‹ Étude expérimentale de pharmacodynamie comparée sur la morphine et l'apomorphineChapitre 85 sur 152 · FT NES SON PET · texte numérisé non relu

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Fig. 99. — Tracé normal pris sur un chien : m, manomètre; — P, sphygmographe ; — C, cardiographe; — $S, secondes.

2 centigrammes par kilogramme, et on laisse les effets habituels s’accuser. Dès le début, un mouvement de défense du chien déplace l’aiguille du cardiographe, mais on peut arriver à la remettre sans toucher au tambour, ni changer la valeur du contact. Le sujet s'endort profondément etreste parfaitement calme ; on

== 378 évite d’ailleurs de faire du bruit autour de lui et de l’exciter.

Il dort depuis deux heures, sans agitation ; sa respiration est ralentie, calme, régulière ; la fréquence des

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Fig. 100. — Morphinisation du chien. — L’animal dort depuis deux heures : M, P, C, S, même signification que sur la figure 99- — Comme le précédent, ce tracé n’a pas été réduit ; le rapprochement plus grand des secondes provient de ce que, dans l'intervalle, la vitesse du cylindre a diminué par suite du ralentissement du moteur.

contractions cardiaques est aussi notablement diminuée, landis qu'en général la valeur et l'énergie des impulsions ont augmenté. La pression artérielle est basse.

La figure 100, détachée sur le tracé à cette phase du sommeil, montre les changements dont nous parlons.

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La pression n’est qu’à 125 au lieu de 161 millimètres (voir fig. 100), et on ne compte que 55 pulsations par minute au lieu de 150.

On voit de plus des intermittences et des contractions couplées, qui eussent été mieux accusées si la vitesse du cylindre n'avait pas diminué. L'intérêt de ce tracé se trouve encore dans les accidents 1, 2, 3,4, 5,6, 7: ces accidents, d’inégale importance, suivent immédiatement une contraction normale et proviennent d’une systole répétée, mais avortée du cœur.

Comme nous les inscrivions à l’aide du cardiographe du professeur Laulanié etque, très exceptionnellement, les mouvements respiratoires peuvent imprimer des mouvements à l'aiguille, nous nous sommes assuré de l'indépendance absolue de ces accidents de tout déplacement thoracique. D'ailleurs, pendant qu'il dormait profondément et nous donnait ces systoles avortées, notre chien n’avait que 14 respiralions par minute et ne présentait pas le moindre mouvement étranger à ceux-là. La fréquence des accidents cardiaques enregistrés, par rapport au nombre de respirations, tranche toute difficulté.

Nous nous trouvons donc absolument en présence de petites systoles du cœur, faibles, avortées, que le pouls lui-même n’accuse pas (voir ligne P, fig. 100 et 101), car elles sont impuissantes à soulever les valvules. Du reste, comme toutes ces petites systoles suivent de très près une systole normale, dont elles paraissent dépendre et qui a chassé le sang du ventricule, elles se font à vide et ne soulèvent pas les valvules; elles n’ont rien à lancer dans les vaisseaux.

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Sur le tracé de la figure 101, pris deux heures et demie après le début de la narcose, avec une vitesse beaucoup plus grande du cylindre ; la lecture est plus facile et les détails sont mieux détachés; les intermittences et les petites systoles avortées ressortent mieux, ainsi que les rapports de ces modifications entre elles et avec les accidents du pouls.

Les modifications du rythme, les intermittences et les systoles avortées se voient aussi sur les tracés obtenus au moyen de notre explorateur graphique du cœur droit.

Elles sont indiquées sur les tracés 103 et 104 pris, l'un après quarante-cinq minutes, l’autre après une heure et quart, sur un chien, qui a reçu, dans le tissu conjonclif, une dose forte de morphine.

La comparaison de ces tracés au tracé normal (fig. 102) est fort intéressante et démontre la plupart des faits que nous avons étudiés.

A propos des systoles avortées dont il vient d’être question, nous croyons devoir faire remarquer que là se trouve probablement une reproduction du phénomène signalé par Fick qui, à l’aide d'un sphygmographe spécial, permettant d'apprécier la force du cœur, dit avoir constaté que cet organe, en se ralentissant, a par moment des systoles incomplètes qui ne parviennent pas à ouvrir les valvules sigmoïdes et ne se communiquent pas au système artériel.

En résumé, chez le chien, le cœur est ralenti pendant le sommeil de la morphine et présente, de plus, des intermittences vraies fort remarquables, qui manquent chez les autres animaux, où la régularité du rythme cardiaque est généralement bien conservée.

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De plus, le pouls du chien morphinisé est à la fois intermittent et bigéminé ; nous verrons plus loin quelle est la cause de ces modificatious.

