seulement l'intention d'exposer ici, à

agi l'occasion de nos recherches sur l'apomorphine, les faits que nous avons enregistrés, du côté de la pression artérielle et des pulsations sphygmographiques, pendant le vomissement. |

Nous avons eu trop souvent l'occasion de prendre des tracés pendant que, sous l'influence de l’apomorphine, nos animaux avaient la nausée et vomissaient, pour ne pas profiter des documents que nous possédons. Nous avons fait entrer le sujet dans notre cadre, en nous livrant à une étude comparative des modificalions produites par les vomissements d'origine centrale et les vomissements réflexes.

Mais d’abord, au point de vue même des modifications que nous voulons étudier, la nausée proprement dite précède-t-elle toujours le vomissement apomorphinique ?

Plusieurs auteurs soutiennent que non.

Chez les animaux, Routy obtient un vomissement rapide, sans période nauséeuse appréciable.

Pour Bourgeois, la période nauséeuse n’existe pas.

Les phénomènes prémonitoires, déclare Hayem, sont très courts, presque nuls quand l’apomorphine est pure.

Dabadie distingue quatre périodes : la première caractérisée par l’action sur les éléments glandulaires : salivations, sueurs; ce sont les seuls phénomènes produits par les doses faibles; la deuxième est réalisée surtout par les doses moyennes : le stade nauséeux est court, mais il existe avec l'accélération de la respiration et du pouls. Au lroisième stade et aux doses plus fortes appartient le vomissement ; le quatrième stade comprend la dépression. L'auteur établit ainsi une

agi — double échelle d'intensité, suivant la période et suivant la dose, et admet que la phase nauséeuse manque dans une catégorie de cas.

Tout cela nous paraîttrop méthodique et expérimentalement très difficile à vérifier.

Vulpian et Chouppe voient plus juste et apprécient que la nausée existe toujours, mais qu’elle est plus ou moins courte, plus ou moins appréciable et plus ou moins passagère. Cela dépend des doses, d’après Chouppe.

Si, d'emblée, on emploie les doses fortes, le vomissement arrive rapidement et la période nauséeuse est supprimée. |

Alors, à propos de la nausée, une discussion semblable à celle qu'a soulevée le rôle attribué aux doses pour la production ou la suppression du vomissement s’engage, et Dabadie se sépare de Chouppe en ce que, suivant lui, l’état nauséeux est lié plutôt à l'emploi des doses moyennes et manque avec les doses faibles.

De ces différentes controverses, 1l résulte que la nausée peut ne pas être constante ou être très effacée.

Cependant, d’après nos propres recherches, dans la plupart des cas, les troubles secrétoires, respiratoires et circulafoires, qui accompagnent habituellement le syndrome nauséeux el surtout le vomissement, s'observent presque toujours, mais nous croyons qu'ils appartiennent plutôt à la physiologie de l’action vomitive qu'à celle de l’apomorphine.

En effet, les auteurs qui ont donnéla description des modifications produites par le vomissement sur la circulation ont dit que, pendant la phase nauséeuse, le

pe” 293 22 cœur s'accélère et les vaisseaux se contractent, tandis que, pendant la phase vomitive et celle de réaction, l'accélération cardiaque s'accompagnerait tantôt de l'affaiblissement, tantôt du renforcement du pouls.

Les effets lointains consisteraient en une diminution, parfois très prononcée, du chiffre des pulsations, surtout apparente chez les individus dont le cœur est primitivement accéléré par la fièvre.

Les historiens de l’apomorphine les ont recherchées ces modifications, mais quelques-uns ont eu le tort de les rattacher aux actions particulières de ce médicament.

Dabadie signale d’abord une accélération des battements, l’affablissement du pouls, puis le ralentissement.

Petresco parle de sédation de la circulation, ayant fait descendre le pouls jusqu'à 24 pulsations ; nous nous demandons dans quelles conditions 1l a pu voir cela.

Dans ses études sur l’apomorphine, Siebert s’est particulièrement occupé des modifications circulatoires ; après l'injection, il observe des variations du pouls, d’abord légères et irrégulières, mais augmentant peu à peu lors du vomissement. Pour lui, la première accélération coïncide avec la nausée ; puis le pouls diminue de fréquence ; le nombre des pulsations reste cependant au-dessus de la normale. — Un peu avant le vomissement, deuxième accélération. Après le premier vomissement,1l y a un ralentissement plus ou moins net, puis une nouvelle accélération précédant le deuxième vomissement et ainsi de suite.

Le même auteur ajoute que la pression sanguine est constamment abaissée

Nous verrons qu'une partie de ces faits est assez bien observée, mais nous croyons qu'ils résultent plutôt de l’action vomitive que de l’action propre de l'apomorphine sur les appareils circulatoires.

Ce n’est pas à dire pour cela que cet alcaloïde n’a aucune action directe sur la circulation ; la preuve du contraire a été donnée plus haut. L'apomorphine modifie certainement la circulation ; mais on se souvient des conditions dans lesquelles on peut observer ces effets. Avec les doses thérapeutiques, simplement vomitives, les modifications cireulatoires ne se voient qu'au voisinage el au moment du vomissement et sont la conséquence de celui-c1.

Avec nos procédés d'investigation habituels, nous avons étudié ces modifications circulatoires et voici ce que nousavons observé :

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