Nous avons dit aussi que chez la chèvre, on peut observer sur le tracé sphygmographique des modificalions du rythme cardiaque, qui rappellent celles que nous venons de décrire chez le chien; il ne s’agit pas cependant d'intermitlences vraies, mais seulement de l'apparition d’un pouls bigéminé ou polycrote fort remarquable.

Nous avons inscrit souvent ces modifications à l’aide du sphygmographe, mais elles sont plus intéressantes à suivre sur des tracés cardiographiques.

Pour en donner la preuve, nous reprendrons l’histoire de la jeune chèvre de 39 kilogrammes (voir p.351) chez laquelle nous avons vu le cœur se renforcer sous l'influence de l'injection veineuse de doses progressivement croissantes de chlorhydrate de morphine {tracés 81et 82, page 352).

Nous sommes allé jusqu'à 88 décigrammes, et ce sont les premiers effets de cette dose que représente le tracé II de la figure 82. Le rythme des pulsations sphygmographiques n’est pas encore changé ; ces pulsalions sont parfaitement régulières. Ceci n’a pas duré longtemps et, sans nouvelle injection, nous avons vu brusquement apparaître les modifications que représente la figure 105.

Les caractères bigéminés du pouls sont saillants, l'association des deux pulsations est manifeste, et on en voit un beau spécimen en 4; mais sur la plupart des

. . ‘ courbes, on constate que la deuxième pulsation presente un polycrotisme accusé. Si l’on examine attentivement le tracé cardiographique correspondant, on

constate que les principaux soulèvements correspondent à des contractions couplées d’une certaine impor-

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Fig. 105. — Etat du cœur et du pouls à la suite d'une injection veineuse de 8 gr.8o de chlorhydrate de morphine (chèvre): M, manomètre ; — P, sphygmographe; — C, cardiographe; — S$S, secondes, (Réduct. 1/6.) |

tance, tandis que l'onde de descente est en rapport fn : a : 1 avec une contraction plus petite d'énergie beaucoup moindre.

En prenant le tracé avec une vitesse plus grande, Jes détails sont plus dissociés etles particularités pré -

cédentes ressortent beaucoup mieux, C’est ce que démontre la figure 106.

Bientôt une des contractions couplées perd de son énergie et disparaît peu à peu. En certains points du tracé P (fig. 106), on voit que seul le premier soulèvement est convenablement détaché et correspond à une impulsion cardiaque complète; les autres sont indiqués par des ondes simples et correspondent à des contractions partiellement avortées. C’est le type qui d’ailleurs finit par prédominer seul, comme on le voit sur la figure 107, où les pulsations

Fig. 106. — Tracé précédent, inscrit avec une plus grande vitesse du cylindre.

sphygmographiques, en apparence simples et polycrotes, résultent de l'association

d'une grande contraction cardiaque suivie d’une ou deux petites.

Les animaux de l’espèce caprine sont ceux qui nous ont donné les plus beaux spécimens de pouls bigéminés, mais nous verrons aussi que ce sont ceux chez lesquels les élévations de la pression artérielle sont les plus soutenues: de telle sorte que, non seulement nous

Fig. 107. — Etat du cœur et du pouls après ‘une injection veineuse de 8 gr. 80 de chlorhydrate de morphine (chèvre). (Réduct. 1/4.)

trouvons la justification des accidents du pouls dans les modifications cardiaques dont il vient d’être question, mais dans l’obstacle périphérique apporté à la cireulaüon ; obstacle qui donne au cœur un travail plus considérable à exécuter et doit contribuer à le troubler. Chez le bœuf, nous n’avons pas de tracés cardiographiques nous permettant de suivre aussi bien les actions cardiaques de la morphine, mais nous possédons une

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no série de sphygmogrammes que nous sommes maintenant autorisés à considérer comme suffisamment dé-

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Fig. 108. — Modifications du pouls du bœuf sous l'influence de la morphine.

monstratifs, relativement aux modifications apportées au jeu du cœur par le médicament.

Le tracé 108 contient une succession de phases par lesquelles a passé le pouls d’un bœuf, soumis d’abord à des doses faibles, puis ensuite à des doses fortes de

morphine.

La ligne 1 représente l’état normal ; mais leslignes >, 3, 4 et même 5 traduisent manifestement le renforcement de l'énergie cardiaque dont il a été question déjà. Mais ce n’est pas encore ce qu'il y a de plusintéressant : dès le tracé 3, on voit (4°, 8° et 15° pulsations) une tendance manifeste au pouls bigéminé ; cette tendance s’accentuant amène complètement à ce rythme, et, au tracé 5, les pulsations sont régulièrement associées par deux. Ces effets sont le pendant de ceux que nous venons de décrire chez la chèvre et nous autorisent, par analogie, à conclure à des actions cardiovasculaires en grande partie identiques.

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